vendredi 28 février 2014

Lucrèce sans Borgia

Et si la Renaissance était née d'un livre ? Un livre perdu, connu par fragments, recopié par quelques moines et retrouvé par un humaniste fou de manuscrits anciens ? L'idée, audacieuse, vertigineuse, ouvre les portes de l'histoire de Poggio Bracciolini, dit le Pogge, qui découvrit une copie du DE RERUM NATURA de Lucrèce dans un monastère allemand. C'était a l'aube du XVe siècle. Le Pogge n'était pas seulement un bibliophile passionné et un copiste hors pair. II aimait les arts et il avait écrit des facéties grivoises. Il aimait les femmes et était père de dix - neuf enfants. Il n'aimait pas l'Eglise mais il était secrétaire d'un pape diaboliquement intelligent et corrompu. 


Bienvenues les filles dans ces pages d'érudition joyeuse. Alors pour sûr nous sommes loin des Ch'tis à Ibiza, plus proche du NOM DE LA ROSE, mais sans l'effet mille-feuilles étouffant de l'oeuvre de Umberto Eco...

Ainsi s'ouvre à nous un monde inouï. Celui d'une cour papale où s'agitaient agents cupides, moines séducteurs, filous, femmes de petite vertu et humanistes d'exception : un monde tout à la fois sévère et dépravé, contraignant et libre.

En cette fin de moyen age, le héros -ancien bras droit d'un pape (déposé, fait unique dans l'histoire mouvementée de la papauté) sur trois papes en activité- retrouve le fameux DE LA NATURE de Lucrèce, auteur antique, ancien disciple d’Épicure.

Tout d'abord Épicure et ses disciples ne furent pas adeptes de gang-bang partouzé, nananan, mais ils disent une chose toute simple et révolutionnaire : notre vie sur terre ne se résume pas à une vie de douleurs !

En découvrant, copiant et diffusant l'oeuvre de Lucrèce, le Pogge aura permis l'avènement des temps modernes, et aura influencé des esprits aussi libres que Montaigne ou Machiavel. 

Tout, selon Lucrèce, est fait d'atomes en mouvement, qui s'entrechoquent au hasard, se séparent et se rencontrent à nouveau. Quelle idée extraordinaire de penser les atomes et ce vide autour ! Je vous rappelle qu'on est avant JC, visionnaire le Lucrèce c'est peu de le dire... Et il va mettre un beau foutoir en ce Moyen Age finissant. 

DE LA NATURE est un foutu brûlot ! Tout d'abord Lucrèce n'est pas athée, il ne nie pas l'existence des dieux mais il soutient qu'ils s'en carrent intégralement l'oignon de nos existences de misérables mortels. Lucrèce prône fort justement de pratiquer l'indifférence réciproque. Menons notre vie sans nous soucier des dieux. Déjà c'est du lourd mais il va plus loin Lucrèce, il affirme sans sourciller que l'immortalité de l'âme est une vaste foutaise et une incommensurable arnaque. La seule vie qu'il nous sera donné de vivre c'est celle-ci. Tout le système de soumission à un ordre féodal en échange d'une récompense après la mort s'effondre.

QUATTROCENTO nous narre l'épopée de ce livre qui va servir de socle aux Lumières. C'est une ode aux livres. A tous les livres et à leur incroyable fragilité...

Bon en même temps, je ne suis pas sûr que Stephen Greenblatt ait lu SAS A ISTANBUL
















mercredi 19 février 2014

La réplique qui tue et lejeualacon



Salut les filles. 

L'autre soir, détendu du genou (c'est un blog tout public), je regardais une série de bonne facture incarnée par un excellent acteur et là paf la réplique qui claque...

Et ça m'a fait penser aux bonnes répliques déjà entendues dans les séries. Et j'm'suis dit "tiens si je proposais un jeu à la con..."

Alors lejeualacon de la semaine : situez ces répliques dans les bonnes séries, bon c'est pas trop dur à part la première peut-être mais comme c'est elle qui m'y a fait penser... Je fais tout de mémoire, alors je ne garantis pas à la virgule près.

"- Vous savez quand j'ai formé mon gouvernement, mon premier souhait a été de vous renvoyer sur les bancs des députés. savez vous qui m'en a dissuadé ?
- Non mais je sens que vous allez me le dire.
- Absolument personne."

"Mon frère m'a appris que tout ce qui vient avant le mot "mais" ne compte pas."

"- Qu'est ce que c'est ?
- Ah non ! On dit qui est ce ? Vous savez qu'ils ont le droit de vote maintenant"

"- Vous ne vous êtes pas battu avec honneur !
- Moi non mais le mort oui !"

"- Je vais devoir raccrocher maman, je sens le désir monter au creux de mes reins.
- Oui je dois jouer avec le vagin de votre fille"

Enfin en VO et tronquée passque sinon c'est trop facile 

"I'm not in danger. I am THE danger !"


Ah ben oui lejeualacon tout est dans l'intitulé....


mardi 18 février 2014

Fondunérion


L'autre jour, je devisais tranquillement avec mes jeunes stagiaires tout en ramassant leurs dons, quand l'un d'eux m'a posé une question intéressante : 

"-Maître, où est passé Kevin ?
- Heu non pas cette question là. Kevin a eu un accident malheureux avec un fusil à pompe...
- Et Raoul, l'est passé où Raoul ?
- 'Tiiiiinnn ! L'AUTRE question merdum ! A quoi ça sert qu'on répète ! Bon Raoul est absent,  une mauvaise manipulation avec une tronçonneuse. Bref... Pepito, vas y avec LA question.
- Dites nous Ô Maître vénéré : quelle est la meilleure saga SF ? 
- Pfuitt... Merci Pepito. Tin c'est pas compliqué ! Suffit de lire la fiche..."

Donc THE saga SF Mesdamessieurs. Déjà, on a l'embarras du choix, mais on peut raccourcir et avec le sens de la subjectivité assumée qui me caractérise, j'ai établi une short-list : 

- Le cycle de LA CULTURE de Ian Banks. Mais ce n'est pas vraiment une saga, Banks a créé un univers délirant et totalement cohérent avec LA CULTURE mais chaque livre peut se lire indépendamment. il n'y pas l'enchaînement d'évènements qui constituent la trame bien serrée d'une bonne Saga qui se respecte.
- ENDER de Orson Scott Card. Ok on a les bon critères. Mais seuls les deux premiers livres sont vraiment bons, après ça se délite un peu. 

Non en fait les aminches...

A ma droite : 


Le pape de la SF, je dirais même le papa... Digne représentant de ce que l'on appelle l'âge d'or, la SF à la papa. Isaaaaaaaaac  Battling Dad  ASIMOV. 

Isaac Asimov ouaip ! Le Victor Hugo de la SF avec les favoris et tout. Asimov a écrit le cycle de FONDATION 



Le Cycle de Fondation se déroule environ 22 000 ans dans le futur de l'Humanité, qui s'est répandue dans toute la Galaxie, occupant 25 millions de planètes avec un quintillion (un milliard de milliard) d'êtres humains. Tous ces mondes sont regroupés dans l'Empire Galactique, qui a pour capitale Trantor, la planète habitable la plus proche du trou noir central.


En l'an 12 065 de l’Ère Galactique (démarrée à la création de l'Empire), Hari Seldon, mathématicien âgé, fait beaucoup parler de lui. Se basant sur la psychohistoire, science qu'il a inventé et qui permet de prédire l'avenir grâce aux mathématiques , il annonce publiquement que la chute de l'Empire est proche, et inéluctable. Trente mille ans de barbarie sont au programme.

Pour pallier cela, Seldon a secrètement mis au point le Plan Seldon, dont le but est la constitution, au bout de mille ans seulement, d'un Second Empire Galactique, encore plus grandiose que le premier. C'est pour le mener à bien qu'il crée deux Fondations, de structures opposées mais d'égale importance.

La Première, publique, et ignorant tout du Plan, part s'installer dans les extrêmes limites de la Périphérie Galactique, sur la planète Terminus. L'autre, secrète, chargée grâce à la psychohistoire d'assurer la réalisation complète du Plan, est situé à Star's End « là où finissent les étoiles. ». 
Merci wiki...

Le Cycle de FONDATION se compose de

1- FONDATION
2- FONDATION ET EMPIRE
3- SECONDE FONDATION
4- FONDATION FOUDROYEE
5- TERRE ET FONDATION

Ultérieurement Asimov ajoutera PRELUDE A FONDATION et L'AUBE DE FONDATION. Mais je parle là de la série originale. j'ai lu FONDATION jeune collégien et ce fut un émerveillement, je suis donc forcément partial. Mais je l'ai relu depuis et l'oeuvre d'Asimov reste impressionnante. En fait c'est toute l'oeuvre d'Asimov qui se répond et se déploie depuis LES ROBOTS 

- Je rappelle pour les béotiens les 3 lois de la robotique établies par Asimov : 

1- Un robot ne peut porter atteinte à un être humain, ni, restant passif, permettre qu'un être humain soit exposé au danger.


2- Un robot doit obéir aux ordres que lui donne un être humain, sauf si de tels ordres entrent en conflit avec la Première loi.


3- Un robot doit protéger son existence tant que cette protection n'entre pas en conflit avec la Première ou la Deuxième loi -

jusqu'à TERRE ET FONDATION qui conclue la boucle. 

En outre, Asimov a une trouvaille de génie : la Psycho-histoire qui permet de prévoir l'avenir pour un immense ensemble de population, une boule de cristal pour les masses. Evidemment si un individu particulier arrive à infléchir l'histoire... 

La série suit principalement l'évolution historique, sociale, économique et politique de la Première Fondation, qui se développe comme une entité politique normale, à la seule différence près que ses habitants possèdent une certaine sérénité : puisque Seldon a prédit qu'on s'en sortirait, et puisqu'il était "savant", on a tout intérêt à le croire ! Quoi que l'on fasse, on est sûr de le réussir : c'est Seldon qui l'a dit ! Et c'est précisément ce que Seldon voulait. Grâce à cette confiance, les habitants de la Fondation vont s'étendre dans la Galaxie décomposée, entreprenant sans le savoir la réunification.

Cette saga a reçu le prix spécial Hugo de la meilleure série SF de tous les temps. Malgré le style un peu plat, pour tout dire un poil scolaire d'ASIMOV. Une table est une table, pas de fioriture. Une sorte de Simenon de l'espace. De plus, il faut bien avouer que la psychologie des personnages n'est pas le fort d'Isaac mais le rythme haletant et la cohérence de l'ensemble alliés à la magie de l'enfance font du cycle de FONDATION un sérieux challenger.

Mais attention à ma gauche : 

Le barde du futur, le Grand Ecrivain Fraank Fabulous Barbu Heerbert. Non ce n'est pas un chanteur de folk pécheur de saumon en Alaska, amateur de substances psychotropes. Quoique pour ce dernier point...

Non l'ami Frank est surtout connu pour : 
Arrakis, planète aride, gigantesque désert, et son peuple les Fremen qui l'appellent DUNE. 
L’eau y a la valeur de l’or. Pourtant, ce monde focalise toutes les convoitises dans un empire galactique monumental. Car là seulement y pousse l’Épice, une drogue aussi rare que puissante, qui augmente la durée de vie, aiguise les perceptions et permet la prescience. 
Des sables parcourus par des vers gigantesques. Une incessante lutte de pouvoir entre les Maisons Nobles Atréides et Harkonnen. Un ordre secret exclusivement féminin, le Bene Gesserit, manipulant les gènes pour provoquer l’avènement d’un surhomme. Les Fremen, peuple qui a su dompter le désert et rêve de rébellion et de messie. 

Bienvenues dans les seventies les filles. Bon Dune a été écrit en 1965 mais on sent l'influence du mouvement hippie : conscience écolo et émancipatrice blotties dans les pages et une table est un petit peu plus qu'une table... DUNE n'a pas vieilli malgré la date relativement éloigné de sa parution et reste à ce jour le roman de SF le plus vendu au monde. ah ah ! Ça claque sa mère ça hein ! Hum... DUNE est aussi connu pour son adaptation (ratée mais comment faire autrement) Lynchienne avec Sting à l'écran : 


Et son fameux slip en fonte ! Vamos à Mikonos laïlaïlaï !!!!
DUNE est un roman phénoménal. Frankie y va aussi de son idée de génie : l'Epice. 

L’humanité a conquis une grande étendue de l’univers, notamment grâce à une mystérieuse substance dénommée « Épice » ou « Mélange ». L’Épice constitue un puissant stimulant cérébral et permet à certains humains de décupler leurs capacités psychiques. De plus, elle accroît considérablement la durée de vie et immunise le corps contre de nombreuses maladies. 
Son origine précise est un mystère et les quantités disponibles sont rarissimes ; elle est par ailleurs impossible à synthétiser. L'ensemble de ces paramètres lui confère une valeur monétaire particulièrement élevée.
Wiki on t'a reconnu...

On ne trouve l'Épice que sur la planète Arrakis. Etre nommé gouverneur d'Arrakis est donc un privilège redoutable. Privilège car on devient de fait l'un des hommes les puissants de l'Empire mais redoutable car on se retrouve au centre d'intrigues, de complots et avec une espérance de vie considérablement diminuée. 

Le premier livre de Dune raconte comment Leto Atreides nommé gouverneur de Dune va faire face à ces complots et comment son fils Paul va devenir Muad'Dib, le messie.

Grandiose. mais après ça se gâte. Et L'EMPEREUR-DIEU DE DUNE est même un pensum, une somme de réflexion philosophiques, de contemplations majestueuses et de sentences définitives sur l'amour, la guerre la vie, les vaches et la tourte aux airelles... Chiantissime...

Mais quand même DUNE...

"Qui ? Ô Seigneur, Ô grand Ruban de Möbius  Grand ordinateur de la destinée des mondes, Suprême...
- Ta gueule Pépito. Lis ta fiche !
- Quelle la meilleure saga de SF Ô Maître ?"

Et bien le gagnant est...

...

...


J'suis content d'être content moi !
Daaan j'suisunsuperecrivain c'estmoiquiledis Simmons.

Ouaip. Ayant déjà lu des interviews de Danny je peux vous certifier que la modestie n'est pas sa qualité première, voire deuxième. 

Mais il faut lui reconnaitre ça à Dan. S'il a certes commis des livres tout justes passables (ses romans policiers ne sont pas terrible). D'autres disons pas mal mais sans plus (DROOD). Il aussi accouché de quelques très bon livres (TERREUR) et au moins deux chefs d'oeuvres : L'ECHIQUIER DU MAL et : 


LES CANTOS D'HYPERION racontent en quatre volets l'histoire d'une humanité en danger dont le sort se joue sur la planète Hypérion. 

Les deux premières parties, HYPERION et LA CHUTE D'HYPERION retracent l'épopée d'un groupe de voyageurs envoyés en pèlerinage vers les tombeaux du temps sur la planète Hypérion.

Ces voyageurs ont été envoyés par l'Église gritchtèque et l'Hégémonie (le gouvernement interplanétaire des humains) afin de rencontrer le Gritche. Au fur et à mesure de leur périple, chaque pèlerin livre son histoire.

Le cycle d'ENDYMION commence 272 ans après les évènements relatés dans les deux premiers romans. Quelques personnages restent présents tandis qu'apparaissent de nouveaux protagonistes. Le roman Endymion introduit le personnage de Raul Endymion, un ancien berger puis soldat reconverti comme guide pour chasseurs. Sa mission principale est de sauver et de protéger Aenea (Enée), fille de Brawne Lamia, un messie venu des temps passés.
Wiki again

Bien sûr les aminches je pourrais vous en dire plus. Vous dire que l'idée des Distrans, genre de portail dimensionnel permettant de passer d'une planète à l'autre, comme l'on franchit une porte, est la preuve d'une imagination débordante et maîtrisée. Vous en dire plus sur le Gritche, mais je préfère de loin vous inciter à vous plonger dans ce monde de feu et de fureur, dans les vies émouvantes, désespérées et terribles des pèlerins. Il peut être content Simmons, l'a écrit une somme. Un sommet.

"- Maître, maître ! 
- Oui jeune stagiaire, qu'y a-t-il ?
- Vous avez triché Maître, vous citez Asimov et Herbert pour finir par choisir Simmons. Ce n'est pas du jeu, je suis une peu perplexe devant ce tour de passe passe un peu médioc...
- Dis moi Pepito, tu veux revoir Kevin et Raoul ?
- Je peux Maître ? Je les aimais bien moi Kevin et Raoul...
- Approche Pepito, Assis-toi..."


Aïe Pépito !



lundi 17 février 2014

Rapport d'étape

Cher MicMac, 
Alors où en sommes-nous de TRUE DETECTIVE ? Et qu'avez-vous pensé de mon Docteur en Slip (humour Etats-Uniens) ? 
Bien à vous. 
Stephen, Etat du Maine, les Staaates.

Bonjour Stephen, et merci de ce courrier. Alors TRUE DETECTIVE ? 

Je vous rappelle que nous avions laissé nos deux détectives en pleine traque de tueur en série au coeur du bayou.

Donc tu vois, si on coupes par là, on devrait rejoindre la plage...

Bon comme je le disais dans un précédent post, TD n'a rien de révolutionnaire. Ce qu'on voit là, on l'a déjà vu. Oui mais en moins bien, beaucoup moins bien... 

Tout d'abord l'interprétation est toujours aussi intense. Matthew est vraiment magnétique. L'est quand même le seul à pouvoir balancer des répliques absconses et ronflantes sans craindre le ridicule, bien au contraire... Il renouvelle le principe de la voix off. 

Quant à Woody 

Bon là ça devient lourd les gars...
Woody Harelson, dans un registre, plus "normal" fait plus que le job. Il donne une vraie épaisseur à son flic macho bas du front.

Au niveau de l'intrigue, les rouages sont bien huilés et l'ensemble se tient bien mieux qu'une étagère Ikéa. Le système narratif d'aller retour entre présent et passé est toujours aussi efficace et Matthew fait vraiment merveille dans le rôle de l'inspecteur vieilli, alcoolique et mystérieux.

On prends son temps dans cette série et l'on devine en arrière plan le poids de la religion, omniprésente en Louisiane, et de ses prêcheurs itinérants hystériques. 

La question de Matthew à Woody, face à une assemblée de pénitents sous un chapiteau, lors d'une de ces messes voyageuses :

"A ton avis à combien se monte le QI cumulé de l'assemblée ?" 

vaut son pesant de tic tac.

L'épisode 4 plus rythmé vient rompre cette nonchalance feinte car on est littéralement happé par cette enquête, par les fêlures de nos deux ébréchés.

Vous l'aurez compris, cette série tient toujours ses promesses, z'ont qu'à pas nous foirer le dénouement et c'est dans la poche pour un top five ! l'est pas près de se retrouver aux bouz'awards tiens...

Quant au docteur en Slip, bientôt mon bon Stephen, bientôt....


dimanche 16 février 2014

12 YEARS A SHAME

Que dire..? Un beau film douloureux et édifiant.

Michael Fassbender est grand. Définitivement. Et Chewitel Ejiofor le tutoie au sommet...

Et je me souviens maintenant pourquoi j'ai jamais pu sacquer Scarlett et son AUTANT EN EMPORTE LE VENT. 

Loin si possible. 

Allez voir 12 YEARS A SLAVE et si vous vous dîtes que cette époque est révolue... C'est certain. 

Mais comment dire, il subsiste quelques réminiscences : 

Hum... C'est plus vendeur le blanc ripoliné genre tableau à sa mémère...
                                                                                 source : cinenews.be

jeudi 13 février 2014

Tintin n'est jamais allé au Congo

"L'homme africain n'est pas assez entré dans l'histoire" comme disait l'autre. Ce qui est sûr c'est que l'histoire en revanche lui est méchamment rentrée dans la tronche à l'homme africain. Singulièrement au Congo.



Ce livre est l'histoire, fidèle, rigoureuse, éminemment documentée et absolument romanesque d'un pays. L'histoire d'un peuple, d'une nation, d'un fleuve sur lequel s'aventurèrent Stanley et les premiers marchands d'esclaves, les envoyés du roi des Belges, et ceux venus tracer les lignes frontalières de cette immensité géographique appelée Congo. 

David Van Reybrouck retrace le destin tumultueux de ce pays, de la préhistoire à nos jours. De la colonisation à l'indépendance, il entremêle les faits historiques et le récit de ses rencontres.



David Van reybrouck y est allé au Congo. Plusieurs fois et longuement. Si l'espérance de vie au Congo est honteusement courte, il a rencontré de nombreux aïeux vifs et malicieux. Le premier Congolais qu'il nous présente nous fait irrésistiblement songer au début de LITTLE BIG MAN : 


Il y de cela 120 ans quand j'avais 10 ans...
Mais tous les événements racontés avec maestria dans ce grand livre touffu et documenté ne sont pas délicieux et charmants.

L'histoire du Congo donc. La préhistoire et toute la période pré-coloniale sont survolées en quelques pages superbes et nous nous rendons compte que l'horreur est chose bien répartie sur notre boule bleue. L'esclavage n'est pas une invention occidentale. Mais son optimisation hypocrite si.



Je suppose que Christian Vanneste, député qui a tenté de faire passer un amendement sur les aspects positifs de la colonisation a dû lire TINTIN AU CONGO. Plusieurs fois. 
Je doute en revanche qu'il ait lu (ou qu'il le lise un jour) CONGO de David Van Reybrouck.

Tintin n'est jamais allé au Congo. Hergé non plus. Il se contente de reproduire la pathétique propagande raciste de l'état Belge maquillant le pillage d'un pays continent en une oeuvre civilisatrice.


Mais avant que l'état belge ne récupère le Congo, ce dernier était la propriété personnelle du roi des Belges. Son petit chez lui en somme. Et là... Les mots font défaut... Enfin les miens parce que ceux de David Van Reybrouck sont évocateurs et saisissent admirablement l'essence de ce pays complexe. 

La suite de l'ouvrage prévient toute tentation de diaboliser le diable blanc et tout lui mettre sur la chicote. Si les racines du mal ont bien été plantées à cette époque, l'abjection ne distingue pas les couleurs. 

De l'Indépendance impréparée et désastreuse au Mobustisme meurtrier suivies de guerres "libératrices" incessantes, David Van Reybrouck nous trace la trajectoire d'un pays qu'il aime et fait aimer. Plus exactement on aimerait aimer le Congo malgré le Congo. Malgré ses tueries, ses machettes (les balles coûtent plus chères qu'une lame bien aiguisée). On plaint surtout les Congolais, plus particulièrement les congolaises En première ligne...

Enfin la vision du Congo contemporain, ultralibéral, ancré au creux douillet de la mondialisation, nous laisse un goût amer.

On en revient à l'autre là et son homme africain au seuil de l'histoire. De un pour ce que l'histoire et la civilisation lui ont apportés... De deux, rien de plus faux ! Le Congo s'est toujours trouvé au carrefour de l'histoire pour son plus grand malheur le plus souvent. 


En fait le Congo est même en avance sur l'histoire elle même. Comme l'écrit si bien David : 

"La violence ethnique[...] ne relevait pas de l'atavisme d'un réflexe primitif , mais des conséquences d'un manque de terres dans une économie de guerre au service de la mondialisation. Elle est annonciatrice, en ce sens, de ce qui attend une planète surpeuplée. Le Congo n'est pas en retard sur l'Histoire mais en avance."

Et bien ça promet...

samedi 8 février 2014

Un casting d'enfer !!

Attention : fixer cette image trop longtemps peut entraîner une expulsion non désirée de ton contenu stomacal

Salut les filles, aujourd'hui on va parler des sééériaaaal killers. Ouaip ! Il y avait longtemps, bien 2, 3 post. 



Bon... J'aime bien les séri... heu non... 


"Dire que j'aime bien les Serials killers, c'est pas une bonne idée, on va me signaler" 

Je trouve que le phénomène du tueur en série se prête bien aux matrices fictionnelles et donne matière à des oeuvre riches d'enseignements sur la nature humaines et des rebondissements pawpawpaw!!! 
Alors j'vous préviens tout de suite, on ne va pas parler de Hannibal le Cannibale, parce que...

1- Je fais ce que je veux, c'est mon blog à moi !
2- J'y reviendrais à Hannibal Lecter
3- Il n'y pas de raison n° 3 en fait.

Je préfère vous conter d'autres fous furieux, moins connus mais tout aussi machiavéliques, un blood-trip primesautier en somme.


Jack McEvoy n’y croit pas : son frère jumeau, Sean, ne s’est pas suicidé. Pourtant, tout l’indique : policier, il enquêtait sur le meurtre atroce d’une jeune femme et aucune piste ne menait au meurtrier. Et il ne serait pas le premier flic à se suicider. 

Loin de croire au lien entre frère jumeau, Jack sait au moins une chose, Sean n’était pas du genre à baisser les bras et il était heureux dans son couple. En tant que journaliste, il choisit d’écrire un article sur les suicides dans la police afin d’exorciser sa peine. 

Et ce qu’il va découvrir va le mener loin dans l’horreur.

Je ne suis pas un grand fan de Michael Connelly. mais ce livre là m'a bien tenu en haleine. Bon l'auteur veut un peu se la péter en nous narrant les prouesse technologiques des enquêteurs en pleine année 1990. Bon déjà, comment marche un fax ou un appareil photo, je  m'en contrefout  sévère, à peu près autant que ma première paire de tongs En outre les technologies sont vite dépassées mon bon Michael, alors faut y aller mollo sur la fascination high-tech. 

Hormis ces petites réserves, l'est un bon bouquin que ce POÈTE  Le dénouement est à la hauteur et pour une fois le style légèrement télégraphié, à mon sens, de Connelly ne se fait pas trop sentir.



Cinq petites filles ont disparu.Cinq petites fosses ont été creusées.Au fond de chacune, un petit bras, le gauche.

Depuis qu’ils enquêtent sur les rapts des fillettes, le criminologue Goran Gavila et son équipe d’agents spéciaux ont l’impression d’être manipulés. Chaque découverte macabre, chaque indice les mènent à des assassins différents. La découverte d’un sixième bras, appartenant à une victime inconnue, les convainc d’appeler en renfort Mila Vasquez, experte dans les affaires d’enlèvement. 

Dans le huis clos d’un appartement spartiate converti en QG, Gavila et ses agents vont échafauder une théorie à laquelle nul ne veut croire.

Quand on tue des enfants, Dieu se tait, et le diable murmure… Ben pour sûr... 

LE CHUCHOTEUR est un époustouflant thriller littéraire. Oubliez bien vite la mention "inspiré de faits réels", c'est un poil gonflant cet incessant "inspiré de faits réels". J'ai lu la postface et ces faits réels ne m'ont pas convaincus. Mais sinon, c'est un 'tin de page-turner de sa mère que ce bouquin. Bon le style est pas terrible mais  la mécanique implacable et l'enchaînement trépident des rebondissements font vite oublier que Donto Carrisi n'est peut-être pas le nouveau Céline mais un bon auteur de thrillers.


Récit extrêmement documenté d’une traque à multiple volets mené par le directeur du Vicat, une branche spéciale du FBI chargée, entre autres, des serial killer. Homme fatigué entre deux âges, littéralement dévoré par sa mission, Jack Scott, c’est son nom doit faire face à trois affaires simultanées: le meurtre  très  « professionnel » d’une jolie veuve et de ses deux filles dans une banlieue prospère de Washington, la découverte puis l’excavation d’ossements sous un ancien bowling dont la datation va réserver quelque surprises et dans le Sud les enlèvements, viols et assassinats de plusieurs jeunes filles. La figure d’un tueur récréatif hors norme Zak Dorani, hante les développements de l’enquête.

Derek van Arman a écrit ce livre en 1992 et il a fallu attendre 20 ans pour une traduction française. Du coup ce qui semble du déjà vu : le flic fatigué, hanté par son métier, un poil cliché, était novateur pour l'époque. 

Le FBOUILLE a cherché des noises à ce bon Derek à l'époque. Il le soupçonnait d'être un vrai agent du  FBI en activité vu la précision de son bouquin. Mais ce côté disons  documentaire 

-Dès la première scène, un homme encagoulé tue une mère et ses deux filles dans le Delaware, laissant en évidence le cadavre du lapin des deux fillettes engoncé dans un anorak bleu. C'est glaçant. On aura appris au passage que, pour éviter de laisser des indices derrière lui, le tueur avait pris soin d'entourer son revolver d'un banal sac en plastique avant de tirer puis avait passé l'aspirateur sur la moquette afin d'effacer ses traces de pas et ainsi empêcher toute évaluation de sa masse corporelle...-

n'entame en rien le plaisir de lecture. C'est très bien écrit IL et c'est le petit plus par rapport à ses 'ti camarades précédents. Quant au dénouement impitoyable, il vaut le coup d'oeil.

Bon c'est pas le tout les aminches mais faut que je vous laisse 


- Et pas un mot sur moi, pas un seul !
- Aïe, ! Pas sur la tête Babal !

vendredi 7 février 2014

Quel sera...

... l'événement ciné de 2014 ?

Hum... ?

par exemple : le dernier Nolan ?





             ou bien ?



















Tout faux !

LE film de 2O14 sera : 


ZOMBEAVERS



Une horde de castors zombies... Ça suffit déjà non ?


  

Sans contestations possibles !

T'in ! Mort de hontes sans doutes, ils ont supprimés le lien, pour des raisons de droits d'auteurs, arf !!! Pas grave, vous verrez aussi la BA ici ! pour l'instant...

miam miam







Ouaip ! Aujourd'hui Messieurs Dames les zombies. 


La viande rouge c'est bon pour la santé...

Les vrais. Pas ceux qui dépeignent à peine le brushing de Brraaaaaaaddd. Nan, j'vous parle là des lents tous mous qui finissent par vous submerger sous le nombre. 


Donc parlons un peu du cas WALKING DEAD. Bon... Pour en parler il vaut mieux aller dans les basses, genre le glaviot grasseyant qui gratte la glotte et six paquets de clopes dans le cornet pour obtenir ce fameux "Waaaking dead"


Alors, les aminches. Pourquoi ce succès ? Hum ? Je vois plusieurs bonnes raisons à cela. Tout d'abord WD dépote, dézingue, y va franchement et c'est pas souvent la fête à la tronçonneuse dans nos fenestrons. Et qu'ça gicle ! Tripailles à l'air, têtes coupées et tout le toutim.



Et hop Strike !


Bon ok WD c'est gore mais engore (arf!) ? Passque WD niveau scénario c'est un poil répétitif  non ? Genre trouvons un lieu où nous reposer et non raté il faut partir et trouver un autre lieu et les zombies reviennent mettre la zone et ça repart pour un tour. Les 3 dernières saisons et demi reposent sur ce même schéma. Alors pourquoi continuer Walking Dead ? 



Passque c'est addictif, si certains épisodes sont aussi palpitants que du Tofu sous tranxène, d'autres te crispent littéralement, tu fais communion avec tes accoudoirs. Peu de séries sont capables de ce tour de force. Du coup, chaque semaine tu es fidèle au rendez vous, faudrait pas louper l'épisode qui retourne ton canap' !



Ensuite, c'est bien foutu WD, il est de bon ton de dire bof bof WD à côté de BREAKING BAD ou MAD MEN... Alors uno, peu de séries soutiennent la comparaison avec BREAKING BAD, deuxio on est pas toujours là pour voir du chef d'oeuvre estampillé culte les gars. On est aussi là pour profiter... 



Alors sûr que WD ne remportera jamais d'Emmy mais on s'en fout, on veut du zombie déboîté nous ! Mais pas que... 



WALKING DEAD s'est amélioré sur la durée. Le jeu des acteurs aussi et on finit par s'attacher. 



En même temps vaudrait mieux pas passque ça dézingue dans WD. Ce qui a aussi un côté pratique, les insupportables finissent par décarrer : 



RIP Laurie mais sans regrets...

La tension sur les personnages fait ainsi partie intégrante de la série. 


Enfin ça pose quelques questions WD ? ce n'est pas qu'un massacre scénarisé. L'air de rien on se demande ce qu'on ferait nous dans ce genre de situation ? Quelle part d'humanité pourrait-il bien nous rester ? A qui faire confiance, doit-on le faire du reste ? C'est un enjeu récurrent dans WD : cette confiance à priori ou le meurtre préventif. Les plus dangereux finalement sont les vivants.



Malgré tout, ça commence à ronronner WD, faudrait penser à disons dévier de trajectoire. Peut-être étendre le débat. Pourquoi ces fucking zombies, Gueldiguiou ?! Quel est la raison de ce WTF généralisé ?



Bon allez ça reste quand même de la balle WALKING DEAD. Ça ouvre même de nouvelles perspectives.



Zombie time !



jeudi 6 février 2014

"Je suis peut-être président...

... Mais lui c’est le Boss", a récemment admis Barack Obama en évoquant Bruce Springsteen. Et, en effet, avec plus de cent vingt millions d’albums vendus, Springsteen règne depuis quatre décennies sur le rock américain. Plus qu’un phénomène musical, c’est un véritable phénomène culturel, en prise directe avec le coeur et l’âme des États-Unis. Mais surtout, le Boss est un individu exceptionnel, à l’histoire personnelle complexe.
Pour la première fois, celui-ci a accepté de se livrer à cœur ouvert et sans aucune autocensure. Mieux encore, considérant qu’on ne peut cerner un homme en écoutant sa seule vérité, il a ouvert son carnet d’adresses à l’auteur, qui a ainsi pu recueillir les témoignages inédits de ses proches.

Du gamin du New Jersey à l’activiste politique, en passant par le working class hero, l’évangéliste du rock, l’homme rongé par des démons intérieurs, Carlin dresse ici un portrait unique et passionnant de la star et retrace sa carrière exceptionnelle. D’anecdotes inédites en confessions d’une sincérité exceptionnelle, ceux qui jusqu’ici croyaient tout savoir de l’icône vont, à la lecture de cette biographie définitive, très vite devoir réviser leur jugement.

Ah Bruce, Bruce... On n'écoute plus vraiment ce qu'on aimait au lycée. Enfin moi en tout cas. Mais j'écoute toujours régulièrement du Springsteen. Je ne suis pas vraiment fan dans l'âme mais j'avoue que je suis fan du Boss. Pas au point d'avoir un poster dans ma chambre mais j'ai une pelletée d'albums et je voudrais le voir en concert, vraiment... Passque les concerts de Springsteen hein ! 3 à 4 heures de live en fusion. 

De l'importance des genouillères et d'un solide cameraman !
Bref j'ai lu la bio de Bruce Springsteen. Et Bruce n'est pas une rock star en fait. Il ne défonce pas les murs des hôtels en utilisant les lits comme béliers (The Who). Pas de légende urbaine comme l'insertion de bébés requins dans divers vagins (Led Zeppelin, qui n'a jamais réussi à se procurer de bébés requins). Pas de drogues, pas d’alcoolisme, juste quelques bières avec les potes. 

BRUCE nous narre la musique, rien que la musique, le perfectionnisme obsessionnel de Springsteen (l'accouchement dans la douleur du phénoménal BORN TO RUN). L"incompréhension générale quant à BORN IN USA, chanson honteusement récupérée par Reagan et ses sbires, à la grande fureur de Bruce qui avait écrit un brûlot et voit son oeuvre devenir un hymne patriotique bas de plafond. Sa répugnance à devenir le nouveau protest singer post Dylanien, puis l'acceptation de ce nouveau statut... 

On est loin du "mort dans son vomi" et de la malédiction des 27... Ce livre est vraiment pour les Bossovores de la première heure.

Bruce Springsteen n'est pas un saint, très loin du chérubin moyen. L'est capable de virer son groupe fétiche sur un simple coup de téléphone. La classe... Mais on le sent, on le devine, on le sait jusqu'au fond des os :  c'est juste un type bien Springsteen qui fait de la musique qui fait sens et  retourne sa mère ! Moi ça me suffit.