jeudi 23 octobre 2014

mercredi 22 octobre 2014

Bulles enchantées

Hello les filles. Une fois n'est pas costume parlons un peu de planches, de bulles et de lignes claires ou non.

Un podium de mes derniers plaisirs bédéesques. 



Après avoir plaidé la folie pour échapper aux accusations d’escroquerie financière, Warren White, surnommé « le Requin Blanc », est condamné à purger sa peine entre les murs capitonnés de l’Asile d’Arkham. 

Alors qu’il fait ses premiers pas dans les couloirs de l’institut, White commence à comprendre la signification du sourire de ce juge malicieux qui accepta trop facilement son alibi de troubles mentaux.

Que faire lorsque vos compagnons de cellule se nomment Killer Croc, Poison Ivy ou Humpty Dumpty ?



Rien ne vaut pas un bon comics pour se consoler de la bousifiction à grande échelle que sont en train de nous faire les pontes de la Fox avec GOTHAM.

Ce comics se concentre sur l'asile d'Arkham (arrivé dans les années 70 dans la Geste Batmanienne) et ses occupants. Et de ses occupants, les auteurs se concentrent sur les moins fameux (bon on n'échappe pas au Joker) : Killer croc, Hmpty Dumpty (savoureux) et quelques autres dont certains que je connaissais point.

Les retournements se dévoilent peu à peu. A part le surnaturel que je goûte peu dans l'univers Gothamesque, c'est une bonne pioche où notre chauve souris préférée se tient en retrait, se paie le luxe d'un quasi caméo. 

Enfin le personnage de White Requin est bien amené, l'illustration parfaite d'un remède pire que le mal, un asile école de la folie. Les show runners de GOTHAM feraient mieux de relire les comics au lieu de nous balancer des acteurs aux mâchoires serrées et au charisme d'un gastéropode comateux.

Mme Fork, la célèbre milliardaire américaine, ne peut supporter de voir son fils unique agoniser d'une terrible maladie. Elle décide de tenter l'impossible : le suivre aux frontières de la mort et l'empêcher de les franchir. Pour cela, elle réunit une équipe de savants qui construit un incroyable vaisseau capable de suivre une âme désincarnée où qu'elle aille. C'est un stupéfiant voyage hors de notre réalité qui les attend. Aucune des expériences de mort imminente connues n'aurait pu laisser imaginer ce qu'ils vont découvrir. On ne force pas impunément les portes de l'Au-delà !

De ces auteurs, j'avais déjà lu le PROTOCOLE PÉLICAN que j'avais bien aimé mais dont je trouvais le dénouement un peu bancal. EXPÉRIENCE MORT est supérieur avec un final inattendu et riche de promesses. 

Le dessin froid et aux lignes pures reflète à merveille le barré du propos et les auteurs évitent habilement les questions qui fâchent. De la belle ouvrage et de la bonne SF...



Le 2 mars 1953, en pleine nuit, Joseph Staline, le Petit Père des peuples, l'homme qui régna en maître absolu sur toutes les Russies, fit une attaque cérébrale. 

Il fut déclaré mot deux jours plus tard. 

Deux jours de lutte acharnée pour le pouvoir suprême, deux jours qui concentrèrent toute la démence, la perversité et l'inhumanité du totalitarisme.



Tout est vrai ou presque. La lutte à mort que vont se mener les anciens laquais de Staline pour le pouvoir suprême est une putain de conflagration aux dimensions bibliques. 

Cette BD signée par l'un des compères du phénoménal IL ÉTAIT UNE FOIS EN FRANCE est un petit bijou de précision, d'humour à froid et d'illustration de la réalité qui te n'explose la face de la fiction. 

le trait de crayon se situe entre la ligne claire belge et l'anthropomorphisme à la BLACKSAD.

Bon... 

Toutes proportions gardées...

On est loin de BLACKSAD en fait mais Béria (principal protagoniste de l'album et chef de la police secrète) est croqué comme un batracien prêt à gober les moucherons qui se se trouvent sur son nénuphar.


Un très beau diptyque (tout comme EXPÉRIENCE MORT)...

-ce qui en passant nous épargne les sagas interminables genre HISTOIRE SECRÈTE que l'on lira jusqu'à la mort et dont on confiera la suite àux générations futures

...qui se dévore comme l'histoire dévore ses enfants.

Sur cette conclusion d'une réelle puissance évocatrice toute en finesse, je vous laisse maintenant les aminches.

Do svidania maintenant.

vendredi 17 octobre 2014

Visières aveuglantes.

Coucou les filles. 

Il est des séries comme de la musique. Si tu veux minimiser les risques, choisis l'Angleterre.

Les nouveautés de ce début de rentrée (pour celles que j'ai vues) sont au pire navrantes (SCORPION, FOREVER...) au mieux décevantes (GOTHAM). 

Alors il arrive que l'on s'accroche en attendant un décollage hypothétique (et la suite de CONSTANTINE). GOTHAM encore, je  n'arrive pas à me résigner face à l'attente suscitée et le sujet en or irrémédiablement changé en plomb moisi. 

D'autres séries n'ont pas ce problème. Elles vous happent d'entrée et se déploient majestueusement. 

Cette série retrace l'épopée d'une famille de gangsters de Birmingham. Elle est basée sur l'histoire du gang des Peaky Blinders qui a réellement existé juste après la Première Guerre mondiale. 

Leur nom vient du fait que ces derniers avaient pour habitude de cacher des lames de rasoir dans la visière (Peak en anglais) de leur casquette.

Ce groupe, dirigé par l'ambitieux et très dangereux Tommy Shelby, attire l'attention de l'Inspecteur en Chef Chester Campbell, un détective de la Police royale irlandaise, qui a été envoyé de Belfast pour nettoyer la ville de tous ses criminels.

Bon par où commencer ? 

PEAKY BLINDERS n'est pas à proprement parler une nouveauté. La saison 2 vient de débuter à la BBC. J'avoue qu'elle m'avait échappée, mais je rattrape mon retard en essayant de contrôler ma gourmandise pour faire durer le plaisir. 

Foutue série !

Le mix parfait entre le fond et la forme. La reconstitution est aux petits fours. Tout y est de l'Angleterre du début de siècle, véritable chaudron qui ne demande qu'à péter et bien ! Entre l'IRA, les grèves à répétition et les gangs, Birmingham, où se passe la majeure partie de l'intrigue, est une pétaudière bien crade. 

Le scénario, sans personnage secondaire laissé à l'abandon, est une merveille de précision, de surprise, de violence contenue jamais gratuite ou complaisante qui fait la part belle à ses personnages. 


Thomas Philby le frère cadet, celui qui dirige de facto les Peaky Blinders. Magistralement interprété par Cilian Murphy, échappé de chez Nolan ou Ken Loach. Il a un petit côté Al Pacino du Parrain, impassible et cérébral mais l'impétuosité bouillonnant juste sous l'épiderme. Il se trimbale aussi un bon traumatisme suite à son expérience de la guerre dans les tranchées. Et oui on est juste après la Der des der. 

L'ami Cilian est plutôt bien entouré tout le casting est impeccable, du roulement d'épaules à l'accent prolo, on dirait parfois qu'il mange des cailloux tout en parlant. C'est une série à voir en VO, absolument. Un qui ne parle pas prolétaire c'est l'inspecteur chef Campbell : 


Débarqué tout droit de Belfast où il a ramené un calme provisoire dans une mer de sang. Il arrive à Birmingham pour faire de même mais il va se heurter à Tommy Shelby. Sam Neil, bah que dire, il est très très bon dans ce flic de la vieille école, rongé par la honte de n'avoir pas combattu les Allemands, la culpabilité du planqué qui en rajoute de fait dans le patriotisme coup de menton. Il est en mission Campbell.

D'une intelligence tactique indéniable, il va infiltrer un agent de terrain dans l'organisation des Peaky Blinders : 


Annabelle Wallis aka Grace Burgess. Chargée de se rapprocher de Tommy Shelby (jusqu'à quel point ?), elle est le charme personnifié mais à qui vaut mieux pas la faire à l'envers passqu'elle te remet à l'endroit vit'fait. Très beau rôle, ambigu, mystérieux, incarné tout en subtilité par cette (belle) actrice que je ne connaissais point. 

Et tout cela est superbement mis en scène, PEAKY BLINDERS est une série stylisée qui réussit l'exploit à ne pas trop l'être. L'équilibre est parfait entre le fond et la forme. Ce qu' UTOPIA, par exemple, n'arrivait pas à maintenir dans la saison 1 où la photo et les mouvements de caméras masquaient (très bien cela dit) une histoire de plus en plus bancale. 

En outre la BO, les aminches, la BO... 

Ça déchire sa mother et tout l’arbre généalogique. Tout d'abord le générique est accompagné par le merveilleux Red Right Hand de Nick Cave and the Seeds (déjà habilement utilisé dans le premier SCREAM).


Et l'utilisation de ce rock anglais (White Stripes itou par exemple) se fond dans les scènes sans que cela semble artificiel (à l'inverse de la folk qui fait tache dans HELL ON WHEELS).

Non il n'y a pas à dire, m'ont encore percuté ces Angliches. La saison 2 laisse présager de grands moments surtout que Tom Hardy est annoncé au casting. 

C'est lui sous le masque.
Depuis THE KNICK, je n'avais pas été scotché comme ça !

mardi 14 octobre 2014

Ego in the péplum

Coucou les filles, 

aujourd'hui je voudrais débuter ce nouveau post en évoquant nos phrases intimes, nos mantras rien qu'à nous. Ceux que l'on se récite secrètement afin de nous motiver, nous rassurer, nous donner du cœur. 

Enfin moi cela m'arrive. Comme je suis un incorrigible geek nourri aux séries, je me répète quelquefois mentalement ou dans un murmure ces quelques mots. Cette réplique que fait Charlie Crews (le héros de LIFE, à la toute fin de la série) à son pote quand ce dernier lui demande ce dont il a besoin.

"La paix de l'esprit et un gros flingue".

Quand je suis stressé, inquiet, il m'arrive de marmonner inintelligiblement : 

"La paix de l'esprit et un gros flingue".

Une autre phrase que je trouve admirable : "Je suis un homme et considère que rien de ce qui est humain ne m'est étranger"

-Citation de Terence. Non pas l'acolyte de Bud Spencer dans des films élevant le comique troupier à un point d'incandescence proprement solaire mais le poète satirique romain antique-

Les prévention par exemple. très humain ça dans le sens de préjugé. J'ai quant à moi, une opinion préconçue défavorable envers ce phénomène récurrent : la rentrée littéraire. 

Tous les ans à la même période, le même tombereau de livres (700 à la louche) envahissant les étals avec les mêmes têtes. Un œil sur le Goncourt ou les autres prix à contrario si l'on se fait éjecter de la liste des élus. 

Je ne goûte point trop cet embouteillage livresque, ce sempiternel défilé des Nothomb aux 200 pages bien aérées, des Beigbeider nonchalants et j'en passe... J'associe aussi la rentrée littéraire à son carnaval de gémissements promotionnels, de postures convenues ; la triste rançon de l'autofiction.

Si je prends du recul, je sais que c'est un préjugé et un beau. Il y a de très beaux romans en cette rentrée et cet avis tranché est complètement con. Je ferai bien de me montrer un peu plus tiède. J'y reviendrai, au bénéfice de la tiédeur.

Bref ça m'emmerde cette auto célébration du génie français (ben oui passque bouclé dans mon préjugé, je ne conchie que la rentrée littéraire française), l’ego en bandoulière.

Mais cette diatribe montre vite sa limite. Que faire en effet face à 


Le voilà le pavé de 600 pages dont tout le monde parle. La plupart du temps en bien. Le summum de l'auto fiction. Le zénith de la rentrée littéraire. 

J'ai pour moi la cohérence. Je lis Carrère depuis longtemps. J'adore ce qu'il fait. Et je trouve qu'il a vraiment pris toute son ampleur depuis qu'il arrêté les ouvrages de pure fiction (le dernier remonte à 1995 et LA CLASSE DE NEIGE). Depuis L'ADVERSAIRE, Emmanuel Carrère parle de lui. Parfois irritant, rarement complaisant (avant le ROYAUME j'aurais écrit jamais complaisant) en tout cas toujours passionnant. 

Dans LE ROYAUME il parle donc lui et de sa conversion à la foi chrétienne. Il est tombé en Jésus Christ ou JC lui est tombé dessus peu importe. Emmanuel Carrère ne fait pas les choses à moitié. Il devient furieusement catho, pas fanatique, mais ultra impliqué. Il va à la messe plusieurs fois par jour. Il remplit plusieurs dizaine de cahier sur l’évangile de Saint Jean etc.

Puis il perd la foi. 

C'est là un chemin peu arpenté. On ne compte plus les rédemption par le christ, la foi m'a sauvé etc. Le dernier en date tiens, celui d'un styliste fortement alcoolisé tenant des propos antisémites. pourquoi pas ? Mais on ne peut (je ne peux) s’empêcher de penser à un plan marketing bien huilé et hautement fonctionnel. La conversion de Johnny Cash ayant ainsi vaincu ses multiples addiction et son mal être me convainc plus. Mais j'aime beaucoup Johnny Cash.

Manu lui nous parle de la trajectoire inverse, il perd la foi et regarde avec un effarement navré l'homme qu'il était. L'avait il réellement ou n'était elle qu'une béquille spirituelle pour l'aider à lutter contre la dépression qui l'engluait. Il ne sait pas. Mais il était convaincu d'être un véritable chrétien. Il croyait vraiment que l’eucharistie était réelle. Que c'est littéralement le corps du Christ qu'il ingérait à la messe. Non pas un symbole mais une vérité avérée. 

Ce sont là deux pierres angulaires de son oeuvre : "je ne sais pas" qui reviendra souvent et l'eucharistie qui nous vaut l'insertion d'un texte savoureux de Philip K Dick en sa période mystique cintré.

La perte de la foi va amener Carrère à se poser cette question : comment un activiste juif, un révolutionnaire à la pensée radicale a t-il pu engendré une religion aussi omnipotente ?

Comment ? Grâce ou à cause de Saint Paul pardi.

FACETABLETTE  : SAINT PAUL
STATUT : Y' A DE LA JOIE

Et son fidèle Luc. 



Nous voilà embarqué dans une quête haletante sur les prémisses du christianisme. Ce qui pourrait s'avérer aussi palpitant que la lecture publique du bottin téléphonique d'une ville moyenne se révèle proprement passionnant et fascinant.

Tout d'abord le style de Carrère est simple, direct et plaisant. Il nous rend compréhensible les idéologies les plus fumeuses, les paraboles les plus absconses, les querelles les plus obscures. 

Une idée lumineuse tiens en parlant de ces querelles qui déchirent ceux qui se disputent l'héritage est d'avoir osé le parallèle avec les luttes opposant les Staliniens, les Trotskistes et les autres pour asseoir LA vraie ligne du parti. Le communisme, une autre grande religion quand on y songe...

Nous suivons pas à pas Paul dans son combat pour imposer son église. Enfin... Pas à pas... façon de parler parce que les trous dans le récit sont des gouffres, les incohérences, un défi au bon sens le plus élémentaire. On voit là ce qui a dû attirer Carrère : imaginer et combler les trous en proposant un récit probable de ce qui a pu se passer. Il fait oeuvre d'écrivain et ne se prétend pas historien même s'il s'appuie sur un vrai travail de compilation et recoupement des sources. Nous apprenons quantité de chose. je sais dorénavant d'où vient l'expression "l'argent n'a pas d'odeur".

Carrère recoud les entre-deux, les failles chronologiques du récit de Luc. L'on sent bien que sa préférence va à ce dernier plus qu'à Paul le fervent, le fougueux, le génie. Il préfère le rustique Luc qui voudrait bien voir son maître à penser plus enclin au compromis, plus pragmatique. Mais comme le dit Carrère : 

"Autant vouloir charmer Emmanuel Kant en lui lisant La Chèvre de Monsieur Seguin".

Indéniablement Luc a sa préférence. Luc et sa tempérance, sa recherche de la concorde. Un peu chochotte à vrai dire. Limite tarlouze du dogme. C'est vrai quoi "Dieu vomit les tièdes !". Cette sentence Emmanuel Carrère lui fait un sort ce qui en ces temps d'hommes providentiels sévèrement burnés et autres femmes de fer trempé fait du bien.

Si l'on me permet une anecdote personnelle (décidément je me Carrèrise), cela me fait penser à une ancienne conversation avec une amie sur la saison 1 série NIP TUCK pour ce(ux)lles qui connaissent. Elle me disait qu'elle préférait Christian Troy macho imbuvable mais assurément pas un tiède. Quant à moi je préférais l'autre celui dont on oublie le nom (le docteur McNamara), son associé plus terne, qui hésite, qui doute se cherche, plus hypocrite aussi peut-être. Bon cette comparaison est un brin foireuse (surtout à l'aune de l’intégralité de la série) mais vous saisissez le concept : je suis plus comme le mec à côté du docteur Troy comme Carrère est plus comme le type à côté de Saint Paul.

LE ROYAUME est un livre phénoménal, si l'on passe sur les mineures afféteries de Carrère : son "intelligence" frein à l'authenticité de sa conversion, un épisode pornographique de quelques pages dont je n'ai pas saisi la pertinence et qui a graaaandement choqué Bernard Pivot (le pôvre...).

Emmannuel Carrère n'occulte rien. Le fanatisme de Paul. Le côté mortifère du christianisme (et le bouddhisme, le stoïcisme qui sont tout au plus des régulateurs de températures, qui tendent à évacuer le désir pour éviter la souffrance. A quoi bon ?)

Sans omettre non plus le propos inédit de JC, sa radicalité et le fait qu'il accueille tout le monde même (et surtout) la lie de l'humanité pour peu que l'on s'en donne sincèrement la peine...

Ajoutez à cela un épilogue très beau. Lumineux qui nous éclaire (facile je sais) sur ce que peut être, ce qu'est et ce que devrait toujours être le christianisme. 

Carrère est un roi en son royaume. Je laisse le mot de la fin à sa compagne qu'il cite souvent : 

"La vie c'est l'amour, pas la charité"

Pas mieux.

vendredi 10 octobre 2014

Con comme la romaine

Coucou les aminches. 

Bon à l'origine je voulais vous conter mes dernières satisfactions bédéesques, Ou bien livrer une fine analyse d'une nouvelle série ambitieuse et maîtrisée. 

Et puis..? 

PLEBS.  

La série suit les aventures de deux amis, Marcus et Stylax ainsi que Grumio, l'esclave paresseux de Marcus. 

Marcus et Stylax partagent un appartement en banlieue, travaillent comme copieur et déchiqueteur dans un bureau dirigé par une patronne autoritaire et snob, Flavia

Nos jeunes amis tentent de se faire une place dans la société et rêvent aux filles. Stylax cherche sans cesse à multiplier les aventures sexuelles et se faire inviter dans les soirées à la mode. Marcus, plus réservé, souvent malchanceux, espère séduire une jeune bretonne, tout juste arrivée de son île natale et qui s'est installée avec son esclave Metella dans l'appartement voisin.

Un pitch à la con et un résultat souvent hilarant. Cela a un côté BIG BANG à l'antique, en plus crade et plus cru. 

C'est fun, c'est drôle, c'est anglais. Un format court parfait pour se vider la tête et se détendre avachi sur la canap'.


Pas toujours très fin mais le décalage temporel est toujours source de bons moments. 

Non moi j'aime bien...

dimanche 5 octobre 2014

Les infiltrés de la bouse


Coucou les filles. Je répond aujourd'hui à vos angoisses, submergé de courriels inquiets, harcelés par des coups de téléphones...

"- Mon chéri c'est maman...
- Je peux pas te parler maman, je dois répondre à mes followers bloguesques..."

... Où sont passées mes stagiaires Caramela et crepochocolo ? Ont-ils eux aussi succombé à cette étrange malédiction qui frappent mes esclaves stagiaires ? 

Kinini... Je les ai mandaté pour une mission d'infiltration : gagner la confiance des décideurs hollywoodiens et savoir par quel mystère des nulleries atomiques se retrouvent financées, produites et montrées (!!) ?

Voici leurs débriefing.

Mesdamessieurs : AU COEUR DES BOUZ'AWARDS !



Rapport vbnfhgfh585456645-;;,lkl;.

"Votre bloguerie après m'être introduite dans le saint des saints de CBS, voici mon rapport in extenso : 

- Bon les couillus, il nous faut une série pour la fin de l'été, début septembre. Des idées ?
- Chef ! Des avocats atypiques qui résolvent des cas sortant de l'ordinaire en flirtant avec les limites de la loi...
- Nan. Autre chose ?
- Boss ! Des médecins anticonformistes résolvant des cas peu banals en flirtant avec les limites de l'éthique ?
- 'Tin z'allez pas que flirter avec les limites de mes phalanges bande de...
- Et si on demandait à Spielberg s'il a pas un truc. On demanderait à une star dans le creux de la vague de nous prêter son aura et roule le bouzin !
- Tope là !"

Et voilà les aminches EXTANT. Soit Halle Berry de retour sur terre après une mission spatiale en solo de plus d'un an. Elle revient enceinte et comme elle était seule là haut (nan ce n'est pas Gangbang dans l'espace. Mission SOLO ok ?) ça chie dans le ventilo et sent très fort la GPA Grossesse Potentiellement Alienesque !

EXTANT number five. pour le rythme surtout. Doucement là, reprendrez bien un peu de camomille ? 

Et le scénario aussi avec le n'enfant robot qui l'est tendance psychopathe au début de la saison pis non, peut être que si en fait, non ? 'tin je sais plus !

Steven arrête la télé, cela vaut mieux...

Sinon après la version verveine deux de tension, on a l'opposée la vision Redbullisée à la cocaïne, n°5 ex-aequo : 

La série la plus faux cul du moment. 

Tout le monde n'est tout pourri. 

A un degré de pourritude tel qu'une fosse d'aisance est un Spa à l'Evian en comparaison. 

L'héroïne Olivia Pope elle est gentille elle, une fieffée garce qui trahit ses amis à longueur d'épisode mais pour la bonne cause. Toujours... 

Popo elle devrait se faire tatouer "la fin justifie les moyens" entre les omoplates ou "on ne fait d'omelettes sans casser quelques rotules" ou tout autre dicton à la con.

Beurk... 

Rapport Le doudou est dans sloub, je répète le doudou...

"Votre bloguerie, je me tiens à présent au QG de la chaîne câblée SYFY, on l'appelle ici la cave, voici un brainstorming que j'ai pu enregistrer en dictaphone caché... Votre dévouée Caramela...
- 'Tin ! pas de noms !!"

"- Bon les tarlouzes. L'heure est grave. Nous sommes en période de disette budgétaire. Nous devons faire des putains d'économies. Tu vois le New deal, on fait l'inverse. Tu vois la Grèce étranglée par le FMI, on fait pire. On a une ramette de papier pour le mois. Une seule. Alors je veux un synopsis qui claque. Court et efficace. 
- Déboîter du zombi ?
- Tope là !"


Démonter du mort vivant. Au flingue, à la pelle, la tondeuse, démonte pneu, bâton de ski, pioche, oeuvre complète de Marc Levy, tout est bon (dans le zombi).

J'ai hésité avant de faire figurer Z NATION dans les bouz'awards. 

En effet Z NATION est mise en boite par la société ASYLUM.

Qui ça ? ASYLUM. la boite qui produit en masse des merdes finies, avec des budgets conséquents mais des merdes. 



C'est le but, c'est nul et ça se voit. On se gausse, on se pousse du coude en disant à son pote "nan mais quand même comment ils ont pu/osé/tourné  ÇA ?"

Asylum est la boite de prod qui a produit SHARKNADO

Le scénario est dans l'image
 Littéralement TORNADE DE REQUINS.

Z NATION est dans cette veine et cela pourrait s'avérer bas du front certes mais fun. C'est juste con, mal joué, aussi flippant qu'un épisode de Bob l’Éponge. 

Et bien nous voilà au pied du podium les filles. Retrouvons Caraméla, toujours chez SYFY.

Rapport ultra secret : MICMAC For your eyes only votre Bloguerie.

- PAS DE NOM MERDUM

"Votre bloguerie je crois que j'ai trouvé un nid à bouse. De la "cave", nous sommes passé à la "grotte". Mais ils ont l'air contents. Toujours en dictaphone caché."

"- Youpi les tafioles. Suite à un retournement de la bourse qui a pressuré les classes moyennes et celle d'en dessous notre budget ramette explose ! Lachez vous les velus !
- Une base au Pôle Nord chef. 
- Ji valide !
- Avec un virus !
- Ji valide !
- Avec des n'Inuits !
- Ben, forcément... 'Tin faites pas vos bites là ! Envoyez du neuneurones les poilus !
- Avec des infectés !
- Mouais...
- En mode zombi
- Ouaaais..!
- Et que le chef des virologues et bien en fait un des infectés ce serait son frère, et que dans l'équipe des virologues y aurait son ex au chef qu'aurait couché avec le frère infecté et pis une jeune scientifique amoureuse du chef des virologues, qu'elle aurait une tumeur au cerveau. Et pis des immortels, et pis des têtes coupées, et pis des enfants disparus. Et pis que l'on ajouterait des énigmes aux mystères rien que pour faire chier. Et qu'à la fin les méchants ils serait tous à Paris, comme ça on pourra faire un plan croissants café 'ach'ment novateur...
- Tope là !"

HELIX immanquablement. 

La série qui fait passer un mode d'emploi Ikéa pour le summum de la simplicité, LOST pour un puzzle Duplo pour amibes décérébrées.

Je te mets du bordelum sur le toutim et je remue le tout. 

Des personnages antipathiques, du nanawak de compet' au dénouement...

Dire que le show runner avait en son temps pondu BATTLESTAR GALACTICA.

Le Bouz'award de la déception cinglante. 

Sans équivoque !


En numéro deux : 


Nan je déconne ! 

Ouarf la crise... Bon... Pardon. 

Ahem...

Retrouvons l'agent secret Crepochocolo au siège de CBS.

Rapport ;bdfjdjfnvb--jhgj--y'a de la joie!

"Au nanantième étage d'un gratte ciel hyper moderne, les cigares sont de sortie et ça phosphore sévère votre Bloguerie"

"- Bon les burnés faut faire vite j'ai un golf. Alors pour cet été ?
- Stephen King ?
- Tope là !"

Mon Kingounet a toujours eu du mal avec ses adaptations. Encore plus quand il s'en mêle. 

Il a ainsi supervisé son adaptation de SHINING censé faire oublier celle de Kubrik ; la grosse grosse gamelle. 

Par pure charité passons vite sur son propre film MAXIMUM OVERDRIVE.

Pour UNDER THE DOME adapté de son bon gros pavé annuel DOME (que je n'ai point lu), il a donné son imprimatur "z'allez y les gens c'est de la balle !"

De la balle en poil de Yaks mâchouillée par un Bouledogue en fin de vie oui !

Et le casting 'tin ! l'ont fait exprès ou quoi ? c'est un défilé de comateux aux yeux vitreux. Il font un concours à celui qui jouera le moins ! Et les ados ouah ! Un coup à relancer le marché de la tronçonneuse et du sac poubelle XXL maxi étanche. 

Dean Norris, le beauf dans BREAKING BAD fait ce qu'il peut, l'a du métier mais il ne peut rien face au désastre généralisé. La saison 2 a connu des audiences abyssales comme quoi il y a de l'espoir. 

Voilà la première place des bouz'awards les aminches? ! Je vous sens frémissant(e)s.

Un petit mot d'abord. 

j'ai une conscience... (Ouais c'est ça !)...  Bloguesque  (Ah... Ok...). J'ai vu pour ce classement des saisons intégrales ou au moins deux épisodes. 

Mais là je n'ai pas pu. Le pilote m'a suffi. 

Tada !
Rapport 21422411521465441255841356533132124

"Votre bloguerie : 

la date le ..............    
le lieu : 52........ au .........
les personnes présentes : moi Crepochocolo (avec mon dictaphone), ....... responsable de la division fiction de la chaîne CBS, Bill ........ son assistant, Mr ............ patron de CBS, Vishniok Proutalou préposé au café et défenestration"

"-Bon les tatoués faut se relancer. Alors qu'est ce qui marche ?
- Les avocats ?
Soupir exaspéré
- Les médecins ?
Soupir exaspéré et dangereux
- Les avocats medecins zombis ? 
- Niok niok ?
- Non pitié non !  non !

AAAAAAAAAAAAAAAAAAHHH
- Bon Bill vous voilà promu. Une idée.
- Heu... Et bien...
- Niok Niok ?
- Attendez non ... Le DA VINCI CODE. 
- Stop Niok Niok. Le DA VINCI CODE ? 
- Oui Boss, un code, des nazis et sauver le monde.
- Tope là !"

En tant qu'éditeur du magazine "Modern Skeptic", Hank Foley consacre sa vie a débusquer des indices, élucider des mythes et même révéler au grand jour des complots. 

Mais lorsque sa jeune épouse est kidnappée pour d'obscures raisons, il s'embarque dans l'une des plus mystérieuses aventures de l'histoire de l'humanité. 

Une carte au trésor cachée dans une vieille montre qu'elle détenait pourrait mener à une découverte cataclysmique. Hank doit déchiffrer les énigmes, les symboles et autres secrets que renferment cette carte. 

Avec l'aide de deux jeunes associés et d'un agent du FBI, il s'engage dans une véritable course contre la montre pour retrouver sa femme et sauver l'humanité d'une gigantesque conspiration.

Rien que le synopsis officiel c'est tout un poème ! Bon pourquoi pas mais là on confine au sublime les filles. Tout est réuni pour de la bouzasse au zénith. Un casting approximatif (oui même le docteur Greene y met du sien), on dirait que les acteurs jouent flou. C'est ça flou. 

Des idées de mises en scène làlàlà ! Au tout début du pilote le héros et sa copine déambulent dans un vide grenier et là il s'embrassent. Baiser filmé à travers le cadre d'un vieux cadre en bois des tableaux d'antan. Pour bien nous faire comprendre que c'est un couple qu'il n'est top meugnooon ! Pour bien faire comprendre, disais-je, le plan est répété. 

Ça n'a l'air de rien mais c'est d'un kitsch ! Aussi kitsch que Dalida descendant un escalier de marbre blanc, moulée dans une robe en strass, lors d'un prime de Maritie et Gilbert Carpentier. 

Rajoutez des clones nazis, une conspiration mondiale dont on se fout. Mais dont on se fout ! Misère autant que notre dernière frite Mac Do. 

De la bien belle ouvrage !

Annulée au bout d'une saison.

A ma connaissance Bill n'a pas survécu.

jeudi 2 octobre 2014

Géant vert

Salutations les filles. 

Aujourd'hui ? Le polar et comme toutes choses en cette boule bleue qui nous sert d'habitat plus si naturel, le polar n'échappe pas au mal du millénaire : la classification. 

Plusieurs types de polar en effet. Le purement cérébral, celui où l'intrigue bien huilée vous amène doucement vers votre destination, surprenante si possible. Un exemple : SHUTTER ISLAND de Dennis Lehane, merveilleux bouquin d’énigmes et de twist dément, supérieur au film (très honorable cela dit, Martin Sorcese quand même, pourrait pas rater un film même s'il le voulait très fort).

Quoi d'autres ? Le hard-boiled ? Pour les burnés, les tatoués, les velus. On n'est pas des tafioles et on t'emmerde. Bon j'exagère légèrement, mais c'est l'idée , nous avons ici pour illustrer James Ellroy et son DALHIA NOIR, des mecs des vrais, faillibles, et une intrigue de feu itou. Un grand livre.

Et puis... Nous avons les polars que j'aime à appeler d'atmosphère... Ceux pour qui l'intrigue est secondaire mais que l'on se plaît à feuilleter comme l'on prend plaisir à retrouver de vieux potes et prendre de leurs nouvelles. 


Craigh Johnson est de ces auteurs. L'intrigue se tient mais elle n'est pas d'une complexité déroutante et reflète la vie telle qu'elle peut être. Non le plus génial chez Craigounet ce sont ses personnages. 

Craig Johnson est l'auteur des enquêtes du shérif Walter Longmire. Un grand costaud, shérif d'un petit comté des Etats-Unis qui, aidé par son meilleur ami, un frère d'arme et bien plus encore, Henry Stand Bear, Cheyenne de son état, l'ami Ours debout.

Après vingt-quatre années passées au bureau du shérif du comté d'Absaroka, dans le Wyoming, Walt Longmire aspire à finir sa carrière en paix. 

Ses espoirs s'envolent quand on découvre le corps de Cody Pritchard près de la réserve cheyenne. Deux années auparavant, Cody avait été un des quatre adolescents condamnés avec sursis pour le viol d'une jeune indienne, Melissa Little Bird, un jugement qui avait avivé les tensions entre les deux communautés. Aujourd'hui, il semble que quelqu'un cherche à se venger. 

Alors que se prépare un blizzard d'une rare violence, Walt devra parcourir les vastes espaces du Wyoming sur la piste d'un assassin déterminé à parvenir à ses fins.

LITTLE BIRD est le premier roman de la série Walt Longmire

J'aime beaucoup Walt, colosse impassible, le genre à répondre "Ouaip" à une question argumentée en 3 paragraphes et renvoi à la ligne. Un immense mec (plus d'1 m 90 au garrot et 100 kilos au compteur) avec Stetson et santiags au pieds. Un balèze certes mais pétri d'humanité et d'intelligence. 

Craig a une écriture fluide et généreuse, son climat livresque produit une bonne grosse chaleur. Si je devais imager son style, il me ferait penser à un feu de cheminée et un bon gros café pendant que la neige tombe dehors. 

Walt est un vieux pote que j'ai bonheur à retrouver avec sa fille Cady, Henry Stand Bear (merveilleuse amitié), son adjointe Vic qui jure comme un charretier, ce qui nous vaut quelques répliques bien senties 

Le devenir de Walt and Co m’entraîne à chaque fois, bien plus (je le répète) que des intrigues basiques mais cohérentes. 

L'un des autres caractères Craigounien et non des moindres : 


Le Wyoming. 

Et ses paysages enneigés, ses lacs limpides, sa pêche à la mouche et toutikiki. 

C'est grand, c'est beau, c'est vert (j'avoue que j'ai chipé l'intitulé de mon post chez une namie, mais elle ne m'en voudra pas...) 

Le genre de coin où l'on imagine des hommes rudes réchauffer le kawa sur un feu de camp et le boire dans des timbales en fer. 

Une série a vu le jour LONGMIRE. 


Dispensable. loin de l'ampleur des romans et de la générosité développée dans les pages Johnsoniennes.

Hormis LITTLE BIRD, huit autres livre sont sortis. Je n'en ai lu que 4 dans la collection Totem de la maison Gallmeister. Joli collection de poches qui ressortent bien sur une étagère bibliothesque : 



Lorsque le corps de Mari Baroja est découvert à la maison de retraite de Durant, le shérif Longmire se trouve embarqué dans une enquête qui le ramène cinquante ans en arrière.

Il plonge dans le passé déchirant de cette femme et dans celui de son mentor, le légendaire shérif Connally. 

Tandis que résonne l'histoire douloureuse de la victime, d'autres meurtres viennent jalonner l'enquête.





Une très belle histoire. Un beau roman d'amour en fait...



Walt Longmire, le shérif du comté d'Absaroka, n'a pas pour habitude de s'éloigner de ses terres familières du Wyoming. 

Quand il décide d'accompagner son vieil ami Henry Standing Bear à Philadelphie, où vit sa fille Cady, il ne se doute pas que son séjour va prendre une tournure tragique. 

Agressée pour une raison inconnue, Cady se retrouve dans le coma, première victime d'une longue liste, et Walt doit se lancer sur la piste d'un vaste réseau de trafiquants de drogue. 

Commence alors une longue errance urbaine sous la surveillance d'un mystérieux Indien blanc.

Le plus faible de la série peut-être, ce qui laisse rêveur quant à la qualité littéraire de la saga Longmirienne. Une intrigue policière proprement dite faiblarde largement compensée par l'humanité des personnages et par l'humour. Ha ben oui, j'ai oublié de préciser mais c'est souvent drôle LONGMIRE pas un humour de vestiaire mais fin et chaleureux, comme toujours avec ce grand shérif, brillant enquêteur, qui doute de lui, qui se cherche dans ses relations à autrui...


Absaroka, dans le Wyoming, est le comté le moins peuplé de l'État le moins peuplé d'Amérique. 
Y découvrir le corps d'une jeune Asiatique étranglée est plus que déconcertant.

 Le coupable paraît tout désigné quand on trouve, à proximité, un colosse indien frappé de mutisme en possession du sac à main de la jeune femme. Mais le shérif Walt Longmire n'est pas du genre à boucler son enquête à la va-vite. 

D'autant que le sac de la victime contient une vieille photo de Walt prise quarante ans plus tôt, et qui le renvoie à ses souvenirs de la guerre du Vietnam.


Excellent ! Le petit dernier est particulièrement réussi. L'investigation de nos jours se mêle à celle du jeune Walter pendant la guerre du Vietnam. Vraiment bien foutu.

Longmire vous réconcilie avec les Stetson. Non cela n’empêche pas forcément le développement normal du cortex...

Et ça c'était pas gagné !