samedi 24 mars 2018


"Notre révolte était autant dirigée contre la ségrégation et la discrimination que contre la hiérarchie traditionnelle de la communauté noire."


***

Hello les aminches. 

Le temps file. Il s'accélère. 

la preuve en image : 



Obama. 2008. Savourant sa victoire. 

'Tain ! On a l'impression qu'il y a un siècle de ça. Avant le Twitophile forcené. Obama à Chicago, une foule renversée, emplie d'espoir, les désillusions viendront mais plus tard. Mais Fuck en attendant, un président NOIR putain de bordel de merde !

On avait un peu du mal à y croire...

John Lewis, qu'en pensait-il ? Frottait il ses yeux pour se convaincre ou regardait-il tranquillement l'aboutissement d'une vie de combat ?



John Lewis est le représentant parlementaire du cinquième district de l'état de Géorgie. 

C'est surtout une icône. 

Une icône américaine, célèbre pour le rôle déterminant qu'il a joué dans la lutte pour les droits civiques. 

Il est le principal personnage de la trilogie en bulle WAKE UP AMERICA.


1940 - 1965. 25 ans de combat. 

Une lutte sans fin contre les préjugés, l'humiliation et la violence. 

Je parlais, il y a quelque temps, de culture de la paix dans ce blog. On est en plein dedans avec John Lewis. 

Je peine à imaginer le courage, l'abnégation qu'il faut pour surmonter les tombereaux d'insultes, de menaces proférées par des abrutis sûrs de leur majorité, de leur nombre.

Cette BD relate la vie de John Lewis, né dans une ferme, pauvre et religieux, qui fera de l'égalité des droits sa boussole, en ne dérogeant jamais à ce principe : la non violence.

Vu la gravité du propos, les dessinateurs ne donnent pas dans l'expérimental et la forme, un brin didactique, se veut avant tout pédagogique mais WAKE UP AMERICA n'est pas une BD consensuelle et ronronnante. 

Elle donne à voir les manœuvres et les dissensions qui habitaient le mouvement des droits civiques : les anciens se prévalant de la tunique du Sage face à des jeunes plus impatients et au front eux. 

Et aussi, malheureusement, l'inévitable patriarcat ambiant, les femmes sont en premières lignes et récoltent leur quota de matraques mais au moment des décisions ce sont les couillus qui s'en chargent. 

WAKE UP AMERICA n'hésite pas non plus à écorner l'image du Commandeur, Martin Luther King, parfois dépassé, tenté par des esquives dilatoires. 

Où l'on en apprend plus sur les fameuses marche de Selma dont la première débouchera sur le Bloody Sunday (un de plus), bavure à ciel ouvert, open bar pour les nervis de la police du Sud qui traumatisa durablement quelques cranes. Ces marches Luther King les prit en du même nom lors de la deuxième. Il n'en voulait pas vraiment mais il ne se défila pas.

Car ce que démontre implacablement WAKE UP AMERICA c'est ce courage invraisemblable de cette poignées de militant(e)s qui s'enfonçait en pays Con-fédérés pour n'y récolter que des coups, y laissant leur vie souvent, mais soutenus par l'inébranlable conviction que l'Histoire, le Progrès, les plus élémentaires Humanité et Intelligence étaient de leur côté. 

Because of you a remercié Obama en s'adressant à John Lewis. Grâce à vous John, c'est grâce à vous que je suis là. 

Donald Trump 2016, éberlué de sa victoire, dans une salle des fêtes. Le mouvement Black Live Matters décomptant les bavures policières qui ne concernent presque uniquement que des noirs. 

La lutte encore. Qu'il doive y avoir lutte... Déjà... Quand on y songe...

Est ce que John Lewis se frotte les yeux ? Chassant quelques larmes ? Peut-être ... Mais pas longtemps. Je parie qu'il repart au combat. 

Une lutte sans fin.

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