samedi 29 mars 2014

L'exception acte III

Mais surtout la littérature française et c'est pas près de s'arranger : 



Pendant un an, Annie Ernaux a tenu le journal de ses visites à l’hypermarché Auchan du centre commercial des Trois-Fontaines situé en région parisienne.

Moi je dis ça fait trop envie... C'est vrai quoi, un journal de bord des courses à Auchan. Trop de la balle !

Bon... Je ne l'ai pas lu et c'est un peu facile de critiquer sans l'avoir lu. C'est vrai. Mais t'in ! Que c'est bon !

C'est pas le tout mais c'est un blog sérieux Messieursdames et je me dois de chroniquer des œuvres que j'ai lu gueldiguiou !

Donc z'aujourd'hui les aminches deux écrivains, ostracisés, rejetés par la critique, rétifs aux honneurs et absents des palmarès : 
J'aime la vie et les fous rires incontrôlés

Michel Houellebecq, les filles. Le plus connu des écrivains français. Exilé fiscal fuyant la petitesse française, Michel a inventé une écriture que je ne nommerai "à plat".

Oui j'aime bien Mich Mich. J'ai lu quasiment tous ses livres et s'ils n'exhalent pas un amour profond de l'humanité, ils sont admirablement construits et bénéficient tous de cette musique Houelbecquienne, ce faux rythme. Cette écriture neutre si copiée, enviée mais jamais réellement égalée.

Bon je ne vais pas chroniquer tous ses livres parce que : 
  • j'ai la flemme
  • j'ai la flemme.
Nan. Alors ce ne sera pas PLATEFORME, je ne l'ai pas lu, du moins pas en entier. Pas pu le finir. Mais çui là est mon préféré : 



Daniel vit au début du xxie siècle. Il rédige son autobiographie, en fait, son « récit de vie ». Il y raconte sa carrière d'humoriste, ainsi que sa vie intime et ses relations avec une secte, les Élohimites. De nombreux siècles plus tard, deux de ses descendants clonés, Daniel24 et Daniel25, lisent le récit de vie de Daniel et y ajoutent leur propre commentaire.

Le roman est structuré en trois chapitres :
I. Commentaire de Daniel24
II. Commentaire de Daniel25
III. Commentaire final, épilogue



Quand Michou se frotte à la science fiction, cela donne un récit hors norme. On ne trouvera point dans ces pages de rebondissements bondissants prémâchés mais une réflexion sur la vie, l'amour, la postérité... Et c'est passionnant. Chaque clone doit écrire sa vie pour que le suivant puisse s'approprier les souvenirs du Daniel originel. Qui est un homme banal, promis à la vie éternelle mais qui n'en fait rien. Ce roman est fascinant dans sa construction impeccable. Il est aussi éminemment romanesque, épique alors que le style reste neutre, "blanc", quasi sans souffle. 

Houellebecq a lui même adapté son livre sur grand écran. L' a dû faire 20 entrées. Et au vu du résultat, c'est déjà beau. Un navet de la plus belle eau. Je ne l'ai pas vu en entier, on dirait un film d'auteur hongrois dépressif tourné sous la dictature communiste... Reviens à la machine à écrire vieux, le travelling c'est pas pour toi...

'Videmment, faut adhérer à l'écriture Houellebecquienne, c'est loin d'être un écrivain consensuel, malgré ses ventes faramineuses et son prix Goncourt (excellent itou). C'est là tout le paradoxe de ce misanthrope. on le sent, Houellebecq aurait préféré être Mick Jagger que ce Céline aux petits pieds et physique ingrat. Tant mieux pour la livritude ! L'a du reste tâté de la chanson, Michel, et hum... Reviens à la machine à écrire vieux, le synthé c'est pas pour toi... 

Et notre autre invité du jour, notre rebelle, notre écrivain maudit, refusant le brouhaha médiatique et préférant la confidentialité sans compromission : 

J'aime faire la fête avec mon ami Michel !
Philippe Djian, écrivain et parolier (il écrit les textes de Stephan Eicher) 

Il faut le dire, au début Philou n'était pas vraiment le chouchou de l'élite critiquarde de la rive gauche. L'était même un poil (poil ras hein, faut pas déconner non plus) méprisé pour ses outrances genre 37,2 ° LE MATIN. 

Et puis, et puis, le vent a tourné et les tourneculs avec. J'ai suivi le vent itou. 

Djian est adepte de ce que l'on pourrait appeler la césure...

" - Pardonnez mon outrecuidance votre munificente Blogueurie. Astre solaire dans une longue nuit de ténèbres enténébrées. Boussole, phare de la pensée occidentale. Maître yogi de la transcendance transcendantale orientale.
- Oui jeune stagiaire? Granolo c'est ça ?
- Oui votre blogueurie, je suis un peu perdu...
- Perdu ?
- Oui votre Blogueurie, vous avez maintes fois souligné, lors de nos réunions de groupe, votre rejet de la "littérature officielle", la littérature sans estomac selon le livre de Pierre Jourde, ce sont vos propres mots. Et là, quand même, votre Blogueurie, on est en plein dedans...
- Certes Granolo, je comprends ton désarroi mais...
- Ce sont même les têtes de pont de la littérature des salons en ville, des suppléments littéraires, de France Culture, Inter et Télérama.
- j'entends bien Granolo mais...
- Ce ne sont pas votre ironie glissante et vos coups d’œil convenus qui vont masquer cette contradiction irréductible qui met à bas tout le système de votre pensée..."


Il s'est pris un piano assis et c'est pas un détail pour lui.
Ahem... Donc Djian pratique la césure narrative. La page tourne et paf tout a basculé. Djian applique souvent ce gimmick. Un peu trop ?

Je ne sais, je n'ai pas lu beaucoup Djian. J'ai commencé à l'apprécier en dévorant la série DOGGY BAG construit comme une série télévisée, les chapitres sont des épisodes et chaque tome correspond à une Saison. Pas mal. Mais le top de Djian, à mon humble avis : 


Francis est un écrivain à succès, meurtri par l'existence. Sa femme et l'une de ses deux filles sont mortes devant ses yeux. À soixante ans, il est maintenant installé au Pays basque où il a mis de côté ses derniers remords en se remariant. Mais voilà que sa fille Alice, qu'il chérit plus que tout, disparaît brutalement et brise ce fragile équilibre. De la forteresse mentale qu'il se construit pour ne pas s'effondrer, il va découvrir un monde sans pardon possible.

Voilà un 'tin de bon bouquin. Le style de Djian, sa psychologie affinée et son sens du récit sont portés à leur firmament. D'ailleurs c'est avec cet opus que Phil va découvrir les délices d'une critique béate, des bêlements enthousiastes au Masque et la Plume. 


Une fois de plus au delà du style qui semble simple mais se révèle inimitable, c'est le romanesque qui me permet d'adhérer à la prose Djinienne. Si vous ne voulez en lire qu'un, lisez çui là. 

Ou pas... On s'en sort très bien sans Houellebecq et Djian. Juste que ce serait dommage. Alors que concernant Marc Levy, reprenez plutôt du dessert...


Repose en pièces Granolo...

vendredi 28 mars 2014

Hissez haut Ho mon bateau...


Ah, je vous le dis les filles, la piraterie ce n'est plus ce que c'était. Ce ne sont plus maintenant que jeunes fanatisés et affamés (l'un n'étant pas sans rapport avec l'autre) de la corne de l'Afrique ou jeunes boutonneux, cheveux gras, soda et chips devant un clavier.

Bon les cheveux gras, on a mais pour le reste....

Revenons donc à cette formidable série qu'est BLACK SAILS. Là les aminches, on tient un hit. Une série toute à la fois fun, rythmée et ambitieuse. Le package, tout en un.

On avait laissé nos beaux forbans et nos accortes escortes (maispasque) à la veille d'un bouleversement majeur. L’Angleterre siffle la fin de la partie, fini l'anarcho-utopique arrangement ayant cours jusque là sur l'île de Nassau, le royaume de Sa Majesté veut reprendre la main et mettre fin aux passe droits. Ça va envoyer de la fonte, j'vous l'dis !

Mais le capitaine Flint (oui, celui de L'ILE AU TRÉSOR) s'allie avec Eleanor Guthrie pour contrer les perfides Albions. 

Pour cela Flint a une solution, une quête éperdue, tel Aguirre cherchant la cité d'Eldorado, lui traque sans répit l'Urca de Lima, légendaire galion espagnol, rempli ras les cales d'or et de richesse. 

Il doit, à cette fin, bénéficier du soutien d'Eleanor, la fille du lord qui gouvernait Nassau mais qui a connu quelques revers de fortune. Tient les rênes maintenant Eleanor et fermement. Cette femme est une claque cosmique au cliché de la bombe blonde au citron pressuré, au QI d'un plat de flageolets froids. Une femme de tête bien faîte et bien remplie.

Les femmes ont un rôle fort dans BLACK SAILS, elle ne sont pas là que pour s'évanouir, faire le tapin ou se faire violer.

Pour preuve Max (dont j'apprécie tout particulièrement le jeu charnel et sensuel, hum...) qui s'est allié à John Silver (oui, celui de L'ILE AU TRESOR), marchant encore sur ses deux jambes, pour tenter de revendre l'itinéraire de L'urca. 
Max, ancienne amante d'Eleanor, va passer un sale quart d'heure. Fait quand même pas bon être une femme en ce temps là (parmi tant de plans temporels peu favorables à la condition féminine). 

Le reste du casting est à la hauteur : 


Entre les manoeuvres de John Rackam trop intelligent pour son époque et son amante Anne Bony qui tente elle aussi de naviguer dans un univers masculin (maniant particulièrement l'arme blanche, elle suscite crainte et respect)...









Les rodomontades du Capitaine Vane et les scrupules de l'honnête Billy Bones (oui, celui de L’ÎLE AU TRÉSOR)....

Les caractères sont dessinées au fusain, dans les détails et non à gros traits...

L'intrigue est suffisamment complexe pour que l'on s'intéresse à la suite et point trop embrouillée pour que l'on tique devant des rebondissements sautillants

En outre la plupart des personnages ont réellement existé (Eriq le rouge doit saliver à grand litre devant son écran), l'Urca de Lima a réellement navigué. Insérer ainsi l'histoire officielle de la piraterie et celle fictionnelle de L'ÎLE AU TRÉSOR est un tour de force. 

Enfin la réalisation est au diapason. Les scènes sur terre, plus intimes et politiques, alternent avec bonheur aux combats en mer. Ces combats sont intelligemment rendus avec un vrai sens de la dramaturgie, de la violence et du sort constamment sur le fil du capitaine Flint, frôlant en permanence la mutinerie.

J'vous l'dis les moussaillon(e)s, c'est une foutue réussite BLACK SAILS, 8 (trop) petits épisodes qui filent comme un sabre dans la chair humaine !

Laisse toi tenter mon ami(e)...

mercredi 26 mars 2014

Un petit vélo dans la tête

Mesdamessieurs, j'ai déjà signalé que je n'étais point fan des films de Kubrick mais le mythe Kubrick est assez fascinant. Je trouve le cinéaste plus intéressant que ses films froids, cérébraux et certains aussi palpitants qu'une soirée électorale sur France 3. Mais Kubrick charrie sont lot de mystères, de légendes et d'opacité. Un anti-Spielberg en somme, l'ami Steven étant aussi transparent que l' eau claire.

Kubrick est le metteur en scène ultime, total, L'Orson Welles des années 70 et 80. Ses films se prêtent magistralement à une lecture en profondeur, en biais, dans les grandes longueurs, avec pléthore de sous textes et théories fumeuses. 

2001 L'ODYSSEE DE L'ESPACE par exemple avec HAL (l'ordinateur, au disque dur qui prend la tangente et fond les plombs) qui fait référence à IBM (H juste avant I, A juste avant B, bon z'avez compris)... Bon c'est là le sous texte le plus évident et connu (et exact, c'est en fait Arthur C Clarcke, l'auteur de 2001 qui a utilisé ce procédé en premier) des films Kubrickien. 

Mais ce n'est rien à côté du Graal des fanatiques du Da Kubrick's Code: SHINING et l'objet du documentaire : 

Le réalisateur interroge les principaux exégètes de SHINING et compile ainsi les diverse théories qui foisonnent autour du film de Kubrick. 

J'ai vu SHINING. Je me souviens d'un film maîtrisé de bout en bout avec un Jack Nicholson en roue libre mais absolument génial. Et un film flippant, vraiment ! Bref un grand cru. Le côté cérébral et désincarné de Kunbrick se justifie ici amplement. L'un de ses meilleurs films, sinon le meilleur.

Susciter la peur, la vraie, celle qui vous hante, ce n'est pas donné au premier venu, ni même au second... Mais cela ne suffit pas aux intervenants de ROOM 237.

En visionnant ROOM 237, je pensais à Madame Villechenaud. Qui est Madame Villechenaud ? Ma prof de français de seconde et première. Ah les textes de français et ses analyses capillotractées. Peu importe que l'auteur n'ait pas voulu signifier ceci ou cela, qu'il n'en ait jamais eu l'ombre d'une intention ; les signes cachés sont là juste sous nos yeux. Il suffit de chercher et de faire preuve d'imagination. Et l'imagination ne fait pas défaut aux divers interviewés de ROOM 237. 

Formellement, ce film est très agréable à regarder. Toutes les images sont composées de films de Kubrick et autres. Les interlocuteurs ne sont jamais montrés et font preuve d'un sérieux hilarant. 

Ainsi l'un d'entre eux voit des images subliminales à chaque plan. Il est le seul à les voir réellement : 

Ici une méga érection avec un bloc de papier... Bien sûr vieux... T'as pris tes gouttes au fait ? 
Il est quand même conseillé d'avoir déjà vu SHINING avant de mater ROOM 237. Si c'est le ce cas, je recommande chaudement ce documentaire en me félicitant (en espérant) que les spécialistes Kubrickiens, nous faisant part de leur expertise, se cantonnent à ce champs d'analyse. Surtout ne débordez pas les gars, le 11 Septembre, par exemple, ne vous concerne pas. On est bien d'accord... 

ROOM 237 est le symptôme flagrant de la mythologie de Kubrick. Kubrick ne fait jamais d'erreurs, ni de faux raccords. Tout, absolument tout (une chaise qui disparaît d'un plan à l'autre) fait sens !

Bon les aminches, pour ceux qui veulent aller plus loin, entrez les ami(e)s mais à vos risques et périls et abandonnez ici tout imprévu et surprise...

DOMAINE DU SPOILER 


Ok c'est sûr ? 





Quel est le sens caché de Shining ? Hum..? Il se dégage trois principales théories. En fait il y en a un peu plus mais celles là sont mes préférées : 

La théorie Géronimo


SHINING est une allégorie sur le génocide commis contre les indiens d'Amérique.

Les tentures, la tête du bison et les boites de conserves Calumet. 

Voilà voilà...

Si en plus on ajoute que l'Overlook (l'hôtel où se déroule la quasi totalité de l'histoire) a été bâti sur un cimetière indien.

SHINING, à la base, est un bouquin de King, complètement remanié par Kubrick qui n'en a gardé que la trame la plus grossière. Dans le livre ce cimetière indien n'est jamais mentionné...


La théorie Point Godwin

SHINING parle de la Shoah. Deux arguments pour soutenir ce point de vue :

- La machine à écrire qu’utilise Nicholson est de marque allemande. Avec un aigle sur le devant, semblable à l'aigle nazi.

Ahahah. Là ça claque sa mother face !

 - Danny le gamin a un tee shirt avec le chiffre 42 en référence à 1942 !

Pfiout à ce niveau stratosphérique on a du mal à suivre. 

Pour le nain, ça m' échappé... Totalement. Aïe Hi Aïe Ho on rentre de  DAC STTTTTTTTTTTTOOOOOOOOOPPP !

J'veux pas d'ennuis... 

Et last but not least...

La théorie "mais on n'y est jamais allé j't'dis"

L'une des légendes urbaines les plus tenaces est que les Américains n'ont jamais été sur la lune. 

Avec 2001 sur son CV, Kubrick a tout filmé en studio ou dans le désert, ce n'est pas très clair. 

SHINING est un long aveu silencieux de Kubrick piégé par des clauses de confidentialité drastiques. Y a des preuves. 

- Danny a un pull avec Appolo 11 dessus
- La clé de la fameuse chambre n° 237. Tout d'abord, dans le livre c'est la chambre 217. Dans le film c'est la chambre 237. WHAT THE FUCKKK !!! pourquoi ce changement ? 



Passque la distance Terre Lune, béotien(ne)s.  La distance entre la lune et la terre est de 384 000 kms (à peu de chose près). ?????????? Soit 238 908 miles, approximativement 237 000 miles, d'ou la chambre 237... Pourquoi pas la chambre 238 ? Me direz vous. A cela, je rétorquerai, je rétorquerai... Plus tard.. 

Mais c'est pas fini. Sur le porte clé, on aperçoit ROOM N° 237, soit deux mots possible, ROOM hein c'est marqué dessus, mais aussi MOON et si l'on double le N de numéro et que l'on utilise le ° de N° on obtient MOON NO.

Moi ce mec je l'admire. Sérieux. C'est bien d'avoir un hobby. 

Il y a aussi le motif du tapis qui est censé rappeler le pas de tir d'Appolo 11 ????????? Et les boite de conserve... je ne m'en souviens plus, ça renvoie au carburant utilisé ou à une pièce du module, un truc comme ça...

Ces gars (et fille qui voit un minotaure dans un poster de skieur, je n'invente rien !) vouent un véritable culte à Stanley Kubrick. ce n'est pas une formule creuse pour une fois, c'est vraiment du ressort du religieux. Kubrick est leur dieu, et comme toute divinité, il est omniscient. 

Alors pour conclure les nami(e)s, un illuminé imagine regarder Shining dans le sens normal, du début à la fin. En même temps, il monte le film à l'envers de la fin au début et superpose les images. ce gars croit réellement que Kubrick a pensé son film, minuté ses scènes au cas où un cintré aurait l'idée de regarder son film à l'endroit, à l'envers et en même temps ! Superposé ! Alors bien sûr on obtient parfois quelques images saisissantes : 


Le massacre du passé annonce celui à venir...
Evidemment, il occulte totalement les nombreuses juxtapositions totalement foireuses. Le pouvoir de la foi... 


Ce type trouve d'ailleurs que sa vie ressemble à celle de Jack Torrance (le personnage interprété par Jack Nicholson), il est au chômage  il a un petit garçon et prévoit d'aller avec sa petite famille dans un endroit isolé. Réellement vieux ! Tu as vraiment vu SHINING ? Moi je suis sa femme je lui dis:

"- Je vais acheter des agrafes chéri..."

Et hop vamos à Caracas, direct !

Voilà les aminches, on voit enfin le bout de ce (trop) long post. Mais quand même ... Y a rien de caché dans SHINING ? Vraiment ? 

Argh ! En fait... Bon... Vous savez que King a détesté SHINING, de toutes les molécules de son corps tordu. Il a mené une espèce de guérilla,  essayé d'infléchir Kubrick. Une pure bataille d’ego. Qu'il ne pouvait gagner en fait. 

Alors que la voiture avec laquelle la famille Torrance arrive à l’hôtel Overlook est une Volkswagen jaune, celle du livre était rouge. Kubrick fera apparaître celle de King plus tard dans son film, lorsque Dick Halloran, le chef cuisinier, prend la route sous la neige pour rejoindre l’hôtel et qu’il aperçoit en chemin. Une Volkswagen rouge écrasée sous un poids lourd ! Un beau doigt d’honneur envoyé à l’écrivain qui selon la légende l’a rendu fou !…


Celle là, je l'aime bien ! 

dimanche 23 mars 2014

Babal a les crocs



Ouais les aminches, préparez vous. Aujourd'hui nous aborderons un OTQMPMI, un Objet Télévisuel Quand Même Pas Mal Inédit.

Les décideurs des network américains ont eu un revival (éphémère) Hannibal Lecter. Ainsi, une série centrée sur l'agent Clarisse Starling prend la poussière..
La Série HANNIBAL, elle, a bien vu le jour. il s'agit en l’occurrence d'un préquel. L'histoire se situe en amont de DRAGON ROUGE (oubliez le film avec Hopkins rajeuni et pixellisé,   LE SIXIÈME SENS de Michael Mann est bien meilleur).

Le chef de la section "je traque, j'arrête et j'enferme les tarés de tous poils" du FBOUILLE, Jack Crawford, fait appel à l'agent spécial Will Graham pour l'aider dans la chasse. Will Graham a en effet un talent unique, il sait se mettre dans la peau du tueur, littéralement. Will Graham va recruter lui aussi, un consultant, le psychiatre Hannibal Lecter, première mauvaise idée. Jack Crawford, voyant Will Graham, perdre peu à peu pied devant les horreurs auxquelles il est confronté, va demander à Lecter d'évaluer Will Graham, de le prendre en thérapie informelle. Deuxième (grosse) mauvaise idée.

La star des tueurs en série ne pouvait éviter une adaptation sur petit écran après avoir fait les joies du grand. et c'est NBC (une sorte de TF1 en petite forme) qui s'y colle. HANNIBAL n'est pas une série du câble et c'est bien là le plus étonnant. En effet rien n'est édulcoré, nulle aseptisation du propos, HANNIBAL est une série d'horreur, voire gore. C'est un parti pris radical surprenant pour une grande chaîne nationale.

La scène dite des Anges
Attention, nous ne sommes pas là dans le gore cracra, de rouille et d'os, de WALKING DEAD. Ce serait plutôt une composition, une sorte d'oeuvre, Le Caravage fusionné avec Goya mâtiné de Pollock, un scalpel à la place du pinceau. 

Chaque scène de crime, ou presque, est une sorte de tableau en soi, une sculpture horrifique, parfois hallucinante : 

Le totem de cadavres
Un dernier pour la route ?

Le violoncelle humain
Le showrunner avait créé PUSHING DAISY (que je n'ai point vu), il en a gardé le gout des couleurs qui claque et un esthétisme débridé. HANNIBAL est un choc esthétique. C'est beau HANNIBAL, dégueu mais beau.

HANNIBAL a un autre atout son casting. Evidemment fallait pas se rater sur l'interprète du génie du mal et NBC a fait un gros coup : 

Aie confiance mon jeune ami, aie confiance...
Mads Mikkelsen, le géant venu du froid. Il joue à la perfection Lecter, les yeux noirs, brillants d'intelligence et vides de tout le reste. Un léger sourire et on sent comme un courant d'air polaire dans la pièce. Du grand art. Je ne vois guère que lui pouvant chiper l'Emmy à Matthew McConaughey. 

De son côté Hugh Dancy campe un Will Graham fragile, au bord de la folie, et il le fait bien. Il est juste et ne sombre pas dans le tremblé de menton permanent 

// flash people : il est M Claire Danes / Carrie Mathison au civil. Fin du flash people //

Bon alors, HANNIBAL ? Que du bon ? Et bien... La première saison est un peu lente et bavarde, on frôle le verbiage. Faut être adepte de la lecture rapide en VO je vous le dis...

De plus, c'est glauque HANNIBAL et zéro humour à l'horizon. ce n'est que noirceur de l'âme, pulsions meurtrières et traumas lourdissimes, difficile d'empathiser avec qui que ce soit. Graham est beaucoup trop barré, Hannibal trop... Bon, on ne va pas développer...

Mais, mais la saison 2 a pour l'instant résolu le problème de rythme qui se posait dans la saison 1 et les dialogues sont plus posés, moins déclamatoires. Will Graham n'a pas sombré dans la démence pure et simple, c'est même une trouvaille, un pivot scénaristique que l'explication des absences et des délires de l'agent spécial.

La réalisation se ménage toujours des envolées oniriques, franchement décalées, parfois géniales. Le subconscient de Will permet des images de toutes beautés. 



Ceci dit HANNIBAL n'est pas une série facile ni consensuelle. Il est vraiment aisé de comprendre qu'une appréciation unanime n'est pas de rigueur (les audiences confidentielles en témoignent). HANNIBAL peut même inspirer une forme de répugnance.  

Tenterez vous l'expérience ?


vendredi 21 mars 2014

Hélix ire

VOICI VENU LE TEMPS 

- des cathédrales ?
- nan jeune stagiaire. de mon juste courroux !

Le cas HELIX s'aggrave et c'est irrémédiable. Bon on reprend : 

- un trop méchant virus immondeuuuuuuuuuu est lâché dans une base arctique.

- Pourquoi ce virus ? est ce intentionnel ? une mauvaise manip' ? On ne sait pas. C'est le mantra de la série. ON NE SAIT PAS. Ok ?!

- les singes de labo ont disparus. Des savants ont disparus. Les enfants du coin ont disparus. Moi je serai chien de traîneau... 

- le chef de la sécurité de la base, fils adoptif du grand manitou (mystérieux mais pas que, méchant mais pas que, torturé mais pas que) est lui même l'un de ces enfants. Qu'a-ton fait de ces enfants ?

- l'une des scientifiques du CDC envoyé sur site pour contenir et éradiquer ce putain de virus est contaminée puis guérie puis changée ??? 

- cette même scientifique est déjà venue à la base quand elle était petite mais ne s'en souvient pas.

- cette toujours scientifique est la fille du grand big boss de la base mais elle ne le savait pas (bienvenue au club).

- son papa a quoi ? 5 à 10 ans de plus qu'elle. En fait il n'a pas vieilli depuis l'enfance de cette jeune fille.

- y'a des têtes dans des tubes sous la neige dehors à proximité de la base (je n'invente rien)

Et j'en oublie...

Tout ça les aminches en 9 épisodes...

Moi je dis à force de multiplier les coups de (café) théâtre, les retournements et les "roh j'l'avais pas venu v'nir çui là", on voudrait faire oublier... Quoi ? Je sais pas... Par exemple : 

J'suis tristoune moi, tiens je vais trisouner un peu pour changer...
La stagiaire... la 'tite nouvelle, brillante, amoureuse du chef du CDC, son patron. Amour impossibbbllleeeuuuu ? Ben faut voir passqu'elle a une tumeur au cerveau inopérable. 

On se retrouve donc en plein triangle amoureux. Ben oui, Alan Farragut, le chef du CDC se tape son employée mais il a aussi des vues sur Julia  son ex femme qui a couché avec son frère, à lui, Alan, hein... Faut pas déconner non plus (je n'invente rien merdum ! J'l'ai d'jà dit !).


Je m’appelle Julia et je suis une grosse chaudass grande scientifique !
Cette même Julia qui est la fille du directeur de la base, qu'elle a passé son enfance dans cette base et non au Montana  comme on lui a fait croire. Je vais faire un signalement moi, c'est trop dégueu ce qu'on lui a fait à cette petite...

Ok ? Suivez bien... je vais pas me répéter... Donc Julia l'a couché avec son beauf, le frère de son mari. Et ce frangin se trouve être le premier infecté du dégueu virus. C'est sympa les réunions de famille... Le monde est petit hein et le spectateur demeuré, enfin il devrait. Ça aiderait... 

Les infectés parlons en... Bon les aminches, l'une des séries les plus regardées aux Etats-unis (et dans le monde) c'est WALKING DEAD. Je crois que l'info a filtré. Nous avons donc des infectés en mode zombie :

Je suis zombie et j'utilise Ultra Brite, une haleine fraîche c'est important...


Bref les nami(e)s, HELIX me laisse froid. C'est de circonstance me direz-vous, rapport à l’arctique tout ça mais je m'en bats les valseuses à grands coups d'avirons d'HELIX.



Je lui ai laissé sa chance pourtant. Ça commençait bien et puis... Entre le chef du CDC Alan Farragut à la voix éraillée genre Jane Birkin en phase terminale de cancer du larinx



Augmentez la puissance du micro les gars !
Au méchant mais pas que : 

Je sais tout mais je dirai rien. Juste pour faire chier !
Je commence à avoir le transit intestinal grandement facilité. 

Et je vous passe l'angle de la mondialisation traîtresse avec la méga corporation maléfique, le militaire qu'il est trop cruel mais tel Roméo trouve sa Juliette inuit pour une love story au milieu de la banquise. 

En fait c'est un soap comique HELIX, ça nous a été mal vendu. Voilà tout...

Fuck à fuck la fantaisy nouveau chapitre

Bon...

Les filles...

Depuis mon coming-out anti-fantaisy, j'ai reçu de nombreuses marques d'affections : 

- J'vais te gandalfer la tête ! 
geek656625248

- Que Smaug te sodomise pendant une année elfique complète !
laterredumilieuestmonamie824324657654324657584

- Do you want to elarge your penis ?
samanthaviagra.com

Merci. Je me disais, le message est passé. Pas besoin d'y revenir. En plus je suis en pleine phase de recrutement de stagiaires (j'ai subi une sévère et spontanée pénurie de stagiaires)... Mais l'honnêteté intellectuelle est mon alpha et oméga aussi, tiens, tant que j'y suis. 

Tout n'est pas à j'ter dans la fantaisy. Y'a moyen de se marrer en fait. 

En 1983, Terry Pratchett commet le premier volume du Disque-monde.

Le Disque-monde est un monde plat et circulaire, complété par l’immense cataracte qui s’écoule de ses bords. Il est soutenu par les quatre éléphants Bérilia, Tubul, Ti-Phon l’Immense et Jérakine, eux-mêmes juchés sur la carapace de la Grande A’Tuin, tortue gigantesque naviguant lentement dans le cosmos. Une petite lune et un petit soleil orbitent autour du disque (c'est wiki dit qui l'est).

Ah les aminches. Je suis Pratchettophile. Terry Pratchett a lu beaucoup de fantaisy et il s'est rendu compte d'une chose toute simple, c'est du sérieux la fantaisy. C'est vrai quoi ! Z'avez eu beaucoup de sourires pendant LE SEIGNEUR DES ANNEAUX ? Se prend pas un peu au sérieux papa Tolkien ? Mortellement au sérieux même (ok j'arrête) ? Pas la queue d'un soupçon d'une ombre passagère d'une vanne. Pratchett c'est pile l'exact contraire. 

C'est la satire, les ami(e)s, Tolkien passé à la moulinette des Monthy Pythons. Si l'on a du mal avec l'humour absurde, mieux vaut passer son chemin. Si l'on apprécie les clins d'oeil humoristiques fréquents, voire trop parfois disons le, on appréciera le monde. Les sorciers sont pathétiquement nuls et ne pensent qu'à dormir, manger et sauver leur cul. Les chevaliers sont couards. La mort est de sexe masculin et  dépressif au dernier degré.

Le niveau de réalité au Disque Monde est extrêmement faible, si ses habitants se mettent à croire à un truc, ce dernier s'incarne...

Pratchett  y va gaiement et se permet toutes les fantaisies. Certaines tombent à plat mais il mise sur le nombre et ça marche... Il introduit des thématiques d'chez nous, les tord, les malaxe et les recrache dans le disque monde : le cinéma (LES ZINZINS D'OLIVE OUED), la musique rock, l'enquête policière (LE GUET DES ORFÈVRES) et même les privatisations des services publics (TIMBRéS)

Terry Pratchett en mode Gandalf ou RR Martin
Alors certes, cela n'atteint pas le niveau de dinguerie du GUIDE DU VOYAGEUR GALACTIQUE de Douglas Adams, on navigue cependant en loufoquerie bien assumée et on s'amuse la plupart du temps. 

Il y a à ce jour plus d'une trentaine de romans parus. Série en cours. profitons en : Pratchett a été diagnostiqué Alzheimer et entamé une procédure de suicide assisté... 

Enfin, Pratchett est aussi (et surtout) le coauteur de : 


Un sommet. Avec Neil Gaiman en plus. Voilà un homme qui sait s'entourer. 

je suis aussi Gaimanomane. Mais ça c'est un autre histoire. Et un autre post.

jeudi 20 mars 2014

Biactol revient sur terre

Bon les aminches, l'heure est grave. La terre est ravagée. La troisième guerre mondiale a eu lieu. Notre boule bleue est irradiée et inhabitable. Du coup. C'est ballot...  Mais l'humanité est sauve (et meeerde !), une poignée de survivants s'est réfugiée dans l'espace sur une station spatiale. 

97 ans plus tard, l'est un peu patraque la station et surpeuplée sévère. Du coup ça ne rigole pas avec la discipline, chaque délit est puni de mort sauf ceux commis par les mineurs. 100 des ces jeunes délinquants sont désignés comme cobayes et renvoyés sur terre pour juger de son hospitalité. Un monde fascinant et dangereux. 

Ah les filles, après la claque TRUE DETECTIVE, après l'excellentissime BLACK SAILS (j'y reviendrai), je me suis intéressé à cette série du network CW. J'ai sûrement passé l'âge pour les séries CW. Les tourments de jeunes pré-pubères qu'ils soient vampires, super héros (SMALLVILLE) ou justes cons, rien à taper. Et n'oublions pas THE CULT hein notre bousaward estampillé CW...

Mais Les échos de cette série sont prometteurs. 

Selon le Washington Post (ouais je lis le Washington Post, sur Allociné, mais ça compte quand même):


"Cela me fait mal de le dire mais avec The 100, la CW lance avec brio ce nouveau programme, calqué selon les caractères de production de la chaîne, et s’inspirant de séries d’aventures à gros budgets comme TERRA NOVA et RÉVOLUTION, avec un soupçon de HUNGER GAMES. A ceci près que les personnages sont plus intéressants que dans TERRA NOVA et REVOLUTION. Peut-être est-ce dû au fait que j’attendais avec impatience une série de science-fiction qui ne soit pas idiote, mais le fait est que j’ai regardé les premiers épisodes de THE 100 avec plaisir"

Quelque peu bienveillant ? 

L'un des points positifs de cette série est qu'elle démarre vite, pas de scène d'exposition, pif paf tout le monde dans la capsule, back to the earth et en avant Guinguamp !

Le casting est disons attendu, la blonde l'est bien jolie et gentillounette, la brune l'est bien bombasse et grosse salop... chipie. Les abdos sont de sortis et les nénés se portent haut.

Il pleut sur Photoshop....
Les acteurs s'en sortent bien pour l'instant ceci dit, pas de fausse note, pas de : 

Gnnnééé... 
Bon les filles, on sent l'ambition des auteurs, un brin de SA MAJESTÉ DES MOUCHES dans le futur, les clans se forment et décident de caillasser... Heu au hasard... Pouf pouf si on lynchait le black. 

Puis l'on devine que les show runners veulent avoir leur mythologie bien à eux. Veulent du LOST, avec ses 169 questions non résolues. 

D'ailleurs, sur Mir en haut, avec les méchants n'adultes, l'on retrouve 
Y'en a qui disent que ma maman a bien connu Dustin Hoffman
Desmond ? Qu'est ce que tu fais là vieux ? tu joues le méchant de service ? Ok.

Bon... Ok.. J'avoue, tant pis, je n'ai pas détesté THE 100.

Si l'on accepte les canons esthético-jeunistes de CW, on peut savourer le pitch SF masogilo de THE 100 et disons le, on ne s'ennuie pas une seconde pendant le pilote. Et l'on a envie d'y revenir, ma foi... Ce n'est pas pire qu'HELIX après tout, même franchement mieux.

Y a du potentiel mais quel potentiel ? va t-on aller vers une version hardcore de LA FORET D'ÉMERAUDE, un TROIS ANS DE VACANCES en mode survival ? Ou bien THE 100 va t-elle sombrer dans les profondeurs du navet télévisuel tout mou ? 

Je demande à voir...