mercredi 14 avril 2021

L'espoir fait lire

 

La pièce était immense et il y avait des livres partout.
On ne voyait même pas les murs tant les étagères étaient bourrées de livres. Il y avait des piles de livres au milieu de la pièce, le long des murs, devant les rayonnages. Il y en avait de toutes les couleurs et de toutes les tailles.
Je restai figé, ne sachant que dire ou que faire. Je ressentais quelque chose de comparable à ce que j'avais déjà ressenti devant certains films : l'impression de me trouver face à de grandes vagues de sentiments éprouvés jadis par des gens aujourd'hui disparus et qui comprenaient des choses que je ne comprenais pas.

One last trip


 
- Ah, des nouveaux !
- Il a pas l’air frais, le papi.
- C’est un peu le principe ici. Non ? On n’est pas de première fraîcheur.

mardi 6 avril 2021

Relire nos classiques (6)

 


(Traduction de Jean Pierre Manchette, et ouais)

[...] Comme je l’ai dit, tout cela dépend de nous, de savoir si nous, individuellement, souhaitons l’apocalypse ou un nouveau monde au potentiel fabuleux, illimité. Ce n’est pas une question aussi évidente qu’il y paraît. Je crois qu’il existe des gens qui désirent vraiment, même si c’est seulement de façon subconsciente, la fin du monde. Ils veulent se voir épargner la responsabilité d’aider ce monde à vivre et à perdurer, se voir épargner l’effort d’imagination indispensable à la mise en œuvre d’un tel futur. Et bien entendu, il y a des gens qui veulent, plus que tout, vivre. Je vois la société du vingtième siècle comme une sorte de course entre l’illumination et l’extinction.

Après la nuit vient la nuit


Il dort sans rêve. Il ne rêve presque jamais. Le sommeil est pour lui un tombeau dont il se relève chaque matin. 

A-Médocain

 


On s’en fout. On est chez nous, et on a gagné.

Climatologie

 


Gleb aimait l'architecture rescapée des soviets, les dragons ouvriers qui vomissaient leur gaz au ciel, les aurores boréales sur la toundra encrassée, les visages des gens quand ils se battaient avec les éléments, tous à égalité. Gleb aimait sa ville, même si on lui avait cassé la gueule, ou, peut-être l'aimait il pour ça : l'abnégation d'une victime qui, malgré les coups encaissés, cherche à se relever.

Relire nos classiques (5)

 

Traduction (révisée) : Marie-Caroline Aubert

« Rico était un homme simple ; il n’aimait que trois choses au monde : lui-même, ses cheveux et son arme. Il prenait le plus grand soin des trois. »