mardi 29 juillet 2014

L'excitomètre se la raconte...

Mais pas trop quand même...

C'est chaud !

Bon les aminches, j'ai optimisé les derniers jours de mes congés pour m'enquiller quelques séries que j'avais scrupuleusement notées sur mon agenda Batman.

Cela ressemble fort à du binge watching, je sais mais cela change du binge creping et c'est plus sain pour mes artères et ma ceinture abdominale.

Or donc, honneur aux dames : 

Après avoir passé 13 mois dans l'espace, l'astronaute Molly Woods (Halle Berry) retourne sur la Terre et rentre à la maison auprès de sa famille. 

Son mari, John, est un scientifique surdoué, et Ethan, un petit garçon pas comme les autres. En effet, celui-ci n'est pas le fruit naturel de leur union, vu que Molly est stérile : il a été conçu par son père comme le premier prototype d'une future lignée de "Humanichs", des "robots humains". 

Quand elle se retrouve mystérieusement enceinte, Molly a du mal à comprendre comment elle a pu tomber enceinte pendant les 13 mois d'une longue mission spatiale en solo.

Tu m’étonnes (John... désolé mais cette vanne affligeante me poursuit depuis le lycée) ! il s'en passe de belles dans les stations spatiales j'vous l'dis ! Ça me fait penser à un film avec un plombier de l'espace qui vient réparer les siphons de la station et qui tombe (littéralement) sur une jeune assistante accorte qui.... BREF ! 

EXTANT les amis, série produite par Spielberg et écrite par un foutu inconnu au bataillon, escadron, escouade et toutikiki... Un pilote un poil lent mais les épisodes suivants trouvent un rythme de croisière un peu plus trépident. Le casting est plutôt classe. 

Halle, bien sûr. Bon Halle fait partie des actrices que j'apprécie pour la puissance de son jeu, toutes considérations esthétiques mises à part.

Ahem...

Ceci dit, elle s'en sort pas mal notre quadra sexy dans un rôle plutôt casse gueule.  


Son faire valoir n'est pas mal non plus.



Nan je ne suis pas qu'un George Clooney light !

Goran Visgj, ha, Visnf, 'tin... Visjnic a y est ! le remplaçant de Georginou dans URGENCES (et le premier rôle de HYPNOTIC petit film d'horreur bien foutu que je vous conseille). Le mari de Halle qui se demande lui aussi si la mission solo était bien solo hein...




Faudrait pas le prendre pour le neuneu de la base l'ami Goran. Dans le rôle du mari aimant et compréhensif, il est plutôt juste, dans celui du scientifique passionné et pionnier, l'est encore meilleur. C'est lui qui propose de créer des intelligences artificielles douées d'empathie, de réelles émotions qu'elles ne se contenteraient pas de singer. Et comme le couple Halle/Goran n'arrive pas à avoir d'enfants autant s'en fabriquer un.


Atout n°1 du cast à mon sens. L'enfant flippant qui part en cougnette et finit par décapiter des pigeons, ça marche toujours....
Le petit Pierce gagnon est excellent, il passe sans frémir du "qu'il est meugon..!" à "Pourquoi il me regarde comme ça,  fout les j'tons ce p'tit con..!"

Moi jusque là, en 'ti gars simple, je me contentais fort bien de cette trame : l'intelligence artificielle ça fouane un peu l'extinction (EXTINCT / EXTANT, vous percutez ?) de la race humaine obsolète. Rajoutez à cela le fait que ET l'a bien grandi et il a une vie sexuelle active maintenant. Passque toute la série tourne autour de ça, le N'alien tatata !!! On le pense très fort mais on ne le dit pas.

Las... Nous sommes sur une chaîne nationale, on veut du rebondissement qui retourne ton sloub, donc on empile... Les gars de la Nasa sont pas nets, un peu de complot corporatiste à deux boules ça ne mange pas de nain...

C'est aussi l'occasion d'apprendre où en sont les stéréotypes américains : après le Français, faible et couard ! Le Japonais est fourbe ! Toujours le même en plus...

Hiroyuki Sanada. La quintessence de l'asiatique qui complote, qui ourdit,  et qui va la mettre sa misère, à force, ça va pas rater...
Fini de me les geler sur HELIX.
Sinon je sais toujours tout.
 Je ne dis toujours rien.
Juste pour faire chier.
Encore.

C''est un brin pénible d'aller nous chercher le grand méchant ailleurs. Ce sont des grands naïfs ces Staaatessiens, ils ne sont que méchants de secondes mains, par la bande...

Ces défauts empêchent EXTANT de me convaincre totalement. Je veux bien tenter l'aventure mais comme au poker, je demande à voir. Je ne mise pas tous mes jetons. Ça non...





Maintenant, ça swingue chez l'ophtalmo !

Lorsqu'un Boeing 777 atterrit à l'aéroport new yorkais JFK sans qu'aucun signe de vie n'en émane, Eph Goodweather, un scientifique spécialisé dans les épidémies et les attaques biologiques, est dépêché sur les lieux.

A l'intérieur de l'avion, il découvre que tous les passagers sont morts, probablement tués par un étrange virus ou... un monstre non identifié.

L'homme fait alors équipe avec un ancien professeur, survivant de l'Holocauste, Abraham Setrakian. 

Ensemble, ils constituent un petit groupe qui devient rapidement le dernier espoir pour la survie de la race humaine. 

Des vampires transforment en effet petit à petit la civilisation en un gigantesque buffet. Le sang coule à flots et rien ne semble pouvoir les arrêter...

Les vampire, les filles... Plusieurs écoles s'affrontent.

Les bisounours :

- Bella !
- Edward !

- BELLA !!
- EDWARD !!

- BELLA !!!
- EDWARD !!!

Hum... 



Sinon il y a la vision de Guillermo Del Toro





Guillermo est plutôt du genre Open bar, Happy Hour et buffet à volonté. THE STRAIN nous propose donc une vision sombre et moderne de Dracula où un Boeing remplace le Demeter mais sinon le reste y est, cercueil rempli de terre et tout...

Bon le big chief, le grand ancien mesure plus de trois mètres et a autant à voir avec le Dracula classique que Mandela avec Vladimir Poutine. 

Rien de révolutionnaire dans le propos, les vampires en costard Armani, on avait déjà vu, le survivant de la Shoah en Van Helsing du troisième âge itou... Mais il y a un vrai savoir faire. On reste loin tout de même de la tension Walkindeadienne. Pour l'instant. Souvenons nous de la première saison de WD.

THE STRAIN est un plaisir coupable jusque là. Rien de plus. Une série bien rythmée et qui se laisse regarder sans ennui mais sans réelle passion. Il manque un grain de folie. On attendait plus de Guillermo.

Le héros principal est incarné par un acteur que j'aime beaucoup Corey Stoll. 


Mais l'ami Corey est victime du Moumoute effect : 

Hop là !


Pour un résultat... Nan... je ne dirai pas décoiffant. Merdum je l'ai dit.








Quel est le concept de cette moumoute ? Quel est l’intérêt scénaristique de cette perruque ? Il va devenir chauve plus tard dans la série et larguer le postiche ?

Sinon, ok pour THE STRAIN. Mais il n'y pas de quoi courir nu dans la neige, les joyeuse à l'air.

Nan le plus convaincant finalement : 


Les aventures de John Constantine, extralucide anticonformiste et torturé,  à la poursuite des anges et des démons qui hantent les rues de New York. Accompagné de Liv Parson, une jeune femme dont il a bien connu le père et qui a hérité de son don pour voir les morts, il essaye de faire régner la paix là où le mal veut s'installer...

Un pilote prometteur pour une diffusion à la rentrée. Bien rythmé, bien joué, avec un acteur plus Comicsso compatible


Bon pas l'ombre d'une clope à l'horizon et la bisexualité de l'ami John, on peut oublier je crois. Mais un pilote accrocheur qui ne demande qu'à s'affirmer et s'envoler du tarmac pour gagner les étoiles.

'tin c'est beau, on dirait du Renan Luce...

lundi 28 juillet 2014

demat deoc'h

Soit bonjour à vous en Breton. 

Me voilà de retour des Cornouailles où après avoir bien profité abusé du chouchen, des embruns  des paysages qui te font dire que l'on est peu de choses finalement, je suis de retour...

J'ai itou profité de ces vacances pour claquer quelques livres et pris du retard sur mon planning série, en partie rattrapé. 

Bref, après le ravissement incommensurable de retrouver les joies d'un travail salarié, je vais pouvoir à nouveau goûter au bonheur (sincère çui-là) de balancer des post les aminches. Tremble toile virtuelle, I'm Back.



samedi 5 juillet 2014

Une question de rythme

Excitomètre 1 - Triste réalité 0

Salutations les filles. L'autre jour, les nougats bien calés sur la table basse, confortablement installés, ma cérie et moi nous sommes maté la nouvelle série de la 6 : SCANDAL.

Rien d’infamant pour cette série, honnête et efficace avec une actrice vraiment heu... télégénique et plutôt juste mais peu importe. SCANDAL n'est pas le sujet de ce post. 

Nan mais je me suis fait la réflexion que ce genre de série répond aux mêmes canons. En effet une pub scande, tous les quart d'heure, la diffusion aux Etats-Unis et pour ancrer le consommateur à ce programme, il faut lui donner envie de rester après la réclame. Donc tous les 1/4 d'heures, un mini cliffhanger ponctue la narration.

Si l'on y fait attention c'est assez criant. Et artificiel itou. On se retrouve ainsi dans les rails d'une série de network, divertissante mais rarement surprenante. Les 4 grandes corporations CBS, ABC, FOX et CW nous donnent à voir le même formatage avec quelques heureuses surprises par moment : HOUSE, THE GOOD WIFE, HANNIBAL... Mais globalement, même pour ces dernières, ce petit suspense pré-réclame subsiste, immuable.

Rien de tel sur le câble, enfin rien d'obligatoire. C'est une chaîne payante, si on y vient on a fait son choix et de toutes façons l’abonnement est payé, on peut se lâcher. Proposer des séries moins pré mâchées, qui ne donnent guère d'indications sur la marche à suivre et le chemin à tracer. C'est souvent le cas sur 


HBO est la mère des chaînes câblées, la source divine des œuvres les plus fortes de ces dernières années : ROME, DEADWOOD, SIX FEET UNDER, SOPRANOS, GOT, TRUE DETECTIVE et j'en oublie... HBO ne s’astreint pas à la règle de la tension narrative récurrente que je mentionnais et cela nous donne parfois des séries déroutantes.

Du jour au lendemain, un 14 octobre en apparence ordinaire, 2% de la population disparaît mystérieusement de la surface de la terre. Ces gens, de tout âge, se sont évanouis dans la nature, sans explication, laissant leurs proches dans l'angoisse, voire le désespoir.

Trois ans plus tard, la vie a repris son cours dans la bourgade de Mapleton, une petit ville près de New York, mais rien n'est plus comme avant. Personne n'a oublié ce qui s'est passé, ni ceux qui ont disparu. A l'approche des cérémonies de commémoration, le chef de la police locale, Kevin Garvey, est en état d'alerte maximale : des affrontements dangereux se préparent entre la population et un groupuscule comparable à une secte...

Voilà un pitch qu'il est meugnon... On tremble à ce qu'aurait pu en faire un JJ Abrams (mais qui regarde encore les séries de JJ Abrams ?) en grande forme. On peut du reste légitimement frissonner car son complice "LOSTien" Damon Lindelof est aux manettes et on se dit "mazette va nous mettre du bon gros rebondissement bien bourrin ras la timbale !"

Kinini ! L'est sur HBO, le gars et ce n'est pas le genre de la maison. Soit Lindelof est venu sur HBO pour échapper au diktat pré cité soit HBO lui a imposé sa marque de fabrique, mais cette histoire de poule et œuf nous intéresse peu, seul compte le résultat et que vaut donc  THE LEFTOVERS ?

Et bien, c'est intriguant les aminches, suffisamment pour nous inciter à continuer l'aventure mais point trop pour nous rebuter devant un gloubiboulga mystique à la mord moi le gnou. Pour l'instant cet équilibre fragile est maintenu...



En effet Damon Lindelof n'empile pas les mystères comme un ancien président les affaires judiciaires. Ils laissent les quelques uns présentés infuser lentement. 

Où sont partis les personnes évaporées ? 1 personne sur 50 quand même. Parmi les plus connus : Benoit XVI, Jennifer Lopez etc... Ce qui nous vaut une scène savoureuse à la fin du pilote. Que veut cette secte dont les membres ne parlent pas et fument cigarettes sur cigarettes pour affirmer leur foi ? Etc.

Le casting est plutôt classe : 

Justin Théroux 
[flash people : M. Jennifer Anniston à la ville
tient bien la baraque dans le rôle du shérif, cocotte minute ambulante. Faut dire que Justin, acteur Lynchien s'il en est,  connaît bien les univers barrés.


Margaret Qualley 
[flash people : la fille d'Andy Mac Dowell à la ville]
lui donne la réplique dans le rôle de sa fille. Très bien, une révélation en puissance...

Liv Tyler est là aussi
[flash people : fait beaucoup moins flipper que son papounet]
Et si je ne suis guère fan de ses performances habituellement, elle se hisse au diapason de ses partenaires.

J'ai apprécié ce pilote, même si l'on est loin de la claque de TRUE DETECTIVE, on est bien dans une série HBO maison, légèrement TWINPEAKSIENNE, sur un rythme parfois lancinant mais jamais lent, un tempo à la TOP OF THE LAKE, pour ceux qui connaissent. 

En outre, le début du pilote est assez saisissant et nous épargne le bêtement spectaculaire à la FLASH FORWARD. Cela nous conforte que la mise en scène l'emporte toujours sur les effets spéciaux crus et laissés à eux mêmes.

Bien sûr la cougnette cosmique est à craindre, un essoufflement itou. Une relance ésotérique du scénario n'est pas non plus à écarter. Mais ce pilote dévoile les failles et les tourments de ceux qui restent face à l'absence inexpliquée et c'est très bien comme ça. 

Soyons optimistes et présageons que notre patience sera récompensé. Ouiouilesi...

Et pendant ce temps là...



mercredi 2 juillet 2014

Playlist



Nouveau coup de cœur les aminches, FOOD de Kélis. Cette fille a un talent incroyable, quelque part entre Morcheeba et Maci Gray, les cuivres en plus...




N'est pas mort ce qui à jamais dort


" Ph'nglui mglw' nafh Cthulhu R'lyeh wgah' nagl fhtagn

- Enfin à peu de chose près. Gloire au Grand Ancien mes frères stagiaires
- Heu, j'suis tout seul votre bloguerie
- Tais toi Nutello ! Redoutons l'immémoriale créature venu du fond des âges, dimensions, espace temps, ténèbres démoniaque et toutikiki... Cthulhu j'implore ton nom 
- Gloire à toi Luc, non, Coututlou, ha c'est pas facile! Chatoulou...
- Cthlhu, jeune Nutello, Cthulhu


Je sais pourquoi je n'aime pas les fruits de mer. Saloperie va !
- Heu dites moi votre bloguerie ?
- Hum...
- Z'avez parlé d'un sacrifice humain votre bloguerie...
- En effet pour réveiller Cthulhu, faut un peu plus que le morning de RTL 2
- Mais heu votre bloguerie, il n'y a que vous et moi là...
- Il est vrai, jeune Nutello, il est vrai...
- Nan, votre bloguerie, pitié, argnkjklh...."

Bon. le temps que l'ami poulpe se réveille, nous pouvons aborder le cas Lovecraft. 

Or donc HP Lovecraft, écrivain américain, respirant la joie de vivre, souriant les jours de fêtes, heu attendez, je vérifie mes notes... Nan  en fait : ne souriant jamais. Donc Lovecraft a écrit des récits fantastiques où de pov' mortels sont confrontés à des monstres incompréhensibles qui finissent par broyer cette fragile humanité à coup de démences subites et suicides spontanés. 


Les commissures de mes lèvres ne se sont jamais, JAMAIS !, infléchies vers le haut...
Lovecraft a créé un bestiaire fantasmagorique bien dégueulasse où d'abominables créatures venues du fond des âges [temps antédiluviens où elles régnaient en maître sur notre monde] dorment. Attendant le réveil, réveil hâté par des nécromanciens. 

J'ai peu lu Lovecraft. L'AFFAIRE DEXTER WARD, LE MYTHE DE CTHLHU, et c'est à peu près tout. Tout d'abord l'oeuvre de Lovecraft est composées de nouvelles et vous connaissez mes préventions envers ce genre littéraire. En fait, je ne suis pas un si grand fan de Lovecraft, l'écrivain hein. Parce que l'homme, misogyne, xénophobe, antisémite était un sale con médiocre. 

Par tronche, Lovecraft a un côté fascinant dans ses écrits, c'est sa radicalité. L'homme n'a aucunes chances. Non. Vraiment aucunes. Comment vous dire, l'humanité face à Cthulhu et ses potes a encore moins de chance qu'un terroriste face à Steven Seagal... 

De plus si le mec qui aperçoit une lueur verdâtre  dans sa cave, qui entend des psalmodies à glacer le sang, se dit "tin si on allait voir..." Il y met un peu du sien...

J'ai moi même vécu dans ma chair cette lutte sans espoir. En effet rôliste, j'étais (je le suis encore) et je masterisais dans ma folle jeunesse le jeu de rôles L'APPEL DE CTHULHU. Je voyais mes joueurs se débattre et finir par abdiquer en sanglotant, abandonnant leurs personnages à leurs tristes sorts. Démence où mort (atroce de préférence), le seul choix possible est de reculer la fatale échéance.

Mais Foin de nostalgie...

Or donc HP Lovecraft est surtout pour moi l'occasion de vous parler de ce bouquin : 


« J’ai lu le livre qui rend fou. Le Necronomicon. Et aujourd’hui ils m’ont enfermé. Qui que vous soyez, où que vous soyez, si vous tombez sur un exemplaire de ce livre démoniaque, croyez-moi : fuyez-le, brûlez-le – même si cela ne suffira pas à le détruire – mais par pitié : ne l’ouvrez pas…»


David cherche à comprendre les raisons qui ont poussé un de ses camarades à perpétrer un carnage abominable sur le campus de Laval, au Québec. 
Retrouvant les œuvres récemment empruntées par cet étudiant, David se voit piégé à sont tour par les livres maudits, dont le fameux Necronomicon de l’écrivain H.P. Lovecraft … Pris dans l’univers du romancier, il bascule à son tour…



Ah les aminches, le NECRONOMICON. Supposément écrit par un Arabe a moitié fou, sur de la peau humaine qui rend complètement cintré à sa lecture. 

La plus belle création de Lovecraft. Enfoncé Sherlock Holmes, si vous voulez mon avis, quant au mythe plus vrai que réel. Le nombre d’occurrences sur google est phénoménal. Lovecraft, lui même, fut dépassé par sa création. 

David, le héros du PIÈGE DE LOVECRAFT, va chercher ce livre, éperdument même s'il sent qu'il perd pied et qu'il se rue à sa perte. 

Ce qui est pratique avec les livres composés "à la manière de" est que l'on peut attribuer les fautes de l'ouvrage au modèle inspirant. Ainsi si l'on peut légitiment penser qu’Arnaud Delalande a sorti son dictionnaire de synonyme pour nous assommer de toutes les déclinaisons possibles de peur, angoisse, terreur etc. La faute n'en revient-elle pas à LOVECRAFT qui n'a jamais donné dans la sobriété ?

Ouaip. Lovecraf a un gimmick, placer le plus possible d'adjectifs dans un paragraphe : 

"Le hurlant abîme crépusculaire étincela devant lui, il se sentit impuissant dans l’étreinte informe du conglomérat de bulles irisées. En avant, le petit polyèdre kaléidoscopique filait à vive allure, et dans le vide bouillonnant, un développement et une accélération du vague système tonal semblèrent annoncer un paroxysme indescriptible et insoutenable. Il pressentait ce qui allait arriver – l’explosion monstrueuse des chants walpurgiens, qui concentraient dans leur sonorité cosmique toute l’effervescence primitive, fondamentale, de l’espace-temps qui couve derrière les sphères de matière amoncelées, et jaillit toutefois en réverbérations rythmiques qui pénètrent atténuées tous les niveaux d’être et confèrent partout dans les mondes une terrible signification à certaines époques redoutées.

Mais tout cela disparut en un instant."
LA MAISON DE LA SORCIÈRE

Donc si l'on trouve le style d'Arnaud Delalande un poil chargé, il reste d'une simplicité bienvenu face au foisonnement étouffant Lovecraftien.

Les protagonistes du PIÈGE DE LOVECRAT ont une psychologie sommaire ? Itou mon potou.

Lovecraft ne s’embarrasse pas de psychologie. Ses personnages sont falots, tous du même moule. Ses personnages sont là pour ressentir. Ce qui compte c'est leur réaction face aux odeurs, aux bruits et enfin à la vue proprement insoutenable des monstruosités des abysses.

Bref le héros du PIÈGE DE LOVECRAFT vous semble un brin transparent, et bien c'est un héros typiquement Lovecraftien. Son caractère est peu flamboyant mais son destin est tragique et hors du commun.

Cela étant dit, le plus fort dans Lovecraft est la construction de ses livres, et LE PIÈGE DE LOVECRAFT est admirablement charpenté. Les chapitres se répondent et le dénouement...

Le dénouement est surprenant. Et comme je ne veux pas spoiler, je dirais qu'il est fortement inspiré d'un autre livre totalement étranger à l'univers de Lovecrat, un livre magistral que Delalande ne cite pas mais je veux bien lui accorder le bénéfice d'une coïncidence logique. En effet Arnaud Delalande est un écrivain et ce dénouement doit travailler en profondeur tout ho(fe)mme de plume qui se respecte.

King ainsi en son temps...

Transition subtile pour vous dire que Delalande imagine une confrontation particulièrement réussie et réjouissante de David son héros tragique et Stephen King que l'on voit comme l'héritier putatif de Lovecraft. 

[A tort. La psychologie des personnages de King est poussée et fouillée jusqu'à l'os. Lovecraft ignore les personnages féminins, rien de cela est chez King. Pas de sexe chez Lovecraft, hygiéniste obsessionnel, il est même nié. Le sexe est parfois l'un des ressorts Kingien, jamais évacué en tous cas]

Ce passage est excellent et Delalande réussit le tour de force d'un hommage ambigu mais réel à l'une de ses idoles sans tomber dans le panégyrique.

Pour conclure, pour un dénouement surprenant et grinçant, un livre bien foutu qui procure un vrai plaisir de lecture qui t'oblige à tourner les pages (je l'ai claqué en 4-5 jours) je conseille ce bouquin. Encore plus aux fans de Lovecraft (Sandrine si tu me lis, fonce ! Ce livre est idéal pour l'été...)

A Y EST. 

IL SE RÉVEILLE LES AMINCHES. CE TREMBLEMENT DANS LES SOUBASSEMENT DE NOTRE BOULE BLEUE. CETTE INNOMMABLE,  INSONDABLE, INSOUTENABLE, D'AUTRES TRUCS EN ABLE, CRÉATURE REVIENT. ADMIREZ ET TREMBLEZ DEVANT LA PUISSANCE TERRIBLE ET MERVEILLEUSE DU GRAND CTHULHU : 

Ah quand même... Tu n'est pas mort en vain Nutello !