dimanche 27 septembre 2015

Littell big writer


Bonjour les filles. 

Parlons un peu d'espionnage, 

De littérature d'espionnage plus précisément. On a un peu l'impression que cette littérature est un brin en perte de vitesse. Ce n'est peut être qu'un faux reflet mais, hormis les pavés encombrant les têtes de gondoles, les grands romans d'espionnage ne font pas fleuristes dans les librairies.

Je crois que la Guerre froide se prêtait mieux à ses complots vicieux, ses agents doubles, ce Grand Jeu gourmet. Un ennemi clairement identifié, qu'on savait où trouver et une apparence de respectabilité de gentleman, apparence trompeuse. 

Alors oui, certes, John Le Carré (que l'on ne peut éviter de citer) a su renouveler son propos et se faire le port voix apache et alter mondialiste des réprouvés de la Terre mais je préfère ses premiers jets, le gris du tweed sur le blanc de la neige moscovite. 

Et à tout prendre, je préfère Robert Littell à John Le Carré. 


Robert (80 pâquerettes cette année) est un très grand écrivain d'espionnage et comme souvent, pour les grands écrivains, le genre adopté n'est qu'un prétexte. Iain M Banks écrit de la SF pour nous parler autre chose que de SF, Bob nous montre les affres des espions pour nous dire autre chose que les filatures et boites aux lettres mortes. 

Il a débuté par une carrière de journaliste et a écrit son premier roman en 1973 et n'a pas arrêté depuis. Il a traversé toute la guerre froide. J'ai dû lire une bonne dizaine de ses ouvrages mais je ne les chroniquerai pas tous (don't panic!).

Commençons par ma lecture la plus récente : 

Charlie heller est cryptologue à la CIA et réceptionne les messages codées les plus sensibles de l'Agence. Grand dégingandé, remontant continuellement ses lorgnons, il n' a rien de l'agent spécial tueur de sang froid. 

Quand sa fiancé meurt dans une attaque terroriste au consulat des Etats Unis de Berlin, il sombre. 

S'apercevant bien vite que la CIA ne prévoit aucune mission de vengeance, il prend les choses en main. Au prix d'un chantage incroyable, il met ses employeurs dans l'obligation de le former fissa à l'infiltration et à l'assassinat. 

Charlie est un amateur dans un monde de professionnels. Il n'a quasiment aucunes chances. Quasiment.

Robert connait tellement le monde de l'espionnage que ses livres ne semblent jamais improbables. 

L'AMATEUR n'est pas le meilleur de sa bibliographie mais il reste tout de même 100 coudées au dessus d'un Forsythe ou Ludlum moyen. 

Chez Bob, pas de combats rapprochés, Charlie n'a rien d'un guerrier , il tremble comme une feuille et encaisse mal le recul de son arme, mais il a le courage de ceux qui n'ont rien à perdre. Il pratique aussi une auto dérision et un humour acide et froid ainsi qu'une lucidité qui lui évite la complaisance. 

Il veut la vengeance. non pour l'amour qu'il a perdu. Il le fait pour lui, pour revenir dans le monde des vivants. 

Charlie Heller est un anti héros attachant qui trimbale sa silhouette incongrue dans un Prague soviétique plus vrai que nature. Robert Littell est aussi un fin connaisseur de la Russie, de son âme, de L'URSS comme de la Russie éternelle. Son oeuvre balance constamment entre ses deux pôles, l'espionnage pur et dur et l'étude caractère mais la Russie est  toujours présente.

L'AMATEUR est un bon bouquin, très bon, avec des trouvailles que seul un bon écrivain sait inventer pour rendre ses personnages crédibles :  l'héroïne tchèque qui cite toujours les clichés de travers "visible comme la bouche au milieu de la figure", Charlie qui aime tenir une cigarette, la faire rouler dans ses phalanges et la porter à ses lèvres sans l'allumer car il arrête de fumer, ou bien encore sa quête effrénée d'un code secret dans les pièces de Shakespeare.

Ses petits détails se fondent dans une intrigue solide, un poil linéaire par rapport à d'autres opus du maître, mais l'humanité, l'humour, le burlesque même et l'amertume se mêlent suffisamment pour se dire que L'AMATEUR mérite une première ligne sur les étagères de la bibliothèque. 

Cependant même si L'AMATEUR est un livre de qualité, il est très loin de la poutre maîtresse de la Maison Littell, son grand oeuvre, la matrice définitive :





Dans ce redoutable thriller politique, Robert Littell restitue un demi-siècle de notre histoire. 

Entre fiction et réalité, personnages fictifs et figures historiques (Kennedy, Eltsine, mais aussi Ben Laden), il dévoile les mécanismes et les dérapages de l'une des organisations les plus tristement célèbres au monde, la CIA.






Extraordinaire et magistral, ce livre est un chef d'oeuvre. 

Je me souviens surtout d'un plaisir de lecture que j'ai rarement éprouvé, un frémissement dans les pognes à l'idée de me replonger dans ce pavé goûteux. Un demi siècle d'histoire, de chassés croisés, d’affrontements feutrés et bien dégueulasses. 

Littell n'est pas de ces écrivains patrioticard qui clame l'amour du drapeau. S'il n'apprécie pas le système soviétique dont il devine très vite les carences et l'horreur intrinsèque, il ne goûte guère les manœuvres douteuses de l'Oncle Sam et de ses spadassins d'élites : les services secrets. 

Bon que vous dire sur LA COMPAGNIE ?

Tout d'abord un livre haletant, au suspense implacable, au style classique, sans chichis mais qui percute pas mal quand même. 

C'est aussi un sacré document sur cinq décennies, de la chute du Troisième Reich à la chute de l'empire Soviétique. Tout y passe, Philby et les cinq de Cambridge, les taupes les plus célèbres de l'espionnage d’après guerre, la baie des cochons, la crise des Missiles et toutikiki.

LA COMPAGNIE est un roman étourdissant sur deux blocs aux idéologies affirmés qui s'affrontèrent à mort, sur des vies brisées sur un simple doute, sur des convictions si profondément implantées qu'on peine à l'imaginer aujourd'hui. 

Réellement impressionnant, si vous ne devez lire qu'un roman d'espionnage, celui là sans hésiter. Si vous kiffez l'excellente série THE AMERICANS , foncez. Si vous voulez juste lire de la grande littérature, let's go didiou ! 

Bon ok? Je vois... 

L'espionnage n'est pas votre tasse de café. Je peux comprendre. J'ai moi aussi certaines préventions. C'est humain après tout. 

Éloignons de l'ombre des ruelles mal éclairées et des chapeaux mous.



Ossip Mandelstam, le grand poète, n'est pas l'artiste qu'il aurait aimé être. 

Avec sa femme Nadejda, ils vivent de sexe et de vodka, enfermés dans leur appartement moscovite, sale et glacial. 

Effrayé par les dérives du stalinisme, Mandelstam veut sauver sa belle Russie des griffes de celui qu'il nomme "le montagnard du Kremlin". 

Ses poèmes moquant le dictateur vont lui coûter très cher...




Robert Littell a mis trente ans pour accoucher de ce livre, dont il raconte l'origine dans l'épilogue. En 1979, l'ex-reporter de Newsweek, spécialiste de la Russie et du Moyen-Orient, avait eu la chance de rencontrer à Moscou la veuve du poète Ossip Mandelstam. « Ne parlez pas anglais dans le couloir », avait lâché Nadejda en le raccompagnant à sa porte. 

Cette phrase, depuis, n'a cessé de le hanter.

Il est dangereux de parler anglais à Moscou en 1979. L'HIRONDELLE AVANT L'ORAGE, d'une épure formelle impeccable, rend compte de façon déchirante ce que peut être l'arbitraire le plus absolu, un arbitraire confinant à la folie pure et simple. 

Ce livre est tout à la fois bouleversant et tragiquement drôle. On lit, écœuré et médusé, les procès de Moscou ; les détours tortueux empruntés par les procureurs zélés (futurs accusés pour la plupart) pour faire avouer des fautes inexistantes dont la plupart des victimes finiront par se croire réellement responsables. 

L'HIRONDELLE AVANT L'ORAGE est peut-être le plus beau livre de son auteur, pas de l'ampleur phénoménale de LA COMPAGNIE, mais d'une poésie et d'une humanité sans pareille. 

Grand grand livre. 

Voilou les aminches, vous l'aurez compris, je suis très fan de Robert Littell, au point que je frise la grandiloquence mais si ces grandes tirades vous amènent à tenter la lecture, je ne m'en repentirai certainement pas. 

vendredi 25 septembre 2015

The nanar executioner


"Dis t'as vu le nouveau Sutter ?
Le nouveau qui ?"

Si vous voulez une preuve de l'omnipotence de la série télévisuelle sur le monde de la culture et des idées, cette petite phrase pourrait bien vous servir de révélateur. Le Nouveau Sutter, comme l'on disait le nouveau Eastwood ou King.

Sutter, Kurt Sutter :




L'un des nouveaux show runners qui tient le haut du pavillon. Il a limé ses premières quenottes avec THE SHIELD, pas mal pour débuter. Et puis il a commis SON OF ANARCHY, que je ne connais pas, faute de temps et d'envie mais qui a une excellente réputation.

Kurt a justement la réputation d'une grande gueule, qui n'hésite pas à intimider physiquement ses contradicteurs. 

Bon attendez, je regarde autour de moi. 

Alors que penser de la dernière fournée du poing de Sutter (naze, je sais) THE BASTARD EXECUTIONER.


Au XIVème siècle, sous le règne d’Edouard Ier, alors que des révoltes font rage au nord du Pays de Galles, un chevalier du nom de Wilkin Brattle, abîmé par les ravages de la guerre, voit sa vie prendre un nouveau tournant, quand un messager divin lui demande de rendre son épée et de devenir bourreau. 

Il est guidé dans sa quête de vérité par Annora, une guérisseuse qui semble le garder sous sa coupe, et doit faire face à Milus Corbett, un chambellan fourbe et ambitieux, qui n’hésite pas à le manipuler.  

Le cadre est posé, les valeureux Gallois contre les perfides Angliches. On est pas dans du subtil, mais pourquoi pas après tout, le pilote pose les fondations, on affinera après. 

Le Gallois de cœur, Anglais de naissance, qui s'est construit un nouveau foyer doux, champêtre et p'tite maison dans la prairie, est interprété par le quasi débutant Lee Jones : 



Je me suis dit tout au long de l'interminable pilote "tiens on dirait Keanu Reeves sous anabolisant". TBE permet à l'esprit de vaquer tranquillou, c'est fort urbain de la part de l'ami Kurt. 

Ce Lee Jones,comme le disait une n'amie de moi, l'est plat sauf quand il est torse nu, l'est beaucoup moins plat. L'est tout bosselé, fiers pectoraux et ceinture abdominale de compét', il est sacrément crédible en soulevant une épée. 

Le problème c'est qu'il parle. Là ça se gâte un peu. Voyez un mérou ? le poisson ? Le mérou n'est pas connu pour son charisme. Lee Jones non plus.

Notre compadre Lee n'est pas seul, thanks gogod, il a son versant sombre, son ennemi, le grand méchant tout sombre et machiavélique, le grand chambellan, incarné par Stephen Moyer : 



Aperçu en vampire torturé dans TRUE BLOOD, Stephen y va à fond dans le méchant moisi, qu'on voit arriver de très loin, sa cruauté en bandoulière et ses machinations de vizir qui veut se Califier fissa. 

Toujours pas très subtil, pas grave, ça va monter en gamme...

Mais Kurt Sutter, n'est pas qu'un bad boy tatoué, l'est aussi un homme amoureux et réserve toujours à son aimée un rôle clé dans les séries, Kate Segal (anciennement Mme Bundy dans MARIÉ TROIS ENFANTS).



Enfin amoureux... On se demande, parce que bonjour le personnage hautement improbable, balançant des phrases énigmatiques d'un air inspiré et CONcerné, alignant les poncifs new age comme un trader les primes indécentes. On dirait Jane Campion découvrant les joies de la consommation à haute dose de la marijuana bio. 

Dans le fond, tenant un bâton, l'ami Kurt Sutter himself, tout cramé et parlant avec un accent bavarois de film de série Z des années 50, ne lui manque que le monocle et un chat blanc sur un accoudoir. 

Paaaas graaaave, au moins c'est fun ?

Ahem... 

Bon imaginons que j'ai un pote José, qui bosse dans une maison de retraite et qui, pour arrondir ses fins de mois, organise des courses de cacochymes dans les couloirs. Et bien cette poursuite de déambulateurs chromés serait plus palpitante que ces deux premiers épisodes collés qui nous servent de pilote, sensé mettre cette série sur orbite.

Ça se traîne, misère.... "Sont où ? Suivez la ligne de bave".

Certes, on a bien de la tranchaille et de la tripaille, on est quand même sur une série du câble, mais l'exposition des personnages, dont on se bat les coudes à grandes cognées dans un séquoia, durent des plombes.

On devine bien ce qu'escompte Sutter, un drame médiéval de fureur et de sang mâtiné d'un romantisme tragique, comme le suggère pesamment un générique raté et sa chanson sirupeuse : 


Sur une musique d'Ed Sheeran, la big loose.

Mais comme je le disais et comme je l'avais lu, dans les épisodes suivants et notamment le 3, la série décolle et trouve enfin son ellipse. 

Bien. Voyons ça :

"...
- Votre Bloguerie ?
- ...
- Votre Bloguerie réveillez vous !
- Hein ! Quoi ?
- C'est fini Votre Bloguerie, z'avez bien dormi ?"

Bon autant vous dire que je n'ai pas accroché, mais alors pas du tout. Je ne vois strictement aucun intérêt à cette série. 

On m'a pourtant dit que THE SHIELD aussi ça a mis du temps à démarrer (ce n'est pas du tout mon souvenir), SONS OF ANARCHY itou, là peut-être n'ayant point vu, mais la vie est trop courte et j’arriverai à survivre sans connaitre le destin palpitant du BASTARD EXECUTIONER.

Ellipse, tu parles, éclipse oui !


jeudi 24 septembre 2015

Bouzaward




Coucou les filles. 

Voilà le bouzaward tout chaud, fumant, direct dans les bottes...


L'autre jour, je regardais le résumé du pince fesse des Emmy et je remarquais qu'ils catégorisent à toutes blindes nos amis Staaatiens. 

"Meilleur actrice dans une comédie dramatique qui est une mini série en décors naturel mais en costume avec des vrais n'animaux" etc. 

Faut que j'me mette à la pagination les aminches, voilà donc les bouzawards par catégories. 


Dans la catégorie du comment c'est possible une telle déperdition, didiou !


'Tin quelqu'un a bouffé le show runner, un alien mou de la rotule a pris sa place, l'était en rupture de NZT (le NZT ?, j'en reparle bientôt) ?

Après une première saison de toute beauté, on se retrouve avec une saison poussive, des acteurs en roue libre, des dialogues ineptes, limite gênants et une histoire brouillonne dont on se fout mais dont on se fout misère, autant qu'un parpaing se désagrégeant lentement dans un terrain vague...

Dans la catégorie J'm'la pète, j'm'la pète et paf dans la tronche !


"L'entropie est notre fatalité à tous, une tasse cassée ne peut retrouver son état originel et le cosmos suit ainsi sa course folle sans que nous n'y puissions rien, à moins de défier Dieu à son propre jeu en créant son propre paradigme, relançant les dés nacrés des muses du destins tissant les fils de soie des univers passés et à venir.

Ici placer un zboïng zboïng dissonant et passablement chiant. 

- C'est certain Docteur Lecter, mais si vous êtes Dieu qui suis-je, moi, Will Graham ?

- Un dépressif brise pompom ?

Ici placer le plan d'une goutte de sang venant percuter une mare de sang et produisant des ondes concentriques du plus joli effet (plan utilisé pour 213465431ème fois)"

Cette saison 3 d'Hannibal est le prototype de la série arrogante et masturbatoire. Tout le monde parle sentencieusement en arborant un air de constipé chronique. Lars Mikkesen dans le rôle principal s'en sort à peu près même si son jeu semble plus mécanique. Son partenaire Hugh Dancy montre le visage tristoune du mec qui s'est coincé un testicule dans la braguette.

Le show runner a parlé d'Hannibal comme une série faisant appel à nos sens. Pas le sens de l'humour en tout cas...

Dans la catégorie du j'aurais bien aimé mais là vraiment pas moyen


Si si souvenez vous, lancé en grande pompes en croco par NBC, tiré d'un comics d'excellente facture, l'ami Constantine s'est édulcoré dans de l’aspartame sans saveur. 

Fini le mec borderline, bisexuel, manipulateur. A la place, on a un vieux pote en ciré qui a arrêté de fumer

On se doutait bien qu'on ne verrait pas Constantine s'adonner à du gangbang SM dans des backrooms mais à ce point...

Entre un pilote retourné pour évacuer l'actrice principale remplacée par une bombe anatomique tout aussi inexistante, des épisodes sans saveurs avec des monstres et démons qui font moins peur qu'une blague de Bigard, on a tôt fait de soupirer devant ce gâchis implacable.

Dans la catégorie Ouch un peu plus et je me faisais méchamment siphonné


Une série Playstation !

Lancé sur la plate forme de jeu en ligne ou un truc dans le genre. 

Dire que j'avais accroché au pilote. Un coup de fatigue sûrement où un complot Playstationnien de contrôle du cerveau. J'ai vu quelques minutes de la série HALO de la même plate forme, ça a avait l'air prometteur dans le genre vide intersidéral où personne ne vous entendra penser.

POWERS est une série écrite avec un joystick défectueux. Des acteurs qui se demandent bien ce qu'ils foutent là, des effets spéciaux totalement foireux aucunement compensés par une mise en scène aussi ingénieuse qu'un vidéo gag filmé par un parkinsonien sous acide.

Enfin la catégorie reine :


Le bousaward de la tanche de l'année ou comment NE PAS faire oublier que je suis vraiment un ringue


Une série  où M Night Shyamalan du SIXIÈME SENS s'est beaucoup investi, surement dans le but de retrouver son lustre d'antan où il haranguait les producteurs en se définissant comme le nouvel Hitchcock (multipliant les caméo dans ses films).

Et bien mon Shahsha l'a bien shyé dans la péloche. La bonne grosse bouse. Une histoire absolument renversante de nanawak neuneu, sur fond d'une idéologie passablement rance. Des acteurs se disant qu'ils vont devoir gommer cette ligne de leur CV. 

Une explication finale au grand mystère qui fait un bon gros plouf au fond de la cuvette, explication qui intervient dès le mitan de la saison, autant dire que les derniers épisodes ont autant d’intérêt que le 22ème virage d'une course de Formule 1.

Une mention spéciale au jeune Charlie Grey qui joue le fiston adolescent particulièrement crispant, qui nous donne des envies de démembrement incontrôlées.




Voilou les aminches. 

Mais une nouvelle saison commence et déjà des pépites merdifères pointent leurs museaux. 

Quel abnégationniste je fais les aminches ! 

dimanche 20 septembre 2015

Poisson pas frais, physique hors norme et dystopie prometteuse


"Bonjour votre Bloguerie !
- Clafoutine ! Mais que... Tu es de retour !
- Oui votre Bloguerie. A votre grande joie apparemment.
- Hein ! Mais oui Clafoutine ! 
- J'ai vu les responsables d'HBO votre Bloguerie. Tenez.
- Mais quelle horreur ! Qu'est ce que...
- Un testicule formolisé. 
- Ha oui haha, et c'est...
- Du coup Jon Snow n'est pas tout à fait mort. Et où sont mes affaires votre Bloguerie ? 
- Holàlà, toute une histoire Clafoutine, vois-tu j'ai eu des ennuis avec un gang de la mafia albanaise en voulant libérer des jeunes filles prisonnières d'un réseau...
- Vous avez laissé votre ordinateur allumé votre Bloguerie et votre session e-bay ouverte. Je sais où sont mes affaires en fait.
- Non mais c'est que... Tu comprends, tu ne revenais plus et comme je refuse de vendre mon intégrité à des annonceurs pour financer ce blog.
- Aucun annonceur ne s'est annoncé vous voulez dire... Bon je me suis permise de rajouter quelques articles aux enchères.
- Quoi ! Naaaaaaaaaaaaaaaan! Pas mes comics !!!!!!!!! Naaaaaaaaaaaaaaan !"


Salutations les filles. 

Après avoir cassé mon PEL pour surenchérir et récupérer mes comics, un doute me saisit, tous méritaient-ils cet effort fiduciaire ?


Lorsqu'elle est arrachée à ses recherches pour rejoindre une expédition secrète gouvernementale en plein Arctique, la biologiste marine Lee Archer ne se doute pas une seconde de ce qu'elle s'apprête à découvrir par 300 pieds sous la calotte glaciaire. 

Après avoir été présentée à l'équipe de spécialistes en tous genres, Lee découvre dans un caisson la raison d'être de cette expédition top secrète.

Un spécimen vivant de véritable chimère marine a été découvert :  une sirène...




Ce comics était précédé d'une maousse réputation, il a ainsi glané le Eisner de la meilleure mini sérié, le Fauve d'or Us en quelque sorte. Gage d'une qualité d'écriture et d'un beau coup de crayon...

Moi ça me fait penser à SHEAKESPEARE IN LOVE, film plus que moyen (pour rester poli) qui récolta l'oscar du meilleur film en son temps. Comme quoi les prix hein....

Bon alors, au sein d'un base sous marine illégale des Staates, on a chopé une sirène : 


Heu non...


Toujours pas.


Voilà...

Autant dire une belle saloperie. 

Bon j'avais plutôt apprécié le travail de Scott Snyder sur LA COUR DES HIBOUX, aventure franchement fun de Batounet, mais là je suis resté sur ma faim (en même temps je ne suis pas très poisson).

La première partie de THE WAKE est la plus aboutie même si l'on n'est pas dans un grande originalité, vu mille fois (fourchette basse) ces pov' humains pourchassés par une créature maléfique dans des couloirs sombres et moites (on a dû rogner sur le budget néons et franges espagnoles). Vu mille fois, parfois en mieux, parfois en moins bien, on est finalement dans une moyenne haute et à défaut d'atteindre des sommets de narration, on tourne les pages sans déplaisir. 

Surtout que le sous texte de ces créatures marines et des hommes qui saccagent tout et qui ont bien mérité un retour boulesque dans la tronche (juste dommageables pour ceux qui sont là au moment du retour) est plaisant

Surtout que le coup de fusain savamment brouillon, quelque part entre la ligne claire et le clair obscur est assez tranchant : 


Et puis Snyder tente un pari osé, un forward de 200 ans plus tard. Pari payant ? Pas vraiment. THE WAKE est trop court en cette deuxième partie et l'explication finale vient comme un bon gros cheveu gras dans un verre d'eau. On dirait Monk balançant à la fin de l'épisode "voilà ce qui s'est passé".

Si l'on ajoute une planche assez incompréhensible et on se retrouve finalement devant un album inabouti et peu enthousiasmant. 

Mais je ne pouvais rester sur cet arrière gout saumâtre de marée basse dans le gosier.



Un adolescent se suicide deux mois après la mort de son meilleur ami. 

Désespérée par l'incompétence des autorités, la mère de la victime contacte un amour de jeunesse, le détective privé Oxel Kärnhus. 

Le corps déformé par une maladie dégénérative, Oxel possède le physique d'un monstre et une sensibilité à fleur de peau. 

La peur et la pitié qu'il inspire lui seront d'une aide précieuse dans son enquête.



Heu attends... 

pas de déviations mutantes ? De supers slips torturés ? Pas de monstres ?

Pas de monstre ? Vraiment ? Non, vraiment.

C'est assez rare les Comics qui ne reposent pas sur un synopsis fantastico- science fictio-brutalo-violent. 

THE CREEP narre l'enquête intimiste et tenace du privé Oxel, qui atteint d'acromégalie (dégénérescence des cellules qui entraîne une déformation du corps), va soulever des secrets qui vont l'amener très loin sur les rives d'une folie qui ne demande qu'à se propager. 

THE CREEP est un format court et excellent, surtout pour le scénario solide, très solide qui ménage un vrai suspense et un vrai dénouement. Pour le personnage d'Oxel également, touchant, à la sensibilité à fleur de peau, à force d'être dévisagé en permanence mais qui fait de sa maladie un atout, car comme il le dit lui même les gens se confient à lui parce qu'ils le prennent en pitié ou qu'ils le croit trop abruti pour comprendre. 

L e dessins est un peu sage, un poil scolaire : 


Le trait aurait surement mérité un peu plus de trash, de noirceur mais rien de rédhibitoire, on reste dans du très bon taf, prenant et bien foutu. 

Enfin les aminches, j'ai dérogé à ma règle d'airain et ai fait l'acquisition d'un comics série en cours,non achevée et dont le premier tome est une véritable pépite : 

EAST OF WEST raconte une réalité alternative où la Guerre de Sécession aurait été brutalement interrompu, laissant place à la paix et à la constitution immédiate des Sept Nations d'Amérique. 

Deux siècles après cette trêve, un mystérieux homme pâle, flanqué de deux inquiétants guerriers indiens, sème la mort sur son passage. 

Au même moment, trois des Quatre Cavaliers de l'Apocalypse s'éveillent... 



tout y est les filles, de la violence (ce n'est pas pour les fillettes), du fantastique, et même du western. 

Un peu Sergio Leone rencontrant Tarantino flanqué de Ridley Scott. 

Un coup de crayon précis et affûté...


... Au service d'une histoire qui ne demande qu'à se déployer. J'ai personnellement adoré ce premier volume et prierais volontiers si je savais et voulais prier pour que cette qualité se maintienne.

Que ce petit miracle d'une histoire grotesque sur le papier se révèle formidable mise en bulles.

THE CREEP, que oui !EAST OF WEST un hit en puissance.

Par tronque les filles oubliez THE WAKE et son poisson pané pas frais.


Je vais me gêner...

mardi 15 septembre 2015

Le monstre n'est pas...

... Celui qu'on croit. 

Fatalement.


De cet adage, dont Tim Burton a tiré la part la plus intéressante de sa filmographie, le FREAKS de Tod Browning est la vision la plus saisissante. 

FREAKS est un film proprement miraculeux, qui d'un sujet racoleur tire une parabole exemplaire sur la solidarité et l'amitié. Un film qui fait bien flipper aussi et qui joue sur nos penchants voyeurs pour mieux les contourner car FREAKS n'est pas un film sur le malaise, ni sur le frisson malsain.

Dans les années 1930, le cirque  Tetrallini est célèbre  et tourne dans toute l'Europe. Sous le chapiteau se succèdent dompteur, clowns, acrobates etc. Et les Freaks, les monstres de foire. 

Des vrais. On est à une époque où l'ordinateur ne fait pas tourner ses logiciels à plein régime pour digitaliser à tour de bits. Les Freaks que l'on voit dans le film sont des personnes réelles venues tout droit du cirque Barnum. La femme à barbe ne porte pas de postiches, les siamoises ne sont pas dans un même vêtement.

Dans ce cirque officie un illusionniste Hans qui est un nain, de taille lilliputienne. Il est fiancé à une écuyère Frieda, naine elle aussi. 

Seulement Hans tombe amoureux de la grande et belle Cléopâtre, la trapéziste. Qui s'amuse de ce soupirant minuscule sous l’œil sourcilleux de son amant Hercule, le monsieur Muscle et zéro neurone de la troupe. 

Seulement, Hans hérite d'une somme rondelette et ce qui était un jeu jusque là gentiment cruel devient un plan machiavélique. 

Seulement les autres Freaks se rendent vite compte du double jeu de Cléopâtre et serrent les rangs. Les freaks se nouent et le lien est serré. 

Tod Browning ...


.... Imposa à toute l'équipe de tournage de manger ensemble. Ce qui n'alla pas sans provoquer des heurts et des frictions mais il n'en démordra pas. Il se noua lui aussi aux Freaks. 

FREAKS est un film grandiose, humaniste avec des scènes hallucinantes : 


Ce plan, où cet homme tronc (le prince Randian de son nom de scène) allume un cigarette avec sa bouche, me cueille chaque fois. 

Mais comme je le disais il n'y a pas de racolage dans FREAKS, pas une once, par rapport aux tombereaux d'impudeurs versés quotidiennement sur la TNT...

FREAKS est une oeuvre émouvante et terrible sur l'acceptation. On ne se moque pas impunément de différent que soi, le retour de manivelle sera atroce. Le dénouement de FREAKS le prouve.

Allez, sur une musique de Radiohead (par tronque, oubliez quelques vidéos proposées à la fin, tout ce que FREAKS n'est définitivement pas) : 


Un très grand film, l'un des plus grands jamais mis en péloche.

lundi 14 septembre 2015

Un homme doit mourir


Салют camarade !

Bienvenue en 1905 à Moscou qui n'est pas encore le siège de l'immense Russie, le Tasr préfère son palais de Saint Petersburg mais quand même, ce n'est pas le genre de bourgade que l'on confie au premier clampin. C'est pour cela que le Tsar Nicolas two a nommé gouverneur son oncle le Grand Duc Sergueï Alexandrovitch. 

Et ce dernier se tient sur son balcon, face à une foule hostile, une foule qui a faim et la faim cela ne se raisonne pas. Le grand Duc a déjà vidé tous les juifs de Moscou, il n'y a plus de fusibles entre le peuple et lui, plus de boucs expiatoires. 

C'est pour cette raison qu'il reçoit toute une fournées de légumes divers et (a)variés sur son balcon. Voulant s'essuyer le visage de la pulpe légumineuse, Sergueï Alexandrovitch laisse échapper (involontairement ?) son mouchoir blanc. 

C'est le signal convenu, l'armée défouraille consciencieusement dans la populace et provoque un véritable carnage. 

C'est le début de la fin pour le gouverneur, il n'est plus qu'un homme en sursis...

La paire Nury Robin après un formidable premier diptyque sur LA MORT DE STALINE (chroniqué ici) resserve un coup de rouge et nous plonge dans la première révolution russe avortée, répétition de la seconde qui aboutira à la dictature du prolétariat sans le prolétariat. 

Toujours adossé sur un dessin expressif, précis et sobrement coloré : 


le nouvel opus de la Mort de quelqu'un soit mais Russe est une réussite. 

Le trait est minutieux et le scénario, qui s'appuie sur un travail rigoureux, nous fait découvrir un épisode méconnu (en tout cas par moi) et nous montre un personnage complexe : le Grand Duc. 

Antihéros qui  n'aspire qu'à une vie paisible, tranquillité qui lui est refusée de par sa naissance. Au fond il n'a aucune aspiration à un poste de prestige ce Grand Duc, cet antisémite bonhomme et père aimant (ah le coup du père aimant). 

Le premier tome se concentre sur cette figure du Gouverneur et nous le rend presque attachant cet homme qui va mourir, qui ne peut y échapper et qui le sait. 

Le deuxième tome (un peu moins abouti) se focalise lui sur le grand Némésis de l'autocratie en place, le terroriste Georgi, tête pensante du réseau de lanceur de bombe. 

Ce n'est pas un idéologue ce Georgi, il fait plus Arsène Lupin du terrorisme révolutionnaire, dandy contrarié qui veut tromper son ennui. J'ai eu un peu plus de mal à adhérer à ce protagoniste qui me semble moins crédible. 

Cela dit, ces deux volets se lisent avec un réel plaisir et l'on retrouve l'amour du travail bien fait de nos deux compères. 

J'ai attaqué ma pile de récentes acquisitions bullesque par ces deux là, la mire est placée à la bonne hauteur. Le comics suivant va -t-il passer la barre ?


... Vous tiens au jus.