mardi 27 octobre 2015

Histoire de genres



Salutations les aminches.

Tout d'abord, rangez vos fourches, machettes, coupes fils et autres perceuses. Je ne songe pas, en ce post, à rallumer les cendres encore chaudes de la guerre civile entre les tenants du caractère inné du petit garçon bleu azur conducteur de chantier et de la petite fille rose bonbon à couette ménagère accomplie et les convaincus d'un conditionnement programmatique depuis la plus tendre enfance du garçonnet aventurier et de la fillette préparant le repas du guerrier.

Non, je vous parle là de la littérature de genre. A bien y réfléchir, toute littérature est de genre. Mais la Littérature transcende les typologies. 

Ainsi le nouveau Gallimard, imprimé en plein air, de l'encre de champion, édité pour les prix littéraires de cet hiver.


2084 est un livre de SF. Renvoyant évidemment au 1984 orwellien, 2084 imagine un un pays l'Abistan, mué en une théocratie religieuse dans sa forme la plus pure, la plus aboutie. Tout questionnement, remise en question, pensées personnelles, sont abolies dans une existence réglée du matin au lendemain matin et du début à la fin. 

2084 est loin d'avoir l'ampleur de 1984 et se mure dans un style psychologi(chiant)sant qui nie l'action. Ce livre m'est tombé des mains mais illustre parfaitement ce paradigme. 2084 n'est pas vendu comme un livre de SF, ou d'anticipation, ce qu'il est indéniablement mais est classé dans la série Blanche, la convenable, ayant pavé sur rue ! Contrairement à la Série Noire. 

Mais moult polars sont bien plus que des thrillers basiques , nombreux utilisent une intrigue policière comme prétexte

.
Nuit après nuit, dans une prison du Montana, le jeune Val Millimaki s’assied face aux barreaux qui le séparent de John Gload, 77 ans, en attente de son procès. Astreint aux pires heures de garde, l’adjoint du shérif se retrouve à écouter le criminel qui, d’instinct, est prêt à lui révéler en partie son passé. 

Petit à petit, Millimaki se surprend à parler, lui aussi, et à chercher conseil auprès de l’assassin. En dépit des codes du devoir et de la morale, une troublante amitié commence à se tisser entre les deux hommes.

Dans un subtil jeu d’échos, entre non-dits, manipulations et sombres confessions, le jeune shérif cherche des réponses à ses propres tourments et, chaque matin, il tente vainement de reprendre pied dans la réalité. Mais sa vie, comme son mariage, lui échappe chaque jour un peu plus.

Le premier (!) opus de Kim Zupan s'apparente à un coup de maître. Nous sommes là dans une tendance lourde du roman américain : un rapport à la nature direct et sensuel. On entend les grillons striduler, on hume l'odeur entêtante de l'herbe fraîchement coupée, on sent le sable crisser sous nos pas. A la manière d'un Jim Harrison (et oui quand même), Kim Zupan décline toute la palette de l'homme face à la sauvage infinitude mais ne s’égare pas dans des descriptions sans fin du moindre bosquet touffu ou sentier serpentant.

Kim ne perd jamais de vue ses personnages, principalement son duo singulier : le vieux tueur en série, bourru, taiseux et étrangement sympathique (et dangereux pour cette même raison) et son jeune adjoint insomniaque, qui perd pied mais qui ne manque pas de maintenir une distance courtoise et respectueuse envers le vieux Sam distance qui tend à se raccourcir sans jamais totalement disparaître. John n'oublie pas qu'il fait fait face à un tueur, un vrai, de profession. 

Les échanges qui se nouent entre ces deux là constituent la trame de ce beau roman. Le sexagénaire assassin déroule, dans le secret des nuits de garde de John, son parcours sanglant et sa philosophie particulière. John revient ensuite à une vie diurne où le sommeil, sa femme, le fuient et le laissent face à ses démons. 

Un beau livre, simple et profond qui nous conte une histoire narrée par un artisan des mots, tel un charpentier faisant glisser inlassablement son rabot pour obtenir la patine idéale. 

Si LES ARPENTEURS est un premier roman d'un écrivain prometteur, le suivant est l'oeuvre aboutie d'un auteur confirmé.

Accusé d'avoir éventré le shérif Call, Hillary Van Wetter attend la mort dans une prison de Floride. 

Éperdument éprise du condamné, Charlotte clame son innocence auprès du Miami Times qui dépêche deux journalistes sur place...

Là encore, l'intrigue policière, famélique, est un paravent. PAPERBOY, excellent, nous entraîne ailleurs que les rives circonscrites du polar balisé.

En adoptant le point de vue du jeune frère d'un des deux journaliste, Pete Dexter, adopte le juste ton, le recul nécessaire pour un livre brassant un grand nombre de thématique : l'amour filial et fraternel, le désir sexuel, le racisme, l'homophobie etc. 

Tout cela se mêle dans des pages serrées, moites au style sans afféteries parasitaires de l'ancien journaliste d'investigation qu'est Pete Dexter.


PAPERBOY met en scène un duo d'enquêteurs plus inédits que les sempiternels flics ou agents spéciaux costumes sombres des Men In Black FBIsés. : des reporters. Ancien journaliste, Pete connait bien ce milieu et cela se sent. Ce journalisme là, plus sensationnaliste que rigoureux, n'en sort pas grandi. 

Le Sud des années 1960, sa moiteur ; ses gens du cru, la cervelle bouffée par l'alcool de contrebande, les chicots ayant remplacés le sourire Colgate, sont rendus de façon saisissante dans un phrasé sec qui s'autorise parfois des envolées inattendus, des détours poétiques. PAPERBOY réservent même quelques scènes d'anthologie : une quasi noyade au milieu d'un ban de méduses, un passage à tabac clinique et effrayant... 

Une fois ma lecture achevée, j'ai appris qu'un film avec Nicole Kidman, Matthew McConaughey et Zac Effron (?) avait été tiré de ce génial PAPERBOY : 



Si ce film n'est qu'à moitié aussi génial que son inspiration de papier, les pop-corn  seront rentabilisés plusieurs fois.

Un grand polar. Oui.

Un grand livre, tout simplement.

mercredi 21 octobre 2015

Holy Rabbittes


Ah mais non ! je ne parle pas de ce rabbit là, tiré d'un épisode de la Quatrième Dimension qui m'a l'air bien fou furieux.

Non moi je voulais vous narrer d'un autre rabbit, plus drôle...


On se rapproche mais mon Rabbit à moi, ils sont plusieurs, ils ont un B, un T de plus et un E terminal. 

Les Rabbitte, famille prolo vivant dans le quartier de Barrytown, à coté de Dublin. 

Les Rabbite, nés de la plume d'un écrivain irlandais fameux, Roddy Doyle.


Salut Roddy. 

Ne cherchez pas Barrytown sur une carte, cette banlieue ouvrière de Dublin n'existe pas, mais elle est hautement probable, avec ses maisons de briques qui se suivent et se ressemblent furieusement. 

Ses fins de mois qui sonnent creux, ses teints terreux et la pinte du soir pour tenir le coup jusqu'à demain. Mais point de drame psychologique chez Roddy, ce n'est pas du Zola, on est dans de la tranche de vie vitaminée et juteuse. 

Vous connaissez tous un peu les Rabbitte, car les trois livres de la trilogie ont été adaptés en films à succès.

Au chômage, Jimmy Jr Rabbitte se voit propulsé du jour au lendemain manager d'un groupe de musique soul amateur. Pourquoi la soul ? Parce que la soul c'est la musique du peuple et c'est aussi le sexe, la révolution, la reconnaissance, tout ce dont ils rêvent. 

Après quelques répétitions et pas mal de virées au pub, la soul Dublinoise va voir le jour lors d'un premier concert qui aura lieu... au foyer paroissial.

Mais malgré toute la bonne volonté de Joey les Lèvres, trompettiste qui a joué aux USA avec les plus grands et leader spirituel du groupe, les dissensions ne vont pas tarder à apparaître...


Dans ce premier opus, qui deviendra l'un des (rares) bon films de Alan Parker, Roddy met en place ce qui constituera la charpente stylistique  de sa trilogie. 

Pas de descriptions, des paragraphes très courts et des dialogues percutants. Des répliques ping-pong, savoureuses et plutôt salées qui rebondissent entre les divers personnages, qui bien que peu décrits, sont étonnement incarnés.  

Un langage populaire, accessible, pas de phrases amphigouriques et ampoulées mais directes et sans fioritures. 

Roddy colle à ses héros, il les connait et il les aime. sans occulter leur failles, leur petitesse parfois mais avec tendresse toujours, chaleur et humour. A l'irlandaise en somme. 

Je ne saurai que trop vous conseiller  si vous le pouvez, de lire ces COMMITMENTS avec de la soul en fond sonore, de celle qui pulse moumoute, qui écarte les murs pour que l'on puisse se déhancher à l'aise. 


Contrairement au jazz :

" - Tu vois, expliqua Joey Les Lèvres, la soul est la musique du peuple... Des gens ordinaires qui font de la musique pour d'autres gens ordinaires... Une musique simple. N'importe quel frère est capable de la jouer. Le son de la Motown, c'est simple. Boum boum boum boum.... Le tempo est carré. Boum boum boum boum... Tu vois ? La soul est démocratique Jimmy. On peut en jouer avec un couvercle de poubelle... C'est une musique populaire.
- T'as pas besoin d'avoir mention TB pour jouer de la soul, c'est ce que tu veux dire, Joey ?
- C'est exact Frère Michael.
- Mickah.
- Frère Mickah. C'est exact. on n'a pas besoin d'un doctorat pour être docteur es soul.
- Elle est bonne !
- Et qu'est ce qui te gêne dans le jazz ? s'informa Jimmy.
- C'est une musique intellectuelle, répliqua Joey Les Lèvres.... une musique antipeuple. C'est abstrait. [...] La soul lui est étrangère. C'est du son pour le son. Le jazz n'a pas de sens... C'est de la branlette musicale, Jimmy !"

Savoureux, c'est toujours un chouette moment quand vous avez la sensation que certaines pages sont écrites pour vous, quand vous entrez en communion avec des héros de papier qui prennent chair grâce à cette communion de vue...

Très chouette bouquin que ces COMMITMENTS. Entre les envolées philosophico-politico-définitives de Jimmy Jr...

" Vous ne comprenez pas les gars ! Les Irlandais sont les Noirs de l'Europe ! À Dublin on est les Noirs de l'Irlande et ceux des quartiers nord sont les Noirs de Dublin !"

... Les histoires de cul (Roddy n'est pas un prude) et les mesquineries inévitables, THE COMMITMENTS est un formidable feel good book qui donne une pêche d'enfer se terminant sur une note douce amère, comme souvent chez Roddy. 

Excellente entrée en matière dans la famille Rabbitte. Avec un style percutant, musical, de la soul mis en lettres !

Après le fils, intéressons nous un peu à la fille. 


Sharon Rabitte, la fille aînée de Jimmy Sr., annonce à ses parents qu'elle est enceinte, qu'elle veut garder l'enfant, l'élever seule et refuse obstinément de révéler l'identité du père. 

À la fin des années 1980 dans une Irlande encore très conservatrice, un enfant né hors mariage est un sujet aussi tabou que la contraception et le divorce. 

La famille Rabitte devient alors vite la risée de tout Barrytown, mais Sharon est heureuse. Elle ne se soucie guère ni du qu'en-dira-t-on ni du géniteur. 

Le meilleur de la trilogie. Ce second tome est une pépite d'humour, d'émotions et une observation fine des rapports humains et familiaux. 

Sharon décide de garder l'enfant. A vrai dire ne pas le garder serait proprement inconcevable. On est en Irlande, l'avortement est une abomination. Comme le réplique Sharon à son père qui évoque à demi mots cette alternative : l'avortement est un meurtre.

Bon.

Quelle contradiction que ce conservatisme bien pensant avec la liberté de ton et de parole. C'est bruyant chez les Rabbitte et particulièrement salée. Véronica cherche bien à canaliser son mari Jimmy Sr mais le langage est raide. Beaucoup de bruit, de jurons et infiniment de tendresse surtout. 

THE SNAPPER est un roman tendre. Quand l'identité du géniteur du Snapper (que l'on pourrait traduire par moutard), vrai faux suspenses du livre, est dévoilé, géniteur dont le charme n'est pas la qualité première, Sharon va déployer toute une palette de stratégies d'évitement et de contre feux. 

Le chef de famille, rustre au grand palpitant, maladroit et touchant, va prendre les choses en main. La relation père fille est au cœur de ce roman. Les efforts patauds de Jimmy Sr pour se montrer à la hauteur, sa mesquinerie si humaine après tout... tous  ces petits moments que l'on a tous plus ou moins connus sont rendus avec une empathie et un humour profonds. 

Voir ce père un peu vieux jeu se dépatouiller avec ses contradictions sans même s'apercevoir qu'il est finement manipulé par sa fille est un vrai bonheur. L'échange entre ces deux là dans la chambre de Sharon où le vieux père vient s'excuser est même l'une des scènes les plus touchantes que j'ai lu depuis longtemps.

Très beau roman qui donna l'un des (nombreux) bons films de Stephen Frears.

Sacré personnage que ce Jimmy Sr Rabbitte que l'on retrouve dans le dernier tome de la trilogie.

Jimmy Sr. Rabbite, sans travail et fauché,  s'ennuie ferme jusqu'au jour ou son vieil ami Bimbo, boulanger, est licencié. Il a enfin un compagnon pour jouer au minigolf, aller à la bibliothèque ou encore bricoler. 

Rapidement, les jours paraissent longs aux deux hommes, ils passent leur temps à passer le temps... jusqu'à ce que Bimbo décide d'agir et achète un vieux van à frites. À l'aube de la Coupe du monde 1990, un tel achat semble un projet d'avenir...

Il s'agit là du moins bon film. Mais pas forcément du moins bon livre. Le ton se fait plus amer, moins drôle et plus socialement impliqué. 

La vie n'est pas facile à Barrytown, le chômage est galopant et la misère, la vraie, jamais bien loin.

Plaie d'argent n'est point mortelle, dit celui dont le porte monnaie est ventru mais cela n'apaise pas les relations de couple. Celui de Jimmy Sr bat de l'aile, sa femme Véronica en a un peu plein de trimer du matin au soir pour nourrir sa tribu et rêve d'émancipation. Jimmy Sr tourne en rond et voir son propre fils le dépanner de quelques billet est un déchirement, cela tourne à l'obsession métaphysique. 

C'est pourquoi ce Fish & Chip's artisanal, qui va se révéler une affaire juteuse, semble, à priori, une aubaine.

"C'était le plus beau jour de la vie de Jimmy Senior. Les gens qu'il servit ce soir-là eurent beaucoup plus de frites que ce à quoi ils avaient droit. Ils firent tout de même une petite fortune et vendirent tout leur stock. Ils ne leur restaient même pas un Mars. Ils fermèrent à 10h, merveilleusement tôt, et s'envoyèrent quelques pintes tranquilles. Les chansons s'étaient tues. Après quoi Jimmy Sr rentra chez lui. Veronica était dans la cuisine, où elle lui fit à manger, et il se remit à pleurer quand il lui raconta le pub et la rencontre avec Jimmy Jr. Elle le traita de dingue. C'était le plus beau jour de sa vie."

Mais entre les tendances managériales agressives et dictatoriales du vieux pote Bambi et la conscience syndicaliste tendance rouge énervée sans compromis de Jimmy Sr, l’étincelle couve et menace de faire sauter la belle amitié qui unit ces deux gaillards. 

L'humour est toujours là dans ce dernier opus mais se teinte désormais d'une certaine mélancolie pas désagréable. Jimmy Sr voit ses enfants grandir, le fuir pour vivre leur propres expériences, sa femme l'éviter et attendre de lui une reconnaissance, un geste... Et ce grand ballot de se retrouver les bras ballants. 

Une mélancolie anticipée nous gagne aussi en sachant que nous quitterons bientôt les Rabbitte, nous les avons vu pleurer, rire, se débattre sans jamais baisser les bras et se détourner les uns des autres .

A grand renforts de phrases incisives, de répliques cinglantes, de Guinness moussues, de jurons lestes, d'éclats de rires et de quelques larmes, nous les suivions dans leur vie banale mais jamais insignifiantes. 

Ce fut un beau voyage.

dimanche 18 octobre 2015

Une femme honorable


"Une civilisation extraterrestre décide d'envahir la Terre. Pour bien montrer que toute résistance est inutile les envahisseurs décident de rayer plusieurs capitales de la carte : Londres, New York, Paris, Moscou etc.

Puis ils se positionnent sur la ligne verte entre Israël et  Palestine, ils demandent alors aux belligérants millénaires de déposer les armes. 

Et bien, quelques mois plus tard, je peux vous assurer que toute votre sympathie va aux Aliens !"

C'est par cette plaisanterie acide que la toute nouvelle Baronne Nessa Stein, fraîchement anoblie par The Queen, entame ses discours. Nessa est la fille d'Eli Stein, surnommé "l'épée d’Israël", ancien fabricant d'arme, qui a surarmé Tsahal en son temps. Eli est mort assassiné sous les yeux de sa fille Nessa et de son fils Ephra. 

Les enfants Stein ont décidé de reconvertir l'empire Stein et de se lancer dans la communication, Internet et ses câbles, et de financer diverses ONG et fondations philanthropique. Un virage complet de stratégie, un rachat, une expiation.

Nessa Stein est désormais à la tête de la méga corporation familiale et cherche éperdument à conserver un équilibre incertain entre intérêts palestiniens et israéliens.

Nessa est une femme honorable.


C'est aussi le titre d'une remarquable mini série anglaise. 

A qui peut on se fier, nous susurre Nessa dans le générique ? Toute la problématique de THE HONORABLE WOMAN tient dans cette question. A qui accorder sa confiance ? Y'a-t'il seulement quelqu'un à qui l'accorder ?

Mon beau beau frère déplorait récemment cette tendance sérielle lourde à magnifier les salauds, à montrer de sacrés enfoirés sous un visage plutôt avenant : Dexter, Hannibal Lecter, les 3/4 du casting de GOT, Walter White etc.

Et bien voilà une héroïne positive, pleine de bons sentiments qui n'est pas une cruche. Loin d'être exemplaire, elle trimbale sa part d'ombres, de secrets mais elle essaye vaille que vaille de conserver son noyau irréductible d'humanité, de ne pas brader ses convictions, de ne pas se renier. 

Ce n'est pas facile. Il est bien plus aisé d'envoyer chier son empathie et de démembrer son prochain finalement. 

L'âme de Nessa vacillera grandement lorsque la phase 3 de son projet de connecter la Palestine à internet est enclenchée. Son partenaire est suicidé et l'un de ses proches est kidnappé.

Oubliez HOMELAND les aminches, HW est infiniment mieux, plus subtile, tout aussi haletante et sans le tremblé de menton de Carrie Mathison. 

Nessa Stein est magnifiée par son interprète : 


Maggie Glyen heu gla heu Gyllenhaal, mais on va l'appeler Maggie hein. Maggie prête ses grands yeux et sa beauté non bimbolesque à Nessa Stein. Elle livre une composition impeccable, tout en retenue, entre déchirement et révolte. Grande compo vraiment.

Je mentionne aussi Stephen Rea : 


Avec sa tête de Droopy et son ton doucereux, avalant les couleuvres, supportant sarcasme et mépris pour avoir mérité son poste de chef de la section Moyen Orient au MI6 en couchant avec sa supérieure. La promotion canapé inversée. A faire frémir Zemmour dans ses Birkenstock.

Subtile interprétation, toute en finesse, d'un homme plutôt veule et couard qui va se révéler bien plus courageux et intelligent qu'on ne le supposait à l'origine. 

Tout le reste du casting est à l'avenant et se met au service d'un script diabolique qui déroule son tempo implacable, sans multiplier les retournements de sloub artificiels et agaçants sur une mise en scène élégante, ample et nerveuse quand il le faut.

Sur un terrain particulièrement miné, ce Moyen Orient compliqué, THE HONORABLE WOMAN réussit l'exploit de conserver une note juste, mesuré et impartiale tout en nous rivant à notre canapé. 

Une série beaucoup plus qu'honorable.



samedi 17 octobre 2015

Nous n'y pensons pas...


Bien le bonjour les aminches. 

Je ne sais pas vous mais pour ma part, je pense rarement aux origines du transport en commun que j'emprunte.

Habitant Bordeaux, je ne prends jamais le métro mais il m'est arrivé de monter dans une telle rame à Paris ou ailleurs. Et je ne me dis jamais que c'est quand même phénoménal de pouvoir relier le point A au point B sous terre. je ne pense jamais à ceux qui l'ont creusé ce tunnel. 

Enfin... Je n'y pensais jamais.

New York, 1916. Des terrassiers creusent les tunnels du métro sous l'East River. Des noirs, comme Nathan Walker, venu de sa Géorgie natale, des Italiens, des Polonais, des Irlandais... Pendant les dures heures de labeur dans les entrailles de la terre, une solidarité totale règne entre eux. 
Mais, à la surface, chacun garde ses distances, jusqu'au jour où un accident spectaculaire établit entre Walker et un de ses compagnons blancs un lien qui va sceller le destin de leurs descendants sur trois générations.

Manhattan, 1991. Sous le bourdonnement de la ville, Treefrog, qu'un secret honteux a réduit à vivre dans ces mêmes tunnels, endure les rigueurs d'un hiver terrible, aux côtés d'autres déshérités réfugiés dans ce monde obscur.

Colum McCann, écrivain d'origine irlandaise (c'est quand même dingue le nombre d'écrivains talentueux que fournit cette petite île battue par les vents) déploie ici une fresque de presque 80 ans. 

Il nous invite à regarder les rails, les immeubles  les tunnels et à se rappeler les hommes qui ont bâtis ces structures ; osons le gros mot : la classe ouvrière.

On assiste effaré à ce travail de titan de creuser sous un fleuve, pour joindre deux rives. Cela nous vaut une scène proprement dantesque au début du récit, un grand moment de littérature.

Quitte à choisir un damné de la terre, autant le chercher dans les cercles les plus profonds de l'enfer : ouvrier noir en ce début de XXème siècle à New York, c'est sportif !

Nous accompagnons ainsi Walker, de drames en joies et tragédie, retenu par le fil d'une écriture précise et empathique. 

Sautant d'une époque à l'autre, avec aisance, nous verrons les divers fils se nouer pour former une trame touffue et solide. Nous comprendrons qui est vraiment Treefog le SDF acrobate, que McCann croque avec beaucoup de tendresse, de compassion et de justesse, n’occultant en rien la misère et la violence infinies de ces re(ex)clus.

Du plus humide des tunnels au plus haut des buildings, Colum nous empoigne pour ne plus nous lâcher.

Beau livre, pas de l'ampleur et de l'intensité de son grand oeuvre DANSEUR, biographie romancée du prodige Noureev, mais un livre poignant et parfois réellement bouleversant.

lundi 12 octobre 2015

Un whodunit de grande classe


Coucou les aminches. 

On a tous lu, un jour ou la nuit, un de ces romans à énigmes avec cette question haletante mais 'tin ! qui a fait le coup bordelum ?!

Ce genre d'ouvrage se décline désormais en d'infinies combinaisons et encombres les tables des librairies. On n'échappe pas hélas à des bouquins mal ficelés, à une écriture mécanique, aux personnages fantomatiques ; tout le bouzin ne valant que par son twist le plus démentiel possible si possible merci...

Mais parfois un 'ti miracle se produit : 

Jake Cole est un agent du FBOuille reconnu pour ses talents hors norme : une mémoire photographique parfaite qui lui permet de visiter mentalement une scène de crime encore et encore et une faculté inouïe  à  penser littéralement comme un tueur en série. Il est donc le profiler le plus fameux de l'agence.

Mais quand il revient dans la maison de son enfance, où son père peintre mondialement réputé, s'est immolé suite à un accès de démence, il ne pense pas devoir user de ses dons particuliers. 

Cependant le shérif local le contacte quand la police locale découvre deux corps écorchés vifs. 


Jake Cole va alors plonger dans une enquête hallucinante et hallucinée qui renvoie aux démons de son enfance, au propre meurtre de sa mère écorchée vive elle aussi et à l'esprit torturé de son père qui pourrait bien détenir la clé de l'énigme.

Bon autant vous le dire illico les filles, ce n'est pour les amateurs de pâquerettes L'INVISIBLE, c'est un roman sanglant et cru. On retrouve bien ça et là quelques facilités d'écriture un brin agaçantes mais sinon quelle baffe ! 

Énoooorme !

Tout d'abord les personnages ont plus d'épaisseur qu'habituellement dans ce genre de production, le héros Jake Cole, torturé, sombre, s'il ne déborde pas, à priori, d'une folle originalité dans la peau du profiler médiumnique incompris est en fait un réel personnage de chair, de sang et de trauma. 

Il convient de souligner ici la saine rationalité de cet agent spécial qui non ne communique pas avec les morts, non ne possède pas de facultés paranormales mais juste un don maléfique. Le propos est même assez original pour un livre ricain avec un héros athée et férocement allergique au surnaturel. 

Les autres protagonistes sont solidement dessinés aussi et ce roman nous tient les aminches mais nous tient, on en a les baloches comme des raisins secs. 

Après nous avoir épargné les discussions absconses, le compte rendu de la technicité criminalistique pour bien nous asséner que oui j'ai fait des recherches merdum, Robert Pobi déroule son histoire, implacable, tel l'ouragan Dylan du livre qui va bientôt débouler et tout arracher. 

Certes le coup du déchaînement de Dame Nature pour bien souligner que l'on est bien au 72584ème cercle de l'enfer est un brin forcé mais cela fonctionne indéniablement. Tout fonctionne terriblement didiou !

Et le dénouement, misère ! 

Un 'ti conseil les aminches, laissez vous porter, ne cherchez pas comme votre blogueur. J'ai cette propension à creuser, à fouiner , je n'insiste pas trop car de un, personne ne me croit et de deux je m'en voudrais d’être suspecté de grossissement exponentiel de mes chevilles. J'ai quand même la sale manie de deviner la fin : SIXIÈME SENS, SHUTTER ISLAND etc. Et L'INVISIBLE donc. 

Rien de génial à cela, biberonné de séries, de polars, on finit par développer une connaissance intuitive du comment cela va coulisser pour s'imbriquer parfaitement. C'est à la portée de toutàkinkin...

J'ai néanmoins kiffé grave moumoute cet INVISIBLE même en suspectant le twist final... Une baffe dantesque !

Ne creusez donc pas les filles et profitez, vous vous exclamerez peut-être : 'tin ! démentiel ! 

Le frontal dans les gencives assuré. 

Terrifique !

mardi 6 octobre 2015

Générationnel


Bonjour les aminches. 

A quoi voit-on que l'on vieillit ?

Dès lors que nos références se dissipent et n'évoquent guère plus qu'un léger bruit de fond à la jeune génération, qu'une photo sépia dans un manuel scolaire alors que nous on l'a vécu 'tin de dieu ! 

C'est que la fin se rapproche les filles, inexorablement.

«Prince de l’ambiguïté», personnalité ondoyante, maître de l’équivoque, François Mitterrand a souvent déconcerté ses contemporains : vichyste et résistant, homme de droite devenu chef de la gauche, anticommuniste allié aux communistes, dénonciateur de la Ve République dont il finit par incarner comme personne les formes et les usages les plus discutables. 

Cet homme aussi féru de littérature et d’histoire que de politique, sut cultiver le secret, dérouter ses partisans et se montrer un jouteur de première force, combatif mais patient, stratège jamais découragé par l’échec.


J'ai grandi avec Mitterrand, pour le pire et le meilleur. 

En lisant le livre de Winock consacré à la vie hautement romanesque du premier président socialiste (doit-on claquer plusieurs ???? à chaque fois que cet adjectif sera associé à Mitterrand ?), je me suis rendu compte que plein d'épisodes de la vie politique et intime de Mitterrand me restaient gravés dans le cervelet.

Sacré personnage, à prendre avec de sacrées pincettes, longues et ignifugées si possible.  

La courte biographie de Winock adopte un ton mesuré et prudent pour appréhender la bête. Plutôt indulgent pour le jeune homme de droite du début, Vichyste convaincu et résistant réel et courageux, puis ministre inamovible de la IVème république, assumant tous les postes et les dérives : la torture en Algérie, les condamnations à la mort Guillotine etc. 

Le ton se fera plus accusateur pour sa fin de règne sombre, pathétique, cerné par la mort, la sienne et celles de ses proches... Le temps des magouilles, des affaires, des scandales d'états.

Mitterrand a eu une vie bien remplie, voilà l'une des rares vérités que l'on peut sans crainte affirmer sans risquer un retour de flamme ravageur tant Mitterrand provoque rancœurs, soupçons et défense acharnée aussi. 

les 350 pages du livre de Winock peinent à en restituer l'ampleur et l'on survole plusieurs épisodes : l'attentat du jardin de l'Observatoire, simulé ou piège tendu à un concurrent redoutable, les écoutes, les Irlandais de Vincennes... sont succinctement relatés.

Winoch est plus convaincant dans le portrait psychologique d'un Mitterrand roué et narquois, contempteur forcené de la Vème république et qui se lovera voluptueusement dans son protocole, son apparat et ses ors. 

Où l'on voit que le Président de la République française dispose d'un pouvoir quasi absolu dont Mitterrand (ab)usera jusqu'à plus soif. Pouvoir absolu qui maintiendra à distance la Camarde cancéreuse, Mitterrand déjouant ainsi tous les pronostics et mentant sciemment à un pays tout entier.

Winock trace également en creux un portrait de Michel Rocard, la Némésis du Président, plus naïf, plus fidèle, moins louvoyant, qui n'a jamais eu à négocier un tournant social libéral puisque c'était sa ligne dès le départ. Ah ce fameux sens des réalités, cette nécessaire adaptation au réel, cache sexe du reniement des promesses de campagnes ou vrai déchirement intime ? 

Winock ne prend pas parti mais laisse deviner quand même que la place étant prise à droite par le Général, Mitterrand a pris la porte à gauche pour conquérir le pouvoir et avec quelle maestria ! Mais Winock laisse le bénéfice du doute à Mitterrand en une conversion sincère au socialisme. Winock montre que François Mitterrand n'était pas qu'un monstre froid, qu'il pouvait faire montre d'empathie, de compassion et d'une séduction incomparable. 

IL ne nie pas ses réussites : l’abolition de la peine de mort, la construction européenne (ahem de cette Europe là, on peut en débattre), les lois Auroux sur le travail, les débuts de la décentralisation. Il ne cache rien non plus des petites manœuvres crapoteuses, du goût du faste jusqu'au grotesque, de l'amitié indéfectible, incompréhensible et condamnable envers Bousquet, l'organisateur des rafles du Vel' d'Hiv...

Michel Winock n'est pas un thuriféraire idolâtre, non plus qu'un un adversaire compulsif. Aucune nostalgie mais une écriture passionnante et un récit scrupuleusement rivé aux faits.

Mais finalement Mitterrand, grand homme d'état ?

"Dans ses Mémoires, Jean François Revel avance cette proposition : "si j'avais à définir l'homme d’État, je dirai que c'est celui qui parvient à garder la main en main les deux bouts de la corde : le bout utilitaire et le bout théorique, le savoir faire et le savoir tout court, la technique du pouvoir et le but du pouvoir qui soit autre que la vulgaire jouissance de le posséder." Chacun appréciera si François Mitterrand a tenu ces deux "bouts de corde". Il est permis de rester dubitatif."
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Pour le moins...


Notes enchantées


Salutations les filles. 

Quelques sons soyeux qui m'ont ravies les cages à miel ces derniers temps.

KEITH RICHARDS -CROSSEYED HEART


On commence dans une tonalité blues rock assez prégnante pour ces notes enchantées. 

C'est l'année de Keithounet en ce qui me concerne, après la lecture de son autobiographie (plutôt réussie) il nous donne un album pré retraite Stonnienne (pour bientôt si l'on en croit les annonces) et cet album balance pas mal entre rock binaire et blues grass. Avec cette voix rocailleuse et chaleureuse, bonne pioche.


DAVE HUNT - WHISKEY AND DEMONS


Toujours du blues, chercher le réconfort au fond d'un verre, le Sud poisseux et le médiator collé aux cordes et l'harmonica aux lèvres. Rien de révolutionnaire, quelques siècles que cela dure et c'est ça qui est bon !


STEREOPHONICS - KEEP THE VILLAGE ALIVE


Dans le genre pop symphonique, Stereophonics dure. Si je n'accroche pas à chaque fois, cette dernière fournée m'a plutôt convaincu par ses accords majestueux et son sens de la mélodie accrocheuse.


FRASER A GORMAN - SLOW GUM


Calme et climax planant avec cet album d'un 'ti jeune prometteur. On retrouve par moment un son seventies hippie folk. Si vous voulez regarder la pluie en savourant le fait d'être au chaud, un mug fumant entre les mains, c'est l'album parfait.


GARY CLARCK JR - THE STORY OF SONNY BOY SLIM


Classé en blues, l'étiquette est trompeuse, on est dans un mélange assez savoureux, de blues certes mais aussi de funk et de soul. Les genres se mélangent au tempo d'une guitare virtuose et d'une voix cristalline.


SAMANTHA FISH - WILD HEART



De la country rock. 

Ça fait peur, je sais... Mais nous sommes très loin de Shania Twain. Bien bluesy, bien rock avec une guitare qui dépote, qui pulse. Le bon gros truc sympa du mois !



dimanche 4 octobre 2015

De l'eau dans le gaz, du naze dans le nouveau.


Bien le bonjour les aminches. 

En ces temps de premiers frimas, le sérievore est à la fête, un peu comme un lion paresseux devant un point d'eau fréquenté par des antilopes neurasthéniques...

C'est la période bénie des nouvelles séries. 

Bénie ?

Après avoir démonté THE BASTARD EXECUTIONER, que valent les nouveautés US de cette rentrée ?

Commençons par un spin off qui spinoufe pas mal dans la mélasse.


La série de zombie sans zombie. 

Bon je suppose que le dernier épisode verra une déferlante de morts vivants, mais en attendant, 'tin.. ! On s'emmerde un brin non ?

On s'en fout un peu des personnages non ? 

A vrai dire, je les trouve même franchement antipathiques avec l'immanquable Jack Bauer de service, le fautbienqu'ilyenaitunquis'ycolle à faire le sale boulot et torturer un (gros) poil pour faire avancer le bouzin.

Finalement, son seul intérêt est que ça rehausse la série mère...


Que se passe-t'il quand nous mangeons du tofu ? Est ce l'explosion papillaire ? La déflagration goulue ?

Nan. Il ne se passe rien. Strictement rien.

Comme à la vision de cette série. Qui reprend la trame du film de Spielberg (tiré d'une nouvelle de Philip K Dick), 10 ans après. 

Le problème, c'est que ce n'est pas le meilleur film (et de loin) du réal (à qui la télévision ne réussit décidément pas : TERRA NOVA, EXTANT etc.) et l'une des moins bonnes nouvelles de Dick. 

Curieux choix. Je ne sais pas vous mais perso, je ne me réveillais pas en sueur la nuit en hurlant : 

" Mais qu'est ce qu'ils deviennent ces foutus précog ?"

Vu les audiences calamiteuses, on n'est pas près de la savoir.

On a déjà maté mille fois (et en mieux) l'alliance improbable et l'attirance inévitable entre le génie asocial et son accorte coéquipière. Pour bien souligner le galbe parfait de ses courbes voluptueuses, on le plan de la bombe anatomique posant en bikini, plan répété et souligné, c'en est gênant les gars. 

Et le dénouement du pilote ! Un pigeon voyageur malade comme arme mortelle ! Je n'invente rien. 

Sans déconner...

Vraisemblablement la première annulation de l'année.

 J'y survivrai.


C'est une des tendances de l'année. La fuite des cerveaux et des idées originales. Après l'adaptation de films, le reboot d'ancienne séries avec des résultats mitigés (24 par exemple).

Ici HEROES qui sur sa première saison était franchement réussie et se délita peu à peu dans le nanawak médiocre

Donc on ne prends plus les mêmes, à part quelques anciens mais la majorité du casting originel a giclé, et on recommence. 

Le show runner louche férocement du côté des X Men, les mutants/super héros persécutés, toussa tousua. 

Le problème est que c'est mal joué, mal mis en scène, les combats sont pauvrets et on n'arrive pas à accrocher à cette fameuse conspiration "on nous cache tout on ne nous dit rien". Conspiration ourdie dans des décors en carton pâte et autres parkings mal éclairés de centres commerciaux de banlieue. 

Mouais... Tant pis je préfère ne pas savoir.


En plein milieu de Broadway , un grand sac de voyage abandonné avec CALL THE FBOUILLE marqué dessus. 

Mais le sac bouge didiou ! et une band... Heu charmante brunette s'en extirpe, tatouée des pieds à la tête.

Imaginons la série en France, le plan Vigipirate est appliqué et on fait exploser le sac. Fin de la série, on peut zapper sur PLUS BELLE LA VIE.

Mais aux States la chaudasse charmante enfant est récupérée, rendue amnésique par des drogues expérimentales, elle ne souvient pas de son nom, qui elle est et pourquoi elle est fraîchement tatouée de partout. 

Don't panic ! Un agent spécial particulièrement CONcentré (la preuve il fronce des sourcils !) est mis sur l'affaire, son nom à lui est tatoué dans son dos à elle. 

Suivez ?

On va vite se rendre compte que certains tatouages annoncent des menaces imminentes pour la tranquillité et le way of life (et life tout court) des citoyens ignorants qui vaquent comme si de rien...

Ça peut s’annoncer sympa remarque! Imaginons plus loin dans la saison.

"- Qu'est ce que vous faites là ?
- Et bien j'ausculte les tatouages  pour prévenir des attentats toussa toussa.
- Et pourquoi vous auscultez ICI ?
- On a fait l'épaule, derrière l'oreille mais là, pas encore.
- Non mais qu'est ce que... Et pourquoi ils sont là les autres ?
- Plusieurs avis valent mieux qu'un.
- Mais lui là, il a un caméscope !!!
- Ah arrêtez de gigoter ! Je ne vois pas bien. Ah ! Je n'arrive pas à lire. Penchez vous pour voir."

Mais vu le sérieux papal de BLINDSPOT, ce genre de déconne ne risque pas de se produire. Ils parlent tous avec application, devant de jolis n'écrans, l'air CONcerné. 

Et la jolie Jane Doe, les larmes aux yeux mais pas trop parce que c'était une ninjate force spéciale commando casse couille dans son ancienne vie. 

Et ça c'est comme le vélo, ça ne s’oublie pas.

Oublions...


Imaginons les filles. 

On peut prédire les crimes, on sait qui va passer à l'acte illicite, pas voler un magazine de charme pour lire un palpitant reportage sur la pêche sportive des requins en haute mer (juste après la double page centrale) nan !

Le bon gros crime qui tache. 

Comme les precogs ! Oui. Un peu...

Mais là, on n'a pas mis en place une force de police spéciale. Nan ce sont les plus grosses fortunes de la planète qui possèdent cette machine miracle et ce qu'ils font c'est qu'ils parient. 

Ils parient qui du gros méchant pas beau ou du Joueur (The player), mercenaire musculeux va l'emporter. Le crime sera-t'il commis ou bien empêché par le Pectorausaure ?

Complètement con ! 

Je sais...

Ce jeu est supervisé par l'ami Wesley Snipes, qui libéré de prison après une bonne fraude fiscale, retrouve avec joie les plateaux. Il s'éclate, il s'amuse. On est content pour lui. 

THE PLAYER ne se prend pas au sérieux contrairement à ses concurrents qui pètent bien plus haut qu'elles ne devraient.

Mais bon... Voir Wesley cabotiner à mort. Remarquer que c'est pour une fois le mec qui s'y colle pour le plan torse poil. C'est un peu maigre pour se ravir les paupières. 


Tiré du film éponyme. 10 ans après. 'Tin, c'est contagieux ou bien..?

Film avec Bradley Cooper qui découvre une pilule miracle permettant d’exploiter à fond son cerveau. On devient un génie. Tout nous est permis, tout.

On peut découvrir comment guérir le cancer, lutter contre la fin dans le monde, trouver une paix impossible entre Palestiniens et Israéliens...

Dans le film, le mec il devient... 

...Trader.

Vous dire le niveau d'ambition morale du gars. Un film un brin putassier donc mais malin et nerveux.

La série est dans cette lignée, maligne, au montage nerveux avec un héros attachant somme toute (bien plus que celui du film). La petite sœur de Dexter revient sous les spotlights, dans un rôle un peu anecdotique pour l'instant.

Si je devais miser une cartouche... je choisirais LIMITLESS pourtant descendu par les critiques, qui ont plutôt aimé THE BASTARD EXECUTIONER et BLINDSPOT, comme quoi...

Allez, je vous laisse avec Michelle et ce conseil fort judicieux : 


Les navets mangez les, ne les regardez pas !