vendredi 26 juin 2015

Le syndrome Highlander n'a pas eu lieu.


Salutations les filles. 

En mes jeunes années, acné et cheveux gras. Rébellion en caoutchouc. Lunettes de soudeurs et appareil dentaires dignes d'un Tupolev. Jeans déchirés et pulls informes. 

Le sex symbol inversé. Ou bien sur Alpha du Centaure peut-être, une civilisation aux mœurs étranges. 

Brefle...

En ce passé heureusement révolu...

[j'en vois qui ricanent !]

... J'ai vu un film qui m'avait émerveillé. 


Bon...

Le sens critique n'était pas celui que j'avais de plus développé. 

Entre le jeu tout aussi décalé que le regard de l'acteur principal, les rochers en carton et une action aussi trépidante qu'un convoi funéraire ; la seconde vision, des années plus tard, fut rude.

On devrait parfois en rester à ces impressions de jeunesse et ne pas tenter le diablotin.

Mais parfois non.


Petit comptable à la vie sans intérêt, Siméon Nevzorof s'est fait prédire l'avenir par une bohémienne qui lui a indiqué que quand le monde sombrerait dans la guerre, il deviendrait immensément riche. 

Dès lors, il n'attend plus que la violence qui arrive avec la Révolution russe et lui donnera en effet pouvoir et fortune. 

Mais le destin est facétieux et rapidement, Siméon chute, et découvre alors que son don le plus marqué est sa capacité à renaître sans cesse de ses cendres.


Passionné par l'œuvre de Léon Tolstoï, Pascal Rabaté a acheté par erreur le livre original (d'Alexis Tolstoï, un Stalinien pur jus) aux puces. 

Découvrant son erreur il le met de côté, sans y consacrer plus d'intérêt. Plusieurs mois après, alors qu'il n'a plus rien à lire, il se décide à ouvrir IBICUS. 

Il est tellement emporté par le livre qu'il décide de s'attaquer à une longue adaptation – plus de 500 pages – en bande dessinée de ce roman méconnu.

Et bien lui en a pris.

J'ai lu cette BD en mes années estudiantines et je l'ai relu dernièrement. Et je reste sur ma première impression.

Cette BD est un chef d'oeuvre. 

Rabaté a expurgé tous les effets de manches idéologiques du Tolstoï éponyme et Stalinien pour nous donner un opus magistral.

Entre la parabole morale cynique et le récit d'aventure. L'ont suit les pérégrinations d'un homme médiocre, lâche et veule mais qui, au gré de circonstances exceptionnelles, porté par une ruse matoise et une absence confondante de scrupules va se forger un destin et une fortune. 

Mille fois recommencé.

Mille fois perdue et renflouée.

Nous ne sommes pas là dans une oeuvre consensuelle. Déjà le trait de crayon, minimaliste et ondoyant, en fera fuir plus d'un(e).


Tout en ombres et en silhouettes élancées, le fusain d'un noir et blanc somptueux retrace admirablement la trajectoire bouffonne et tragique de Simon. 

Les derniers coups de butoir d'une armée de Russes blancs, les manœuvres crapoteuses des espions de tous poils, d'escrocs voyant là la promesses d'aubaines commerciales, d'idéologues du Parti et de candidats à l'exil et à une vie sauve... On feuillette l'Histoire la grande celle qui broie et concasse.

Et un dénouement jubilatoire les aminches.

De la grande ouvrage. 

Enfoncé le Highglandeur ! Vive le Rabaté rabatteur !

De l'Espace Opératoire dans les bulles.


Pfuischhhhhhhhhhhhhh....

... Font les réacteurs quantiques à fusion dans l'Espace intersidéral où aucun bruit n'est possible. 

Qu'importe ! Le vaisseau spatial glisse majestueux au son soyeux des turbines à fusion nucléo-truco-machino-bidulesques.

Il fend le vide spatial se souciant peu des esprits chagrins qui veulent insérer du réalisme dans le bouzin.

2058. Entre Saturne et Jupiter, au cœur des jeunes Etats les plus prospères de la Fédération des Terres Unies, la troisième flotte de l’United Earthes Force veillait inlassablement sur la périphérie du système solaire. 

Elle assurait par son gigantisme un incroyable sentiment de sécurité à ses habitants.

Mais LE MUR est apparu. Si grand, sombre. Insondable.

C'est à une escadrille d'officiers en cour martiale qu'échoit la périlleuse mission d'en percer les secrets...

Une légère dose de hard science nuit-elle vraiment au déroulé bondissant de l'intrigue ?

J'ai longtemps pensé que oui les filles. Mais je dois bien admettre que des explications rationnelles, bien amenées et point trop pesantes, sont in fine moins frustrantes qu'un développé tronqué d'une mystique philosophique à la mord moi le gnou Kubrickien.

La BD de Denis Bajram...

Salut mon Bajro...
... Nous épargne cet écueil. 

Une explication de cette anomalie nous est fournie. Elle a à voir avec la distorsion temporelle. 

Ça tombe plutôt bene. 

Je kiffe les paradoxes temporels. Et il y en a. Si vous voulez réviser, et vous marrer itou : 


Denis opte pour la théorie de "ça a toujours été le cas, putain !".

On ne change pas le passé, ni le futur. Le continuum espace temps est un tout cohérent et immuable. Ce qui s'est passé, se passera, tous ces événements se dérouleront immanquablement.

"Ça a toujours été le cas, putain !"

Pas d’univers parallèles et autres bullshit.

Il s'en sort bien le bougre. Un crayon plaisant et acéré, griffant impeccablement la beauté de la musique des sphères infinies de notre galaxie. 


Ajoutons à cela des personnages attachants, bien campés, une histoire bien foutue qui ne se crache pas en plein vol sidéral (le danger le plus courant pour ces histoires d'aller retour dans le temps). 

J'avoue que mes maigres connaissances scientifiques ne m'ont pas permis de jauger ce que valent réellement les théories décrites dans cet opus. 

Bonne pioche. Même si Bajram n'esquive pas tous les paradoxes qui te reviennent inévitablement dans la tronche. 

Qui a écrit Hamlet, putain ?

jeudi 25 juin 2015

Baisse de tension


Bienvenues les filles dans un monde riant où des lapinous roses sifflotent une mélodie légère pendant que des gens gentils les accompagnent au ukulélé.

TRUE DETECTIVE.

Noir c'est pas gai. 

Après une furieuse première saison que j'ai personnellement kiffée topmamouth, la nouvelle anthologie débarque devant nos mirettes affamées et un brin... Dubitatives.


Le détective Vic Velcoro traîne une silhouette affaissée et un visage fermée. sa femme a été violée il y a quelques années et le coupable lui a été livré pour un jugement n'oeil pour n'oeil par le parrain local Frank Seymon. 

Ce même caïd qui maintenant tient à s'acheter une légitimité et un business moins salissant en promouvant une ligne de train à grande vitesse traversant Los Angeles et ses environs. 

Le hic c'est que son comptable a été retrouvé mort, énucléé et scarifié sur une aire d'autoroute par un policier de la route intègre et dysfonctionnant sexuellement. La shérif du coin est aussi de la partie et va ajouter du rugueux dans le bouzin avec sa manie de mettre un couteau dans chacune de ses poches. 

Frank Seymon dépêche illico son homme lige Ray Velcoro pour avoir un oeil sur l’enquête et pour prévenir toutes investigations trop poussées...

Anthologie car on repart de zéro. Le casting est entièrement renouvelé. 

Et ce casting est plutôt bon mais un poil en dessous de la première saison. Je n'ai que le pilote pour jauger, donc ce jugement de valeur est peut-être bien biaisé mais sur ce premier épisode, tout est un peu moins bien.

Vous m'direz : comme l'on partait de très haut, on reste quand même à des hauteurs satisfaisantes...


Colin Farrel est juste, il fait le job dans le rôle de l'inspecteur Vic Velcoro. Pas de doute là-dessus. Il donne à voir un homme brisé, boule de violence difficilement contenue, tendu comme un string essoré. Mais il n'atteint pas le magnétisme incandescent de Matthew McConaughey. 


Les deux seconds rôles ont eu peu de place dans ce pilote pour défendre leurs personnages mais ils n'ont pas démérité.  Rachel McAdams en fait un peu trop dans la badasse ronchon qu'il vaut mieux éviter de gonfler. Taylor Kitsch (en quête de rédemption après, tenez vous les aminches, JOHN CARTER et BATTLESHIP) est pas trop mal en motard aux difficultés érectiles. 

Mais pour l'instant le plus convaincant est encore...


Vince Vaughn. Étonnant en parrain voulant s'extirper de son destin. A la Michael Corleone, 3ème de la trilogie.

Mais la vraie déperdition du casting est encore que l'on a échangé La Nouvelle Orléans pour un LA mille fois rabâché. Ce doit être cette ambiance de mystère moite qui plane sur la ville du jazz qui me fait regretter ce changement de décors. 

Il se peut aussi que le réal, qui a switché itou, ait moins de talent. 

Justin Lin
Ça fait un peu peur. Mais c'est un bon technicien. il faut l’être pour boucler une grosse prod' comme Fast and Furious. Le supplément d’âme par tronque... On a de beaux travellings, de belles vues aériennes mais pas cette étrangeté, ces longs plans poétiques et millimétrés de la première anthologie.

On retrouve cependant les jalons de la première saison : un climax angoissant et sombre (on n'est pas là pour se marrer), des personnages fracassés. 

Le show runner s'amuse à détourner les poncifs de TD, en nous faisant croire à une redite de l'entretien se déroulant bien après les faits...

L'histoire, caïd,  ripoux et flics intègres, qui se devine, me fait penser à du Ellroy. Je ne sais pas si c'est que l'on est à LA ou que je suis en plein dans son PERFIDIA mais il y a un air de damnation qui vient que l'on retrouve chez le Mad Dog.

Ça va se regarder cette saison 2. Je n'en doute pas. Mais elle sera moins phénoménale que la première. Je le sens bien. 

Inévitablement.


mercredi 24 juin 2015

Inséparables




Bien le bonjour les aminches.

Avant de renter dans le dur et de papoter de la saison 2 de PENNY DREADFUL, du retour de TRUE DETECTIVE.

Avant de chroniquer quelles bulles dessinées que j'ai savourées...


Faisons une halte musicale...

Regardant pour la seconde fois un blockbuster qui m'avait charmé... 

[LES GARDIENS DE LA GALAXIE, si voulez tout savoir (et je sais que vous le voulez). 'Tin quand on y pense, amalgamer un playboy de l'espace un peu creux, une tueuse à la peau verte, une montagne de muscle rouge scarifiée, un humanoïde arboricole répétant sans fin son mantra "je s'appelle Groot" et un raton laveur génétiquement modifié doué de parole... Et que cela fonctionne ! Que cette réunion soit fun, émouvante et drôle. C'est foutrement miraculeux]

... Je me faisais la réflexion que certaines chansons sont chanceuses.

Associées à jamais dans notre imaginaires aux images tressautantes de la péloche en action, elles ont gagné un Walhalla inexpugnable. 

Voilà quelques chansons que j’allierai à jamais à mes bonheurs cinéphiliques et sériophiles.










Et celle là... Je ne suis pas vraiment preneur de la chanteuse, ni même de la chanson en fait mais cela humidifie mes rétines chaque fois. Surement une poussière. 


Et j'en oublie, mais ce dernier morceau, je ne risquai pas de...


vendredi 19 juin 2015

Mad Charlize


Cannes 2015.

le journaliste appointé, gavé de cocktail chimiquement acidulé, de drame social, de montée des marches... en quête de polémique juteuse, entre dans la salle projetant le dernier blockbuster programmé au festival palmé. 

Hors compet' 'videmment, faut pas déconner non plus. Petite pastille pour rappeler que Cannes est le temple de tous les cinémas. 

Quelle vaste blague !

Le journaliste appointé ressort essoré, acouphène en continu, dodelinant de la tête. Sourire amusé devant tant de grandiloquence ou rejet total du vroum vroum pétaradant.


Ce dilemme est mien les aminches. 

Quel regard porter sur ce machin fou furieux, ce film bringuebalant, ce truc de malade mis en péloche par un ado de 76 ans ?

Le pitch ? 

Mad Max et ses copines Des filles et accessoirement Mad Max sont dans un camion, les méchants sont derrière, sur les côtés et devant.

Voilà...

Et c'est marre ! En route !

Georges Miller...

Coucou mon Jojo
... A fait quelques économies sur le budget scénario. Le dialoguiste n'a pas dû non plus toucher le pactole. 

Heureusement que Max le Fou nous présente sommairement le monde apocalyptique en voix off au tout début. Il ne doit pas excéder 10 lignes de dialogue par la suite.

Il passe une bonne partie du long métrage le visage corseté dans un muselière :


Ce qui n'incite pas à une conversation débridée. Mais c'est un taiseux le Max. 

Nan la part belle est donné à la non moins Charlize Theron qui vole la vedette, truste les morceaux de bravoure et les répliques .


Bon autant le balancer tout de suite. 

J'ai kiffé MAD MAX FURY ROAD. 

Deux options s'offre à vous les aminches. 

Après avoir pris de plein fouet le portnawak furieusement cintré du bouzin : 

- Soit se dire que la glorification du V8 en plein désert, après vous avoir détruit méticuleusement les tympans, vous aura définitivement asséché les derniers neurones du bulbe.

- Soit se laisser entraîner dans cette démoniaque sarabande, accepter de jouer le jeu et en prendre plein les paupières.

J'ai pris la deuxième alternative. J'ai kiffé l’incroyable inventivité de Miller qui fait d'une course poursuite quasi ininterrompu un jeu de mise en scène haletant et bourré d'énergie brute. 

J'ai kiffé la galerie de personnages totalement barrés, notamment le grand méchant : Immortan Joe.


J'ai kiffé le foutraque quasi grotesque du truc, le grandiloquent brut de décoffrage de cette quête effréné du bigger than drive : 


J'ai kiffé les cascades à l'ancienne en ces temps de règne absolu du tout numérique aseptisé. 

J'ai aimé enfin le sous texte du film.

Discret hein mais quand même. Les femmes ont le premier rôle, Mad Max réduit au borborygme. Il n'est pas bon non plus que les ressources naturelles soient trustées. Et gloire à toi V8 n'est pas un pater très prometteur. 

Mais vouloir faire de MAD MAX FURY ROAD une oeuvre cryopto-marxisto-féministe n'est que fumisterie critique de magazines culturels à la mode. 

Bien qu'une association masculiniste (sic!) ait appelé au boycott du film aux Staaates pour dégradation de l'imagerie virile !

Comme quoi... Jusqu'où la connerie peut se nicher...

FURY ROAD c'est de l'action, de la vitesse à deux roues, trois quatre voire plus.

Du début à la fin, sans préambule. 

MAD MAX FURY ROAD est le triomphe de la mise en scène sur l'écriture.

Bruyant. 

Fou furieux.

Magistralement pelliculé !

Finalement il avait bien sa place à Cannes, un vrai film d'auteur. 

Mais ça les aminches, c'est à vous de voir !


MATTIAS TAkeNNHAUSER


Bon... Les filles je vais vous mettre à contribution. 

Je vais en appeler à votre imagination.

Imaginez...

Une après midi doux, le soleil est haut mais ne tape pas trop dur. Post repas de famille, dans une langueur digestive, votre cousin plus âgé, que vous admirez forcément, vous entraîne à l'écart et vous initie...

...

... A la nicotine transgressive.

Et voilà, depuis votre adolescence, vous enquillez 3 paquets de gitanes brunes sans filtres, quotidiennement. 

Ajoutez à cela des glaires coincées dans l'arrière gorge et une tessiture naturelle proche de la basse enrouée. 

Ok ?

Songez au petit texte qui va suivre, déclamé par cette voix...

"Ils ont pris ma femme.

Dans une ville de feu et de sang, je la retrouverai.

Je tracerai mon chemin à travers les membres, les viscères, les intestins, les têtes, les couilles, les tripes, les... 

-C'est bon on a saisi-

... J'ai certaines compétences, liées à une vie entièrement consacrée à l’éradication de mon prochain au fil de mon épée que l'est trop grosse ! 

Je vais retrouver ma femme.

Ça va envoyer du bouzin !

-Le Ça va envoyer du bouzin ! Je suis pas trop sûr là ?-

..."

23 août 1572. De retour d’Afrique du Nord, Mattias Tannhauser, chevalier de Malte, arrive à Paris. Il doit y retrouver sa femme, Carla, qui, enceinte, est venue assister au mariage de la sœur du roi avec Henri de Navarre. 

À son arrivée, Mattias trouve un Paris en proie au fanatisme, à la violence et à la paranoïa. Il se retrouve bientôt au cœur des intrigues de la Cour et comprend très vite que le sang va couler à flots.

Dans une capitale déchaînée, où toutes les haines se cristallisent, Carla est impliquée au même moment dans une terrible conspiration. Plongé dans un océan d’intrigues et de violences, Mattias n’aura que quelques heures pour tenter de la sauver d’un funeste destin.

LES DOUZE ENFANTS DE PARIS est la suite d'un très bon roman LA RELIGION (chroniqué ici). Déjà LA RELIGION ne lésinait pas sur le combat, sur la tranchaille, on n'était pas chez mamie calinou ! 

Mais là où LA RELIGION ménageait des poses poétiques et des réflexions contextuelles historiques bienvenues, LES DOUZE ENFANTS enchaîne les combats rapprochés. 

Ça partait bien pourtant. Mattias qui, bon gros macho, a laissé sa femme enceinte jusqu'au sourcils, pour vaquer à ses affaires de mâle dominant revient à Paris. Elle n'est pas là où elle doit être. 

On est à la veille de la Saint Barthélémy, où la cour de France, prise d'une frénésie meurtrière totalement inaccessible à une quelconque froide rationalisation va laisser se déchaîner les forces fanatiques du catholicisme parisien et laisser les milices massacrer la population protestante de la Capitale.

L'arrivée de Tannhauser à Paris, sa rencontre avec le cardinal de Retz, éminence grise du Louvre royal, les intrigues et les manœuvres en soie malodorante promettaient un équilibre gracieux entre l'action sanglante et l'Histoire broyant les individus.

Loupé.

N'attendez pas à une conceptualisation des rapports de force par Tim Willocks l'auteur, une présentation historique, un rappel de l'époque. 

Si vous souhaitez une vision hallucinée et plus profonde de la Saint Barthélémy, choisissez plutôt :


Mais chez Willocks, on est pas là pour se tarlouzer le biniou sur des livres d'histoire. On est là pour assister à la trajectoire sanglante et implacable de Tannhauser vers sa femme.

Il écartera tous ceux qui sont sur son chemin comme des fétus de paille et de chair. 

C'est une succession de scène de combat. On a l'impression d'assister à une parodie de film d'action des années 80. Tannhauser s'en sort sans une égratignure sur son torse maculé de sang et de tripes (sic). Il a un carquois magique, toujours empli de flèches.

Tannhauser est le guerrier ultime ! Certes il est intelligent, stratège et comprends bien qu'une réputation de tueur sans pitié fait un combat à moitié gagné. C'est pour cela, par exemple, qu'il décapite (il décapite beaucoup) un ménestrel totalement inoffensif dans une taverne. Pour que tout le monde comprenne bien qu'il n'est pas un pédalo. Et que tout le monde soit bien sur ses gardes.

Pouf pouf. 

Comment montrer que l'on a un bon style et que l'on maîtrise son vocabulaire et syntaxe ?

En décrivant des scènes de combat à l'épée. D'éventration. Éviscération. Amputation. Nananaation...

"Quand il l'atteignit, un homme apparut, dérangé par les coups en bas. Son visage ne montrait aucun signe d'alarme, jusqu'à ce que Tannhauser lui enfonce sa dague dans le ventre, l'ouvrant jusqu'au sternum. L'homme émit un soupir sifflant qui semblait traduire son apitoiement sur lui-même. Son haleine puait. Il s'accrochait à un mince brin de vie et Tannhauser mit tout son poids dans la lame, et le sternum se coinça dans la garde. Il recula en pivotant. Le mourant tituba avec lui, du sang et de la bile dégoulinant sur le tablier, son poids le faisant basculer vers l'avant avec assez d'élan pour atteindre de le haut des marches. 
Tannhauser se retourna et le poussa dans l'escalier.
La lame laissa échapper l'homme, qui dégringola silencieusement en arrière, ses mains saisissant ses entrailles qui tombaient entre ses jambes, en une sorte de spasme possessif final."

Oui c'est bien écrit. 

Mais même avec un bon gros paquet de talent (ce dont Willoocks n'est point dépourvu), ils n'y a pas mille manières de décrire un bras tranché, une tête étêtée etc... 

Le problème est aussi que ce livre fait 800 pages et non pas 200.

Les aminches, je n'ai rien contre un peu d'action bourrine. Mais songez à un Jason Statham défonçant tout ce qui se présente pendant 3h15 !

Bon je force un poil le trait. Les douze enfants du titre nous donnent de belles scènes, d'émouvants paragraphes. La vision de Cocagne, cour des miracles de Paris, quartier des réprouvés, des brigands et des déviants est saisissante et remarquable de justesse. 

Mais tout cela est vite englouti par un bon pitit duel ou un massacre.

J'ai tenu cela dit. 

Par la magie incantatoire et hypnotique du style. Pour comprendre aussi pourquoi Tannhauser est la cible de cette conspiration. 

Et là ..! 

Mais je n'en dirai rien. 

Je vais conclure là mon propos les filles. Autant LA RELIGION m'avait empoigné et plu au delà des hauts le cœur. Autant le trop plein des scènes de combats de merde et de sang des DOUZE ENFANTS DE PARIS m'a semblé frôlé dangereusement le ridicule, le vain et, à vrai dire, la fascination du vigilante armé et self justicier Bronsonnien des années 70-80. La griserie de l'abandon de la raison pour laisser notre cerveau reptilien aux manettes : 

"Un énorme flot de sang jaillit sur ses bottes et il senti un élancement de nausée. Il ravala cette maigre preuve d'un reste d'humanité chez lui."

Ça, il l'a bien ravalé. Pour sûr.

mardi 16 juin 2015

Finir en t(r)ombe(s)



"Clafoutine ? Mais qu'est ce que tu..?
- Laissez moi Votre Bloguerie. Comment ont-ils pu..? J'ai pris mes dispositions votre Bloguerie.
- Hein ! Quoi ! Quelles dispositions ?
- J'ai fait jouer vos contacts avec la mafia calabraise...
- AHEM. AH AH AH AH ! Quelle blagueuse tu fais Clafoutine !
- J'ai obtenu un Uzi pour un bon prix. Désolé pour votre parquet votre Bloguerie.
- Mon Parquet ? Que ? Non ?!!!?
- Deuxième latte en partant du fond, votre Bloguerie. Votre pécule. Je suis vraiment navrée...
- Mais pourquoi !?
- Les tueries de masses ils connaissent, autant en faire pour une bonne raison ! Je vous laisse j'ai un avion à prendre. Me voilà HBO ! Me voilà ! 

ILS VONT PAYER !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!"



Bien le bonjour les filles ! 

La saison 5 de GOT vient  de s'achever. De nombreux personnages l'ont été itou !


C'est peu dire que la fin de cette saison va faire causer autour de la machine à café. Des gobelets vont être réduits en miettes, les larmes coulant dans la caféine, salant l’arôme torréfié !

Mais attention !



Ne te brûle pas aux spoilers l'ami(e). 

Ça va déboîter du spoiler, envoyer du bouzin et trancher dans le vif du dénouement.


Tu l'as dit Cerseï et sa fameuse moue de la constipée chronique en mal de laxatif.

Bref vous voilà prévenu(e)s...

...

...

Bien.

Voilà voilà.

Je ne sais trop comment aborder ce post en fait les aminches. J'ai trouvé le début de saison 5 de GOT peu attrayant. On avait l'impression d'un emplumé d'envergure, les ailes prises dans un goudron pétrolifère. Ça patinait sévère.

Le temps de caler tout le casting, un pitit résumé pour chacun, une introduction pour de nouveaux venus (ouaaaaiiiiis trop content le mic mac) les jardiniers de Dorne.

Je trouvais que GOT manquait de fluidité et ressemblait à une suite de péripéties sans lien. Je ne m'ennuyait pas, pas trop, mais on était loin des trois premières saisons et je commençais à me dire que la saison 4, ratée, n'était pas une anomalie.

Et puis...

Les trois derniers épisodes. 

Très bon. Du lourd. L'invasion, par l'armée des  morts vivants sous la férule des marcheurs blancs, du camp des sauvageons fut un grand moment. Ça portnawakait un brin certes mais un épisode sous tension. 

Mais le meilleur plus intense était à venir. Un avant dernier épisode avec une scène réellement choquante pour le coup. Le sacrifice non consenti de Shoren. Enfin son meurtre barbare. Une scène hallucinante. Gênante. Mais thanks gogod, son père n'en a pas profité. 

Sinon bien sûr le walk of shame de Cersei


Quelle intelligence ! Quelle tacticienne ! Une femme connue dans tout Westeros pour sa liaison incestueuse avec son frère jumeau, décide de libérer les forces fanatiques puritaines de la religion. 

Quelle vision ! Quelle tacticienne !

Mais toujours là la Cerseï ! 

Ok je peux pas la piffer !

La trajectoire d'Arya est plus intéressante. Son initiation petit scarabéale, pour devenir un assassin invisible est pas mal, même si le début était poussif ; comme l'ensemble de la saison.

Tyrion et la maman des Dragounets ? Bof. le temps qu'elle arrive l'hiver sera passé, le printemps sera terminé et on aura sorti les barbecues. Sa reconversion sera toute trouvée !

Sinon Sansa.

J'ai contacté le FBI : 

"- Allo Fox.
- Salut Mic comment va ?
- Bien. Bon faut fermer Quantico là. Il n'y a qu'à engager Sansa Stark et voir avec qui elle se fiance. C'est imparable ! Un psychopatomètre de première bourre !
- C'est prévu Mic, c'est prévu."

Ok les filles. Arrivons en au scandale (?).


Jon Snow est mort putain !!!

une place vient de se libérer sur mon podium. J'aimais bien Jon. Une de mes meilleures namies, dégoûtée, se demandait le sens de sa mort.

Je crois qu'il n'y en a guère. Hormis que les belles âmes ne font pas plus long feu que les dernières des raclures de bidet dans GOT. Elles ont mêmes tendance à morfler méchamment. 

L'intelligence et la lucidité sont rarement récompensées.

Bien sûr, l'espoir est minime de le voir revenir, le bô Jon. 

Je crains que non. Ils font rarement dans les sentiments les show runners. Je pense que Jon est définitivement calanché. En outre les propos de l'acteur laissent peu place à l’ambiguïté. 

Ce final ébouriffant rachète cette saison et nous laisse le poil frémissant et quelque gros peu estomaqué.

Personne n'est immortel dans GOT. 

Personne n'est à l'abri.