- Rappelle moi pourquoi je t'ai confié les titres des post déjà ?
- Parce que je suis inventive votre Bloguerie.
- Qu'est ce que ce titre à la con ?
- Et bien c'est un jeu de mot subtil jouant sur la consonance commune entre Hambourg, deuxième ville d'Allemagne et premier port du pays et l'aimable tubercule...
Empli(e)s d'une joie non dissimulée, frémissant(e)s d'impatience à l'idée de découvrir les plus belles pépites de fusains et de bulles que j'ai goulûment dévorées cette année. Plus copieuse que les précédentes en matière de cases dessinées.
Avant que l'esprit de Noel n'étende son blanc manteau, garnisse la sapin et y accroche ses boules, un peu de carburant pour les cages à miel les aminches ?
Enfin...
Libre à vous...
THE NEIGHBORHOOD // WIPED OUT
Un petit quelque chose des Artic Monkeys, le dernier album du Voisinage est plutôt sympa sans être transcendant mais en ces soirées précoces et les premiers frimas, ça peut le faire.
SEINABO BEY // FOR MADELEINE
Surtout pour ce morceau en fait, son mini album est assez inégal mais ce single HARD TIMES est pas mal du tout. Générique de la série policière (pas fabuleuse) 100 CODE.
JEANNE ADDED // BE SENSATIONNAL
Un charme rétro pas désagréable. Du Velvet Undergrond légèrement électro (mais cela n'engage que moi). Je ne suis guère friand de cette musique subtilement dépressive mais ici cela fonctionne plutôt bien.
KARPATT // SUR LE QUAI
Du frenchy, une fois n'est pas costume. Bon il date un peu l'album, 2014. J'aime beaucoup ce groupe leur première galette DANS LE CAILLOU est particulièrement goulue mais SUR LE QUAI vaut toujours l'écoute, une belle voix sur des textes et musiques ciselés.
LOUISE ATTAQUE
Le nouvel album du groupe de Gaétan Roussel (le quatrième déjà) investira massivement, parions le, les bacs en janvier 2016.
J'aime bien ce garçon mais je préfère Louise Attaque. Le problème est que Gaétan semble avoir pris la main. En témoigne le single L'ANOMALIE qui pilonne les tracklist des radios et que je trouve singulièrement crispant et bien éloigné de l'univers musical du groupe.
Fort heureusement, un nouveau morceau a été dévoilé. Bien plus prometteur, il laisse présager que ce single reste une... anomalie ('tin où vais-je chercher tout ça quand même !)
Le 13 avril 1996, à Shelter’s Lot dans le Maine, les conditions météo sont déchaînées. De fortes rafales de vent et une pluie diluvienne s’abattent sur la petite ville. Le lendemain, des gardes forestiers font les comptes des dégâts. L’un d’eux, Chase Mingan, découvre des cadavres dévorés, avant d’être projeté mystérieusement à une dizaine de mètres.
Les inspecteurs Monica Ruiz et Marcus Obson sont en charge de l’affaire et se rendent à l’hôpital. En interrogeant le garde forestier, ils obtiennent peu d’informations, si ce n’est que la victime décrit son agresseur comme une ombre effrayante.
Le soir venu, Marcus passe voir son ex-femme et son fils Gary. Leur chienne, Lady, vient d’avoir plusieurs chiots. Sans comprendre ce qui se passe, l’animal tue ses bébés. Il a l’air totalement enragé, forçant Marcus à l’abattre.
Dans la décharge, un nouveau corps est trouvé, celui d’un enfant. A mesure que le temps passe, de plus en plus de morts étranges apparaissent, certaines personnes ayant tout l’air d’avoir perdu l’esprit… Aurélien Rosset, nouveau venu dans la bande dessinée, respecte plusieurs fondamentaux du thriller : - Tout d'abord à la Creuse, les USA tu préféreras. La police américaine est plus vendeuse que la gendarmerie locale pour trousser un scénario diabolique et bien sanglant. - La tension tout doucement tu installeras. Là c'est réussi, Aurélien pose les jalons tout doucement, et installe une mythologie Lovecraftienne dans ce bled du Maine et son ancien hôpital psy le (sur)plombant. - Le coup de crayon tu peaufineras. L'horreur s'installant ne transige pas avec un ligne claire. Il vaut mieux des lignes plus aléatoires, plus sinueuses, censées refléter l'angoisse :
- Enfin ne pas te chier le dénouement tu devras. Bon là, le challenge n'est qu'à moitié tenu. On voit en effet arriver quelque peu le pourquoi du comanche. Néanmoins les ultimes cases sont assez savoureuses Ce n'est certes pas l'album de l'année mais Aurélien Rosset fait le taf et ma foi le fait assez bien pour qu'on se laisse embringuer dans cette enquête tordue, implacable et impeccable.
Un astéroïde gros comme Manhattan se précipite sur notre boule bleue. Rien n'y survivra, pas même une bactérie gnagna. Don't panic, Bruce Willis est dans la place !
Pardon, l'est pas disponible ? Mais qui.. ?
Cauch'mardons les aminches. Le Joker, le Pingouin et ses potes s'égaillent dans les rues, massacrant, pillant. Pas d'inquiétude, Batoutounet fait le plein de kérosène et nous sauvera les miches. Queeeeoi ? Son costume est au pressing ?
Et si les héros musculeux, mâchoires carrées et mentons prognathes n'étaient plus là. Si nous ne pouvions compter que sur...
... Eux :
Bon pas vraiment ces deux là.
Mais juste deux types, sans rien d'extraordinaire. Adolescents attardés, élevés à la console, deux bons losers.
Pas forcément plus rassurants certes non mais nettement plus tordant !
Vous êtes drogué ? cinglé ? paranoïaque ? Vous pouvez lire ce livre, mais nous déclinons par avance toute responsabilité. Sans doute, il existe des gens qui ont déjà fait des trucs plus tarés qu'essayer de résumer ce bouquin. Le souci, c'est que personne ne sait ce qu'ils sont devenus.
Ça commence avec deux potes, John et Dave, deux losers fans de ciné travaillant plus ou moins dans un club vidéo. À un concert, John rencontre un type passablement déglingué, le " Jamaïcain ", qui lui fait essayer une nouvelle drogue. Les effets sont radicaux. En plein " bad trip ", John hallucine sévèrement. Peu rassuré, Dave le conduit à l'hôpital.
À la suite de quoi la police leur fait subir un interrogatoire en règle. Il semblerait en effet que tous ceux qui ont pris ce soir-là la drogue du Jamaïcain soient morts ou se soient évaporés.
Ensuite, autant vous prévenir : ça devient vraiment chelou. Un téléphone-hot-dog, une balle qui aurait dû tuer mais ne tue pas, une conférence apocalyptique sur le paranormal à Las Vegas, une télé qui vous regarde et tout un tas de rencontres que l'on aimerait qualifier autrement que de " non euclidiennes "...
"Ce n'est pas parce que je suis paranoïaque qu'ils ne sont pas tous après moi."
Bienvenues les filles dans le monde tordu, malsain et hilarant de Dave et John, deux mecs touchants et totalement irresponsables, qui suite à des péripéties faisant passer une fusillade de John Woo pour un plan Bergmanien noir et blanc tourné au ralenti, vont créer... Heu... Disons... Une passerelle entre notre terre et un quelque part bien dégueu !
Si vous avez kiffé les aventures du Bourbon Kid dans LE LIVRE SANS NOM (comme moi) et ses multiples avatars, vous apprécierez certainement les aventures déjantées de Dave, gars bedonnant, dépressif traînant une mésestime (pour faire dans la litote) de soi assez attendrissante et John son meilleur pote aussi réfléchi qu'un labrador en chaleur ; le genre de gars à plonger sa main dans la gueule d'un requin blanc pour récupérer une canette de bière à moitié vide coincée au fond.
On est dans dans le même genre de délire que LE LIVRE SANS NOM, en moins foutraque (?), mieux maîtrisé, mieux écrit, plus réussi à vrai dire.
David Wong, un pseudonyme, aligne les scènes tarées, comme le combat épique contre un monstre constitué de pains de viande agglomérés.
Dans un style punchy, ménageant çi et là quelques pauses et réflexions pas si con, JOHN MEURT A LA FIN est plus profond qu'il n'y parait :
"Être capable de reconnaître la bonne décision plusieurs heures après avoir pris la mauvaise ? C'est comme ça qu'on reconnaît un con, les enfants."
Dave et John vont s'y coller. Sauver nos fesses. Non qu'ils en aient vraiment envie (surtout Dave, John il kiffe le con !) mais ils sont les seuls à pouvoir le faire. Et c'est parti pour un tombereau de merdes fumantes se déversant sans fin, ce qui n'améliore pas la tendance à la déprime de l'ami Dave : "De nouveau ce sentiment, cette sensation fugace d'apesanteur mentale, comme quand on se réveille dans l'obscurité d'un coffre de voiture, sans aucune idée de la date, avec une bouteille à la main et une fille qui vous crie dessus en arabe." Je conclurai sur deux nouvelles, une bonne et une je-ne-sais-trop. JOHN MEURT A LA FIN a une suite, Yeeeeeeeeeesssss !
Et une adaptation cinématographique de JOHN MEURT A LA FIN existe. Cela frise l'inconscience. Et le navet ? N'en sais rien, pas encore vu. Mais on a l'air loin du déjanté fun du bouquin.
"- Sinon, pourquoi lire ce livre, votre Bloguerie ? On en connait déjà le dénouement. John meurt à la fin. - Et bien..."
Continuant mon exploration de l'âme irlandaise, je chemine à travers sa littérature. Délaissant les verts pâturages, les charmants murets de vielles pierres délimitant les parcelles d'herbe grasse, les feux de tourbe brûlant dans l'âtre, les flammes jouant de ses reflets sur la mousse de notre pinte...
Bref... Voyons un peu la lutte. Pardon. La Lutte. Renvoyer les Anglais colonisateurs chez eux, en plusieurs fois s'il le faut.
Les troubles comme l'on disait.
Le versant noir de la riante contrée.
1980. Belfast. L'Irlande du nord et sa capitale, toujours au bord de l'émeute, n'est qu'à un hoquet de la guerre civile totale. Bobby Sands vient de mourir de sa grève de la faim, bientôt suivi par ses camarades. L'IRA est sur les dents, la haine à son paroxysme.
C'est dans ce contexte tendu que le sergent Sean Duffy se voit chargé d'une affaire particulièrement sensible. Un homme est trouvé mort, la main droite tranchée. Une main droite est bien à ses pieds mais ce n'est pas la sienne.
Duffy va vite constater que le mort était un homosexuel reconnu et pense vite à un tueur en série dessoudant les homos.
Mais à Belfast, plus qu'ailleurs, les apparences peuvent être trompeuses...
Quelle époque. Prends ça dans les ratiches Irlande éternelle. 'Tin Belfast en 1980 ! Une ville où les catholiques du cru et les protestants venus de l'Angleterre honnie se ramassent pour prendre de l'élan et se sauter à la gorge !
Sean Duffy, le héros de ce roman génial qu'est UNE TERRE SI FROIDE, est catholique et travaille pour la police de Belfast. Il est donc tout à la fois un collaborateur pour les catholiques tendance lutte armée et un traître potentiel pour les forces de l’ordre qui prennent leurs directives de Londres.
Personnage ô combien attachant que ce Sean Duffy qui trouve une saine distance pour envisager le bourbier qu'est devenu son pays où les hommes (les femmes sont à la maison à torcher les gosses, repasser et autre saines taches ménagères) de chaque camps s'affrontent à grands coups de visions binaires, d'un manichéisme d'école, à grandes volées de slogans accompagnées de bombes remplies de clous et de vis, d'arrestations arbitraires et une injustice, une ségrégation institutionnalisée.
Sean Duffy qui serpente entre l'IRA, guérilla insurrectionnelle qui n'oublie pas de vaquer à ses petites affaires et fait cracher une protection coûteuse aux commerçants du quartier et les autorités britanniques brutales, partiales, d'une incompétence grotesque, premières recruteuses de l'IRA.
UNE TERRE SI FROIDE est un instantané saisissant d'une ville en état de siège, coupée en deux et irréconciliable.
Bobby Sands vient de calancher crécon !
Je suis allé à Belfats, bien après les événements décrits ici, thanks gogod. Belfast assumait peu à peu son hype branché, son côté festif mais une chose était encore très présente: les graph'.
Les murs de Belfast c'est quelque chose, bariolés et témoins d'une violence quasi quotidienne, une tension omniprésente, sa lutte armée et ses martyrs.
Et Bobby Sands, encore un peu partout. Saint Bobby Sands :
Bobby Sands, membre de l'IRA provisoire (une des quelques branches de l'IRA) et député à la chambre des Communes (si si). Il va entamer une grève de la faim pour combattre l’abrogation du statut spécial. Le 1er mars 1976, un décret du gouvernement travailliste de James Callaghan abroge le statut spécial d'incarcération, favorable, créé en 1972 pour les prisonniers républicains nord-irlandais. Tous les membres de l'IRA et autres groupes républicains internés au Maze perdent ce statut spécial, dit de prisonniers politiques et sont considérés comme des criminels et délinquants de droit commun.
Si z'avez le corps bien accroché, vous pouvez regarder le film HUNGER avec un phénoménal Michael Fassbender :
Au début de cette bande annonce, l'on voit un type vérifier sous sa voiture si elle ne serait pas plastiquée des fois. Sean Duffy le fait tous les jours. A chaque fois qu'il monte dans sa tuture. Charmant pays.
Et d'un conservatisme. Ouch... Enquêter sur la mort d'homosexuels n'est pas une priorité. Des invertis ! Ils ont bien mérité cette fin abrupte, un châtiment divin voilà. Dans une pays où l'identité catholique est exacerbée pour faire pièce au protestantisme Britton, l'ouverture d’esprit n'est pas la qualité première de certains de ses habitants. Les homos promis à tous les cercles de l'enfer, plusieurs fois ; l'avortement s'apparente à un meurtre de masse, un pays d'aimables arriérés comme le dit l'écrivain irlandais Robert McLiam Wilson.
Adrian McKinty...
... Peint admirablement cette île de douleurs et de contradictions mais n'oublie pas de mener un suspense policier haletant, mêlant de manière magistrale, la grande histoire et la petite investigation.
Se gardant de toutes opinions tranchées, n'épargnant pas les manœuvres crapoteuse de l'IRA qui sous couvert d'une cause appelant à l'insurrection, à la Révolution...
... ni l'intransigeance invraisemblable, criminelle et pas si impitoyable finalement de Margaret Tatcher et du gouvernement britannique. Pov' Bobby Sands et ses compadre de la prison de Maze, pions de négociations secrètes...
Excellent livre, qui dépote, addictif. L'on s'attache aux pas de Sean Duffy, boule de discordances, homme juste mais ambitieux qui se réjouit secrètement d'avoir enfin une affaire qui le sorte de son ordinaire.
Dans un style direct mais travaillé, avec un humour corrosif, d'un noir très Irlandais pour le coup, Adrian McKinty réussit un coup de maître et nous donne un roman foutrement réussi.
Loin, très loin, des images d’Épinal mais d'une sincérité sans faille :
"– L’Irlande du Nord n’a jamais connu de tueur en série, m’oppose-t-il.
– C’est vrai. Quiconque ayant ce genre de dispositions aurait pu rejoindre un camp ou l’autre. Torturer et tuer à loisir tout en défendant la “cause”."
Bon. Le linge est sec. Pas moyen de l'ignorer. J'ai beau tâter les chaussettes, désirant une once d'humidité, sont aussi sèches qu'un pruneau sec oublié dans un sac de rando. 'Tin je suis bon pour plier la lessive. Merdum... pas envie. C'est vrai quoi, j'ai le droit de pas avoir envie. C'est l'angle fastidieux de la tache qui me rebute mais heureusement j'ai un truc pour faire passer le temps.
Sunny est clipper. Le régent du baron Quinn. Son homme de main préféré. Son exécuteur et assassin favori. Les USA sont plus désunis que jamais. L'Amérique du Nord, divisée en clan, est dirigée par 7 barons et le baron Quin est le plus puissant d'entre eux.
Dans ce monde que l'on devine post apocalyptique, les armes à feu n'existent plus. Mais il n'est pas moins violent pour autant, c'est juste que l'on tranchaille au lieu de mitrailler. Les clippers sont passés maître dans les arts martiaux et parmi les clippers, Sunny est le meilleur. Un jeune garçon MK se retrouve bientôt sur sa route et sous son aile, jeune mec qui, s'il se met à saigner, devient un combattant hors pair, une parfaite machine à tuer et objet de convoitise des barons. Sunny veut se libérer de l'emprise de son baron et quitter les Badlands et MK est peut-être le moyen pour lui d'y parvenir. Parfait. Nickel pour plier les torchons (l'aminonyme m'avait déjà r'filé le tuyau). INTO THE BADLANDS a pour ambition de remettre les arts martiaux à l'honneur et là... Mission accomplie. On n'est pas dans KUNG FU la série avec David Carradine. Ce serait plutôt MATRIX au Far West, TIGRES ET DRAGONS font de la moto. Les combats sont très réussis, et Sunny, pour l'instant, désosse consciencieusement tout ce qui se présente. Par tronque, entre les scènes de fight, ahem... Daniel Wu, incarne Sunny qu'il veut mystérieux et taiseux.
L'est surtout aussi expressif qu'un bidet.
Le grand méchant le Baron Quin, interprété par Marton Csokas :
Par un effet de miroir déformant, il compense à muerte le non jeu de Daniel Wu et cabotine comme un chien fou sous acide. Entre deux rictus, il grimace. Son kif est de se balader le visage couvert de sang, çui des autres ; ignorant soigneusement l'usage du gant de toilette. Le monde dans lequel ce petit monde évolue est assez fun, entre le western spaghetti, le film de sabre et la prohibition post apo avec ses tractions avant et motos vintage. Pour le reste, des acteurs au jeu disons flottant, un synopsis improbable... Cette série est parfaite pour un pliage de serviettes. Le plaisir coupable bas du front par excellence. On peut même pousser plus loin, tiens, faut qu'j'fasse mes comptes...
Poursuivons un peu mon introspection cinéphilique, voulez vous ? Entamée lors du dernier post où j'avouais l'émerveillement qui m'avait étreint à la vision de MULHOLLAND DRIVE.
Parfois un autre ressenti surgit de vos tréfonds, une lame de fond qui embrase le gosier et vous pousse à brailler cette réplique définitive :
"Mais qu'est ce qu'c'est qu'cette grosse merde !"
James Bond après avoir rasé un quartier de Mexico est sur la trace d'une organisation tentaculaire SPECTRE.
Un tremblement de terre : Spectre. Une famine, un coup d'état : Spectre. Christope Maé sort un nouvel album : Spectre. Qui a pété sous la couette... Bon z'avez saisi le concept.
000000007 décide de traquer Spectre et son grand gourou à travers le monde.
Grand trouloulou qui est un peu de la famille en plus...
Ah James Bond. Son machisme aussi cintré que ses costumes sur mesure et son analyse géopolitique se résumant à un vigoureux coup de genou dans les boules du type lui faisant face.
Confessons le d'entrée, je trouvais que les 007 période Daniel Craig ont de la tenue. Surtout CASINO ROYALE. Oublions le bêtasse QUANTUM OF SOLACE.
Et SKYFALL est arrivé, faisant basculer James Bond dans une autre dimension. SKYFALL phénoménal succès financier (plus d'un milliard de dollars de recettes mondiales tout de même) et une aura critique disproportionnée faisant de ce Bond une sorte d'hybride monstrueux, un blockbuster d'auteur.
Oublié Roger Moore, son cabotinage foireux et ses gadgets à la con. Oublié Sean Connery et sa pilosité affirmée, ses pectoraux doublés en peau de marcassin transgénique. Place au classieux, au sérieux un peu triste. Sam Mendes aux manettes (auteur du très beau LES NOCES REBELLES) et Daniel Craig musculeux porte flingue au charme voyou.
Daniel Craig que l'on aurait à priori plus imaginé en méchant de James Bond. Mais qui fit taire ses détracteurs. Un temps. Là on l'imagine pas mal en premier rôle pour un futur biopic sur Poutine. Ou bien ambassadeur d'une noble cause sur les ravages de la paralysie faciale.
- Oui face aux enjeux financiers colossaux, les producteurs ont tu son décès et ils ont fait jouer son mannequin de cire à sa place. Comment expliquer autrement cette inexpressivité absolue ?"
J'ai toujours trouvé les facéties conspirationnistes de ma stagiaire rafraîchissantes et extravagantes. Mais là... Je m'interroge.
Toute la quintessence du jeu de Craigounet
Et que dire de sa romance avec Léa Seydoux, 20 ans de moins, qui fait irrésistiblement penser à une jeune donzelle rusée venant de se lever un vieux beau russe sur la Riviera.
SKYFALL proposait un méchant d'anthologie, surtout grâce au talent éblouissant de son interprète Javier Bardem :
Dans SPECTRE, on a un préretraité pépère, pieds nus dans ses mocassins, au charisme d'une pizza froide. Qui aime, que dis je qui trémousse d'orgasmes incontrôlés au son de sa propre voix.
Il imagine les moyens les plus moisis, les plus détournés et surtout les plus lents pour tuer James Bond. Laissant à ce dernier le temps de trouver un échappatoire et mettre la bouilloire à chauffer pour infuser sa verveine.
Christof Waltz, si bon chez Tarantino, totalement transparent ici.
Mais SPECTRE avant tout c'est un scénario cosmiquement inepte. Un festival d'incohérences, d'impasses scénaristiques.
A faire passer ses prédécesseurs pour des documentaires réalistes moldaves.
Il serait fastidieux d'en faire l'inventaire ici. Trop long. Refaire le film merci bien.
Vous narrer l'une de mes expériences cinéphiles les plus étranges.
2001. Cinéma d'auteur, Pessac, banlieue proche de Bordeaux. Je suis non accompagné. Je m'installe dubitatif dans mon siège rouge : David Lynch ça passe ou concasse.
140 minutes plus tard, j'émerge comme d'un rêve éveillé. Le générique défile à l’écran et moi légèrement ébahi, je capte les commentaires de mes voisins.
"Je n'ai rien compris".
C'est exagéré. LOST HIGHWAY du même Lynch ou BLUE VELVET, voilà 2 films furieusement barrés, sinueux et explosant allègrement le concept de structure narrative.
MULHOLLAND DRIVE, au contraire, propose une vraie cohérence. Je ne dirais donc pas "je n'ai rien compris" mais plutôt "je n'ai pas tout compris".
Si l'on aime les films carrés, propres, MD vous laissera pour le moins dubitatif. Pour rester poli.
J'ai souvent pensé à MULHOLLAND DRIVE en lisant le beau roman de Christopher Priest :
En Anatolie, l’infirmière Melanie Tarent a été victime d’un attentat singulier : totalement annihilée, elle n’a laissé au sol, comme seul vestige de son existence, qu’un impossible cratère noir et triangulaire.
De retour en République Islamique de Grande-Bretagne, son mari, le photographe free-lance Tibor Tarent, apprend qu’un attentat a eu lieu le 10 mai à Londres, qu’il a fait cent mille morts, peut-être le double. Là aussi, la vaste zone touchée était inscrite dans un triangle parfait.
Alors qu’il est emmené dans une base secrète afin d’être interrogé sur ce qu’il a observé en Anatolie (globalement rien, en dehors de l’étrange point d’impact), Tibor entend parler pour la première fois du phénomène d’adjacence. Mais à bien y réfléchir, est-ce vraiment la première fois?
J'ai pensé à MULHOLLAND DRIVE non pas en raison d'une quelconque ressemblance formelle ou scénaristique mais par ce semblable sentiment éthéré, quasi mélancolique et ému qui me saisit une fois ma lecture achevée.
Vous voilà prévenus les aminches. Toutes les questions ne seront pas résolues. Des pistes seront dessinées, esquissées mais aucune réponse définitive ne vous dessillera les paupières. Je n'ai pas tout compris.
Je suis entré à reculons dans L'ADJACENT. J'avais lu, plus jeune, LA SÉPARATION du même Priest. Là aussi le dénouement heurta ma soif de logique. Je suis un fervent SFilophile, je ne suis pas réfractaire aux fins ouvertes et récits, disons, alambiqués. Mais je jugeais (je ne sais si ce jugement tiendrait toujours à l'aune d'une relecture) LA SÉPARATION bancal, rejouant le paradoxe Dickien du MAÎTRE DU HAUT CHÂTEAU et sa fin incompréhensible et frustrante.
Le mystère entretenu, l'énigme persistante, nécessitent un réel savoir faire, un sens de l'équilibre et du récit. Il faut une diversion. Que quelque chose nous empoigne et nous fasse oublier notre faim de rationalité, du fin mot, du comment du pourquoi.
L'ADJACENT est de cette trempe. Car avant de nous parler d'Adjacence, de phénomène scientifique, d'arme quantique, L'ADJACENT met en place la plus fantastique des diversions : l'amour.
Un amour qui défie la logique, le réel, le ce qui est possible ou pas.
Dans un style précis et poétique, parfois même saisissant de sincérité...
"Lorsqu'un attentat majeur a lieu, la plupart de ceux qui ne sont pas directement concernés prennent la nouvelle avec calme ; ils l'apprennent par des flashs télévisés répétés ou par Internet, ils gardent leurs pensées pour eux mais ressentent une impression fictive d'expérience partagée : la confusion dans les rues, la terreur de ce qui pourrait encore arriver, un soulagement coupable de ne pas être directement affecté, une interrogation persistante sur ce qui s'est réellement passé. Ils écoutent les récits des témoins, des survivants ; puis viennent les experts, les politiques, les porte-parole, les opposants à la politique gouvernementale. Au moment de l'attentat, tout est détaillé, en restant d'une certaine façon inexplicable."
... Priest fait preuve d'une rare maîtrise. Et délivre un grand roman d'amour. C'est tout con. Il nous touche, nous émeut. Par la bande en quelque sorte. Sous le prétexte d'un roman SF angoissant.
Il nous glace en nous montrant un futur effrayant parce qu'hautement probable. Un avenir de tension ethniques et religieuses faisant passer les nôtres actuelles pour des disputes autour d'un sac de billes. Un monde livré aux dérèglements climatiques majeurs.
Mais pour ce dernier point, il est un brin déphasé l'ami Christopher, la COP 21 va tous nous sauver. Pas vrai...
Imbriquant les époques : Grande Guerre, Seconde guerre mondiale, anticipation dystopique, L'AJDACENT est également une somme de l'oeuvre de Priest, brassant et ressassant les thèmes récurrents de son oeuvre. Un long caméo de l'écrivain HG Wells revoyant à son livre hommage LA MACHINE A EXPLORER L'ESPACE (que je n'ai point lu). La prestidigitation et son phénoménal LE PRESTIGE (bien supérieur au film pourtant très bon) etc. Sans oublier une escapade dans son Archipel du Rêve, univers parallèle de sa création. Mais point n'est besoin d'être un exégète de l'oeuvre de ce grand écrivain pour savourer ce roman singulier, unique et pour tout dire foutrement réussi. Si vous désirez un tapis plat sans poussière planquée en déformant les motifs. Si vous préférez les placards grands ouverts et bien rangés... Je vous comprends. L'ADJACENT vous déroutera certainement. Mais qu'importent les balises si la route est belle.
"Comment ça Bambi n'est pas mort. J’espère que tu ne vas pas me servir cette histoire d'images subliminales glissées dans les films Disney. Je te préviens Clafoutine, si tu me dis que l'on aperçoit Panpan sodomiser Bambi, je ne le supporterai pas.
- Bambi, surnom de Michael Jackson votre Bloguerie, non le faon gentil.
- Michael Jackson..?
- Oui votre Bloguerie. Michael Jackson n'est pas mort :
- Il se fait passer pour une femme et joue dans une série de super héros !"
Bon.
Hormis cette ressemblance avec le king de la pop, période post bistouri et blanchiment hypodermique accéléré, que vaut la nouvelle série super slip de Netflix :
Jessica Jones est une frêle jeune femme. Les apparences sont presque trompeuses. Elle a en effet une force hors norme et peut jouer à saute building si elle le souhaite. Mais Jess ne possède pas de cape ni de collant seyant. Elle gagne sa vie comme détective privée et traque l'adultère pour payer le loyer de son appart / bureau miteux et son whisky bon marché.
Jessica n' a pas toujours été cette femme renfrognée, méfiante et cassante. Elle n'a pas choisi de gaieté de bide ce choix de carrière. Elle se fait discrète depuis qu'elle a échappé à l'emprise de kilgrave. Super vilain qui fort d'un pouvoir de persuasion surhumain l'a maintenu sous sa coupe plus d'une année.
Mais voilà, Kilgrave refait surface. S'extrayant de l’abîme où il devait clapoter, il revient hanter Jessica Jones.
Jessica Jones décide d’arrêter Kilgrave. Mais comment arrêter un homme qui peut obtenir ce qu'il veut en claquant sa langue ?
L'écurie Marvel se divise en deux stalles :
Les pur sangs, les chevaux de race, classe internationale. Grosse biscotte, gros marteau, grosse n'armure. Le genre à défoncer du n'alien agressif et ignorer la pègre locale.
Les bourrins. Les chevaux de traits. Ras du bitume, arpentant le pavé pour dessouder le caïd du cru.
Jessica Jones fait clairement partie de la deuxième école. Elle évolue sur le même territoire que Daredevil : Hell's kitchen, les ruelles sombres du New York interlope. Même si JJ tient à se démarquer de sa devancière, la comparaison avec l'ami DD est inévitable et presque toujours en défaveur de JESSICA JONES.
Entendons nous bien les aminches, JESSICA JONES est une chouette série qui se regarde avec plaisir mais elle repose sur de bonnes idées qui ne sont pas exploitées avec suffisamment de radicalité.
Daredevil a des sens ultra développés (enfin 4 sens ultra performants) et un sens du combat qui frôle la perfection. Jessica Jones n'a rien d'une karatéka mais bénéficie d'une force extraordinaire. De sacrés pouvoirs.
Et pourtant...
Autant DD nous offraient des scènes de fight extrêmement chorégraphiées d'une élégance rare. Autant JESSICA JONES fait le pari de tourner le dos au spectaculaire et se concentrer sur la psychologie des personnages.
Mais alors pourquoi ces confrontations pauvrettes. Dignes du vol plané d'un mannequin en mousse dans un bâtiment en balsa, sorti tout doigt d'un épisode de L'INCROYABLE HULK des années 80.
Les show runners auraient mieux fait d'occulter totalement les scènes d'actions plutôt que nous offrir ces pugilats navrants.
L'actrice Krysten Ritter porte sur ses graciles épaules le rôle titre.
A part le fait que je m'attends parfois à ce qu'elle
se saisisse de son entrejambe en poussant un ouh suraigu, j'ai un peu de mal avec sa prestation. Rien de honteux, mais je ne la trouve pas très crédible en torturée misanthrope.
Les seconds rôles sont aussi un brin fantomatiques, la meilleure amie, animatrice de radio, le flic ancien des forces spéciales. Même Luke cage futur super burné à débouler incessamment ne m'a pas convaincu.
Mais halte là les critiques. JESSICA JONES, c'est aussi une histoire riche, sombre et dense.
Et surtout, un méchant. Pfuit... Total.
Et là...
David Tennant interprète kilgrave. L'homme pourpre dans l'univers Marvel, d'où cette couleur prépondérante de sa garde robe dans la série. Kilgrave est l'un des supers vilains les plus barrés et pervers des comics.
Quelle empathie, quelle humanité peut conserver un homme qui peut tout obtenir de n'importe qui par le seul son de sa voix ? Peu importe votre force de caractère, votre moi intérieur, subconscient, surmoi et soupente, Kilgrave peut vous faire faire ce qu'il veut. Le pire. Toujours.
Wilson Fisk , le Caid de Daredevil, gros méchant sadique est aussi un être humain, amoureux, touchant par moment. Kilgrave est un monstre qui considère les hommes et femmes l'environnant comme des insectes, des esclaves en puissance.
Il fallait un grand acteur pour illustrer un tel sociopathe. David Tennant est celui là. Il bouffe littéralement la péloche. Charismatique, cabotin juste ce qu'il faut et glaçant. Il EST Kilgrave.
Excellent.
Le même procédé que DD est appliqué à JESSICA JONES, retarder l'arrivée du Grand Méchant, Kilgrave n'est au début qu'une voix suave. Procédé ingénieux (qui pourrait virer à la recette facile s'il se systématise) mais qui s'avère finalement frustrant quand on voit le numéro de David Tennant.
L'on dit souvent meilleur est le méchant meilleur est le film. Ou la série. Pas toujours.