mercredi 29 avril 2015

Le Prisonnier Lost in Twin Peaks


Mon premier est un ancien réalisateur, star du blockbuster, aspirateur de dollar.

Mon second est un amateur de twist final, censé te retourner le sloub et te laisser à walp, glaglatant dans la neige. 

Mon troisième crée des films qui ne s'apprécient qu'une fois.

Et mon tout est devenu un ringard, en perte de souffle, cherchant son deuxième en supervisant une série gloubiboulguesque, piochant de ci de là...

Mesdamessieurs M Night Shamali, Shyalo, Shamllo. Merde ! Le réal de SIXIEME SENS ok. 



M Night Shamallow. 

Fini le bon vieux temps où M Night se prenait pour le Hitch, à faire un caméo dans ses films, se prenant pour le Kubrick's cube du nouveau siècle. Il enchaîne désormais consciencieusement les bonnes grosses bousasses et les bides qui vont de pair.

Et v'la ti pas qu'il nous flanque un pilote dans les mirettes.

L'agent spécial des services secrets US Ethan Burke, incarné par le juste mais sans se forcer Matt Dillon,...


... se réveille passablement amoché dans une forêt voisine de la petite bourgade de l'Idaho, Wayward Pines. Après s’être écroulé dans un coffee shop, il se réveille dans un hôpital et dans les mains de la bienveillante flippante infirmière du coin. 

Ethan va vite se rendre compte de plusieurs trucs. Ça ne tourne pas rond à Wayward Pines. Sa collègue (et ancienne liaison amoureuse) qu'il devait retrouver (c'était là le but de sa mission qui l'a menée dans ce coin verdoyant) habite désormais Wayward Pines, a vieilli de plusieurs années alors qu'il était avec elle il y a seulement quelques semaines. Et surtout, surtout, on ne peut pas quitter Wayward Pines. Pas moyen...


Il connait ses classiques l'ami Shamaloo. Une pincée du PRISONNIER, la série mythique pour le lieu enfermant et paranoïde, tout le monde surveille tout le monde sans espoir de fuite. Qui est numéro 1 ? WP n'en rajoute point trop dans le décalé angoissant, hormis la nurse tout de blanc vêtue de la clinique, mention spéciale... Et la sentence assénée, énigmatique "il n'y pas de criquets à Wayward Pines", les stridulations de ces derniers sont émises depuis des mini haut parleurs disposés dans les buissons, ambiance...

Une bonne tranche de LOST pour l'atmosphère mystérieuse, le climax d’énigmes s'empilant gentiment. WAYWARD PINES y va plutôt mollo de ce côté là et c'est tant mieux. Le surnaturel n'est pas trop présent, hormis la distorsion temporelle mentionnée plus haut : le temps semble s’écouler plus vite à Wayward Pines.

Mais la référence écrasante, tel un 36 tonnes hors de contrôle, un Sumotori boulimique, est bien celle là  : 



Le semblable trou perdu, la même nature majestueuse, un brin hostile et des habitants pareillement étranges, certains alliés, d'autres moins aimables. 

Shamallow multiplie les clin d’œils, pas des plus subtils, il est fan l'on s'en doute. 

Bon...

... Et bien...

Bizarrement, le pilote fonctionne plutôt bien et se regarde avec un coupable plaisir. L'on suit avec une certaine affection teintée de dodelinements amusés de la caboche les pérégrinations de l'agent spécial jusqu'au dénouement un poil prévisible.

L'on en vient à souhaiter une catastrophe audiencière pour que les saisons ne se multiplient pas tels des petits pains Jésuphiés. M Night Shyamalan nous a jusqu'à présent proposé des fins propres et carrées à défaut d'être toujours convaincantes. Et s'il l'on veut un final (surprenant pourquoi pas) qui tienne la ligne blanche... Si l'on pouvait éviter les questions irrésolues (une bonne centaine dans LOST)... Ce serait sympa merci.

Espérer l’échec plutôt que souhaiter le retour du succès ? 

Dans quel monde on vit les aminches ! 


dimanche 26 avril 2015

Au Nord étaient les velus...


Ah l'histoire les aminches...

Pardon...

L'Histoire.

La grande qui boulotte la petite et en recrache les os dans un rire gras.

Or donc l'Histoire nous est contée par les vainqueurs. 

Ce qui explique que les Vikings nous ont été restitués dans notre imaginaire collectif comme des brutes imbibées, pillards, guerriers sanguinaires, légèrement au dessus du lombric sur l’échelle du QI.

C'est que, les filles, les épopées vikings nous sont parvenues, pour la plupart,  à travers les récits des prêtres qui en furent les premières victimes. Ce qui n'incite pas au portrait laudateur, ni même au rendu mesuré et impartial...

Entendons nous bien, les vikings ne sont pas d’aimables contemplatifs, amoureux du moindre brin d'herbe, youpilala en route pour la maison bleue là-haut sur la colline.

Ce sont, oui, des hommes violents mais l'époque était violente.

L'époque est toujours violente.

Ils ne sont pas plus brutaux que les Saxons ou les Francs qui les affrontent. 

Certes, ils menèrent des raids sanglants mais perdus sur leurs rocs glaciaires et pelés, où rien ne poussent, que pouvaient-ils faire d'autres ? Ils cherchèrent fortune en d'autres contrées. Et puis, bah... On prend vite l'habitude. 

Loin d’être des abrutis, les Hommes du Nord comprirent vite que les abbayes et autres prieurés et monastères, peu défendus mais riches d'or, étaient des proies faciles. Presque consentantes. 

Brian Wood, fameux scénariste de comics super-héroinés par ailleurs, a une fascination pour ces farouches et lointains gaillards. Il en a fait la matière d'une série de comics rigoureux, étayés sur un solide travail d'historien, rigoureux mais plaisants et hautement addictifs. 

Beau et copieux boulot. Chaque anthologie, regroupée par secteur géographique  peut servir de cale à une armoire normande ou facilitateur d'aveux dans des commissariats de mauvaise réputation.

Wood au scénario, le trait est confié à une série de crayonniste de très bon niveau. NORTHLANDERS est une BD basée sur le mouvement, les combats sont légion, et le coup de crayon est précis mais point trop ciselé. On n'est pas dans la ligne claire mais dans le tranchant d'épée rouge vif : 


Mais loin de moi l'idée de corroborer l'idée fausse d'une BD bourrine. NORTHLANDERS est une oeuvre profonde, palpitante et dynamiteuse de clichés. Les Vikings sont avant tout des marins d'exception, les femmes y ont une place particulière, plutôt privilégiée par rapport au méta-machisme , la phallocratie la plus crasse, ambiants.

NORTLANDERS fait la part belle aux combats mais pas que. Certaines planches sont belle et empreintes d'une poésie certaine. D'autres frôlent le fantasmagorique sans y céder totalement. 

L'on voit ces hommes du Nord lutter pied à pied pour conserver un certain mode de vie et puis se faire assimiler. Leurs dieux font place à l'Unique. Ils s'adaptent et gagnent des terres plus accueillantes, plus giboyeuses. 

Laissez vous embarquer les aminches par ces chansons de conquêtes,  d'amours, de violences, de rédemptions et tant d'autres choses...

Savourez les pré et postfaces, où l'historien Patrick Weber éclaire le propos de Brian Wood et prolonge l'aventure.

Du très très très bon taf.

It's good to be the ViKing.

samedi 25 avril 2015

Réhabilitons (un peu) Joseph II


Jojo two au top de sa forme. 

Empereur d'Autriche Hongrie 

Contemporain de Wolfgang Amadeus. 

C'est lui qui à la fin de l'opéra L’ENLÈVEMENT AU SÉRAIL  a eu cette sentence définitive : "trop de notes"

Il a pris cher Jojo. La postérité a fait de lui un humble abruti qui n'entravait rien au génie Mozartien.

C'est un brin injuste... Peut-être y avait-il trop de notes effectivement..?

Un trop plein...

Un peu comme le casting de GOT ?

L'hiver vient. A son rythme. Mais il vient. Si si. Ça fait 5 saisons qu'il vient...
Revoilà le casting long comme le bras de Red Richards. Le générique de GOT s'allonge de plus en plus. Il faut caser les jardiniers de Dorne désormais.

Où en étions nous déjà ?

En plein dans le spoil déjà...



...

...

...

L'affreux roi Joffrey est mort, empoisonné et Tyrion n'y est pour rien. Papa Tywin est calanché d'une flèche dans le bide et Tyrion a tout à y voir. La sombre connasse Cersei porte haut la psychopathie familiale et opère avec toujours autant de subtilité.  A savoir traiter tout le monde comme de la merde et s'ébaudir de la réciproque. 

Arya est parti chez les sans visages, acquérir la science de la métamorphose auprès de grand scarabée. 

Daenerys se rend compte 1/ que libérer et conquérir n'est point régner 2/ que les dragons ne savent pas se servir d'une litière.

Jon Snow a perdu son amour, presque la vie mais sauvé de justesse par Stannis Baratheon qui a une grooooossse armée en prêt fiduciaire pour mettre la misère a tout ce qui se présentera. A son rythme hein... Il se cale sur celui de l'hiver qui vient.

Tyrion sombre dans l'alcool, parricide, amant trahi et grande âme. Son frère Jaime se mord les doigts (les cinq) de l'avoir libérer et s’étonne que son petit (vraiment petit) frère ait arbalèté papounet. Ce même papounet qui voulait sa mort et traitait son entourage comme de la fiente (voir plus haut).

Et enfin le prince de Dorne est mort dans le duel judiciaire qui concernait Tyrion, accusé injustement de la mort de Joffrey. Il avait proposé ses services a Tyrion pour se venger de Clegane la montagne qui avait violé et tué sa soeur. Mais il parle, enfin il parlait trop, le prince de Dorne. Et il a fini les yeux enfoncé jusqu'à l'arrière du crane. Nous avons maintenant sa femme en quête de revanche...



Ouch....

Bien bien.

Du coup, chaque début de saison, faut recaler le bouzin. Et les épisodes d'exposition durent... Durent...

Une minute pour lui, quelques secondes pour elles...

Peu de nouveauté à vrai dire. Il y a bien Cersei qui avec son intelligence manoeuvrière implacable décide de libérer les forces fanatiques de la religion armée. Une force qui va bientôt la dépasser, n'en doutons pas. Et se retourner contre elle, présumons le.

La rébellion gronde et tranche dans les ruelles de la nouvelle cité libérée par la mère des Dragons. Maman que cherche à rejoindre Tyrion pour proposer ses bons offices...

Mouais.

A vrai dire, je trouve que cela patine un peu.

On me rétorquera que je suis bien sévère avec GOT et bien indulgent avec d'autres. Mais c'est que j'attends tellement plus de GOT.

Ensuite je pense sincèrement que ce n'est pas tant la série qui est en cause que les romans de l'ami Georges. Je trouve qu'il délaye, qu'il rajoute artificiellement des personnages et les intrigues secondaires afférentes...

Me voilà dans la peau de l'affreux Jojo qui ne comprends pas le génie de la fresque de Georges R Martin. 

Trop de personnage !!! Quel âne bâté je fais ?

A cela je répondrai que la phrase de Joseph 2 est tronquée. Il s'est en effet approché de Mozart, lui a posé la main sur l'épaule et lui a confié "excellent mon cher Mozart mais... Soupir... trop de notes". Ce n'est pas tout à fait pareil. Il a juste souligné un léger regret.

Comme le disait un pote "il est temps de passer la seconde"



L'épisode 4 de GOT fait décoller cette cinquième saison et l'on retrouve par moment la magie des débuts. 

Ca va le faire ! Je le sens ça va le faire ! Pas vrai ?

lundi 20 avril 2015

Notes enchantées (suite)


Les aminches. 

Depuis la rédaction de mon dernier post Notes Enchantées, une pépite a coulé dans mes conduits auditifs et déversé une lave brûlante de notes foutrement non trébuchantes et percutantes. 


Dans la famille, j'aime bien le père. J'aime beaucoup le fils. Pour l'instant la fille... Une belle énergie mais je la trouvais braillarde pour tout dire. 

Je ne vais pas me faire que des amis sur ce coup là.

C'est pourquoi le dernier album ne me tentait pas. 

Et puis... Je ne sais pourquoi...

Bien m'en a pris. 

Le virage est radical mais la c'est une jolie claque électro rock. 

Des textes ciselés sur une musique tranchante avec une interprète plus posée sans être calme et excellente chanteuse.

Un petit bijou que LA VAGUE, dernier album d'Izia.

Notes enchantées


Hello les filles, 

Juste un pitit moment de partage sur ce qui m'a enchanté les tympans ces derniers temps.

Nanna / Xavier Rudd and united nations


Du reggae ! Je ne suis pas vraiment fan de ce courant musical qui m'arrache quelques bâillements mais ce reggae man un poil plus pêchu m'a convaincu sur quelques morceaux. 

Allez, un soir d'été avec un joi... une bière, ça peut le faire !



Animalé / Vincent Liben


Un cocorico rare dans mes écoutes. De la bonne zique, un bon phrasé qui se marie bien aux phrases un brin absconses. Un faux air de Dominique A en plus pop. Pas si mal le Vince.


The head and the heart


The head and the heart fait parti de ces groupes qui illustrent bon nombre de films ou de séries et dont les mélodies entêtantes restent sur nos lèvres ; et que l'on yaourte... Et que l'on sifflote... 

Un folk pop agréable et doux qui  n'atteint pas des sommets mais auquel il est difficile de résister... Enfin en ce qui me concerne. Le morceaux suivant ambiançait la fin d'un épisode de la chouette série BATTLE CREEK.


Strange Trails / Lord Huron


De la folk encore (?) mais qui se matine de pop rock. Très bon album. Qui alterne les ballades et les plus nénénervées. Excellente pioche !


If not now, when ? / The blow monkeys



Un petit (petit) côté Iggy Pop post Stooges. De l’électrique, sans effet et efficace. Rien de mieux le matin pour se décrasser les synapses.


Anticipation / Mélanie Durant


Comme on ne se refait pas, finissons donc par de la soul, portée par une voix... Un tempo...

Redoutable. 

Excellent.

L'album soul de ce début d'année avec l'ami Curtis Harding.


vendredi 17 avril 2015

Saul sur son trône


Coucou les filles.

Absorbé par mon enthousiasme pour la série DAREDEVIL, je m'en voudrais, cependant, d'occulter l'autre nouveauté majeure, l’extraordinaire (encore) création de Vince Gillingan qui avait déjà pondu BREAKING BAD.

Si vous êtes dans le caca. Pas le genre petite crotte de mulot qui s'incruste dans les rainures de nos nouvelles pompes... 

Nan le bon gros caca, la marée de merde, le bouzin intégral jusqu'aux sourcils... Dans ce cas là "il vaudrait mieux appeler Saul".


Bienvenu(e)s dans le monde burlesque, tragique, bouffon et un brin pathétique de Jim Mac Guiniss.

Quand Saul n'était pas encore né. Jim qui a décroché son diplôme de droit en ligne, écrasé par la personnalité munificente du roi du barreau qu'est son grand frère. Pourtant, il est un bon avocat Jimmy, il voudrait juste qu'on lui donne sa chance.

Vraiment ?

C'est une sacrée série que BETTER CALL SAUL qui fait oublier sa glorieuse aînée  On s'amuse au début à capter les allusions à BREAKING BAD et puis peu à peu, on se glisse sans se forcer dans le flow de Jim Mac Guinnis.

Bien aidé par ce monstre d'acteur qu'est Bob Odenkirk : 


Grand numéro, Bob nous amuse, nous agace, nous charme, nous émeut. Très grand acteur avec son physique de comptable, à l'aise dans tous les registres, qu'il alterne avec une aisance bluffante. BETTER CALL SAUL lui doit beaucoup.

Le reste du casting est impeccable, vraiment aux petits mignons, pile poil dans le ton, pas une faute de gout. Mention spéciale à Jonathan Banks 


Jojo qui a enchaîné les bouses plus jeune, mais qui là, dans le rôle du papy qu'il vaut mieux éviter de contrarier, est simplement génial.

L'histoire qui se déploie dans cette première saison est huilée jusqu'au moindre rouage. C'est la marque de fabrique de Vince, déjà BREAKING BAD, bijou de précision. .. Mais BETTER CALL SAUL développe un ton plus burlesque, moins maudit que sa devancière. 

Jimmy devient Saul sous nos yeux. L'on sait bien que tout ça finira mal mais on ne peut s’empêcher de regarder, fasciné, le véreux marcher vers son destin.

Tout est parfait. 

On s'en doutait.

Mais à ce point...

Haut la canne !


Et bien voilou les filles. 

J'ai boulotté mon DD. 

Qu'en voilà du Binge watching ! Ce que je fais rarement tout compte fait.

Le mien était bon, après deux épisodes d’exposition qui sont les moins réussis de la saison, ce qui laisse rêveur sur la qualité de ces 13 épisodes qui filent comme un justicier dans la nuit. 

Tout est tiptop, comme fait la canne blanche de Matt Murdock avant qu'il n'enfile son survêtement. Ben oui au début il tâtonne un peu dans son costume : 


'Videmment maintenant...

Les errements des ras du bulbe du SHIELD, plus moyen ! Je m'en contrecarre le triton désormais des renversements d'alliance entre le SHIELD canal Historique et le SHIELD Coulsonien. Quel ennui ! 

Et les interrogation métaphysiques de l'Archer Vert option ventre en tôle ondulée font pale visage face aux douleurs de Matt Murdock, impeccablement interprété par un jeune acteur Vincent Cox qui a des faux air de danseur capoeira quand il enfile son masque.  

Surtout DD propose une Némésis face aux héros masqué. Et quel ennemi ! Le Caïd  Wilson Fisk incarné parfaitement par un Vincent d'Onofrio magistral.


Et quel sens du tempo, Wilson Fisk introduit par petites touches, doucement amené, et qui finit par éclater dans tous les sens du terme. La première scène  du Caïd est fine et ciselée, d'un cadrage somptueux.


Enfin, je voudrais aussi souligner ici l’importance de Karen Paige, jeune secrétaire du cabinet d'avocats Nelson & Murdock : 


La charmante Deborah Ann Woll, aperçue dans TRUE BLOOD, il me semble. Nan, elle n'est pas cantonnée à la pleureuse de service mais apporte une réelle profondeur. Elle se hisse à la hauteur de ses camarades de jeu. 

DD est une foutue série qui privilégie l'adage basique d'une série. DD n'est peut-être pas la meilleure série de cette année (mais elle n'est pas très loin) mais elle est celle qui te donne vraiment envie de voir l'épisode qui suit !

Les quelques trahisons par rapport aux comics se justifient amplement. Des allusions pour les lecteurs avertis qui ravissent les geekofans (je crois qu'il y a un Iron Fist qui s’annonce ..). Un réel dénouement qui ne nous laisse pas sur un cliffhanger artificiel mais qui est riche de promesses pour la saison 2.

J'vous l'dit les aminches : au Royaume de l'Aveugle, les sériophiles sont rois !

mercredi 15 avril 2015

Spinotop


Imaginons les aminches. Une douce nuit d'été aux températures clémentes. Les cieux sont cristallins et cheminant avec l'être aimé, du moins pas totalement hostile, nous admirons les étoiles.

Et puis Paf !

Le chien ?

Nan, le noir. 

A la soulage. Plus d'étoile, plus rien, les étoiles ont tout simplement disparues!


Comment se fesse ?! Comme peut en témoigner cette rigoureuse série documentaire scientifique :


C'est encore un coup des extra terrestres bordelum !!!

Voilà l'argument de la fameuse trilogie SF de Robert Charles Wilson.



Enfin fameuse... Le premier tome surtout SPIN

La Terre, dans un futur proche. Par une nuit d'octobre, le ciel devient soudainement d'un noir opaque et les étoiles paraissent s'être dérobées. Bientôt l'humanité s'aperçoit qu'elle est entourée d'une barrière, que la postérité appellera « Spin », à l'extérieur de laquelle le temps s'écoule cent millions de fois plus vite que sur Terre. 

La transformation du Soleil en géante rouge n'est plus qu'une question de décennies, condamnant la planète à une destruction certaine. Tyler Dupree, Jason Lawton et sa sœur jumelle Diane ont été témoins de la disparition des étoiles. 

Jason n'aura plus qu'un seul but : trouver qui a édifié cette barrière et dans quel but. Une quête aussi aveugle que déterminée, dans laquelle Tyler et Diane joueront un rôle déterminant.

SPIN est un excellent livre de SF. Bijou d'équilibre entre interrogation vertigineuse (quasi métaphysique) pur suspense et roman d'amour. Wilson ne pourra réitérer pareille balance dans les deux opus suivants. 

SPIN joue sur deux tableaux, un plan temporel, en dehors du Spin, le temps est en accéléré, un mois correspond grosso modo à  million d'années. Ce qui fait que notre soleil va bientôt imploser et provoquer par la même l’Armageddon. 

Ce qui suscite quelques remous quand les habitants de notre boule bleue appréhendent le bouzin et cherchent une soluce.

Ensuite, SPIN est une petite merveille de construction, le narrateur part de son présent, nous narre son passé pour expliquer son cheminement. Ses aller retours permanents entretiennent une frustration ludique et motivent un mouvement de poignet compulsif à tourner les pages. 

De plus Robert Charles Wilson rend particulièrement attachant ses héros, on s'inquiète pour eux, on s'agace avec eux et on cherche avec eux. 



Non d'une bite en mousse ! Que veulent-ils donc les n'aliens, que l'on surnomment bientôt les Hypothétiques.

Cette quête de sens va occuper Wilson dans les deux suites de SPIN : AXIS et VORTEX.

Bien moins réussis. Surtout le deuxième. Le troisième n'est pas si mal avec une problématique environnementale bien sentie et bien amenée.

Et le final, le grand pourquoi me direz vous ? Et bien c'est selon. 

Soit on se dit que Wilson ne s'est pas foulé et nous masque la facilité du truc dans un style cyberpunk grandiloquent inattendu et totalement foireux. 

Soit c'est une fin sincère, on n’est pas toujours victimes d'un plan cosmologiquement démoniaque... Mouais.

Je vous laisse deviner quelle alternative a ma préférence. 

Lisez donc SPIN les filles, ce roman se suffit à lui même avec un dénouement propre et ouvert certes mais je ne suis pas sûr que Wilson avait envisagé une trilogie et n'a pas décidé plutôt de surfer sur un succès imprévu.

Sinon l'ami RC est un excellent écrivain de SF, humaniste, proche de nous. Le récit n'est pas encombré de gadgets incompréhensibles. Je vous conseille fortement LES CHRONOLITHES très très bon bouquin avec un final décoiffant. 

Voilou les aminches. 

J'ai beau me creuser mais je ne trouve pas ce conclusion sur un bon mot vaseux. 

Tant spin.

Misèèère...

lundi 13 avril 2015

Noir c'est noir...

... Mais il reste un peu minuscule espoir.


Dans la grande variété du polar, il y en a un que nos comparses outre atlantiques réussissent mieux. Le roman noir. Le privé dans un costume défraîchi, cerné par les factures, dans un bureau mal rangé à la climatisation poussive et une bouteille de bourbon qui traîne au fond d'un tiroir. 

C'est bon vous le tenez là...

On ne les compte plus, de Philip Marlowe à Sam Spade en passant par Mike Hammer etc... Toute une ambiance poisseuse si possible et une humeur mauvaise la plupart du temps.  

Ces antihéros fatigués, au foie rongé par l'alcool bon marché, à la moralité élastique mais toujours présente finalement, j'en ai vu défiler un bon nombre, certains jusqu'à la caricature. 

Mais il y en a un que j'ai découvert depuis peu et qui m' a accroché pour ne plus me lâcher : Lew Griffin.

A La Nouvelle-Orléans, on peut se réveiller dans un hôpital et y être comme dans une prison. 

On peut être payé par des militants pour les droits civiques pour retrouver une jeune femme jamais descendue d'un avion, enquêter sur la disparition d'une gamine parfaite puis, dans la foulée, devenir l'écrivain de sa propre vie. 

Lew Griffin, privé black, ancien soldat discrètement remercié, amant d'une prostituée de grande classe, est un solitaire épris de justice.

LE FAUCHEUX est un recueil de quatre enquêtes menées par Lew Griffin, grand costaud black, dangereux, toujours prêt à casser une côte ou retourner un pouce. Lew a une réputation, il n'a même que cela. 

Presque... 

LE FAUCHEUX est surtout un grand roman d'atmosphère où, aux côtés de Lew, l'autre grande héroïne du bouquin, se dévoile dans toute sa majestueuse beauté crasse : La Nouvelle Orléans. Le talent de James Sallis pour croquer la célèbre cité est saisissant et ne doit pas être salué par l'office de tourisme local. 

"Dans une ville déjà réputée pour sa violence, il fut un temps, qui dura certes longtemps, où la violence du Channel l’emportait sur tous les autres quartiers : les bars y avaient des noms évocateurs comme le Bain de Sang, les étrangers qui s’incrustaient malgré tout étaient accueillis à coups de briques et les flics s’y faisaient flinguer. A chaque fois qu’il pleuvait – c’est-à-dire presque tout le temps dans cette foutue ville de La Nouvelle-Orléans – la flotte en provenance du Garden District, au nord de la ville, ce qui explique sans doute le nom du quartier. Oubliez les Long et leurs magouilles politiques, oubliez la mafia, les pétroliers, l’Eglise ou la municipalité : à La Nouvelle-Orléans, les vrais patrons, c’est les cafards."

Car, comme tout grand romancier noir, James Sallis n'est pas un mec heureux, son livre fleure bon le désespoir et une légère misanthropie.

Coucou James (j'ai écrit DRIVE au fait, çui du film)
Il faut préciser que Lew Griffin, son privé est un black qui officie à La Nouvelle Orléans de 1964 à 1990, Ce qui ne contribue pas au développement d'une foi inconditionnelle en la fraternité humaine.

Ajoutez à cela une inclinaison prononcée pour les mauvais choix, l'auto destruction pathologique et une lucidité piochée au fond d'un verre, vous avez un détective usé par son métier, qui en trop vu mais ne peut se résoudre...

"Je me suis alors demandé ce qui pouvait bien pousser les gens à se détruire ? Cette longue descente aux enfers était-elle inscrite en lui (ou en elle), peut-être en chacun de nous? Ou était-ce quelque chose que l’individu avait lui-même installé, et qu’il faisait naître avec le temps, sans le savoir, tout comme il façonnait son visage, son existence, les histoires qui l’aidaient à vivre, celles qui lui permettaient de continuer à vivre. Apparemment, j’étais censé le savoir. J’avais déjà fait le voyage et il était fort probable que je recommencerais."

Et pourtant... Lew n'abandonne jamais, surtout pas ses principes. Il n'abdique pas, même s'il en prends ras la tronche. Il s'obstine à chercher le meilleur, à traquer cette fin heureuse qui se dérobe. Et parfois il la trouve.

Si vous voulez des enquêtes carrées et rebondissantes les filles, passez votre chemin. Mais si vous aimez les climats non tempérés ; les héros fatigués, peu aimables au premier abord mais si humains finalement. Si vous appréciez un style simple, direct et parfois curieusement poétiques. Si vous kiffez les vrais écrivains en somme, vous pouvez tenter une piécette sur ce FAUCHEUX. 

Un vrai bon bouquin.

Pessimiste en diable sans être (définitivement) désespéré, pas facile à tenir, la note !

"Quel putain de monde de merde ! Et le mieux qu'on puisse faire, c'est de déplacer la merde pour un petit moment."

Bien vu !


Et ils sont où !

Et ils sont où !

Les ARROW, FLASH, AGENTS OF SHIELD etc...

Loin, ils sont loin.

Ce n'est pas peu dire les aminches que la nouvelle série de Netflix sur le justicier aveugle Dardevil était attendue. Comme une gourde d'eau fraîche dans le désert, comme une panne de courant durant une séance de gégène...

Jusque là les séries des Super Héros ressemblaient à du plantage de compet' et quand l'une d'entre elles arrivait à esquiver le médiocre sur une demi saison, on se laissait aller à soupirer d'aise.

Et puis voilà. 

DD est dans la place.


Pour ce(ux)lles qui ignoreraient le pitch Matt Murdock avocat intègre le jour est un justicier masqué la nuit. Avec un masque qui ne présente pas de trous pour les yeux. En effet, Mattounet est aveugle mais compense par des autres sens ultra développés et un sens radar (sens radar occulté dans la série) qui s'apparente à celui des chauves séries.

Ce qui me permet de glisser sur une transition subtile : DD est tout ce que GOTHAM n'est pas.

GOTHAM, qui dans son pilote, surchargeait le bouzin, ras la timbale jusqu'à l’écœurement, des personnages phares de Batman pour nous enfoncer dans le cervelet que l'on était en plein dans le mythe. DD fait l'opposé, elle prend son temps et après deux épisodes initiaux de mise en place, elle déroule un tempo démoniaque. 

Vous m'direz DARDEVIL est moins connu que BATMAN. Ce n'est pas faux mais pour les amateurs de comics, DD c'est du lourd, du très très lourd ! 

La série trouve un ton qui s'apparente au fameux DARDEVIL de Frank Miller et de son affrontement titanesque avec le Caïd, Wilson Fisk.

Comme disait Hitch, meilleur est le méchant, meilleur est le film. Et là, les show runners ont assuré le coup. Ils font monter la pression, jouent avec nos nerfs et ne dévoilent le méga vilain qu'à leur rythme et leur convenance. 

Vincent d'Onofrio aka Wilson Fisk
Vincent, la "baleine" dans FULL METAL JACKET, est un putain de bon acteur et dégage ce qu'il faut de charisme monstrueux qui convient au personnage. Fisk est un homme impitoyable, dans le sens le plus PUR du terme (Al Capone est un chef louveteau à côté) et un sommet d'intelligence.

Le reste du casting est excellent itou et notamment le phare dans la nuit : 

Charlie Cox aka Matt Murdock / Dardevil
Charlie est parfait. Il a le physique de l'emploi et une présence, un charme certain. Son phrasé doux et calme correspond en tous points  à ce que l'on attends de Matt Murdock.

La construction de la série, qui se concentre sur les magouilles immobilières du quartier de Hell's Kitchen totalement démoli à la fin des AVENGERS le film... 

[On notera une fois de plus la cohérence et le sens du marketing de Marvel qui unit toutes ses composantes ; le réel avantage qu'ils ont sur DC pour l'instant]

... est précise et ressemble par moment aux SOPRANOS version close combat. 

L'action, parlons en, est, enfin, crédible. On dirait du Jason Bourne, Dardevil n'est pas un surhomme (enfin... Par rapport à mézigue... Ahem...) ; j'entends par là qu'il n'est pas invincible. Il est un athlète top moumoute mais surtout, surtout,  il sait encaisser. 

Il tient ça de son père. Les flash backs avec papounet Murdock sont particulièrement réussis, tiens tant qu'on y est, dans la droite ligne du Comics.

N'en j'tons plus ! DARDEVIL, par la qualité de sa réalisation, par son sens du récit, par un budget un peu plus convaincant, par un casting impeccable, par un ton rouge ocre juste et approprié, est une excellente surprise. 

A la moitié de la saison 1, elle est riche de promesses, tenues pour l'instant. 

Une preuve de plus ? Les 4 premiers épisodes de GAME OF THRONES ont déjà fuité sur Internet. Je n'ai vu que le pilote (j'y reviendrai) mais j'ai préféré enquiller Dédé que Tyrion. 

'Tin..! 

Je ne sais pas ce qu'il vous faut !