vendredi 27 novembre 2015
mercredi 25 novembre 2015
De la magie
"Choisis une carte Clafoutine. C'est bon, regarde la bien sans me la montrer et remet là dans le paquet. Mélange le toi même.
...
- voilà je coupe en deux, j'invoque le grand Schoubidoubidouah ! C'est ta carte Clafoutine ? le deux de coeur ?
- Non
- Non...Ah aha. Ahem. Bon regarde cette pièce de monnaie, fixe la bien et hoooooooooop disparue !
- Pas vraiment. Elle est dans votre manche; Ah ben non, vous venez de la faire tomber sur le parquet.
- Huhu..."
Bon les filles. La magie c'est comme tout le reste, il vaut mieux s'adresser à des professionnels.
San Francisco. 1923. Le président des Etats-Unis Warren G Harding se confie en coulisses à l'illusionniste Carter le Grand : " Que feriez-vous si vous aviez connaissance d'un terrible secret qui risque de plonger le pays dans le chaos ? "
Le secret, Charles Carter lui doit sa subsistance et sa gloire.
Soir après soir, il émerveille les foules des années folles, friandes de sensations fortes. Les artistes du music-hall rivalisent à cette époque d'audace et d'ingéniosité dans le vain espoir de repousser les mirages d'Hollywood.
À ce jeu-là, tous les coups sont permis : effets de miroirs insensés, séances de spiritisme, lévitations électriques, voiles et écrans de fumée, éléphants qui se volatilisent, duels contre le Diable lui-même...
Mais du jour au lendemain, Carter, idole de l'Amérique de l'entre-deux-guerres, devient le principal suspect d'une affaire d'Etat : le Président trépasse mystérieusement dans sa chambre d'hôtel deux heures après avoir participé avec lui à un numéro rocambolesque.
Les rumeurs vont bon train, la presse se perd en conjectures et le Service secret est aux abois : le génie du trompe-l'œil a-t-il précipité la fin du locataire de la Maison-Blanche, époux volage et filou notoire ?
Si vous me permettez une légère anecdote familiale les aminches : ma mère déteste la magie. Ne pas comprendre le truc l'exaspère, elle se sent flouée. Je ne tiens de ma môman en ce domaine. J'aime bien la magie, la prestidigitation.
Mais je me vois mal m'enquiller un spectacle
En fait c'est comme les échecs. J'aime plus ce qui tourne autour de l’échiquier ses enjeux, ses champions que le jeu en lui même. la magie c'est pareil. Je préfère tourner autour que réellement me la coltiner.
C'est pourquoi, j'ai beaucoup aimé le livre de Glen David Gold, biographie romancée d'un magicien ayant réellement existé :
Mais je me vois mal m'enquiller un spectacle
En fait c'est comme les échecs. J'aime plus ce qui tourne autour de l’échiquier ses enjeux, ses champions que le jeu en lui même. la magie c'est pareil. Je préfère tourner autour que réellement me la coltiner.
C'est pourquoi, j'ai beaucoup aimé le livre de Glen David Gold, biographie romancée d'un magicien ayant réellement existé :
Carter le grand, pile en plein age d'or. le grand siècle de la magie. avant que les écrans ne cannibalisent le quidam et le détournent des cirques et spectacles.
La bonne idée de Gold fut de ne pas se confronter au grand mamamouchi de la magie, le dieu tutélaire incontournable :
Le magnifique Houdini.
Il préfère opter pour un personnage plus obscur. Toutes proportions gardées , Carter fut une star en son temps. Il fut même le premier magicien international, enchaînant les tournées mondiales comme un groupe de vieux rockeurs sur le retour.
Mais carter n'a pas laissé une trace indélébile dans les mémoires hors les mordus forcenés. Du coup, peut y aller à fond les paupiettes Glen et dérouler un récit férocement romanesque.
Il multiplie les thèmes l'ami Gold et ce qui commence comme un thriller historique se poursuit en un récit initiatique pour se finir sur un tempo d'enfer.
CARTER CONTRE LE DIABLE est surtout le portrait saisissant d'un monde aujourd'hui révolu, ces spectacles itinérants, cheminant de villes en villes pour amuser, faire frémir et éberluer le passant.
Et ce fameux age d'or. Les magiciens remplissaient des salles et proposaient des numéros époustouflants. Rassurez vous ou déplorez le mais quasiment aucuns truc ne vous sera dévoilé dans ce bouquin.
Par tronque, vous vous attacherez à ce magicien vieillissant, doutant de lui même, guère épargné par les travers tragiques mais s'acharnant encore et encore à ébaudir le badaud, le surprendre et lui faire oublier un temps le turbin, les aléas et les misères quotidiennes.
Vous saurez de quoi il retourne, vous saurez ce fameux secret? Je vous parie que pour l'écrasante majorité d'entre vous, vous possédez ce secret, il est dans vos foyers.
très bon livre vraiment qui patine pit-être un peu à l'allumage mais accélère ensuite le tempo et nous propose une folle sarabande où tout n'est pas qu'illusion mais quand même...
La bonne idée de Gold fut de ne pas se confronter au grand mamamouchi de la magie, le dieu tutélaire incontournable :
Le magnifique Houdini.
Il préfère opter pour un personnage plus obscur. Toutes proportions gardées , Carter fut une star en son temps. Il fut même le premier magicien international, enchaînant les tournées mondiales comme un groupe de vieux rockeurs sur le retour.
Mais carter n'a pas laissé une trace indélébile dans les mémoires hors les mordus forcenés. Du coup, peut y aller à fond les paupiettes Glen et dérouler un récit férocement romanesque.
Il multiplie les thèmes l'ami Gold et ce qui commence comme un thriller historique se poursuit en un récit initiatique pour se finir sur un tempo d'enfer.
CARTER CONTRE LE DIABLE est surtout le portrait saisissant d'un monde aujourd'hui révolu, ces spectacles itinérants, cheminant de villes en villes pour amuser, faire frémir et éberluer le passant.
Et ce fameux age d'or. Les magiciens remplissaient des salles et proposaient des numéros époustouflants. Rassurez vous ou déplorez le mais quasiment aucuns truc ne vous sera dévoilé dans ce bouquin.
Par tronque, vous vous attacherez à ce magicien vieillissant, doutant de lui même, guère épargné par les travers tragiques mais s'acharnant encore et encore à ébaudir le badaud, le surprendre et lui faire oublier un temps le turbin, les aléas et les misères quotidiennes.
Vous saurez de quoi il retourne, vous saurez ce fameux secret? Je vous parie que pour l'écrasante majorité d'entre vous, vous possédez ce secret, il est dans vos foyers.
très bon livre vraiment qui patine pit-être un peu à l'allumage mais accélère ensuite le tempo et nous propose une folle sarabande où tout n'est pas qu'illusion mais quand même...
LE DIABLE CONTRE CARTER nous parle d'un temps où la magie faisait rêver.
Ce n'est plus la cas aujourd'hui :
mardi 24 novembre 2015
Le poids de la sauterelle
1962, les aminches.
Rock'n'roll et blousons noirs. L'Amérique triomphante n'existe pas. Elle a perdu la guerre. Le troisième reich a gagné, les nazis ont emporté la course à la bombe A et rasé Washington de la carte.
L'Axe s'est partagé le territoire des USA :
Hitler est mourant et la succession annoncée est féroce. L'alliance avec les Japonais sera-t-elle respectée par son héritier ? Une guerre entre les deux empires se profile-t-elle ? Les Allemands, unique détenteur de la bombe atomique, le déséquilibre ultime de la terreur, vont -ils la lâcher sur San Francisco pour faire plier les Nippons ?
Dans ce contexte tendu, une rumeur se propage, un film montre la monde tel qu'il pourrait être, tel qu'il devrait être, tel qu'il est ? Ce sont les alliés qui ont remporté la guerre mondiale, les puissances de l'axe ont été défaites.
Que peut un film contre la réalité ?
Rien à priori, mais en ce cas pourquoi les SS tiennent-ils tant à mettre la main sur son réalisateur renégat qui se fait appeler le maître du haut château ? Pourquoi cette panique qui les gagne ?
Une jeune femme, en possession d'une bobine du film interdit, un jeune résistant chargé de livrer une autre de ces bobines vont s'employer à fuir les SS lancés à leurs trousses et rencontrer ce foutu Man in the high castle.
Voilà brossé à grands traits l'intrigue de la dernière adaptation en série d'un roman de Philip k Dick , l'un de ces plus fameux :
Tout d'abord, gonflé le mec ! Frank Sponitz en l’occurrence (THE WEST WING). Le maître du haut château est en effet un roman déroutant qui me laissa une impression mitigée : un univers intense, un pitch d'enfer et une fin incompréhensible.
Un roman écrit sous l'aune du Yi Jing, art ancestral de divination orientale : on laisse des baguettes et la configuration de ces dernières est censé nous dévoiler notre avenir possible.
Mouais, m'est surtout avis que Phil abusait pas mal de substances psychotropes.
LE MAÎTRE DU HAUT CHÂTEAU traîne ainsi une réputation d'impasse télévisuelle ou cinématographique.
Cela ne fit pas reculer Spotniz qui décida d'adapter ce Dick et le proposer à Amazon nouveau venu dans l'univers des séries. Tremble Netflix, le grand méchant capital débarque, Amazon et son évasion fiscale, son management brutal, propose une foutue bonne série. Ça fait mal au cul mais c'est ainsi.
THE MAN IN THE HICH CASTLE est une sacrée réussite sur ces premiers épisodes tout du moins. Cet univers dystopique est posé implacablement : les films, les réclames, tout cet arrière plan des Sixties que nous connaissons par coeur est subtilement détourné et nous constatons que nous avons échappé au pire.
Quoique le pire nous rattrape en ce moment...
THE MAN IN THE HIGH CASTLE, dont le pilote m'avait inexplicablement laissé froid lors de mon premier visionnage, est un parfait mélange d'action bien menée, de personnages attachants et d'un sous texte terrifiant.
Le casting est parfait, la jeune et (vraiment) charmante demoiselle, en détresse mais qu'il vaut mieux éviter de gonfler quand même rapport qu'elle maîtrise très bien l’Aïkido, est plutôt juste :
Alexa Davalos, jeune actrice que je n'avais point encore vu, et qui s'en sort plutôt honorablement, comme le reste du casting.
Le vrai atout de THE MAN a plus de bouteille, une carrière plus longue et intéressante derrière (et devant espérons le) lui :
Rufus Sewell a ce qu'il faut pour rendre cette suavité glaçante que confère une intelligence aiguë doublé d'un fanatisme forcené au service d'une idéologie génocidaire. Il incarne parfaitement ce SS à l'élégance flippante dans son uniforme cintré et ses bottes cirées. Impeccable.
THE MAN est pour l'instant l'une des plus belles pépites de cette rentrée. L'idée d'avoir choisi le cinéma à la place de la littérature (c'est un livre l'oeuvre interdite dans la nouvelle de Dick) est particulièrement fructueuse.
Les allers retours entre nos deux échappés les autres personnages et la grande Histoire macabre sont bien foutus et équilibrés, s'imbriquant idéalement dans une mise en scène sans effets de manche, classique et efficace.
Nan il n'y a rien à dire, il faut juste attendre le dénouement et savoir comment notre show-runner va se dépatouiller de cette non fin du roman originel...
Pourquoi une sauterelle ?
Le poids d'une sauterelle ? sans déconner ..?
les plus attentiv(f)es le sauront en visionnant le bande annonce ci-dessous.
Oui je sais...
C'est irritant...
dimanche 22 novembre 2015
Le retour du plouc
Coucou les aminches...
Une crainte m'avait saisi à la fin du season final de la saison 2 de TRUE DETECTIVE aussi palpitant que l'inventaire d'un grossiste de vis à bords plats.
Les anthologies -les one-shot, une saison = une histoire bouclée- sont elles condamnées à nous décevoir après une première saison d'exception ?
FARGO 1 était une splendide réussite, plus qu'un hommage au film des frères Coen, une oeuvre en soi. Le chapitre 2 allait il répéter la dégringolade Trudetectivienne ?
Après 5 épisodes promptement avalés tous dru, foutre non !
1979,
Minnesota.
A la suite d'une tuerie dans un restaurant, le destin de plusieurs personnages s'entrecroise : Lou Solverson, un policier et son supérieur Hank Larsson; Peggy et Ed Blomquist, un couple sans histoire jusqu'ici; ou encore la famille mafieuse locale des Gerhardt.
Tout d'abord, le show runner Noah Hawley a scrupuleusement évité toutes les chausses trappes dans lesquelles celui de TD a sauté à pieds joints, mains liés et tête en avant Guiguamp !
Ainsi, plutôt que tout réinventer, Noah Hawley a creusé l'histoire de la série, revenant sur les prémisses de la saison 1, esquissées subtilement lors de ce premier opus.
Ensuite, plutôt que se passer du réal qui avait fait un boulot de première bourre, il a reconduit la même équipe et cela se voit : une mise en scène toujours inventive, bourrée d'idées ras la timbale et d'une grande fluidité.
Et quelle direction d'acteurs !
Tout le cast, fort touffu, est admirablement campé.
De Patrick Wilson...
... Impeccable dans le rôle du shérif de Province Lou Soverson, couillu et sensible, père de Molly héroïne de la première saison.
A Kirsten Dunst...
... Parfaite en coiffeuse frustrée, insatisfaite, catalyseur involontaire de l’Apocalypse qui s'annonce. Actrice que je trouvais un brin crispante jusque là mais qui est vraiment juste dans ce rôle un brin casse gueule.
Sans oublier son époux, cause principale de son insatisfaction chronique...
Lui itou, au diapason, de son personnage de boucher qui n'aspire qu'à une vie simple, pavillon cosy, enfants sages et retriever poilu.
Mais FARGO, c'est également des Méchants savoureux, de première catégorie, après l'impérial Billy Bob Thronton, nous avons Mike Milligan et les frères Kitchen :
Les deux fragins ne décochent pas un mot mais Bookem Woodbine (qui a joué dans de nombreuses bousasses) parle pour trois, dans un langage châtié et roublard. Excellent !
Je stoppe là mon panégyrique et c'est bien injuste envers les autres personnages et acteurs les incarnant. Tout le monde joue sa note à la perfection, pile dans le bon tempo et s'insérant parfaitement dans l'harmonie chorale.
L'orchestre joue sa partition au service de l'histoire. L'intrigue, comme toujours, monte en tension et on se régale de la confrontation inévitable, de la conflagration cataclysmique incontournable. Parsemé ça et là, de traits d'humour noir géniaux, FARGO 2 confirme son statut de petit bijou incontournable.
La série, mine de rien, affine sa propre mythologie et efface progressivement le film originel.
Ce n'est pas un mince exploit !!
vendredi 20 novembre 2015
Une histoire américaine
JE SUIS HOMER, LE FRÈRE AVEUGLE.
Ces premiers mots débutent le beau roman de E.L. Doctorow.
Pianiste aveugle passionné de musique classique, grand amateur de femmes, Homer est à peine plus raisonnable que son frère aîné Langley.
Langley est un esprit rebelle et farfelu, friand d’objets en tout genre – pianos, grille-pain, phonographes, machines à écrire, masques à gaz – qu’il amasse par dizaines au gré de ses lubies, allant même un jour jusqu’à assembler une Ford T dans leur salle à manger…
Langley est un esprit rebelle et farfelu, friand d’objets en tout genre – pianos, grille-pain, phonographes, machines à écrire, masques à gaz – qu’il amasse par dizaines au gré de ses lubies, allant même un jour jusqu’à assembler une Ford T dans leur salle à manger…
Soucieux de découvrir, en toute chose, son expression ultime, Langley, par ailleurs, classe et archive méthodiquement la presse quotidienne dans l’obsessionnel dessein de créer un journal au numéro unique, éternellement d’actualité, où se trouverait compilée la quintessence même de la vie.
Homer et Langley Collyer ont réellement existé. Ils ont défrayé la fameuse chronique en amassant compulsivement plus de 130 tonnes de déchets dans leur hôtel particulier de la cinquième avenue.
Les Coolyer avait en en effet hérité une petite fortune de leur parents ce qui leur a permis de subsister plus de soixante ans. Bonne fortune ou malédiction, cette aisance financière (s'amenuisant au fil des décennies) leur a permis de mener une vie d'ermite sans faire l'effort de nouer de relations sociales.
E.L. Doctorow s'empare de la vie des frères Collyer et la romance, à coups d'idées fulgurantes.
Il fait ainsi de Homer le narrateur de cette odyssée. Un aveugle pour raconter la traversée d'un siècle. Ce seront donc des sensations, des bruits, des odeurs qui accompagneront le lecteur tout au long de ce périple. Prodigieuse trouvaille !
Il faut bien évidemment une écriture fluide, un style à la hauteur pour rendre compte au plus juste ce bouillonnement intérieur, cette vie intime d'un homme qui a perdu la vue et qui ma foi, au début, le vit plutôt bien, y trouve même certains avantages :
"Un jeune homme aveugle, beau et de bonne famille était donc particulièrement appréciable dans la mesure où il ne pouvait pas, même en secret, se mal conduire. Sa vulnérabilité exerçait un grand attrait sur une femme elle-même entraînée depuis sa naissance à être vulnérable. Elle en retirait l'impression d'être forte, d'être au pouvoir, ma cécité pouvait susciter en elle un sentiment de pitié, elle pouvait faire beaucoup de choses. Une jeune femme pouvait s'exprimer, se laisser aller à ses émotions refoulées comme elle n'aurait pu le faire sans risque avec un type normal." page 12
S'éloignant d'une plume atone sans pour autant verser dans le jargon amphigourique, Doctorow trouve le ton juste pour transcrire le noir visuel et l'extravagance d'une vie intérieure riche.
L'autre licence romanesque lumineuse de Doctorow est d'avoir décalé temporellement la vie des Collyer et de la faire fendre le vingtième siècle. Nous verrons les deux guerres mondiales, celle de Corée, du Vietnam, les hippies, la mafia, la prohibition défiler dans les murs des deux reclus.
Paradoxalement, la demeure des Collyer, fermée au monde, sera malgré tout un révélateur des soubresauts de l'Amérique Etasunienne du dernier siècle.
Souvent drôle, parfois grinçant, ce beau livre verse peu à peu dans le tragique, quand la folie s'empare peu à peu du cerveau de Langley, revenu détruit par les tranchées de la première guerre mondiale et qui va se lancer dans une quête éperdue et vaine d'un journal ultime, le newspaper universel rassemblant toutes les nouvelles en un seul numéro.
Langley sombre dans la paranoïa et la démence, entraînant son doux frère Homer qu'il aime pourtant d'un réel amour fraternel.
"Nous coulions, mon frère et moi, et lui, avec ses poumons brûlés et sa quasi-démence, le savait mieux que moi. Chacun de nos actes d'opposition et d'affirmation de notre autonomie, chaque manifestation de notre créativité et de l'expression résolue de nos principes œuvraient au service de notre ruine. Je ne le critiquerai donc pas pour sa paranoïa de cet hiver-là, lorsqu'il commença à organiser, à partir des matériaux accumulés notre vie durant dans cette maison, les moyens de notre ultime résistance."
La guérilla que mènera Langley contre les administrations venant demander des comptes, l'enfermement progressif de Homer, le vent de folie tourbillonnant épisodiquement entre les murs de cette immense maison bourgeoise font de ce bouquin une grande réussite et une oeuvre étonnante.
Étonnement encore plus prégnant suite à un dénouement abrupt voire brutal.
Laissez vous tenter par le voyage les aminches, accompagnez ces deux frères doux dingues.
Tant qu'à choisir deux frangins, préférez les "débuts du siècle dernier" aux "mentons d'acier".
![]() |
jeudi 19 novembre 2015
...
Tu vois, mon gars, si tu veux vivre une existence de privations, d'un ascétisme mortifère, une bonne grosse vie de merde.
Libre à toi !
Juste, ne nous, ne leur, demande pas une réciproque non consentie.
S'il te faut une rafale, une bombe humaine de tripes et de clous, pour nous convaincre que ta voie est celle à suivre.
Franchement mon con...
Comment te dire...
Les mots manquent parfois...
Faire vivre un blog, c'est bien dérisoire, face à tes grands principes, tes sentences définitive et ton idéologie moisie.
J'en ai bien conscience.
Je vais m'arrêter là, je vais préparer d'autres post, écouter de la musique, voir un film, lire un livre, boire des coups, faire l'amour.
Ah oui... Au fait...
On t'emmerde !
mercredi 18 novembre 2015
jeudi 12 novembre 2015
Une fin du monde tordante
Et si l'on n'avait plus que quelques semaines à vivre les aminches ?
Qu'en ferait-t'on ?
Vaste question...
C'est un peu ce qui taraude les protagoniste de la dernière pépite sérielle anglaise :
Jamie, inoffensif employé de banque fête son anniversaire, seul, encore. Cela fait 7 ans que sa femme a disparu et il est un brin déprimé. Même son colocataire joyeusement déjanté, n'arrive pas à l'extraire de sa routine.
En Italie, Soeur léonti s'emmerde dans son couvent et s'interroge sur sa vocation. Sa mère Supérieure sentant la foi de sa brebis vaciller lui obtient un entretien d'embauche auprès du père Sutton chargé d'investiguer les canonisations potentielles pour le Saint Siège.
Aux Staaates, Rhonda Macneill, soupçonné d'avoir hacqué la NSA se retrouve en prison et n'en mène pas large mais elle va vite se retrouver sous l'aile (en forme de bras levé) de la nazie du Bloc cellulaire.
Tout l'agenda de ce petit monde va se retrouver bouleversé quand le président Zetazunien fait une annonce sidérante : une météorite se dirige droit sur notre boule bleue. Elle assénera un méchant frontal dans 33 jours, rien n'y survivra, pas même une bactérie.
La funny Albion a encore frappé les filles ! Quand de coté ci du Manche, au sein de notre Hexagone douillette, on s'ébaudit quand une série n'est pas complètement nullarde, les brittons alignent les hits comme d'autres les jetons de présence.
YOU ME AND THE APOCALYPSE est ce qu'on fait de mieux en ce moment comme série humoristique. Elle arrive à nous faire marrer sur des sujets sensibles comme la foi et la tolérance religieuse, une amitié sincère avec une nazie arborant une croix gammée scarifiée sur le front est-elle possible ? etc.
La série débute quand Jamie (aperçu dans THE WRONG MANS, très juste en mec maladroit, déterminé et gentil) regarde à la télé, la dernière retransmission télévisuelle de l'histoire, quelques secondes avant la collision Terminale. Il est planqué dans un bunker sécurisé et fera parti des rares survivants. Il devrait s'en réjouir mais en contemplant ses compagnons d'infortune, on est comme lui, on doute de sa bonne étoile.
Les épisodes vont ainsi narrer les péripéties qui vont mener les futurs occupants bunkerables à la dernière Arche souterraine de l'humanité agonisante.
YOU ME, mine de rien est diablement ingénieuse car, en dehors de scènes hilarantes et de dialogues fins, elle propose une histoire carrée, matinée de complots, nappée de conspirations, sacrément addictive.
L'interprétation est haute de gamme, avec des acteurs aperçus ça et là dans des séries soeurs. Ils sont tous très bons. Mais le gros plus de YOU ME est çui là :
All we need is Lowe, Rob Lowe.
Ahem...
Déolé mais je voulais caler une illustration musicale.
Rob Lowe dans le rôle du père Sutton est excellent.
Un curé badass, se servant d'un bénitier comme cendrier et remplaçant le vin de messe par du bourbon, ne peut pas être tout à fait mauvais. Lowe la joue fine et incarne parfaitement un personnage plus profond qu'il n'y parait.
C'est son année à Rob Lowe :
Lorsque sa série touche à sa fin, Dean Sanderson retourne dans sa ville natale et pense pouvoir reprendre le cabinet d'avocats de ses parents, sous prétexte qu'il en a joué un sur petit écran.
Là encore, parfait dans cette composition d'un homme fat et creux mais superstar du petit écran qui pense que les prétoires sont semblables à ceux des Studios télés.
Assez rigolo, mais un poil répétitif, THE GRINDER confirme que l'ami Rob a bien fait de laisser tomber les sirènes trompeuses du grand écran pour se rapprocher du petit.
Rob Lowe, dont la carrière a été plombée par un scandale sexuel assez glauque, revient en majesté et joue de son physique avantageux et sourire narquois.
Good job Rob.
Pour en revenir à notre Armageddon jouissif les n'enfants, je résume :
- un ton comique fin et efficace
- un scénario réjouissant
- une interprétation classe.
On tient là une des trouvailles les plus enthousiasmantes de cette fin d'année.
Si le dénouement se révèle à la hauteur des débuts (je ne sais pas encore s'il y aura une deuxième saison où si cette première saison est un one shot se suffisant à elle même), on a même un échappé du peloton de première bourre!
'Tin si il ne restait qu'un petit mois d'existence ..?
Ça contrarierait sévère le plan marketing de Star Wars, tient...
mardi 10 novembre 2015
les arnaqueurs associés
Coucou les aminches.
Un court post pour narrer une mésaventure.
L'autre jour, errant la bave aux lèvres, dans les rayons joyeusement peinturlurés des albums BD, je sentais l'appel du comics résonner en moi.
Je me suis laissé tenter par çui là :
Passionnant postulat de départ : et si l'on pouvait guérir le Joker, hum ? L'ennemi juré de Batman débarrassé de sa folie meurtrière mais avec toutes ses compétences pour imaginer, concevoir des plan tordus, n'aurait-on pas là le plus magnifique des profiler ?
Voilà, résumé à gros traits le pitch de BEDLAM. Première incursion des la maison d'édition les Humanoïdes Associés (LA CASTE DES MÉTA-BARONS) dans l'univers du Comics.
Rassuré par le 1/2, et le 2/2, signe d'une histoire complète, je tentais l'achat et m'en réjouissais tout d'abord.
Puis l'inquiétude me saisit, je voyais les cases défiler, les bulles se succéder, le dénouement approcher... On va être trop juste là... Et merdum ! Le bon gros cliffhanger des familles !
Gaffe les filles, n'achetez pas ce BEDLAM, z'aurez jamais la fin, c'est grand dommage tant ce comics était plutôt de grande qualité sur ces deux premiers tomes.
La série a été annulée faute de lecteurs.
Mais ça nos arnaqueurs Associés se sont bien gardés de le préciser, tant pis pour mon porte monnaie. Go go le gogo !
'foirés !
lundi 9 novembre 2015
Trois ans, c'est bien (trop) long
Bien le bonjour les aminches.
Je supputais , il y a peu, que Nic Pizzolatto, le show runner de TRUE DETECTIVE, pris par rythme effréné de l'industrie télé(phage)visuelle, n'avait pas eu le temps de développer suffisamment une saison 2.
Parfois, le temps ne suffit pas.
Souvenez vous les aminches, trois auparavant, hiver 2012. Une claque sérielle dessille nos paupières, réveille nos synapses, une baffe hexagonale qui plus n'est ! Une série majeure, innovante et pour tout dire phénoménale, française, 'tin la patrie de NAVARRO et autre PROFILAGE !
Phénoménale dans tous les sens du terme. Un succès critique majeur, amplement mérité sur les 9/10ème de cette première saison, une perfection formelle au service d'une intrigue forte, nos disparus, nos morts reviennent dans nos vies sans prévenir. Pour eux, ils se sont absentés quelques instants, pour nous...
Chaque épisode de cette première saison dévoilait un revenant, son histoire, sa mort et sa résurrection. Nimbée d'une aura de mystère trouble, un climat éthéré, sensoriel et un casting brillant faisaient de cette série, une oeuvre immense, qui traversa la Manche, l'Atlantique, pour, fait rarissime, glaner un Emmy Award.
Et puis, premier accroc, le dernier épisode, le final de la saison, finissait sur un cliffhanger digne des années 2000, que même les Ricains n'osaient plus nous proposer, ah si la fin de la première d UNDER THE DOME. Pas bon signe !
Bon pas grave, les 7 premiers épisodes nous faisaient largement pardonner cet écart et nous éloignions de nos tympans les rares voix discordantes, clamant que Fabrice Gobert, le créateur des REVENANTS, n'était somme toute qu'un faiseur pontifiant. La saison 2 allait démonter ces perfides.
Et un long silence s'installa.
3 ans avant la saison 2, enfin le Chapitre 2, ce qui pose son snob, ce Chaaaapitre 2 !
3 ans c'est long, on a eu le temps d'en bouffer de la série et non des moindres ! Et puis cela s'apparente à un manque de savoir vivre. Il a beau se draper dans la posture de l'artiste perfectionniste qui souffre d'accoucher son opus, il me fait un brin marrer l'ami Gobert. Quand on voit les BREAKING BAD (au hasard) s’enchaîner d'une année l'autre. M'est plutôt avis qu'il ne savait pas comment conclureJean Claude Fabrice.
C'est le retour du syndrome LOST en fait. Là ou JJ Abrams et ses potes enquillaient les saisons repoussant le dénouement des questions qui coincent à plus tard, empilant les mystères à la con entre temps, Fabrice Gobert s'essaye à du Lynch, ne rien résoudre ou si peu et parier sur une étrangeté alambiquée pour nous convaincre de son génie.
Mouais...
Comment dire...
J'aime Lynch. J'ai maintes fois souligné que les fins ouvertes, obscures, les énigmes irrésolues, ne me dérangeaient pas. Il faut juste que cela soit bien fait.
Une de mes amies me faisait observer que ce n'était pas là chose aisée, tu l'as dit namieloki ! Fabrice Gobert n'est pas Lynch et LES REVENANTS ne sont pas TWIN PEAKS.
Tous les pourquoi ou presque resteront en l'air et ne toucheront plus terre. On ne s'en émerveille guère, on n'en est pas plus frustrés, on ressent juste une légère indifférence.
Et cette Comédie Française ! Tous ces acteurs, certains très bons habituellement, qui la jouent feutrée, étouffée, l'air absent, à débiter des sentences définitives.
A voir tout le casting jouer de semblable manière, on se prend à regretter ce sens de l'action des acteurs anglo-saxons. Ce n'est pas tant qu'ils jouent mal c'est qu'ils jouent tous de la même façon, dans le même ton. A tel point qu'on distingue mal les Revenants des vivants.
Souvenez vous les aminches, trois auparavant, hiver 2012. Une claque sérielle dessille nos paupières, réveille nos synapses, une baffe hexagonale qui plus n'est ! Une série majeure, innovante et pour tout dire phénoménale, française, 'tin la patrie de NAVARRO et autre PROFILAGE !
Chaque épisode de cette première saison dévoilait un revenant, son histoire, sa mort et sa résurrection. Nimbée d'une aura de mystère trouble, un climat éthéré, sensoriel et un casting brillant faisaient de cette série, une oeuvre immense, qui traversa la Manche, l'Atlantique, pour, fait rarissime, glaner un Emmy Award.
Et puis, premier accroc, le dernier épisode, le final de la saison, finissait sur un cliffhanger digne des années 2000, que même les Ricains n'osaient plus nous proposer, ah si la fin de la première d UNDER THE DOME. Pas bon signe !
Bon pas grave, les 7 premiers épisodes nous faisaient largement pardonner cet écart et nous éloignions de nos tympans les rares voix discordantes, clamant que Fabrice Gobert, le créateur des REVENANTS, n'était somme toute qu'un faiseur pontifiant. La saison 2 allait démonter ces perfides.
Et un long silence s'installa.
3 ans avant la saison 2, enfin le Chapitre 2, ce qui pose son snob, ce Chaaaapitre 2 !
3 ans c'est long, on a eu le temps d'en bouffer de la série et non des moindres ! Et puis cela s'apparente à un manque de savoir vivre. Il a beau se draper dans la posture de l'artiste perfectionniste qui souffre d'accoucher son opus, il me fait un brin marrer l'ami Gobert. Quand on voit les BREAKING BAD (au hasard) s’enchaîner d'une année l'autre. M'est plutôt avis qu'il ne savait pas comment conclure
C'est le retour du syndrome LOST en fait. Là ou JJ Abrams et ses potes enquillaient les saisons repoussant le dénouement des questions qui coincent à plus tard, empilant les mystères à la con entre temps, Fabrice Gobert s'essaye à du Lynch, ne rien résoudre ou si peu et parier sur une étrangeté alambiquée pour nous convaincre de son génie.
Mouais...
Comment dire...
J'aime Lynch. J'ai maintes fois souligné que les fins ouvertes, obscures, les énigmes irrésolues, ne me dérangeaient pas. Il faut juste que cela soit bien fait.
Une de mes amies me faisait observer que ce n'était pas là chose aisée, tu l'as dit namieloki ! Fabrice Gobert n'est pas Lynch et LES REVENANTS ne sont pas TWIN PEAKS.
Tous les pourquoi ou presque resteront en l'air et ne toucheront plus terre. On ne s'en émerveille guère, on n'en est pas plus frustrés, on ressent juste une légère indifférence.
Et cette Comédie Française ! Tous ces acteurs, certains très bons habituellement, qui la jouent feutrée, étouffée, l'air absent, à débiter des sentences définitives.
A voir tout le casting jouer de semblable manière, on se prend à regretter ce sens de l'action des acteurs anglo-saxons. Ce n'est pas tant qu'ils jouent mal c'est qu'ils jouent tous de la même façon, dans le même ton. A tel point qu'on distingue mal les Revenants des vivants.
Frédéric Pierrot semble préparer un biopic sur Georges Moustaki et Laurent Lucas (que j'aime beaucoup) traîne un air vide dans un rôle sacrifié et totalement annexe.
Quel manque de chair ! Quelle froideur ! On ressent peu, on ne s'émeut pas alors que LES REVENANTS brassent quand même, l'air de rien, des émotions et des thématiques universelles : le deuil, l'absence, l'amour... Rien de moins.
Certes, l'image est belle, certains plans sont saisissants de beauté et de poésie. Le générique est toujours magnifique, l'un des plus beaux de ces dernières années sur une musique planante et entêtante de Mogwai : par ici.
Finalement, ce sont les regrets qui nous submergent, le regret de n'avoir pas su se contenter d'une seule saison. De ne pas avoir tout misé sur l'émotion et ne pas s’appesantir sur le pourquoi du comanche (un peu à la sauce de THE LEFTOVERS, j'y reviendrai). Ainsi, pourquoi convoquer l'armée dans cette saison 2 , quel intérêt franchement ?
3 ans pour ça...
La fin ouverte laisse présager une saison 3 mais les audiences en capilotade et les bâillements polis laissent peu de place pour ce créneau improbable.
Mieux vaut tirer un frais et arrêter les traits !
Finalement, ce sont les regrets qui nous submergent, le regret de n'avoir pas su se contenter d'une seule saison. De ne pas avoir tout misé sur l'émotion et ne pas s’appesantir sur le pourquoi du comanche (un peu à la sauce de THE LEFTOVERS, j'y reviendrai). Ainsi, pourquoi convoquer l'armée dans cette saison 2 , quel intérêt franchement ?
3 ans pour ça...
La fin ouverte laisse présager une saison 3 mais les audiences en capilotade et les bâillements polis laissent peu de place pour ce créneau improbable.
Mieux vaut tirer un frais et arrêter les traits !
































