vendredi 28 août 2015

Un monde sans Romero


Coucou les aminches. 

Imaginons un monde où Augustus Romero...

-je ne connais pas son vrai nom et soyons clair, ce qui va suivre est purement fictif ou bien c'est un phénoménal coup de bizarre-

... Ne rentra pas ce matin dans ce petit routier. Si Augustus avait été un peu plus précautionneux, s'il avait vérifié la pression de ses pneus, il ne devrait pas patienter que la chambre à air de sa berline soit de nouveau fonctionnelle.

Il ne commanderait pas un grand café et une part de tarte (tout le monde commande toujours une part de tarte dans ce genre d'établissement, z'avez remarqué ? Somt réellement pros les lobbystes des parts de tarte) à la charmante Molly.

Un trait de caractère influe ainsi sur l'histoire culturelle du siècle dernier et du notre. Car, de cette commande, de cette interaction entre l'Augustus bohème et la jolie Molly naquit, quelques galipettes plus tard, Georges A Romero.

Qui ça ?


Georges A Romero, cinéaste génial (?) de LA NUIT DES MORTS VIVANTS, du JOUR DES MORTS VIVANTS, CHRONIQUE DES MORTS VIVANTS, LES MORTS VIVANTS FONT DU CAMPING, ZOMBIE etc...

Georges A Romero qui a lancé cette mode hallucinante du zombie déambulant, grognant, tel un ado en moins hygiénique (c'est dire).

Boufferait-on moins de zombie, voire carrément pas, sans la grosse papatte velu de l'ami Georges ? On peut le penser. Qu'est ce que cela donnerait ? Un monde sans gluten zombie ?

Et bien paradoxalement, FEAR THE WALKING DEAD, nous fournit un début de réponse.


AMC, chaîne qui diffuse THE WALKING DEAD (avec la voix enrouée qui sombre dans les basses please), au vu des courbes d'audiences complètement affolantes, a décidé de créer un spin-off.

Argh..?

Déjà ils ont pris leur temps. WD repoussant les limites chaque année, pulvérisant son audimat consciencieusement saison après saison, il est étonnant qu'il ait fallu attendre aussi longtemps pour mater un produit dérivé. Cela ne présage pas d'une quelconque qualité mais c'est déjà la précipitation vers la fausse bonne idée qui semble avoir été évitée.

Ensuite ce n'est pas vraiment un spin-off. Ce n'est pas une trame différente sur un autre groupe de survivants (pitié...), du moins pas encore ? Les show runners ont eu la bonne idée (sur le papier) de revenir aux origines et de raconter les prémisses du "Pouss'toi d'là qu'j'bouffe à mon tour".

Et c'est là qu'on en vient à mon idée de monde parallèle. Personne n'a vu un film de zombie ou bien..? Pas un personnage ne se dit : "tiens le mec là qui marche sur les genoux, on dirait un zombie...".

FEAR THE WALKING DEAD ne regarde pas THE WALKING DEAD.

C'est un brin dommage, ça aurait mis un peu d'auto dérision dans le bouzin, une citation pour les fans...

Mais on n'est pas là pour se marrer. 

Mais je me moque parce que ce n'est pas si mal FTWD. Le casting fait son taf proprement. Le drama familial, la famille recomposée (décomposée c'est pour plus tard), je ne le sentais pas trop mais on évite grosso modo les clichés et surtout les ados crispants. 

On tourne autour, à coup de ralentis savamment dosés et de bonne grosse musique qui claque dans les zbin zong zong mais c'est un peu le jeu. FTWD n'est pas très subtile mais pas complètement bas du front et finalement on se dit que le résultat aurait pu être pire. Il faudra voir sur la durée. En plus la première saison de WD la série mère... Hein... On ne vas pas revenir sur les sujets qui bâchent.



Bref, on ne tremble pas vraiment. Le pilote est un poil longuet mais pas tant que ça in fine et les dernières minutes sont prometteuses. 

Nos héros vont-il réaliser la zomberde dans laquelle ils sont ?

Ohé la gars ça : 


Ce n'est pas une ruée sur un Apple Store.

Quoique...

A la réflexion...

mercredi 26 août 2015

Notes enchantées


Coucou les aminches. 

Un peu de sucre pour les cages à miel ?


Bon pas la perdrix de l'année la Flo, je retarde à l'allumette sur le cou.


Vous l'avez surement déjà ouioui quelque part. De la bonne pop, un faux air de Kate Bush mâtinée de Pretenders mais cela n'engage que moi.


On reste dans la vocalise féminine. 


Planant et rock. J'aime bien. Un poil répétitif sur un album mais ça reste bien sympa.


Le retour du papy, voix de tête & harmonica


Bon c'est sur que ça peut en saouler plus d'un(e) mais j'aime bien mon Neilounet, toute mon adolescence. Il s'était un poil égaré mais il a retrouvé la flamme sur cet album. Faut-il être fan ?


Bjork a méchamment planté le festival La Route du Rock cet été. Désespérés les organisateurs se sont rongés tout ce qui dépassait et puis... Miracle. 


FOALS est venu à et dans la place, a tout carbonisé. Bye bye Bjork et faite entrer ces foutus FOALS. Le rock anglais le plus excitant du moment.

mardi 25 août 2015

Rashomon et le paquet de chips


Coucou les aminches.

Ah la torpeur estivale... Les températures montent, montent et les trombes d'eau électrifiées viennent refroidir le mercure. 

L'été, le ventre mou (oui bon moi c'est l'Irlande et ses fish and chips arrosés de Guinness) de la production sérielle. Peu de pépites à se mettre sous les yeux. HELL ON WHEELS aurait dû s'arrêter, HANNIBAL plonge allègrement dans l'expérimental pour nous faire oublier qu'on a déjà vus les films et que l'on connait le script. 

Du coup soit l'on retrouve les saveurs d'antan pour revisionner avec plaisir une très chouette production anglaise (j'y reviendrai), soit l'on tente quelque chose d'autre, une anthologie britonne, elle itou, qui nous avait échappé, une mini série anglaise en 4 petits épisodes : ONE NIGHT.


Tout commence avec un simple paquet de chips qu'une adolescente, Rochelle Gooding, lycéenne brillante qui rêve d'aller à Oxford,  jette devant la maison de Ted Dennis, un commercial rattrapé par la quarantaine, pris par son boulot et qui tente de donner à sa femme une vie confortable à défaut d'être heureuse.

ONE NIGHT adopte le même schéma narratif que le film de Kurosawa RASHOMON, à savoir raconter la même histoire vécue par des protagonistes différents, multiplier les points de vue pour tenter de capter une vérité qui ne sont que des vérités différentes mais toutes légitimes. 

Je ne suis guère friand de ces séries sociales, je préfère les œuvres de genre, policières, fantastiques, horrifiques etc, moins exigeantes. Il faut se lancer dans ce genre de drame réel en plein cœur de l'été, la flemme quoi...

Mais aiguillonné par une amie de moi, bonne conseillère et connectée, j'ai tenté le visionnage et bien m'en a pris. Tout d'abord, les showrunners savent créer une réelle tension, et la renouveler, car une fois le pilote achevé l'on connait les grandes lignes du bouzin, si vous avez tout suivi.

Là où c'est réussi, c'est que tout se joue dans les petites lignes. Les failles, les détails qui d'une vision à l'autres, d'un pan de vie à un autre schéma d’existence, métamorphosent sous nos yeux les péripéties et cette foutue nuit prend sens. 

L'attention portée au personnage est soignée. La caricature est évitée soigneusement. Quand le cadre moyen fait remarquer, plutôt respectueusement, que la jeune fille pourrait ramasser son paquet de chips et le jeter dans une poubelle, je vois tout à fait ma tendre et douce le dire.

A partir de là, tout s’enchaîne inexorablement, un engrenage implacable bien huilé par des acteurs confondants de naturel. 

La problématique sociale, derrière le suspense et le procédé de mise en scène brillant, résonne particulièrement à nos tympans. Il ne suffit pas de planter des cyprès pour ignorer la Téci voisine, boucher la vue ne masque pas une exclusion pernicieuse. Vivre dans ces barres d'immeubles n'excusent pas des comportements inexcusables. 

Si ONE NIGHT n'atteint pas l'incandescence phénoménale de SOUTHCLIFFE, c'est quand même du bon boulot, la marque une fois de plus du savoir faire outre Manche.


Tout ça pour un paquet de chips...

vendredi 14 août 2015

Mou détective


"Bonjour Nic. Installez vous. Alors c'est un beau carton que cette première saison 1 !
- Oui Monsieur, à vrai dire, je ne m'attendais pas à un tel accueil.
- je vais être franc avec vous Nic, nous non plus. Bon et cette saison 2 ?
- Et bien je vous avoue que je ne me suis pas encore attelé à l'écriture...
- Il faut s'y mettre mon garçon. Battre le fer ! 
- C'est à dire, je pensais avoir un peu plus de temps. En outre, après la réception de la première anthologie, je ne voudrais pas rater la seconde.
- Allons allons mon petit, je vous fait, ON vous fait confiance. Vous ne nous décevrez pas, j'en suis certain."

Cette scène est imaginaire les aminches mais elle est crédible. Les grands pontes de HBO, éberlués par les critiques louangeuses, les audiences performantes et une communauté spontanée de fans acharnés, ont commandé fissa une deuxième saison de TRUE DÉTECTIVE.

Le show runner Nic Pizzolatto devait avoir une bonne grosse pression et les testicules comme des raisins secs oubliés au fond du sac à dos. A-t-il manqué de temps ? S'est-il retrouvé devant une page blanche ? Toujours est-il que la saison 2 de TD est une vaste plantade !

Attention les filles, avant d'aller plus loin, sachez que je vais spoiler et dévoiler quelques moments clé de l'intrigue.



Bon rappelons en deux mots le pitch :

Tout se déroule dans la banlieue de  Los Angeles, dans la petite ville imaginaire de Vinci. Ben Caspere, le comptable d'un ancien mafieux, Frank Seymion, est retrouvé salement amoché, torturé, énuclée, parfumé à l'acide, bref salement dérouillé sur une aire d’autoroute. 

L'ancien motard de la police, l'agent Woodrugh, mis à pied pour une prétendue fellation contre un sauté de PV, est celui qui est tombé sur le corps. 

L'ancien mafieux, le maire de Vinci (corrompu jusqu'à la moelle, parce qu'il n'y a plus rien après la moelle), la police toute pourrite de Vinci, greffent sur l'investigation qui commence un flic véreux et manipulable Ray Velcoro.

Une team d’enquêteurs se met en place avec Woodrugh, Velcoro ; fine équipe chapeautée par la shérif Antigone (sic) Bezzerides. 

Voilou. Pas de tueurs en séries. L.A à la place de la Louisiane et un casting élargi.

Et on ne gagne rien mais alors rien de rien , peau de zob, au change. 

Un mot du casting : 

Colin Farrel / Rachel Mc Adams / Taylor Kitsch  / Vince Vaughn
Colin Farrel (aka ray Velcoro), comme souvent, est bon une fois sur deux. Il reflète par moment excellemment bien la douleur et le naufrage de son personnage. Son visage se ferme, ses yeux s'embuent et il le fait bien. Mais la scène suivante, il a l'air de se réveiller d'un long coma et se demander ce qu'il fout là.

La charmante Rachel Mc Adams (aka le shérif Bezzerides) est, parait-il, la rare satisfaction du casting, si l'on en croit les critiques. Je la trouve singulièrement crispante avec sa pitite moue plaquée sur son minois et son pitit air de dure à frire. Pas franchement crédible. 

Taylor Kitsch (aka l'agent Woodrugh) fait ce qu'il peut (et il peut peu) dans un rôle casse gueule, mal écrit. Un homme qui n'assume pas son homosexualité  mais alors vraiment pas. Genre le fils aîné d'une famille pour Tous qui joue à touche kiki avec cousin Jules dans le grenier et qui le vit mal. Il fronce beaucoup les sourcils pour montrer qu'il est tourmenté, impliqué et pas content.

Enfin Vince Vaugnh (aka Franck Seymion) contourne le problème. Il ne joue pas. Ou si peu. Au début, je le trouvais sobre mais son jeu se révèle mécanique. "'Tin y a un automate qui a bouffé Vince Vaughn !".

Autant vous dire les filles que l'on est à des années lumières du magnétisme incandescent de Matthew McConaughey et la composition tout en finesse de Woody Harrelson. 

Mais il serait un peu facile de  rejeter le blâme uniquement sur le casting. La direction d'acteurs se montre plutôt flottante, il y a du mou dans le gnou ! Mais surtout ces rôles sont peu charpentés, mal écrits. On s'en cogne les baballs à grands coups de pelles des personnages. 

La fin tragique des 3/4 du casting nous laisse aussi froid qu'un rictus de Poutine. 

Et puis le script. Misère...

Le synopsis de la saison 1 n'était pas à mon sens ce qu'il y avait de plus réussi. Mais cette saison 2.... On dirait Toto et Carambar sous cocaïne  le pourquoi du comanche est un brin grotesque et tombe totalement à plat. Foutrement foiré.

La forme ne brille guère mieux. Là où un seul réal avait tourné l'intégralité de la première anthologie, 8 différents se sont succédés aux manettes, certains plus doué que d'autres. Certes il y a bien quelques plans ici et là, les rubans d'asphaltes en vue aérienne joliment filmés, et une scène de fusillade au mitan de la saison bien sentie, percutante et assez rare pour une série télé. 

In fine, je crois deviner ce que Nic voulait faire : du Lynch mâtiné d'Ellroy. 

Lynch pour le coté barré, étrange et onirique de certaines scène. mais comment dire, c'est un poil gênant, on frôle le ridiculous, le tootoo much : 


Ainsi les conversations entre Frank et Ray dans un bar, où ils se balancent des  lignes de dialogues sentencieux suivi de silences signifiants tandis que une chanteuse susurre une chanson déchirante sur les occasions manquées derrière eux... 'Tin on dirait un sketch des inconnus parodiant le cinéma d'auteur Suédois.

Ellroy pour l'intrigue complexe, les destins brisés et la fatalité qui s'acharne encore et encore. Comment dire... Je vais m’arrêter là, ok les filles?

Bien peu de satisfactions donc, la scène de fusillade dont j'ai déjà parlé qui lance un reboot de la saison, prometteur mais qui pschitt. 

Un générique, tout aussi beau que celui de la saison 1 avec une chanson de Léonard Cohen il me semble.



Sinon les aminches. Pfiout...

Un épisode final loupé quelque chose de bien (un cas d'école). Des longueurs et des scènes qui ne servent à rien. Des personnages peu attachants ni charismatiques. Une intrigue ni complexe, ni trop simple mais foireuse surtout. 

Bon allez Nic c'est la fin du calvaire. La saison 2 de TD a fait des audiences satisfaisantes et HBO n'a aucune raison de ne pas en commander une troisième. 

Attention fiston ! Un faux pas ok. Pas deux. 

Mais pas de pression gars hein ? Tranquille...

mercredi 12 août 2015

L'ombre du Dudster


Enfin.

Les piolets sont posés. Les moufles et bonnets sont mis à sécher. Le feu crépite dans la cheminée et l'on songe au drapeau claquant au vent, preuve indéniable de notre achèvement de l'ascension.

Enfin, j'en ai terminé avec le PERFIDIA d'Ellroy.

The Dog is back !
Los Angeles, une famille nippone est retrouvée morte, les corps alignés les uns à coté des autres. La scène fait penser à un suicide général, un seppuku. Un mot annonçant l'apocalypse est retrouvé dans la salle de bain. 

La police de L.A, dans cette ambiance de guerre imminente avec le Japon et surtout à la veille de Pearl Harbor, veut se débarrasser au plus vite de ces crimes et cherche à fabriquer un coupable idéal. 

Hideo Ashida, d'origine japonaise, fait partie de la police scientifique. Il est tiraillé entre le besoin de faire son devoir de policier, l'envie de faire avancer ses inventions et recherches, et le désir d'être bien vu par un certain Dudley Smith, flic véreux.

Gros pavé goûteux, saignant et velu !

Plus de 800 pages de rage rentrée, de violence parfois contenue, le plus souvent explosive, d'hommes fuyant le sommeil à coup de bourbons et d'amphétamines en vente libre. Un portrait percutant et singulièrement nauséabond de l'Amérique paranoïaque post Pearl Harbor.

L'on présente souvent Ellroy comme un polardeux. Certes. Mais sa fameuse première tétralogie Le quatuor de Los Angeles (PERFIDIA est le premier volume d'un nouveau quatuor, un préquel, un prélude du premier), suivi de sa trilogie Underworld USA, livrent un portrait saisissant, cinglant des USA. Un auteur halluciné de romans historiques hallucinants. 

Bien sur, PERFIDIA repose sur un intrigue policière, une enquête sur un quadruple homicide mais cette investigation sert essentiellement à Ellroy de prétexte pour camper plusieurs personnages dont l'un qui a sa préférence : Hidéo Ashida, jeune technicien de la police scientifique. 

Brillant, rigoureux, et tourmenté. Il est Japonais et homosexuel. S'il arrive à cacher ses préférences sexuelles (et il fait bien), il ne peut nier ses yeux bridés, son origine ethnique. Ce qui, en ce Los Angeles hystérique de l'après bombardement de Pearl Harbor, est un poil problématique. 

Tonton Sam va en effet décider l'internement administratif de ses ressortissants d'origine japonaise, tous suspectés d'appartenir à une cinquième colonne mortifère. Cette politique d'ostracisme institutionnalisé fait le(a) lit(e) de magouilles immobilières poisseuses.

Ellroy a la magie des intrigues emberlificotées et des personnages (plus de 80 dans PERFIDIA) qui se tournent autour, s'entrechoquent, se pulvérisent et s'aiment aussi parfois. La jeune, jolie et rusée Miss Lake, cornaquée par le capitaine de police alcoolique Bill Parker (ayant réellement existé, et qui va finir à la tête du LAPD) va tenter d'infiltrer le milieu gauchiste d'Hollywood. Hidea Ashida essaye de sauver son cul donc, et sa famille sans trop laisser de son âme dans l'affaire, si possible...

Ellroy n'hésite pas à mêler dans son récit héros fictifs et réels. Ainsi Bette Davis, par exemple, est de la fête mais guère fêtée 

Et puis... Los Angeles.

Hum... Ça donne envie, non ?
La cité des Anges (bien planqués !)

Le L.A des années 40. Décomplexée  Antisémite décomplexée. Raciste décomplexée. Fasciste décomplexée. Homophobe décomplexée. Machiste décomplexée... Où l'on constate amèrement que oui, l'histoire est un éternel recommencement.

Mais les aminches, sur cette ville, sur ces êtres esseulés, plane une ombre phénoménale : celle de Dudley Smith. 

Incroyable caractère, personnage clé de l'oeuvre de James Ellroy. Dudley Smith, sombre Janus, provoquant des loyautés indéfectibles nonobstant les pires saloperies dont il est coupable. 

Il y gagne le sobriquet effrayant de Dudster. 

Dudley Smith qui magouille tout le temps, partout, avec tout le monde (et surtout les Chinois). Talentueux, violent, drogué et redoutablement intelligent, Smith ne s'embarrasse pas de scrupules, se déleste de l'empathie qui pourrait le freiner dans son destin.

Ses digressions , ses paroles, ses pensées, riches et denses, contrastent avec le staccato, sec jusqu’à l'os, Ellroyen. Sujet, verbe, complément et c'est marre. Ce style unique, quasi incantatoire par moment, sert admirablement une intrigue complexe, noueuse et acerbe. 

Ellroy est un foutu misanthrope mais il nous livre ici un héros presque positif : Hidéo Ashida et clôt son monumental pavé par une déclaration d'amour. 

L'analogie avec l’escalade n'est pas si incongrue finalement. La pente est raide, on en a parfois plein les chausses mais la vue flanque le frisson et une fois le sentier parcouru on ne regrette pas les efforts consentis. 

Vertigineux !

vendredi 7 août 2015

Qui est la taupe ?


"10 candidats doivent remporter les missions qui leur sont proposées pour gagner jusqu'à 100 000 euros mais parmi eux se trouve une « taupe » : un candidat qui a accepté de jouer double jeu en sabotant les missions des autres candidats pour augmenter sa propre cagnotte.

À la fin de chaque épisode, un questionnaire est posé aux candidats afin de deviner qui est la taupe. Le moins bon enqu...

STOOOOOOOOOOOOOPPPPPP !!!!!!!!!!!!!!!!

- Non mais Clafoutine. Qu'est-ce que c'est que cette grosse merde ?!
- Mais j'ai cru votre Bloguerie... Vu l'intitulé de votre post...
- Nan tu n'y est pas Clafoutine. Pas du tout."





Londres, 1972, en pleine Guerre froide. 

Suite aux révélations d’Arkady, un traître du KGB, le MI-5 crée une cellule secrète composée de sept membres (dont peut-être une taupe). 

Sa mission : enquêter sur des agents dormants à la botte des Russes, censés être réactivés par Arkady pour mener à bien une opération potentiellement dévastatrice «l' Operation Glass»…




Je sais bien que les énième cascades du bondissant et inamovible Tom Cucruise envahissent les écrans du monde entier. Mais oubliez cette référence. La filiation la plus évidente est à chercher du coté de John Le Carré et son adaptation réussie sur pellicule : LA TAUPE.

Même ambiance de tabac froid, de couloirs ternes et d'agents au physique passe partout, impassibles,  hommes de dossier, minutieux et tenaces.

La série anglaise THE GAME n'atteint pas tout à fait l'ampleur et la complexité du roman et du long métrage mais elle retranscrit bien cette névrose, ces personnages bouffés de l'intérieur par leurs propres secrets. Et cette paranoïa, cette terreur certaine d'un probable apocalypse nucléaire !

Les pro(an)tagonistes sont tous remarquablement incarnés mais un brin sommaires. Du jeune agent Joe Lambe interprété par le jeune Thomas Hugues : 


Il tend son rôle vers un hiératisme hautain mais nous rend Joe Lambe peu aimable et sympathique. Il faut dire que ce jeune espion, et son penchant franc tireur imprévisible, a plutôt mauvaise réputation et traîne comme tout le reste de son équipe sa part de traumas.

Il est soutenu par le big chief, le surnommé Daddy : 


Le vétéran Brian Cox qui fait le job. Matois, désabusé et cerné de toutes parts par de jeunes louveteaux qui lui mordillent les chevilles pour prendre la place du chef de meute. 

THE GAME atteint son objectif à savoir une histoire haletante, au suspense carré et au dénouement sans fioritures au bout de six épisodes. Rien qui dépasse avec suffisamment de rebondissements pour tenir son cahier des charges. 

Je suis assez friand de ces machinations complexes au temps de la guerre froide, ses maîtres espions dignes des plus grands champions d’Échecs. Si l'URSS a tenu aussi longtemps c'est bien (aussi) grâce à sa supériorité en matière d'espionnage. 

Certes THE GAME n'atteint pas l'intensité dramatique de sa consœur américaine THE AMERICANS (ici et ) bien plus maîtrisée et empathique mais assure son lot de perversité machiavélique pour nous tenir en alerte. 


En tout cas bien plus qu'une bouse télé-réalitale de plus...

jeudi 6 août 2015

Petit sentier, grande balade...


"Nous avons trois types de chemins pédestres mon bon Monsieur. Clairement balisés et hautement sécurisés. Du très facile au franchement familial. Vous suivez les flèches et le bitume qui serpente dans la vallée.
- Oui mais si l'on veut emprunter un sentier de traverse, voyez ? 

Là un clin d’œil et une mimique pour provoquer une adhésion complice. Peine perdue...

- Tutututut mon bon Monsieur ! Il est rigoureusement interdit de s'extraire du parcours fléché, Il faut suivre les balises, du point A au point B."

Et pourtant, parfois, certains itinéraires ne payant pas de mine dévoile tout le crayon..

De retour dans la maison de sa famille pour des obsèques, un homme encore jeune, sombre et nostalgique, retrouve les lieux de son passé et des images qu'il croyait oubliées. 

Le suicide d'un locataire dans une voiture au bout d'un chemin, sa rencontre avec une petite voisine, Lettie, qui affirmait alors que l'étang de derrière la maison était un océan.

Et les souvenirs de l'enfance, qu'il croyait enfuis, affluent alors avec une précision troublante... 



Le dernier roman de Neil Gaiman est une petite merveille. Encore.

Mais point ici de bataille cosmiques entre divinités oubliées, pas d'univers parralèlles délirants (quoique) mais un court récit dense et tendre sur l'enfance. 

Neil Gaiman l'affirme haut et fort : les adultes n'existent pas !


Comme le chantait Renaud, après l'enfance c'est quasiment fini... Neil abonde et nous livre ici son livre le plus personnel. 

Alors oui bien sûr le fantastique imprègne toujours autant les pages et diffuse son lot d'aventures, de créatures enchantées et de sorcières bénéfiques mais le ton n'est pas à l'épopée mais à une douce nostalgie. Du temps où l'on pouvait croire en toute innocence aux lutins, aux sorciers...

Une belle pépite sur la force de l'enfance, où un petit garçon se débat, lutte et l'emporte in fine mais au prix d'un quelque chose qui ne reviendra plus...

Très beau livre.

Alors oui les fées existent. C'est juste qu'on oublie...

mardi 4 août 2015

la tac-tac-tactique du Gothique


Coucou les aminches. 

Curieuse trajectoire que l'intitulé de ce post que je comptais dénommer tout d'abord Freaks Again. Et cela m'a remémoré ce film hors cadre, tout à fait saisissant, terrifiant et humaniste qu'est le Freaks de Tod Browning. 

Du coup j'y reviendrai. 

Je me contenterai présentement de chroniquer le retour de nos amis gothiques dans la nouvelle sensation sérielle du moment : PENNY DREADFUL.

Enfin sensation... Si j'en crois mon entourage. Suite à un rapide et infomel sondage, PENNY DREADFUL est très bien notée. Trop ?

Entendons nous bien les filles, j'aime bien cette série mais j'ai du mal à la considérer comme le haut du palmier.

En fait PENNY DREADFUL illustre le décalage entre une mise en scène esthétiquement réussie, des images léchées et un fond un brin grandiloquent, qui frôle le trop plein, le too too much.

PENNY DREADFUL narre les aventures d'un groupe d'aventuriers composé d'un explorateur renommé (aka Allan Quatermain), une sorcière promise au diable, un loup garou, le docteur Frankenstein... 

Après une première saison d'exposition (où tous les totems du Gothique qui se respecte ont été introduits : ajoutons à nos héros le monstre de Frankenstein, Dorian Gray, des vampires...) un brin boursouflée ; la deuxième continue dans cette veine sombre et torturée. 

Avec son sabbat de sorcières très très très méchantes et la fiancée du monstre de Frankie, cette saison 2 souffre d'un léger problème de rythme en sa première partie mais tout s'accélère quand elle bascule dans la seconde moitié et le tempo se frénétise. 

Néanmoins voir se débattre tous ces poncifs de la littérature fantastique Victorienne avec un sérieux papal inébranlable me fait dodeliner de la tête,  un poil amusé le Mic mac. 

J'ai du mal, quant à moi, à la prendre au sérieux PENNY DREADFUL. 

le cast n'y est pour rien : 


Eva Greene a mis le holà à ses rictus tourmentés et joue à plein de son physique décharné pour incarner une âme perdue qui a oublié ce qu'était un fou rire. 

Josh Hartnett, beau gosse lycanthrope, est le plus crédible de la bande à mon sens, très juste en homme à l'envers, homme prisonnier du loup, culpabilisant de ses virée mensuelle, avide de bidoche et de viscères bien frais. 

Ces deux là se tournent autour tout au long des épisodes et leur ballet amoureux contrarié est assez plaisant.

Le reste du casting est  dans le ton, personne ne fait tache.

Mon ressenti vient surement que je ne suis guère friand de cette littérature et de ses schémas narratifs avec sa malédiction et sa prédestination implacable. No future et no joke. 

Cette absence absolue de second degré évite la parodie et renforce sans aucun doute la crédibilité du bouzin mais pas moyen... 

J'ai du mal, moi, à y croire alors que j'accroche sans problème à des mecs en super slip, cape au vent et collant poutre apparente...

Va comprendre ! 


samedi 1 août 2015

L’Armageddon, ça a du bon !



"Clafoutine ?
- Ah. Bonjour votre Bloguerie. 
- Qu'est-ce que...
- J'ai refait tous les calculs votre Bloguerie. Ils se sont trompés.
- Quoi ? Qui s'est trompé ?
- Vous savez ce que c'est une virgule oubliée, une erreur de racine.
- Heu... Non en fait, je ne sais pas ce que c'est. Si tu me disais simplement ce qui se passe Clafountine.
- Les Quinquas, ils ont tout faux sur les quinquas.
- Les quinquas..? Ah je vois. Très drole. Très fin. Cette allusion sur mon dépérissement inévitable. Oui j'ai bien conscience que je me rapproche à grandes foulées de la Cinquantaine mais ce n'était pas la peine de blanchir de craie ce tableau noir...
- Les Incas votre Bloguerie. Les Incas. 
- Ah... Ok... Mais heu... Qu'est-ce à dire les Incas ?
- Ce n'était pas 2012 votre Bloguerie.
- 2012 ?
- La fin du monde !
- Ooook. Eu tu as une nouvelle date Clafoutine ?
- Bientôt votre Bloguerie. Bientôt."

Bien le bonjour les filles. Aujourd’hui l'Apocalypse. La terminaison finale. La finitude de toutes choses. 

This is the End my friend...

Et là les aminches, il s'agirait d'être un brin rigoureux. Nous avons donc deux facteurs susceptible d'enclencher le processus ultime. 

Les causes endogènes.



Nous sommes directement responsables de notre extinction. 

Ben oui le monde ne tourne pas comme il devrait et comme le disait ce brave Morpheus : il y a une big balls dans le potage. 

Enfin c'était l'esprit. 

Mais peu ont le courage de prendre la pilule bleue (ou la rouge ?) et d'affronter la vraie réalité. On nous ment. 

Partout. 

Tout le temps. 

Mais un homme saura révéler la sombre vérité :




Alice et Julius, deux amnésiques s’évadent de la clinique psychiatrique où ils sont traités. 

En effet, Julius s’est donné pour mission de déjouer un terrible complot qui menace l’humanité. 

Poursuivis par la police, par des journalistes et par de mystérieux personnages de l’ombre, ils iront de péripéties en rebondissements jusqu’à l’incroyable révélation finale.




Jean Marcel Erre est un écrivain qui s'est fait une spécialité de nous faire marrer. Vaste et courageuse entreprise car le rire n'est jamais garanti et l'humour est une chose intime et ô combien personnelle. 

Mais j'avoue que cela fonctionne assez bien sur mes zygomatiques. Qu'il se penche sur le cinéma bis dans l’inénarrable SÉRIE Z ou qu'il s'attaque au mythe de Sherlock Holmes dans le tordant MYSTÈRE SHERLOCK , il touche toujours juste. 

Là JM s'emploie à démonter le complotisme sans frein qui ronge nos sociétés, les PMU, les rassemblements informels autour de la machine à café et les remugles viciés de l'Internet. 

Cet opus est tout aussi réussi que les autres. Il nous donne à lire quelques bons moments et je déconseillerai sa lecture au lit auprès de l'être aimé(e), vous le réveillerez à coup sûr avec vos gloussement amusés. 

JM table sur l'effet Y'A-T'IL des frères Zucker (un pilote dans l'avion , un flic etc.) : tous les gags ne font pas mouche mais leur empilement fait que si l'un ne fonctionne pas, on passe au suivant.

Mais ce n'est pas que de la pure déconne. JM Erre nous livre ici une analyse plutôt fine de notre capacité humaine à nous raconter des histoires et le twist final, ma foi, vaut le virage. 

Une bonne pioche, bien écrit, bien amené.

Mais bon...

On est humains les aminches (enfin la plupart d'entre nous) et quoi de plus humains que de se défausser et de se chercher des excuses : "c'est pas ma faute Madame/Monsieur !"

Les raisons exogènes.


La télé réalité est le ver blanc de l'humanité. C'est bien simple j'ai plus de respect pour un refrain de M Pokora que pour la moindre séquence de cette exhibition de têtes pleines d'eau qui croient qu'il faut laver la coquille avant de manger un œuf dur et que Victor Hugo est un remplaçant du PSG.

C'est peu dire que le livre de Jay Martel m'a interpellé : 

A l'insu de ses habitants, la Terre est depuis des décennies le programme de télé réalité le plus suivi de la galaxie. 

Tous se régalent depuis longtemps des aventures des Terriens, ces êtres primaires qui, à force de guerres, de pollution, de décisions irrationnelles, s'approchent chaque année un peu plus de l'autodestruction. 

Leurs aventures sexuelles, religieuses, politiques ont souvent été irrésistibles. Puis, peu à peu, l'audience a chuté. Les spectateurs se sont lassés. Inutile d'épiloguer : vous faites partie du spectacle, après tout, vous savez ce qu'il en est. 

Aussi les producteurs ont-ils décidé d'arrêter les frais. Et ils préparent en secret un dernier épisode destiné à marquer durablement les esprits : la fin du monde, prévue dans trois semaines. 

Un seul homme, bien malgré lui, va avoir la possibilité de sauver la planète. Scénariste has been un peu déplumé et travaillé par une libido dévorante, Perry Bunt va en effet lever le voile sur la conspiration. 

Hélas pour nous, il n'a pas grand chose d'un héros !

La télé réalité ultime ! Le Loft à l’échelle d'une planète. 

Jay Martel, dont c'est le premier roman, enquille les scènes loufoques et fait preuve parfois d'une dinguerie et d'une inventivité irrésistible. Quand Perry le héros voudra sauver son monde en prônant la bonté et la fraternité et créera sans le vouloir une nouvelle religion le Monpotisme (et sera dûment prophétifié le "Monpote") avec le mantra propre à tous mouvements spirituels : "le Donuts ne sera pour personne" : un grand moment. 

Jay égratigne au passage les médias, la politique américaine : 

"Une réelle prospérité, une foi religieuse particulièrement affirmé, une législation très souple en matière d'armes à feu: tout concourait à ce que ce soit aux Etats-Unis que se déroulent les programmes de Channel Blue qui marchaient le mieux. Oui, c'était un pays où le gouvernement assassinait des gens parce qu'ils assassinaient des gens et déclenchaient des guerres pour empêcher que des guerres ne se déclenchent."

PRIME TIME est un bouquin qui fait marrer. Franchement. D'aphorismes ravageurs, celui par exemple que j'apprécie particulièrement...

"Perry apprit que "pas de nouvelles" ne signifiait pas forcément "bonnes nouvelles" mais plutôt : "mauvaise nouvelle qui prend son temps"."


... En trouvailles jouissives (Elvis est un Alien et directeur du programme), Jay nous met entre les mains un chouette bouquin. 

Alors certes l'intrigue est un poil prévisible mais qu'importe. Vous connaissez ces feel good movies qui font du bien , peut-être pas des chefs d’œuvres hantant les cinémathèque (çui là au hasard) mais qui te donnent une patate souriante. Et bien de tels bouquins existent itou et PRIME TIME en fait indéniablement parti.

Alors la fin du monde d'accord mais au moins on partira en se tenant les côtes...