vendredi 31 janvier 2014

Tant va la bouse qu'à la fin elle s'écrase


Mesdames, Messieurs. Bienvenu(e)s à la cérémonie des GOLDEN BOUSES AWARDS.

Accident industriel ? Naufrage scénaristique ? Acharnement thérapeutique ? D'autres trucs en "iques" ? Vous aurez tout cela Mesdames & Messieurs et bien plus encore. Mais place aux loosers de la soirée ! 






NUMBER FIVE : 


Le criminel le plus recherché du monde se rend mystérieusement à la police et offre ses services en dénonçant tous ceux avec qui il a collaboré par le passé. Sa seule contrepartie : travailler avec une agent du FBI débutante avec qui il n'a semble-t-il aucune connexion...

Bon The Blacklist décroche tout juste sa place mais c'est mérité. James Spader (plutôt bon) manipule le FBI pour une raison dont on se bat les joyeuses avec une porte fenêtre. Il a choisi de communiquer avec une nouvelle recrue du Bureau (pas trop nulle non plus) passque ? Ben se reporter plus haut avec cette histoire de porte fenêtre. 

Donc on résume un épisode type : James cabotine et fournit un super méchant de sa liste. La mignonne recrue le traque et l'arrête. Au suivant. Il y a plus de 100 noms sur cette liste, ça risque de paraître un peu longuet... 

NUMBER FOUR (pour l'ensemble de son oeuvre à partir de la saison 5 jusqu'au final) :


Brillant expert scientifique du service médico-légal de la police de Miami, Dexter Morgan est spécialisé dans l'analyse de prélèvements sanguins. Mais voilà, Dexter cache un terrible secret : il est également tueur en série. Un serial killer pas comme les autres, avec sa propre vision de la justice.

Ah Dexter, Dexter, nous nous sommes tant aimés. Bon entendons nous bien, la saison 1 est bien, la saison 2 est très bien, la saison 4 est un sommet. La saison 3 porte en elle les germes de la décrépitude. 

Mais Patatroche ! A partir de la saison 5 deux évènements improbables se télescopent : 

- Le symposium mondial des tarés de tous poils, des maniaques du couteau, des sérial "motherfucker" killers se tient 4 ans de suite à Miami. Le climat sans doute.
- Le gouvernement secret planétaire au niveau mondial (dominé par les Illuminatis et leur chef suprême Dan Brown) a décidé de réunir les flics les plus cons, les plus entartrés de la cafetière, au même endroit : Miami. Le climat sans doute. 

Dexter un sérrrrrriaaaaaaaallllllllll Killer ? T'déconnes ? Pas possible vieux il apporte les donuts !

En outre, Dexter ne se rachète pas avec sa dernière saison complètement ratée. M'enfin ! On ne voyait qu'une fin possible à Dexter mais nan, on sait jamais il pourrait revenir. Du coup c'est Pablo, son show runner qui nous a montré la voie.

In mémoriam Pablo... Mes amitiés à Paul Walker.
Vraiment dommage. L'interprétation de Michael C Hall est époustouflante. Déjà dans la magistrale Six Feet Under... Mais tant pis. A trop vouloir tirer sur la corde. Oups pardon Pablo...

Par tronque je ne résiste pas : 



Et nous voilà au pied du podium de la loose ! Mais avant ça, avant de continuer, comme dans toutes cérémonies de pingouins de ce genre, on a les Bouses Awards Spéciales. Alors là les Aminches la bouse d'or de l'incompréhension, de "j'comprend pas". Pourquoi cet intérêt, pourquoi cette passion... 


 Les aminches, un spécial bousaward de "j'suis con ou quoi" (le ou quoi est obligatoire !) pour : 

Les héritiers de Downton Abbey ayant péri lors du naufrage du Titanic, la famille Crawley se retrouve dans une position délicate, les trois descendantes ne pouvant prétendre au titre de Lord Grantham. Or, le titre, le domaine et la fortune de la famille sont indissociables. Matthew Crawley, nouveau successeur et lointain cousin, arrive à Downton Abbey. Il y découvre un style de vie nouveau, avec des règles très strictes qui régissent la vie entre aristocrates et serviteurs.

Diantre, tea time et chasse à courre. Milady que votre chapeau est... Heu... sur votre tête. Et vous Milord quel prestance, il en faut pour tenir votre maisonnée... 

Cliquez DOWTON ABBEY !

Gueldiguoiu, on est une nation de sans culottes ou quoi ! Merdum ! La Milady on lui enfonce profond son chapeau dans le fondement par la largeur et le Milord on lui met les balloches en nœud de cravate ! J'sais bien que nos aspirations révolutionnaires se sont bien tassées depuis Jean Marc Thibaut (warning : vanne toute méga pourrite !) mais quand même. 

Nan j'comprends pas. 

Fin de l'interlude retour à la compèt !!!

NUMBER THREE : 


Les aventures mouvementées des membres de la "Strategic Homeland Intervention, Enforcement and Logistics Division, plus connu sous le nom de "S.H.I.E.L.D.".

Quand j'étais petit, tous les mardis (il me semble, c'est loin maintenant) j'allais acheter mon Strange et dévorais avidement les aventures des Super Héros. Ouaip ! Autant vous dire que les mecs au fond, qui passent après et font le ménage je m'en foutais autant que le premier jet de Marc Levy. Mais j'ai mûri. Et avec cette mode des super héros sur grand écran (ouah le trip régressif à grande échelle !) je me demande bien : 

"- Mais qu'est ce qu'il font des gravas ? Qui nettoie leurs merdes ?"

C'est que ça défonce et explose un super héros moyen. Ça tache forcément. Et là Messieurs le SHIELD !!!

Le SHIELD ce sont les petites mains qui font de grandes choses. La série fait suite au film AVENGERS (fuunnny yes !) et là comment dire c'est le drame !

On souligne bien souvent ce qu'un acteur apporte mais ce qu'un acteur enlève hum ? Dans AGENTS OF SHIELD les acteurs (hormis l'agent Coulson qui s'en sort pas trop mal) ont le regard aussi expressif qu'un champs de maïs dans la Beauce. Moi je serais l'équipe technique je m’inquiéterais...

- 'Tin merde sont encore bloqués !
- Envoyez les électrochocs les gars
- On va causer des dommages au cerveau à force non...
.....
- MOOUUAHHAAAAAAAHHHH, Ah le con ! 'Rrête tes conneries Raoul, on bosse là !
Bref, on s'ennuie mais les chapeaux sont plus discrets.

NUMBER TWO : 

Le monde bascule dans une ère sombre lorsque l'électricité cesse soudainement de fonctionner. Sans technologie moderne, les hôpitaux, les transports et les moyens de communication ne sont plus opérationnels. La population doit réapprendre à vivre...

15 ans plus tard, la vie a repris son cours. Lentement. Sereinement ? Pas vraiment. Aux abords des communautés agricoles qui se sont constituées, le danger rôde. Et la vie d'une jeune femme est bouleversée lorsque la milice locale débarque et tue son père, qui semble être mystérieusement lié au blackout. Ces révélations l'amènent à se mettre en quête de réponses sur le passé, dans l'espoir d'un futur meilleur.

Et voila JJ Abrams les filles. Quand on parle de série prometteuse, au pitch intéressant et qui finit par partir en couille cosmique, JJ arrive forcément sur le tapis. 

Donc Révolution. Un point de départ intéressant mais une mise en oeuvre poussive. Ça se traîne REVOLUTION. Un peu comme si Derrick piquait un sprint avec Navarro... 

Et pis le casting, 'tin le casting ! 

- Merde sont encore bloqués 'tin..! Envoyez les électrochocs !
- Peux pas le SHIELD nous les ont piqués.
- Merdum ! On va pas s'en sortir les gars !


Bref REVOLUTION présente autant d’intérêt qu'un livre sur "Le Tofu à travers les âges" et s'avère aussi palpitant qu'un documentaire hongrois sur la vie sexuelle du gastéropode moyen.

Mais avant de découvrir le Big Looser de la soirée, attardons nous un peu sur le cas JJ ABRAMS : 


Après le crash de leur avion sur une île perdue, les survivants doivent apprendre à cohabiter et survivre dans cet environnement hostile. Bien vite, ils se rendent compte qu'une menace semble planer sur l'île...


Ouaip LOST. J'ai adoré LOST, presque jusqu'à la fin. 'Tin de dénouement à la con !!!


Tu m’étonnes mon gars !

Bon là ça va spoiler. 

Alors la fin. Trois options : 

"- On se barre au Brésil, on change de visages, de noms et on se fait oublier.
- On les fait tous mourir, écrasés par un bus.
Nan, les gars j'ai trouvé !!! 'Tin on est cons. L'île c'est ce qui empêche le Mal de pénétrer notre monde. Alors Jack il a qu'à remettre le joli caillou à sa place et pis en plus ils sont tous morts... 
- Tin ! c'est pas mal. Bon t'endors pas sur le joint et fais tourner..."

La drogue c'est vraiment de la merde moi j'vous le dis !

Bon voilà le grand moment la Bouse d'or MessieursDames : 

Tata !!!

Donc le grand gagnant est... 











Suspense...














Ouaip !!

Le journaliste d'investigation Jeff Sefton enquête sur la disparition de son frère, Nate. Obsédé par une série télévisée intitulée "Cult", ce dernier se sentait menacé depuis peu. Un pressentiment que ne prenait pas au sérieux Jeff, jusqu'à maintenant. Avec l'aide de Skye, une assistante de production du show de plus en plus suspicieuse quant aux intentions de Billy Grimm, le leader de "Cult", il met à jour les secrets et les zones d'ombre de cet univers entre fiction et réalité...

Oui je sais ce n'est pas la série la plus connue de l'univers. Mais tout y est, un pitch intéressant mais méthodiquement maltraité et finalement un scénario inepte !!!! Des acteurs au charisme d'un bulot mort. Une image à chier, on dirait un épisode des feux de l'amour avec le contraste poussé à fond et un gars qui se serait mouché sur la pellicule !

Bravo, bravo à tous !!!

Bon on ne pouvait pas tout mettre hein, FLASHFORWARD et son synopsis à la clarté du goudron trempé dans la mélasse, PRISON BREAK (à partir de la saison 2) et tant d'autres...

Mais patience, tout le monde a sa chance aux BOUSAWARDS !




jeudi 30 janvier 2014

Ma série venait du froid



La scène se déroule au nanantième étage d'un grand building, le siège social d'un puissant network américain. Les prénoms on été modifiés. 



"- Bon les gars, faut commencer à préparer la grille de rentrée. Des idées ?
- Et bien on pourrait imaginer des nains qui doivent choisir leur promise parmi les joueuses de basket d'une ligue amateur.
- Pas mal ça ! Et les séries on fait quoi ?
- Et bien JJ Abrams proposent des extraterrestres robots qui peuvent prévoir l'avenir sur une île avec des mecs qui  réapparaissent dans une prison pour...
- Nan ! Autre chose ?
- Et bien on pourrait proposer une série policière.
- Ouais ça ça marche toujours. Bon on va piquer le concept comme d'hab...
- Pourquoi pas une série originale pour une fois ?



- Ah le con ! Bon on se reprend les gars, on n'est pas chez HBO Jean Claude ! Plus de coup comme ça...
- Désolé chef.
- Bon c'est décidé, on va piquer un truc aux nordiques là, les glumbunduck.. Hop hop. Bon allez la séance est levée. Au fait z'avez pas vu Pablo ?"

Voilou comment les choses ont dû se passer. En gros. Les séries nordiques, en pleine bourre, se retrouvent adaptées passque vous comprenez le langage Ikéa un peu guttural et les couleurs grisailles c'est beaucoup trop exotique. Alors on adapte, en plus ça évite de réfléchir. C'est ainsi que BROEN (champion toutes catégories de l'adaptation) 


Le pitch : un cadavre est découvert découpé par le milieu sur le pont qui relie le Danemark à la Suède. Une partie du corps est retrouvé coté danois, l'autre côté suédois. Deux inspecteurs de chaque nationalité vont devoir collaborer pour résoudre cette affaire. C'est le début d'une enquête  hallucinante.


est devenu


Le pitch : un cadavre est découvert découpé par le milieu sur le pont qui relie les Staaates au Mexique. Une partie du corps est retrouvé coté américain, l'autre côté méxicain. Deux inspecteurs de chaque nationalité vont devoir collaborer pour résoudre cette affaire. C'est  le début d'une enquête  hallucinante.

Ou bien (passqu'il n'y pas que les Etatsuniens pour être un peu con)


Le pitch : un cadavre est découvert découpé par le milieu dans le tunnel sous la Manche (arf). Une partie du corps est retrouvé coté anglais, l'autre côté français. Deux inspecteurs de chaque nationalité vont devoir collaborer pour résoudre cette affaire. C'est le début d'une enquête hallucinante.


Canal + CREATEUR ORIGINAL. Comment dire ? Les mots me manquent... 

Or donc les filles, je l'ai vu BROEN. Et c'est  très bien (du moins la saison 1, je suis plus réservé pour la saison 2). J'ai vu une partie de TUNNEL et c'est pareil,  tout pareil. Le même déroulement et le même dénouement. Pour THE BRIDGE, j'ai pas eu le courage

Pourquoi ne pas diffuser BROEN ? Ils ont eu peur des YO, GUK et autres consonances du grand froid nos amis de Canal ? Ça m'échappe. 

Sinon allez y pour BROEN, les interprètes sont vraiment bon surtout l'inspectrice suédoise Saga. Très très bonne. Largement mieux que la française.  L'histoire est bien tordue et le dénouement... Je n'en dirai pas plus. Si BROEN est bon que dire de 





Le pitch : une lycéenne a disparu. Son cadavre est retrouvé dans le coffre d'une voiture. Qui l' a tué ? Pourquoi ? C'est ce qu'une inspectrice suédoise bien barrée et son adjoint vont tenter de découvrir.
  




qui bien sûr est devenue 








Le pitch : une lycéenne a disparu. Son cadavre est retrouvé dans le coffre d'une voiture. Qui l' a tué ? Pourquoi ? C'est ce qu'une inspectrice américaine bien barrée et son adjoint vont tenter de découvrir.

Bon au moins The Killing Us a fait l'effort de nous proposer une fin alternative et les échos sont plutôt flatteurs Mais j'y peux rien ça me facilite le transit intestinal cette manie de vouloir remaker à tour de peloche...

"Je m'énerve pas Madeleine,j'explique aux gens ! Merde !"

Soyons clair : The killing est une série énooorrrmmmme ! Une enquêtrice borderline à nouveau. Les personnages féminins sont particulièrement bien écrits et campés dans les séries venant des contrées des Rennes et des traîneaux tractés par des Huskis tellement beaux...

Avec ma cérie, bien calés dans la canap', on se prenait pour des inspecteur de la Crim'. Chaque épisode avait droit à son débriefing. Nous exposions nos théories et défendions nos points de vue. Ah... Tout juste si on n'a pas acheté un paper-board que l'on aurait criblé de schémas pour débrouiller cet imbroglio. 

Le scénario et la mécanique de The Killing sont démoniaques. Le dénouement est à la hauteur, le coupable ne sort pas de nulle part. En outre, parallèlement à l'enquête, la famille de la victime nous est montrée sans pathos, avec empathie. C'est l'une des première fois, il me semble, que dans une série policière on voit comment ceux qui restent font face à l'innommable. 

The Killing est hautement addictive, humaniste et ciselée. L'une des meilleures séries policières de ces dernières années...


J'ai pas eu mon remake moi. Ach... Warum ?
On n'est pas à l'abri Dédé, on est pas à l'abri...

mardi 28 janvier 2014

L'exception acte II

Aujourd'hui dans notre émission "Causeries au coin du feu entre personnes du même milieu qui pensent la même chose", nous parlerons du 252° livre de : 

Je me demande si je peux atteindre le néon avec mon chapeau...
Sans oublier le magnifique "Tiens si on parlait de moi, il y avait longtemps " de : 


SSSTTTTTTTTTTTTTTTTTOOOOOOOOOOOOOOOOOPPPPPPPPPPPPP !!

J'aime pas la littérature française j'ai dit. Bon c'est sans compter la leçon n°4


Leçon primordiale pour maintenir un blog à un tel niveau d'excellence !

Donc z'aujourd'hui le cas Carrère. Emmanuel Carrère. J'aime Emmanuel Carrère. Seule la certitude profondément ancrée dans chaque brin d'ADN de mon hétérosexualité débridée m'empêche de déclarer une flamme langoureuse à Emmanuel Carrère.

Emmanuel Carrere est un écrivain français qui a écrit quelques beaux romans. 


La classe de neige commence mal pour Nicolas. Déjà, son père n'a pas voulu le laisser monter dans le car avec les autres et a tenu à le conduire en personne au chalet, histoire qu'il se fasse bien remarquer. 
En plus, Nicolas n'est pas du genre à s'intégrer facilement. Or, arrivés la veille, les autres ont déjà pris leurs marques,  rien de tel pour qu'il se sente encore un peu plus en retrait. 
Mais surtout, il a oublié son sac dans le coffre de la voiture de son père, et c'est le début de la torture : sûr que les autres enfants vont se moquer de lui, sûr qu'il fera pipi au lit dans un pyjama qui ne lui appartient pas, sûr que Hodkann, le chef des enfants, va en faire son souffre-douleur. 
Les terreurs enfantines ainsi lancées ne cesseront plus et les questions non plus : le père, qui ne rapporte pas le sac, René le petit garçon disparu et les adultes qui chuchotent...








Un jour, pensant faire sourire votre femme et vos amis, vous rasez la moustache que vous portiez depuis dix ans. Personne ne le remarque ou, pire, chacun feint de ne l'avoir pas remarqué, et c'est vous qui souriez jaune. Tellement jaune que, bientôt, vous ne souriez plus du tout. Vous insistez, on vous assure que vous n'avez jamais eu de moustache. Deviendriez-vous fou ? Voudrait-on vous le faire croire ? Ou quelque chose, dans l'ordre du monde, se serait-il détraqué à vos dépens ?






Je n'ai lu que ces deux romans de pure fiction dans l'oeuvre de Manu. Emmanuel Carrère excelle dans le malaise. Il installe peu à peu une ambiance de folie douce qui devient dure comme le diamant (surtout dans LA MOUSTACHE).
Mais si j'ai beaucoup aimé ces deux romans. Je préfère ses écrits autobiographiques. Emmanuel Carrère n'est jamais aussi bon que quand il par(le)t de lui.

"- Ahem... Pardonnez mon intervention Ô votre Splendeur magnifique que Thor, Iron Man ou n'importe quel autre Vengeur c'est rien qu'un pédalo à côté... mais si j'osais..?
- Et bien, jeune vermisseau, Parle !
- Je me demandais, juste comme ça en passant, votre Majesté sub-atomique, mais ce n'est pas vous qui disiez que les écrivains qui parlent de leur vie perso et de leurs pensées intimes, je vous cite : "Vous ratatinent sévère les rouleaux de printemps !!" ?
- Certes jeune Page mais vois-tu...
- Et n'était ce pas vous qui promettiez un usage intensif et continu du pal à celui  qui livrerait ses états d'âme en lettres d'imprimerie ? Et où est passé Kevin au fait ? Ô votre Soleil astral éclairez moi, je ne peux oser imaginer que vous puissi..."


Embrasse Kevin quand tu le verras !

Ahem... Ou en étais-je ? Ah oui Emmanuel Carrère. Je préfère Emmanuel quand il aborde sa propre vie. Et oui c'est un sacré paradoxe... Je préfère le romanesque habituellement. L'intime ce n'est pas mon mug de camomille. Par exemple, j'ai essayé : 





Conseillé par une très chère amie de moi. Mais nan pas moyen, ça me tombait des mains. Pourtant bien écrit, intéressant en plus... Mais voilà, je m'en fous. C'est triste à dire et à lire.


Mais quand c'est Emmanuel Carrère qui s'y colle, il m'englue, me passionne. 

C'est ainsi que nous abordons ce que nous appelons, enfin surtout moi, la superbe tétralogie : 



L’histoire est empruntée à un fait divers terrible, sur lequel Carrère a d’ailleurs écrit en tant que journaliste dans Le Nouvel Observateur. En 1993, Jean-Claude Romand tue sa femme, ses deux enfants et ses propres parents, avant de rater son suicide. Les enquêteurs découvrent alors que Romand a construit sa vie sur un mensonge incroyable : il se fait passer pour un brillant médecin travaillant pour l’OMS à Genève, et tout le monde autour de lui le croit à son bureau ou en déplacement alors qu’il erre sur les parkings ou dans les forêts, lisant des revues spécialisés (il avait réellement commencé des études de médecine, mais ne s’est jamais présenté aux examens) pour nourrir son identité fictive. 
Carrère, fasciné par l’histoire, la raconte dans un récit qui est une sorte de biographie du personnage de Romand, mais une biographie qui ressemble à un roman et qui emprunte en même temps aux écrits autobiographiques, puisque Carrère met en scène son désir d’écrire le livre, et inclut dans son récit des extraits de sa correspondance avec Romand.


"La folie et l'horreur ont obsédé ma vie. Les livres que j'ai écrits ne parlent de rien d'autre. Après L'ADVERSAIRE, je n'en pouvais plus. J'ai voulu y échapper. J'ai cru y échapper en aimant une femme et en menant une enquête. L'enquête portait sur mon grand-père maternel, qui après une vie tragique a disparu à l'automne 1944 et, très probablement, été exécuté pour faits de collaboration. C'est le secret de ma mère, le fantôme qui hante notre famille. Pour exorciser ce fantôme, j'ai suivi des chemins hasardeux. Ils m'ont entraîné jusqu'à une petite ville perdue de la province russe où je suis resté longtemps, aux aguets, à attendre qu'il arrive quelque chose. Et quelque chose est arrivé : un crime atroce. La folie et l'horreur me rattrapaient. Elles m'ont rattrapé, en même temps, dans ma vie amoureuse. J'ai écrit pour la femme que j'aimais une histoire érotique qui devait faire effraction dans le réel, et le réel a déjoué mes plans. Il nous a précipités dans un cauchemar qui ressemblait aux pires de mes livres et qui a dévasté nos vies et notre amour. C'est de cela qu'il est question ici : des scénarios que nous élaborons pour maîtriser le réel et de la façon terrible dont le réel s'y prend pour nous répondre."


Au départ, D'autres vies que la mienne est le fruit d'une triste coïncidence: en décembre 2004, l'auteur de La classe de neige et sa compagne, Hélène, partagèrent le quotidien, au Sri Lanka, d'un couple qui venait de perdre sa fille, lors du tsunami. Elle s'appelait Juliette, comme la soeur d'Hélène, qui succomba à un cancer quelques mois plus tard. Maman de trois filles, elle officiait en tant que juge dans l'Isère. Emmanuel Carrère fait alors la connaissance d'Etienne, un collègue et ami proche de Juliette, qui travaillait avec elle sur les dossiers de surendettement. Ces deux magistrats, si proches l'un de l'autre, avaient pour point commun d'avoir eu à surmonter un cancer, à l'adolescence, qui leur a valu tous deux de devenir boiteux (amputé d'une jambe, en ce qui concerne le magistrat). L'écrivain s'est alors senti investi d'une mission: "J'ai repensé à ce qu'Etienne nous avait raconté et l'idée m'est venue de le raconter à mon tour. [...]. On m'avait passé une commande [...]. Je m'exaltais à l'idée d'un récit bref, quelque chose qui se lirait en deux heures, le temps que nous avions passé chez Etienne, et qui ferait partager l'émotion que j'avais ressentie en l'écoutant."



Moscou 2007. Emmanuel Carrère part enquêter pour l'(excellente) revue XXI sur Anna Politkovskaïa, la journaliste abattue au pied de son immeuble moscovite après s'être intéressée de trop près aux exactions russes en Tchétchénie. L'écrivain français assiste à la cérémonie de commémoration des victimes de l'intervention des forces spéciales dans le théâtre de la Doubrovka où des terroristes tchétchènes avaient pris le public en otage, en octobre 2002. Dans la foule, il repère Edouard Limonov. Cet homme est le héros de son nouveau récit. 
Edouard qui ? Edouard Veniaminovitch Savenko (68 ans), alias Edouard Limonov (de limon, le citron en français, et de limonka, la grenade), la coqueluche de l'intelligentsia française rouge brune des années 1980, celle de l'Idiot international de Jean-Edern Hallier. Le Russe - en fait Ukrainien - y a colonnes ouvertes, ainsi qu'au quotidien communiste L'Humanité et au magazine d'extrême droite Le Choc du mois. A Paris, l'auteur de Le poète russe préfère les grands nègres, sulfureux récit de sa propre dérive urbaine dans le New York des années 1970, entre expédients et expériences sexuelles en tous genres, est accueilli comme un délicieux barbare. Ce "Barry Lyndon soviétique", selon Carrère, aime la bagarre et plaît aux filles (et aux hommes). Côté prose, il est l'anti-Nabokov et le revendique. "Je ne courrai jamais après les papillons dans les prairies suisses, sur des jambes anglophones et poilues." A une époque où les dissidents soviétiques étaient des "barbus graves et mal habillés", ce "type sexy, rusé, marrant, qui avait l'air à la fois d'un marin en bordée et d'une rock star" tranchait. Puis les choses se gâtent. L'insistance de ce dissident punk, débarquant au Palace en uniforme de l'Armée rouge, à regretter la chute du communisme et à réclamer le poteau d'exécution pour Gorbatchev ; ses apparitions aux côtés des Serbes durant le conflit en ex-Yougoslavie, enfin, la création du Parti national-bolchévique réclamant en guise de programme politique le retour de Staline, de Béria et du goulag le disqualifient. 

Ces quatre livres sont de grands, très grands livres. Bien sûr UN ROMAN RUSSE et D'AUTRES VIES QUE LA MIENNE sont plus autobiographiques et se répondent. Parfois, on constate la grandeur des oeuvres à ce qu'elles auraient pu être et ne sont pas : des sommets de pathos, de clichés et de complaisances. Emmanuel évite tout cela, en prend même le contre pied et nous livre des récits bouleversants. 

L'ADVERSAIRE est plus glaçant. Souvent comparé à DE SANG FROID de Truman Capote (il y a pire comparaison), ce livre tient plus du journal de bord que du récit sec et décharné. Une oeuvre hallucinante qui illustre parfaitement l'adage de la réalité faisant la nique à la fiction...

Enfin LIMONOV nous montre tout ce que Emmanuel Carrère n'est pas : un trublion, un extrémiste, un fasciste. Mais Carrère envie Limonov en ce qu'il invente sa vie, la crée de toutes pièces et c'est fascinant à lire. Nous aussi, on passe de la séduction à la répulsion. Fort, très fort. 

Voilà, je conclue (enfin) mon post. Mais bon j'adore Emmanuel...

"- Moi aussi votre Seigneurie !"




'Tin de stagiaires !!

samedi 25 janvier 2014

OSC n'est pas PTA






Aujourd'hui Messieurs Dames, notre attention portera sur Orson Scott Card, surnommé affectueusement OSC. OSC est sûrement l'un des plus grand écriv...








"- Excusez moi maître de toutes choses, créateur de l'infini, dieu viv...
- C'est bon jeune Padawan, quelle est la raison de ton intervention et la possible raison de mon courroux dévastateur ?
- Excusez la jeune larve que je suis qui fait face à votre munificence...
- T'in accouche, jeune stagiaire !
- Orson Scott Card est surnommé OSC n'est-ce-pas ?
- C'est bien ça oui.
- On le désigne donc par ses initiales.
- Tutàfait !
- Alors pourquoi, et je me répète pardonnez mon outrecuidance Maître, mais pourquoi est-ce affectueux pour OSC et arrogant pour Paul Thomas Anderson dit PTA ?
- Hein quoi, heu... Attends...
- Bien oui Maître vous z'aviez dit que se faire désigner par ses initiales c'était comme jouer au Légo ou un truc comme ça.
- Avoir un problème d'ego, petit scarabée. Ego et non Légo. Je me souviens mais là c'est pas pareil. Pas du tout. 
- En quoi Ô votre grandeur ? 
- Et bien passque...
- Cela a-t-il à voir avec la mauvaise foi ? Mais je croyais que l'honnêteté intellectuelle était l'une de vos vertus cardinales, disiez vous lors de nos sessions de motivations intern..."


Bien où en étais-je avant cette interruption ? Ha oui, OSC donc est l'un des plus grands écrivains de Science Fiction et par là même un grand écrivain tout court.

Je continuerai mon post par une charmante anecdote familiale. Figurez vous, les filles, qu'en des temps lointains, je n'étais pas le phénix intellectuel que je suis maintenant. Oui, je le conçois, c'est difficile à croire. Mais j'étais déjà un boulimique de lecture. Je lisais des, comment dire, romans de gare. Je trouve cela curieux comme expression, pourquoi pas des romans d'autoroutes ? Bref de la pisse copie, de ce genre là : 







En outre, je me planquais pour lire les SAS, afin de parfaire mes connaissances géopolitiques, cela va de soi...



Ahem... Bref... ma grande soeur, se désolant de me voir gâcher ce fabuleux potentiel qu'elle et mon grand frère ne pouvaient qu'entrevoir, décida de réagir. Elle élabora une liste. La Liste de Nanie...

Bon je n'ai pas tout lu de cette liste. LE ROUGE ET LE NOIR, notamment, est un remède parfait pour l'insomnie chronique.  



" - Madame, je vais envisager de commencer peut-être, éventuellement, ne nous emballons pas hein! Faut pas déconner non plus ! De rapprocher ma main pour hypothétiquement, un jour prochain, qui pourrait être lointain,  allez savoir, effleurer le bout de vos doigts. 
- Quelle audace ! Monsieur !  Mais quelle audace ! A la garde ! A la garde !"

Dans cette liste, néanmoins, il y avait un trésor : LES MAITRES CHANTEURS d'Orson Scott Card.



Sur la planète Tew se trouve le Palais du Chant, qui forme l'élite des chanteurs. De toute la galaxie, l'on se bouscule pour obtenir un Oiseau Chanteur. Jusqu'au jour où Mikal, empereur conquérant de la galaxie, se rend en personne au Palais du Chant pour obtenir une telle faveur. Mais le Maître de la Haute Salle ne l'accorde qu'aux personnes suffisamment sensibles pour apprécier les qualités d'un Oiseau Chanteur. Or Mikal est un être impitoyable, responsable de la destruction de mondes entiers pour faire régner sa loi. Pourtant, il semble qu'au fond de lui demeure une part de bien. Ansset, un jeune prodige qui transcende la puissance du Chant, sera formé pour servir Mikal. Il sera alors le centre de complots qui détermineront l'avenir de l'Empire tout entier.

Alors là. Chef d'oeuvre les aminches. Ce livre est une pure merveille. Il m'a fait basculer tout entier dans la SF et je ne l'ai jamais quittée depuis...

Dans ce livre OSC met en place l'enjeu qui traverse quasiment toute son oeuvre : l'apprentissage d'un jeune voire très jeune héros, le plus souvent un enfant, confronté à l'hypocrisie et la violence des adultes. Tout en évitant, et c'est là que c'est fort, le gnanana et le manichéisme... Il va développer cet enjeu et le porter à son point de fusion avec Ender wiggins. 


Il y a cinquante ans, la flotte terrienne a réussi à repousser l'attaque des Doryphores. Aujourd'hui pourtant, une nouvelle invasion menace. Un programme militaire pour la formation des futurs commandants de la flotte est en cours, mais chaque heure compte. Parmi les élèves-officiers, Andrew Wiggin, dit Ender, focalise toutes les attentions. Apppelé à devenir un puissant stratège, il est le jouet des manipulations de ses supérieurs depuis sa naissance... et cela le dépasse.

Car c'est entre ses mains que repose le sort de l'humanité. Lui qui n'a que six ans.

Le livre le plus connu d'OSC. Sans conteste. Et l'un des plus réussis. Aussi bien dans la construction que dans le style. C'est un roman puissant, profondément humaniste. 

Bien sûr, le coté militariste peut gêner. Il est quand même très présent ; la guerre est inévitable, il faut alors s'en remettre à une haute autorité guerrière prête à tout pour former le nouveau messie qui mènera l'humanité à la victoire... Mais OSC est loin de  présenter Ender comme le guerrier ultime , le messie tant attendu, mais comme un être  pétri de doutes, un enfant grandi trop vite...

ENDER a obtenu les deux plus grands prix de la SF le Nébula et le Hugo. Et, fait unique dans l'histoire de la SF, la suite fera de même. En effet La STRATEGIE ENDER est le début d'un cycle qui se poursuit avec la VOIX DES MORTS (excellent), XENOCIDE, et LES ENFANTS DE L'ESPRIT (un peu plus faibles). 

Bref Osez Savourer Card ! ('tin ! Où je vais chercher tout ça quand même...) 





jeudi 23 janvier 2014

Mou du bide Vs PTA

L'autre soir, je regarde Arte (c'est le blog d'un BOBO geek, je vous rappelle) et là Paf il programme THE FOG de John Carpenter. 
Le pitch, ça  va pas être long : des marins lépreux (sic) reviennent à la vie un siècle plus tard pour se venger. Voilà.

Bon ben moi j'aime bien John Carpenter. la critique ciné aussi, qui s'accorde là un petit frisson d'anticonformisme (bien conformiste) à peu de frais. On replonge en plein syndrome Clint Eastwood, c'est du Carpenter c'est foorrcééément bon. 'Tin les critiques dithyrambiques pour "GHOST OF MARS"  qui est un navet cosmique quand même. 

Tout ça pour dire que le bon côtoie le pire chez Carpenter. Ce qui est commun à ces films c'est une interprétation, disons hasardeuse (sauf L'ANTRE DE LA FOLIE avec Sam Neil). L'a pas trop les moyens, donc il recrute pas des aigles John. Pour jouer le jeune premier qui va se lever Jamie Lee Curtis (quand même) il prend un mou du bide avec dans le regard quelque chose qui lui fait défaut. Pas le mec le plus vif du coin... Mais c'est pas grave passque JC n'est pas un pingouin, il sait installer son climax et faire monter doucement la tension.

Ouaip. Carpenter, pour moi, a l'odeur du cinoche du samedi soir, du pop-corn, des filles qui sont nos voisines, nos yeux faisant l'aller retour entre l'écran et leurs épaules, évaluant nos chances... 

Mais bon, ahem... Quelques années plus tard, un soir de janvier pluvieux, sur Arte, on se dit que finalement THE FOG bof bof. 

Et je reste sur ça. 

Quelques temps après, un soir, je tombe sur la nouvelle émission de France Inter* de 18h15. Ce qui est bien chez France Inter c'est qu'ils donnent leurs chances à des petits nouveaux prometteurs : 


Et là on est dans du corrosif, les filles ça dépote. 

"J'aime beaucoup ce que vous faîtes, c'est teeeeeeeeeeeellllllllleeeeeeeeent magique, merveilleux, puissant, magnifique" ad nauséam... Bon à part vous dire que JOURS DE FRED (c'est le titre de l'émission) est un programme nul, une causerie stérile et confinant au néant, aussi palpitant qu'un bol de gelée froide (je ne me suis jamais remis de l'arrêt de ET POURTANT ELLE TOURNE),  pourquoi cet aparté...

Et bien Fred entre deux, "votre livre est mon livre de chevet" " et "vous faîtes un travail foooooooooooorrrrrrrrrmmmmmmmmmmiiiiiidable !" parle de THE MASTER. 

Ce film raconte l'histoire de Freddie Quell, vétéran de la Seconde Guerre mondiale, qui lutte pour s'adapter à une société d'après-guerre, et de sa rencontre avec Lancaster Dodd. Ce dernier, leader d'un mouvement religieux appelé « La Cause », voit quelque chose dans Quell et l'accepte dans le mouvement. Freddie y prend goût et commence à voyager avec Dodd le long de la côte Est.


THE MASTER de Paul Thomas Anderson, dit PTA. Quand on se dénomme par ses initiales c'est qu'on a l'ego qui enfle, déborde et coule un peu partout... Bref PTA filme une oeuvre Messieurs Dames. L'est pas là pour chier dans le ventilo le garçon. Il est là pour tourner un chef d'oeuvre, incompris si possible. Mais l'intrigue est limpide Paulo. Désolé. Elle est juste sans intérêt. 

C'est d'une prétention THE MASTER, quelque chose de bien ! On sent la caméra souligner chaque plan pour bien signifier au pov' spectateur : "coco tu ne regardes pas n'importe quelle bouse là... Tu vois une Oeuvre, un truc indépassable, qui fera date". 

Et puis il y a Joaquin Phenix : 

Jack Nicholson et Sean Penn peuvent aller se coucher. Je n'ai qu'un seul maître : Nicolas Cage
Là on est au delà du cabotinage. C'est autre chose. Faudrait inventer un mot. Quelque chose comme la grimace permanente, le grommellement continu, l'ennui absolu. La comparaison avec Philip Seymour Hoffmann, qui lui cabotine à fond, est cruelle... 

Mais Fred a adooooooooooooorrrrrrrrrrrrréééééééééééé. De l'eau tiède pour un film tièdasse !

Finalement je préfère mon mou du bide, mon Carpenter cheap au PTA péteux...


* Bobo geek on vous dit !