samedi 27 octobre 2018

Take a walk...


"C’est étrange comme les choses qui débouchent sur des événements tellement énormes commencent par des moments si minuscules, si triviaux, si ordinaires"

No future...


"Candice s'interroge. "Le pouvoir n'est jamais quelque chose qu'on envisage quand on est seule. C'est toujours du pouvoir qu'on a sur quelqu'un"

l'amour et ses équations


"J'ignorais que la solitude pouvait prendre des formes aussi diverses. Pourtant, à mesure que se prolonge mon séjour, j'apprends à distinguer la solitude impatiente d'un vendredi soir sans visiteurs, la solitude désolante d'un dimanche, quand la neige nous retient à l'intérieur, et celle aride et morne d'un lundi matin dans le Bureau désert. Chacune de ces solitudes possède sa propre saveur douce-amère."

dimanche 14 octobre 2018

Monstre et merveille



"C'était un homme immense, avec des épaules larges, une carrure d'équarrisseur. Des mains de géant. Des mains qui auraient pu décapiter un poussin comme on décapsule une bouteille de Coca. En dehors de la chasse, mon père avait deux passions dans la vie : la télé et le whisky. Et quand il n'était pas en train de chercher des animaux à tuer aux quatre coins de la planète, il branchait la télé sur des enceintes qui avaient coûté le prix d'une petite voiture, une bouteille de Glenfiddich à la main. Il faisait celui qui parlait à ma mère, mais, en réalité, on aurait pu la remplacer par un ficus, il n'aurait pas vu la différence."

Collection d'enchantements


"Au début d’un de mes plus anciens souvenirs, je pleure. Malgré les efforts de mes parents, je reste inconsolable. Papa renonce, quitte la chambre, mais Maman m’emmène dans la cuisine et m’assoit à la table du petit-déjeuner.
« Kan, kan », dit-elle avant de prendre un papier cadeau. Depuis des années, elle découpe avec soin les emballages de Noël et les empile sur le dessus du frigo.

Elle plaque la feuille sur la table, face vierge exposée, et la plie. Intrigué, j’arrête de pleurer pour l’observer.

Ma mère retourne le papier et le plie de nouveau, avant de le border, de le plisser, de le rouler et de le tordre jusqu’à ce qu’il disparaisse entre ses mains en coupe. Puis elle porte ce petit paquet à sa bouche et y souffle comme dans un ballon.
« Kan, dit-elle. Laohu. » Elle pose les mains sur la table, puis elle les écarte.
Un tigre se dresse là, gros comme deux poings réunis. Son pelage arbore le motif du papier, sucres d’orge rouges et sapins de Noël sur fond blanc.
J’effleure le petit animal qu’a créé Maman. Il remue la queue et se jette, joueur, sur mon doigt. « Grrroush », grogne-t-il, quelque part entre le journal qui bruisse et le félin.
Je ris, ébahi. Du bout de l’index, je lui caresse le dos. Le tigre de papier vibre et ronronne.
« Zhe jiao zhezhi », dit ma mère. C’est de l’origami.
Je ne m’en rendais pas compte, mais ses pliages avaient un caractère spécial. Elle les imprégnait de son souffle, donc de sa vie. Là résidait sa magie."

dimanche 7 octobre 2018

Entre fauve et loup


"Le chien se posta en dehors de la cage, haletant et tendu, il jeta un œil à Franck qui finissait de descendre, attendant un ordre. Mais lequel devait le donner à l’autre, Franck ou le chien ? Lequel des deux devait prendre le dessus, la part du loup en l’homme, ou la part de l’homme en ce chien ?"

vendredi 5 octobre 2018

Bayou Gator


"On fait ce qu’on peut. Si jamais j’écris un bouquin sur ma vie, c’est comme ça que je l’appellerai: On fait ce qu’on peut, bordel."