"Nous regardons les constellations dans un espace à une dimension et nous avons l'impression qu'elles sont toutes liées. Nous pensons qu'en reliant les points, une image apparaîtra. Mais il est fort probable que les ponts ne sont pas reliés. Elles se trouvent sur des plans géométriques différents et à des années-lumière les unes des autres."
dimanche 23 septembre 2018
Une enfance...
"J'étais là le jour où nous avions accueilli le président des Français. On nous avait interdit de l'appeler "le camarade Georges Pompidou" , la Révolution des Français était déjà périmée depuis longtemps, et de toute façon ce n'était pas ce président-là qui l'avait commencée. Nous devions l'appeler "Tonton Pompidou" parce que, d'après le maître et le directeur, il était un parent de notre propre famille grâce à la colonisation que son pays a amenée chez nous et de leur langue que nous parlons. Eh bien, nous ça nous arrangeait car Pompidou c'est un nom que nous aimions bien, c'était comme le surnom d'un bébé gentil qui boit son biberon le soir et qui s'endort sans embêter ses parents jusqu'à sept heures du matin. Ses cheveux étaient tirés en arrière, il souriait tout le temps comme s'il nous connaissait et que nous étions ses nièces et neveux. Nous aussi nous lui souriions tout le temps, comme si nous le connaissions et qu'il était notre oncle en vrai alors qu'il n'était même pas noir et congolais."
vendredi 21 septembre 2018
L'histoire est une scène de crime
"La propriété privée de la terre, cette invention relativement récente qui bouscula des millénaires de gestion communautaire des ressources naturelles, devint le principal outil de la domination européenne sur les cinq continents. Le libéralisme politique, idéologie occidentale dominante, idéologie de domination occidentale, voisina sans encombre, pendant plusieurs siècles, avec l'esclavage industriel, le racisme scientifique, l'orientalisme, l'antisémitisme, l'eugénisme, et la pratique assidue du génocide colonial. La propriété, en un mot, ce n'est pas seulement le vol. Prendre la terre, c'est aussi administrer la mort."
jeudi 20 septembre 2018
Pas si loin
"Les gens n’ont rien contre les juifs mais ils n’aiment pas être avec eux, ils ignorent ce qu’il faut dire ou ne surtout pas dire, ils sont comme des cons et c’est ça qu’ils n’aiment pas : être comme des cons. Moi les juifs je m’en fous, comme je me fous des Japonais. Ils ont des mœurs et des fringues pourries, ils mangent bizarrement, mais à part ça, ça va. Ils servent à rien, quoi, c’est tout. De toute façon, c’est pas mon vrai problème. Mon vrai problème c’est que j’ai une tête d’Arabe, surtout ce qu’il y a dedans. C’est parce que j’ai grandi avec eux. Je viens de la cité des Buers, tout le monde connaît à Lyon. Ça craint, les Buers. J’ai tellement traîné avec les Arabes depuis toujours que je les connais par cœur, je suis comme eux, j’aime pas trop le porc et ça m’est même arrivé de faire le ramadan pour faire comme les potes. Je parle comme eux, je pense comme eux, j’ai une calvitie à la Zidane et comme eux je n’ai pas une très haute idée des femmes. Pour résumer, depuis que je suis gosse, on m’appelle soit le Juif, soit le Rebeu blanc."
vendredi 14 septembre 2018
Castle Blurp
“Peut-être que des choses font de vous un monstre. Ou peut-être que vous en étiez un depuis le début…”
jeudi 6 septembre 2018
Le club des quatre
"Roman contemplait encore l’objet qui ressemblait à un thermos ordinaire lorsque la tête du SS passa une nouvelle fois par la porte.
- Je ne devrais pas te le dire, mais tu tiens entre tes mains le plus grand secret de cette guerre. Alors, ne me déçois pas, mon garçon. Tu es notre seul espoir. Et maintenant, dégage."
dimanche 2 septembre 2018
Fuck à fuck la fantasy, toujours plus loin...
"Vous secouez la tête. « Arrête, Albâtre. A t’entendre, on dirait que la planète est réelle. Vivante. Consciente. Mais les histoires du Père Terre n’existent que pour expliquer ce qui ne va pas dans le monde. Comme les sectes bizarres dont on entend parler de temps en temps. Il y en a une dont les membres demandent tous les soirs à un vieillard dans le ciel de veiller sur eux, quand ils vont se coucher. Les gens ont besoin de croire que l’univers ne se limite pas à ce qu’il est. »
C’est-à-dire de la merde. Vous le savez maintenant, après la mort de deux de vos enfants et la destruction répétée de votre existence. Pourquoi s’imaginer la planète telle une force mauvaise, en quête de vengeance ? C’est juste un caillou. C’est juste la vie : horrible, brève, menant au néant – avec de la chance."






