mercredi 25 février 2015

L'aventure, la vraie !

Bonjour les filles. 

Qu'est ce qui fait une BD d'aventures ?

L'empilement des rebondissements ? XIII de Van Hamme. Une approche documentaire, un design reproduit à l'identique du moindre Smith et Wesson genre LARGO WINCH du même sus cité.

Où bien...

Des caractères forts, enrobés dans une histoire haletante, bien construite et inédite. Cela nous évitera les resucées en loucedé de Jason Bourne sans citer Ludlum, pas vrai Van Hamme et ton XIII amnésique. 

Mais je m'égare.

Revenons à nos loups (les moutons ne comptent pas).

Calixte de Prampéand, aristocrate et industriel parisien, n’aurait jamais imaginé rencontrer un holibrius de la trempe de Léon Matilo, corse marseillais formé aux méthodes de la pègre du Panier. Et inversement !

Mais la première guerre mondiale est là, mélangeant les genres les plus improbables dans la boue de ses tranchées. Et si la peur de mourir met les hommes sur un même pied d’égalité, il aura fallu ici quelque chose de plus pour faire naître l’étincelle de l’amitié.

Ce(ux)lles qui pensaient que la BD d'aventures ne pouvait être dépassées suite au Corto de Pratt se trompaient mais pas complètement.

Calixte et Léon vont nouer une amitié fraternelle dans un trou d'obus de la grande guerre et cette amitié va les emmener loin, jusqu'au Rif algérien alors sous le joug espagnol. 

Nous sommes focalisé sur notre guerre d'Algérie coloniale, mais il y en d'autres et notamment celle des années 20 où les tribus du désert se sont alliés aux Français pour chasser les Ibères. 

Avant de ne s'allier à personne pour nous chasser nous. 

Nous sommes là dans une geste Pratienne, et assumée de plus. En témoigne la planche où Léon présente sa si longue ligne de vie. J'y ai vu un hommage pour ce(ux)lles qui connaissent leur Corto.

Mais pas que 'videmment. Cette fantastique BD va bien au delà d'un "remake" et se suffit à elle même pour nourrir notre imaginaire et notre soif de romanesque. 

Quelque part entre Maltese (donc) pour la ligne et les espaces : 


et L'HOMME QUI VOULUT ETRE ROI pour le fond (un peu), une histoire de pirates, de forban et d'hommes qui (se) rêvent plus grands. 

L'on retrouve Nury au scénario, l'un des compères de IL ÉTAIT UNE FOIS EN FRANCE. C’est pratique d'avoir des repères, Nury dans le projet où Vallée (LA MORT DE STALINE) son complice et l'on peut acheter les yeux fermés.

Avant de les ouvrir. 

Bien grands.

Kiffe man !

Profite !

Alors bien sûr AMERICAN SNIPER (bientôt), IMITATION GAME (très bien) mais Madamonsieur si tu veux le kiff garanti : 

KINGSMAN, l’élite du renseignement britannique en costumes trois pièces, est à la recherche de sang neuf. 

Pour recruter leur nouvel agent secret, elle doit faire subir un entrainement de haut vol à de jeunes privilégiés aspirant au job rêvé. 

L’un d’eux semble être le candidat « imparfaitement idéal » : un jeune homme impertinent de la banlieue de Londres nommé Eggsy. 

Les Kingsmen parviendront-ils à contrer la terrible menace née de l’esprit torturé de Richmond Valentine, génie de la technologie?

Par le réalisateur de X-MEN LE COMMENCEMENT clame la tagline. Plutôt par le réal de KICK ASS. C'est beaucoup plus parlant.

Ce film est tiré d'un comics que je n'ai point lu : 


Mais Millar et Gibbons... 

L'aminonyme me parlait il y a quelque temps des adaptations de comics sur grand écran. Nul doute que KINGSMAN fait partie des toutes meilleures.

Si vous aimez les vieux films de James Bond, avec des bases de super vilain qui sont un défi à l'architecture et à aux murs porteurs, si vous aimez les super criminels mégalomanes et bien barrés, si vous aimez le London Spirit, les costumes sur mesure et la diction parfaite, ce film est fait pour vous...

Si vous ne piffez pas les vieux James Bond et son machisme crasse, ses intrigues tartes et ses méchants ridiculous ce film est fait pour vous. 

Car il mixe l'hommage tendre mais pas si respectueux. 

L'ami Colin Firth...

Un parapluie dans le fondement ? Oui mais avec classe !

... Est parfait, une fois de plus. Une vraie horlogerie suisse ce mec, qu'il joue le biopioc programmé pour l'Oscar (LE DISCOURS D'UN ROI), le drame poignant (A SINGLE MAN), il est toujours d'une justesse impeccable.

Il incarne avec délectation le mentor du jeune Taron Egerton... 


...Nouvelle recrue prolo qui détonne au milieu des débarqués des collège so chic de l'élite britannique. Jeune acteur imberbe, musculeux basique mais qui s'en sort bien et la joue plutôt fine.

Ce film sans se prendre les synapses et sans se la conter dit quelque chose sur la naissance et les petites cuillères en argent inégalement et injustement réparties...

L'influence Tarantinesque est évidente et assumée, tant dans le choix de la BO que par le plaisir que prennent les acteurs, ils savourent et ça se voit. Entre un Michael Caine snob jusqu'au bout des molécules et un Samuel L Jackson qui zozote ses répliques avec gourmandise... 

Matthew Vaughn ajoute un mauvais esprit jouissif. Le mauvais goût c'est comme tout, il faut que cela soit bien fait. Et là c'est de la voltige les aminches, la scène des "feux d'artifices" durant le final fera date. 


KINGSMAN n'est peut être pas le premier de la classe, mais avec qui voulez-vous faire la fête, le premier rang ou ceux du fond ?

mercredi 18 février 2015

Oh mon capitaine

"-J'comprends pas Carlita. 
- Quoi donc mon piccolo ?
- Ben les autres là. Ils ne me respectent plus, ils ne me craignent plus. Pour tout dire, ils me marchent dessus avec des santiags crottées !
- Ce n'est pas si dur de te marcher dessus mon piccolo...

- Je ne comprends pas François.
- Quoi donc Manuelito ?
- Les autres là, ils ne me craignent plus, ne me respectent plus et je suis obligé de dégainer un article de loi dictagaulien pour faire passer une loi...
- Gnééé..."

Les gars je n'aurais qu'un conseil, prenez exemple sur le Capitaine Flint. 


Et oui les filles, les flibustiers sont de retour. Toujours musclés, huilés et haleine fraîche. 

J'aurais pas cru moi. J'aurais plutôt envisagé une hygiène douteuse, des chicots rabougris et le sex-appeal d'un bouledogue en fin de vie mais bon...

Ça claque BLACK SAILS les aminches, et les deux premiers épisodes de la deuxième fournée promettent une saison toute aussi trépidante et futée que la précédente.

Nous avions laissé notre Capitaine Flint...


C'est lui là, yeux de braise et look Dartagnesque.
... En bien fâcheuse posture, à deux petits doigts de la corde, lâché par son équipage qu'il a traité comme un vieux lot d'harengs moisis. 

Mais, bien aidé par Notre John Silver (encore entier, je rappelle que BLACK SAILS est en quelque sorte un préquel de L'ÎLE AU TRÉSOR Stevensonien), il va reconquérir sa place, fissa et presto (un peu trop), en usant d'une belle filouterie de psychologie inversée. C'est pas un bas du front notre Flint, son intelligence aiguë le met bien au dessus de la mêlée vociférante.

En parallèle nous suivons les évènements se déroulant à Nassau, cité pirate, mélange (d)étonnant de ville utopiste, conglomérat marchand et bouge tropical. Nous retrouvons avec plaisir (enfin surtout moi) notre pirate Max



Cette actrice a un jeu très sûr... Sûrement... A vrai dire, il m'arrive de sauter quelques lignes de ses dialogues... Blaguounette à part (hum...) son intimité de plus en plus poussée avec Anne Bony et le trio d'intérêt bien compris qu'elles nouent avec John Rackham laisse deviner une intrigue alléchante. 

Ajoutez à cela les origines de Flint ou comment il est passé de la marine de Sa Majesté à la rapine océane ; un nouveau forban sociopathe, le terrifiant Ned Lowe : 


J'ai le management un poil brutal...
Et z'avez une très chouette série, non exempte de quelques défauts, vite balayés par un coup de canon ou un abordage sabre au clair. 

PIRATES !!

dimanche 15 février 2015

Mangane de toi

"Vous ne racontez jamais votre passé votre Bloguerie. 
- Il y a peu à dire Clafoutine. Par exemple, mon expérience sous les drapeaux.
- Z'avez fait l'armée Votre Bloguerie?
- Ouaip Clafoutine. Dans les transmissions. Pas exactement des guerriers commandos de l'extrême. Si il y a un pastis en ligne de mire par contre. je me souviens qu'un matin, je devais porter un message flash à mon adjudant, un télégramme quelconque d'une importance stratégique avoisinant le QI d'un lombric. J'arpente la caserne, personne dans les bureaux. Je me demande où ils sont tous passé. Je croise un clampin comme moi et je lui fait part de mon interrogation légitime. "C'est l'heure du Z" qu'il me dit.
- L'heure du Z ?
- Oui Clafoutine. Tous les sous off, officiers, et hommes du rang, massés sur les chaises en plastique du foyer à regarder bouche bée DRAGON BALL Z au Club Dorothée. Ma première expérience du manga.
- Le Club Dorothée ? 'Tin z'êtes 'ac'ment vieux !
- ..."

Cette anecdote est véridique. Et si je m'en étais arrêté là, je nourrirais encore une légère prévention envers les

Bonjour les aminches.

aujourd'hui nous aborderons un genre qui n'a pas une bonne réputation. Du moins autour de moi, peu de gensses goûtent cet art venu du Soleil levant. Le Manga. 

Tout un monde le manga. Je ne vous referai pas ici l'historique, les différentes typologies. D'abord parce que cela excède mes maigres compétences et connaissance, ensuite parce que vous pouvez wikipedier si vous le souhaitez. 

Nan je vais plutôt vous parler de mes coups de coeur et pour cela je dois effectuer un distinguo entre le papier et la péloche. Entre les livres et les animes. 

Bon. 

Commençons donc par le King des mangas, la référence qui écrase tout : 

2030. Néo-Tokyo est devenue une gigantesque poubelle hi-tech. Tetsuo, Kanéda et leur bande de jeunes du centre d'insertion et d'apprentissage professionnel foncent dans la nuit sur des motos volées, sans autre but que de repousser toujours plus loin les limites du speed. 
Quand ils croisent un drôle de petit garçon au visage de vieillard, leur premier réflexe est de l'agresser mais cette créature perdue possède un étrange moyen de défense... 
Ils viennent de faire connaissance avec le nº26 et de franchir, sans s'en rendre compte, la première étape d'un processus irréversible : le réveil d'Akira...

La star du Manga. Le Victor Hugo du manga, le Spielberg du... Z'avez saisi le concept. 

J'ai lu la saga papier, une dizaine de volume et le film condensé qui en est tiré. 

Mieux vaut lire les livres, la tension et l'histoire se déploie plus majestueusement (dix ans de publication tout de même) et les raccourcis du film, pour faire tenir cette décade de travail en 2 heures, se voient un poil.

C'est vraiment pas mal AKIRA dans mon souvenir. Violent comme souvent dans les mangas, SF et complot tout azimut, assez récurrent itou. 

Mais c'était novateur à l'époque. 

AKIRA est le socle pour toute une flopée de mangas, violents,  SF et mystère ténébreux et un dénouement sensé te retourner le sloub ! 

Ce manga nous évite les grands yeux noyés de larmes et discours plombant qui durent, mais qui durent...

J'ai bien aimé mais ce n'est pas mon préféré. Certains diraient incontournable mais on peut très bien le contourner... 

14 tomes. Efficaces et plaisants. 

Mon expérience somme toute limitée, se divise, comme je le claviotais,  entre les animes et livres se lisant à l'envers. En effet, contrairement aux années 90, explosion du manga en France suite au succès d'Akira, les livres se présentent maintenant (pour la plupart) sous la forme japonaise, à savoir une lecture de droite à gauche. Le goût du roots en somme....

Au niveau anime,[hors les films de Mayakazi : CHIHIRO, PRINCESSE MONONOKE et autres CHÂTEAU AMBULANT, que j'ai un peu mal à catégoriser en mangas puisque je trouve ces films  (dont je suis souvent preneur) universels] nous avons les séries télévisées, plusieurs saisons au compteur. 

Par exemple : 



Plus de cent ans avant le début de l’histoire, des créatures géantes humanoïdes nommées Titans sont subitement apparues et ont pratiquement anéanti l’humanité entière. Ces créatures géantes font habituellement entre trois et quinze mètres de haut, avec quelques exceptions comme le Titan Colossal qui en mesure soixante. 

Le fait qu’ils dévorent les humains est instinctif : en effet, ils n’ont pas besoin de se nourrir car ils survivent en absorbant la lumière du soleil, bien que certains Titans puissent être actifs de nuit. Ils ont la peau dure, des capacités régénératrices et ne peuvent être tués que par une incision profonde à la base de la nuque.

Le récit, centré autour du personnage d’Eren Jäger, raconte alors le combat mené par l’humanité pour reconquérir son territoire, en éclaircissant les mystères liés à l’apparition des Titans et la faculté de transformation  en Titan développée par certains humains.

LES TITANS est un shonen, à savoir un manga qui s'adresse plutôt à un public masculin ado de 16-17 ans. Et il est vrai que L'ATTAQUE DES TITANS peut plaire aux jeunes Japonais. Le sous texte social est assez transparent, tout comme les jeunes héros de l'anime, la jeune génération a peu de chance de se réjouir entre un chômage galopant et une société conservatrice étouffante.

Cela dit, on peut aussi se divertir quand on est un quadra européen moyen,  savourer le pitch, l'animation précise et fluide, les scènes de combat qui ont un côté Spiderman contre des géants. 

En revanche, les poncifs du genre sont bien présents : les discours pompeux, les grands yeux qui te bouffent la moitié de la face et qui se replissent de larmes une scène sur deux. Et la voix off, retraçant les pensées, absolument peu crédibles, des personnages...

Mais le positif l'emporte sur le négatif, cela se révèle vite addictif et bordelum, quelle est donc l'explication de ce WTF généralisé ?! Un chouette plaisir coupable.

Vous pouvez aussi bien sûr monter dans les tours et hausser la barre qualitative : 





Kenzo Tenma est un médecin japonais travaillant en Allemagne. En 1986, il décide de sauver la vie d'un jeune garçon, désobéissant ainsi aux ordres de son directeur qui lui demandait de sauver en priorité celle du maire de la ville. Quelques jours plus tard, le directeur et deux autres responsables de l'hôpital sont empoisonnés. 

Neuf ans sont passées, en 1995, un évènement similaire se produit et oblige Tenma à fuir. Sa fuite et sa quête de justice vont l'amener à découvrir une horrible vérité. Le jeune garçon qu'il avait sauvé dix plus tôt est en fait un véritable monstre : un être brillant, beau, mais avant tout un terrifiant tueur... 


74 épisodes les aminches, qui passaient à l'époque (2005 environ) sur Canal, en été. Je les enregistrais sur K7 et les matais le soir. Les 74. Autant vous dire que cela m'a scotché MONSTER. Brillant, un p'tit côté FUGITIF dans la campagne bavaroise : d'où vient Johan, quel est le but de tout cela ? 

Un dénouement apocalyptique et particulièrement ironique. Une excellente pioche. Et un bon souvenir.

Bien sûr, 74 épisodes c'est beaucoup. Si vous voulez tenter un one shot, un film, prenez çui là, sans hésiter : 





L'agent Motoko Kusanagi fait partie de la Section 9, force spéciale de la police. C'est une femme cyborg dotée d'un Ghost, un esprit humain. 

Un mystérieux cyberpirate pénètre les réseaux informatiques les mieux protégés. Kusanagi et son équipe partent à sa recherche. 

Ils suspectent le ministre des affaires étrangères…





Nous touchons là au top du top. C'est un Seinein, un manga pour adulte qui se présente sous un immuable trio : 

- le sérieux. on est pas là pour rigoler. pas de second degré. Et ce n'est pas plus mal dans ce genre d'univers qui pourrait vite s'auto parodier. On évite cet écueil.
- la violence. les têtes explosent, le sang gicle, on ne rigole toujours pas.
- la nudité. Les jeunes filles présentent des capacités pulmonaires indéniables, une plastique irréprochable et prennent de longues douches...

Mais l'histoire de GHOST IN THE SHELL est franchement vertigineuse et la réalisation est fluide. On passe un excellent moment si on passe le kitch des musiques, véritable choc des cultures.

J'en ai visionné quelques autres (PERFECT BLUE, WONDERWORLD etc) mais je pense que le manga, avant tout, c'est le papier, le fusain et les bulles. 

J'ai déjà parlé du dyptique ALL YOU NEED IS KILL dont on a tiré l'énième bouse bisannuelle de Tom "je suis scientologue mais je ne me soigne pas" Cruise. Depuis j'ai enquillé MR NOBODY, pas mal mais un trait imprécis, certains dessins sont obscurs et une histoire du même qualificatif. 

Nan, tentez plutôt PROPHECY : 



La section de lutte contre la cybercriminalité de Tokyo est sur les dents. Un individu coiffé d’un masque en papier journal poste sur Internet des vidéos menaçantes où il prédit les pires crimes : incendies, agressions, viols... 


Le problème ? Dès le lendemain, ses prophéties se réalisent à la une des journaux télévisés. 



Qui est-il, comment procède-t-il, quelles sont ses motivations ? C’est le début d’une course contre la montre qui mène les inspecteurs jusqu’au siège vide d’un cybercafé de la banlieue de Tokyo. 


Mais tandis que l’enquête piétine, contre toute attente, le soutien populaire grandit autour du mystérieux Personnage. Marginaux, employés tyrannisés par leur hiérarchie, internautes qui hantent les forums de discussion : ils sont de plus en plus nombreux à se retrouver dans son combat...


Je vous l'avoue les filles, je suis une tanche en ce qui concerne les nouvelles technologies. Et j'en connais certain(e)s qui ne seront pas surpris(e)s voire ricaneront discrètement. J'avoue même une certaine réticence devant les réseaux sociaux. Je considère, ma foi, que Twitter est le cyberespace de la vacuité intellectuelle la plus totale de certains addicts qui ne peuvent s'empêcher de partager la moindre de leurs fines observations.

Le manga PROPHECY base toute son intrigue sur l'explosion de ces réseaux, sur le rôle du net comme tribunal immédiat, anonyme et implacable de la plèbe connectée. Le cybercriminel Paperboy prend à témoin les internautes et suscite leur complicité jusqu'à l'écoeurement. 

PROPHECY est un foutu pageturner, hautement addictif, on saute de case en case jusqu'au dénouement. D'une capillotraction assez prononcée tout de même. 

Vraiment bien. Trois petits tomes en outre. Ce qui n'est pas toujours le cas dans une industrie qui privilégie les séries interminables.

Voilà les aminches. 

Si vous trouvez ce post bien trop long, oubliez ce qui précède si vous le souhaitez, mais ne partez pas tout de suite, restez un peu, pour ce pur chef d'oeuvre : 





Transporté dans la peau de l'adolescent qu'il était à 14 ans, Hiroshi redécouvre son passé en questionnant sa famille et ses amis. 

Il le revit également, et lorsque le jour approche où son père a disparu sans explication.

Hiroshi se demande s'il peut changer ce passé ou s'il doit le revivre, impuissant.


Un chef d'oeuvre. Du manga. De la BD. De la littérature.

Un manga adulte, émouvant, sensible et profondément humain. 

Je l'avais lu, il y a une petite dizaine d'année et je l'ai relu dernièrement. Et sa mélancolie, son sens du détail et du récit m'a encore empoigné. 

Ne cherchez pas là d'enquête policière, de combats épiques mais une chronique douce amère, familiale, enthousiasmante et haletante (aussi) sur le retour en enfance, d'un quinquagénaire paumé. Quinqua qui revit avec émerveillement son enfance, la joie de retrouver un corps souple et plein de vie, de retrouver ces amitiés, ces amours que l'on croit inoubliables et qui s'effacent...

Le trait est précis, le ton est empli d'une douce gravité, d'une grande poésie :



Si vous ne voyez pas d'anime, pas grave. Si vous ne lisez pas de manga, pas grave. Mais ouvrez QUARTIER LOINTAIN et vous vous sentirez alors privilégié(e)s.

Magnifique bouquin ! 

Que peu de militaires, présents ces matins là au foyer casernal, ont dû lire...

vendredi 13 février 2015

Breaking Saul


Bien des choses les filles... Bon pour les plus ancien(ne)s, vous vous souvenez de mon excitometre ?

Pas l'idée du siècle les aminches. La plupart de mes intuitions se sont révélées singulièrement foireuse. Comme le dirait une Liloute de bientôt 8 ans que je connais : naze !

GOTHAM : naze !
CONSTANTINE : naze !
GALAVANT : mouais bof
EXTANT : naze !
CROSSBONES : naze !
THE STRAIN  : naze !

Vous m'dites, fallait bétonner ta bloguerie. Assurer le bouzin. Choisir des valeurs sures telles que : 


Je dois vous faire un aveu Medamessieurs, j'ai un rapport dichotomique avec BREAKING BAD. Oui bien sûr BREAKING BAD... Foutue série 'videmment. L'une des mieux écrites assurément. 

Mais elle se mérite BREAKING BAD, faut s'accrocher, surtout au début. On est franchement récompensé par la suite. Et la fin ! Quel dénouement ! JJ Abrams en sanglote encore en repensant sa dernière saison de Lost et son caillou qui doit colmater la fuite. 

cependant BREAKING BAD ne fut pas l'un de mes plaisir sériels les plus faciles, contrairement à SIX FEET UNDER (6FU comment dire, pfuit... Je peux pas) ou DEADWOOD mais je suis allé au bout et je ne le regrette certainement pas. 

Pour l'acteur déjà, quand on tombe sur un vieil épisode de MALCOM et qu'on songe à Heisenberg ça file le frisson. C'est l'acteur qui m' a tenu au début de BREAKING BAD. Pour ceux qui l'ont vu, saison 1, quand le gamin de WW se fait méchamment moquer dans un magasin et que notre bon Walter sort chercher un cric (il me semble) pour exploser la rotule du railleur ; le regard de cet acteur...

Mais BREAKING BAD est lent aussi, surtout dans ses premières saisons, il faut, comme je le claviotais, se cramponner. 

Pour toutes ses raisons, le spin-off, BETTER CALL SAUL, me tentait moyen. Et je me suis dit "mon grand, tu ne peux pas bouffer du zombie, super héros, détective à longueur de temps, 'tin Saul quand même..."

Alors ce pilote de BETTER CALL SAUL ?

L'on retrouve donc notre avocat véreux et looser quand il s'appelle encore MCGuilliss et c'est peu de dire qu'il rame. Il n'en est plus à la brasse coulée. IL sombre lentement, inexorablement. 

L'on regarde avec plaisir notre Saul en ses méandres de plus en plus tragiques, impeccablement campé par Bob Odenkirk.


Il fait un sacré numéro. le regard fuyant, entre l’exubérance  la rage rentrée et le burlesque involontaire. Là encore l'acteur m'a retenu. 

Là aussi, le tempo n'est pas des plus trépident. Je suis formaté les filles, voilà la triste vérité. Englué dans la toile de ces séries rapides, aux rebondissements impétueux... J'ai insisté merdum ! Et bien m'en a pris...

Ce pilote commence de nos jours par un noir et blanc somptueux et remonte ensuite aux origines de Saul, la dernière scène dont je ne dirai rien nous réserve une petite surprise (non pas de Walter White ni de Jesse, ne rêvez pas...).

J'ajouterai que si vous n'avez pas vu BREAKING BAD vous pouvez tout à fait suivre sans encombres SAUL, c'est peut-être mieux d'ailleurs. Ou pas. Les fans de BREAKING BAD savoureront les clins d'oeil : 

Salut toi...
Mais ne pourront s'empêcher une comparaison mortifère (?) avec sa glorieuse aînée ? 

Pas dit. 

Car ce pilote, en plus d'une interprétation haut de gamme, bénéficie d'une réalisation soignée. La scène de la poubelle cabossée devant l'ascenseur est révélatrice de cette excellence. 

Foutrement prometteur ! 

BETTER SEE SAUL oui !

jeudi 12 février 2015

Notes enchantées

Coucou les aminches. 

Les derniers petits bonheurs qui m'ont bien cadencé les p'tites cages à miel...

Father John Misty

Une promesse de pop folk ? parfait. La pure pop me laisse froid et le folk gratouilleur, feux de camps et chamallows grillés hum... Bon on sent plus l'influence pop mais c'est quand même une bonne pioche. On entendait ce bon Father dans TRUE DETECTIVE...


Ty Segall

Un poil plus rock? ras le poil. Une influence certaine de Marc Bolan et du rock progressif seventies. Ça tombe bien, j'suis tombé d'dans tout petit...


Rhiannon Giddens

Classée jazz ? Oui j'veux bien si l'on a une grande tolérance. On est plus proche de Ray et Arteha (si tant qu'on les classe en jazz) que du be-bop arythmique du Bird. Folko gospelo good plutôt !


Benjamin Clementine

La belle histoire. Quasi SDF. Repéré dans les couloirs du métro. Un Kéziah plus soyeux, plus soul. Gueule d'ange et voix d'or...


Alain Bashung

Ok. pas la nouveauté de l'année. Mais son Fantaisie Militaire vient de ressortir. Album majeur (de chevet en ce qui me concerne mais je suis un fanatique du Bash). Cette édition de luxe s'adresse aux fans avec des chutes inédites, des versions longues, des mises à plat. Genre CODA de Led Zep mais avec une vraie plus value (contrairement au CODA justement).

Une belle reprise d'AUCUNS EXPRESS...



J'aurais pu vous conter le dernier Pink Floyd itou, proprement miraculeux. Le nouveau Bjork et Asaf aussi... J'y reviendrais peut être, allez savoir...

vendredi 6 février 2015

Tracer son sillon

Salut les filles. 

J'vais vous avouer un truc : j'aime bien AC/DC.

J'ai même une certaine tendresse pour eux. 

Qu'on aime aime ou pas ce groupe, une chose est à peu près certaine : ils sont sincères. 

Pas d'expérimentation foireuse techno. Pas d'exclu commerciale sur I Tunes.

Ils font toujours et encore la même chose, ce bon vieux rock'n'roll chevelu. 

Du rock de garage, de la guitare qui crépite et jojo le camionneur qui se pète les cordes vocales.

J'les avais vu à Bordeaux, 'tin ! il y a presque 20 ans. Chouette concert, un poil Barnumesque mais ambiance cool. Le fan AC/DC pur et dur est poilu, tatoué et charmant.

Maintenant... Angus a les genoux en compote et n'est plus aussi alerte. Le mec derrière avec la coupe à Michèle Torr ce n'est pas l'autre Young, Malcom. Malcom sombre peu à peu dans la démence et vit dorénavant en institut.


C'est sûr que cela ne va rien révolutionner Mais y'a pas à dire, j'l'es aime bien ces mecs avec leurs paroles bas du front et leur tempo binaire un brin répétitif. Ils sont un peu ce que les Rolling Stones ne sont plus.

Allez un dernier pour la route, avec ce bon vieux Bon Scott, premier chanteur, mort étouffé dans son vomi. Ah, j'vous l'dis la glamour, c'est pas pour eux...

jeudi 5 février 2015

De la nécessité de toujours...

... avoir une serviette avec soi.

Et surtout 



Salutations les filles. 

Aujourd'hui nous parlerons d'un mec furieusement barré. Quelqu'un qui a élevé la dinguerie au rang de culte. 

Qui a répondu à la question ultime, la foutu réponse au sens de la vie, de l'univers et de tout le reste... Googlisez donc ça les aminches : quel est le sens de la vie, de l'univers et de tout le reste ? 

Or donc Douglas Adams : 

Salut Doug (1952-2001) et merde....
Douglas Adams est un auteur de SF, heu... OK disons de SF faute de mieux. Il est le créateur du cultissime GUIDE DU VOYAGEUR GALACTIQUE. 

Remontons un poil dans le temps les aminches et assistons à cette scène en témoin invisible et parfaitement neutre afin de ne pas distordre le fragile continuum espace temps.

Quand : 1978
Où : un bureau (la pièce) avec un bureau (le meuble) moche et en formica (on est en 1978 hein...)

"- Bonjour Monsieur, je suis l'éditeur français des livres de Douglas Adams narrant les péripéties d'un voyageur traçant sa route dans les galaxies et je voudrais savoir si vous m'autoriseriez à utiliser le nom de vos guides.
- Certainement pas Le Guide du Routard est un ouvrage sérieux, de référence et nous n'allons pas galvauder ce titre pour une historiette destinée à finir dans les limbes mémorielles..."

Et que voilà une décision atomiquement conne, quelle prévoyance ! Quelle vision ! Les œuvres de Doug (adaptées d'une pièce radiophonique) deviendront un succès planétaire. 

Le même mec plus tard : "Non madame Rowling, je vous le dis, vos aventures d'un petit sorcier ne rencontreront jamais le succès..."

H2G2 (titre anglais) restera donc LE GUIDE DU VOYAGEUR GALACTIQUE en douce France. 

Arthur Dent, Anglais moyen bien dans dans la moyenne, se lamente car sa maison vient d'être détruite ; elle se trouvait en effet sur le tracé d'une nouvelle autoroute. 

Arthur va vite se remettre de la disparition de son foyer. La Terre elle même est pulvérisée par les Vogons afin de soi-disant créer une voie express hyperspatiale. 

Il est heureusement  sauvé par son ami Ford Prefect, qui est en fait originaire de Bételgeuse et qui l'emmène avec lui en astrostop à travers la Galaxie. 

Plus tard on apprendra que la destruction de notre boule bleue est le fruit (pourri) d'une conspiration destinée à garder secrets certains questionnements métaphysiques.

Les humains ne sont que la 3ème race la plus intelligente à avoir été annihilée. Les dauphins la 2ème, quel est donc la première ?

Que cherche t'on à nous cacher ? Pourquoi la Terre a été détruite ? Et bordelum ! Pourquoi est il nécessaire de toujours avoir une serviette éponge avec soi ?

Bien. 

H2G2 est une trilogie de cinq livres, oui c'est comme ça : 

LE GUIDE DU VOYAGEUR GALACTIQUE
- LE DERNIER RESTAURANT AVANT LE FIN DU MONDE
- LA VIE, L'UNIVERS ET LE RESTE
- SALUT ET ENCORE MERCI POUR LE POISSON
- GLOBALEMENT INOFFENSIVE.

Comment vous dire Mesdamessieurs ? Comment retranscrire ici le degré solaire de la loufoquerie maîtrisée, l'humour déjanté et les inventions proprement démentes de Doug ?

Impossible.

Comment vous faire ressentir l'hilarité teintée de stupéfaction devant les trouvailles géniales de l'ami Doug ? Exemplons : 

  • L'univers se contracte, c'en est fini de son expansion infinie. L'on peut donc installer un restaurant sur la planète la plus proche de la prochaine contraction et déménager en urgence pour ne pas se faire rattraper par l'univers retournant à son Big Bang originel. 

  • Marvin est un robot doté d'un processeur si puissant qu'un cerveau biologique, pour déployer une puissance de calcul équivalente, devrait mesurer la taille d'une planète. Tout aurait pu être parfait, mais il est doté du PPA (Profil de personnalité authentique), ce qui le rend capable d'avoir des émotions plus humaines. C'est ce qui lui cause des problèmes : Marvin en est devenu dépressif, paranoïaque et, par conséquent, un peu agaçant pour les autres personnages.« Je dois dire que cette jeune fille se révèle l'une des moins inintelligentes des créatures organiques qu'il m'ait été malheureusement donné d'avoir le profond manque de plaisir de ne pouvoir éviter de rencontrer. » 

  • Les Vogons, la race extraterrestre responsable de l’annihilation de la Terre : incroyablement laids, les Vogons n'ont d'autre but dans la vie que respecter l'administration et faire souffrir le plus de gens possible. Cet amour de l'administration a amené à la constatation qu'un Vogon voyant sa grand-mère se faire attaquer par une bête féroce ne songera à la défendre « qu'après en avoir reçu l'autorisation en trois exemplaires tour à tour recopiés, perdus, retrouvés, déchirés, photocopiés, traduits, reperdus, retrouvés et finalement enterrés sous une bonne couche de terre meuble ».  Ils écrivent aussi des poèmes qui sont classés comme la troisième exécrabilité dans tout l'univers selon le Guide du voyageur galactique

  • Le Guide du voyageur galactique est un objet électronique, connecté au réseau Sub-Ether et utilisé aussi bien en tant qu'encyclopédie qu'en tant que guide de voyage. Très apprécié des astrostoppeurs, en complément d'un poisson Babel et d'une serviette, il est introduit de manière quasiment identique dans les différentes adaptations de l'œuvre, dont le prologue du premier tome :« C'était sans doute l'ouvrage le plus remarquable jamais publié par les éditeurs de la Petite Ourse. [...] Auprès de bon nombre de civilisations parmi les plus peinardes des confins orientaux de l'anneau galactique, Le Guide du voyageur galactique a même supplanté la grande Encyclopædia galactica comme dépositaire classique de la sagesse et de la connaissance. [...] Primo, il est légèrement moins cher et, secundo, sur sa couverture on peut lire en larges lettres amicales la mention : PAS DE PANIQUE »

Etc. 

Je pense fermement que les Brittons devraient déboulonner Nelson et Trafalgariser Douglas Adams. J'ai adoré ces livres. Je les ai dévorés maintes fois et étant un homme peu religieux, je dois bien confesser une légère dévotion envers Douglas Adams. Si Benedict Cumberbatch peut être le grand prêtre, ce serait parfait. 

Un film est sorti. C'est courageux. A la limite de l'inconscience. Le résultat est honorable. Disons qu'il fait ce qu'il peut. 


Je me sens un brin démuni les aminches. Comment vous convaincre si vous ne l'êtes pas déjà... Je dirais juste lisez H2G2 c'est le kif quasi garanti. 

Quasi car si vous n’accrochez à l'humour absurde ce fameux no sense angliche, ce Monty Pythonisme monté en supra épingle, je crains que vous ne dodeliniez de la tête en murmurant qu'est ce que c'est que ce bouzin !!! (pas de !!! on murmure j'ai dit).

Mais si vous appréciez ce parfum venu d'outre-Manche, cette atmosphère, ce savoir faire, vous pouvez aussi vous laisser tenter par 

Dirk Gently est une série télévisée britannique adaptée des romans de Douglas Adams, mettant en scène le personnage Dirk Gently, détective privé holistique, embarqué dans des enquêtes absurdes.

Dirk Gently clame être un « détective holistique », ce qui signifie par là qu'il « croit à l'interconnexion fondamentale de toute chose » (une école de pensée qui se rapproche de la Théorie du chaos).

Il applique en conséquence cette façon de penser dans ses enquêtes pour « résoudre le crime tout entier, et retrouver les disparus tout entiers ». 

Nul besoin de dire que ses méthodes d'investigations prennent alors des tournures souvent tordues et absurdes, incompréhensibles sauf pour lui-même, car chaque élément qui existe, même s'il n'a aucun rapport avec l'affaire en cours, en a paradoxalement forcément un. Ce qui lui donne de très bons prétexte pour faire monter le prix de ses factures (pour retrouver un chat, il a besoin d'un nouveau réfrigérateur).

Dirk nie ces allégations en répliquant qu'on ne peut pas dire qu'il exploite les gens, puisque personne ne le paie jamais. En effet, tous les événements qui lui arrivent se déroulent de telle façon qu'il n'est jamais payé.

Je n'ai point lu les livres mais je mate la série, 4 petits épisodes avec un héros bien décalé, limite escroc, avec un ton sadique bon enfant assez jouissif. 

Une bonne pioche avec des acteurs aux pitinogons. La série est malheureusement annulée mais c'est quand même un amusement de première bourre.

Décidément Douglas Adams est grand et Benedict est son prophète. 

Nan ?

Bon. Douglas est grand tout court alors...

Un chouette site (ici) pour aller plus loin si le cœur vous en dit.